|
|
|
|
|
|
RDC : L'ouverture du procès de Jean-Pierre Bemba reportée au 5 juillet 2010
10/03/2010
Le 8 mars 2010, la Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale a décidé de reporter la date d’ouverture du procès dans l’affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo au lundi 5 juillet 2010. Le 27 avril 2010, date initialement prévue pour l’ouverture du procès, la Chambre tiendra une conférence de mise en état au sujet de l’exception d’irrecevabilité soulevée par la Défense de M. Bemba.
La Chambre a expliqué que l’examen de la requête de la Défense, ainsi que les observations des autres parties et participants, devrait être soumis à un calendrier raisonnable et réaliste et que leur examen ne pourrait être achevé avant la date initialement prévue pour l’ouverture du procès. Elle a également considéré qu’il est dans l’intérêt de la justice de trancher l’exception d’irrecevabilité avant le début des débats au fond étant donné que la défense argumente que le procès ne devrait pas se tenir devant la Cour.
La Défense a soulevé, le 25 février, une exception d’irrecevabilité de l’affaire aux motifs du respect de la complémentarité de l’activité de la Cour et celle des autorités en République Centrafricaine, sur l’absence du niveau de gravité requis, ainsi que sur la base d’un abus de procédure contre M. Bemba.
La Chambre a aujourd’hui accordé au Bureau du Procureur et aux représentants légaux des victimes jusqu’au 29 mars pour soumettre leurs observations. La Chambre a également demandé que soit notifié un résumé de la demande de la Défense aux autorités centrafricaines et congolaises. Celles-ci pourront, si elles le souhaitent, présenter leurs observations au plus tard le 19 avril 2010. La Défense aura également l’occasion de répondre à ces observations.
La Chambre rendra sa décision après examen des observations écrites et des présentations orales qui auront lieu lors de l’audience de mise en état du 27 avril 2010.
|
|
|
Togo : Yark met en garde contre la marche de l'opposition
09/03/2010
Le lieutenant colonel Yark Damehane, commandant de la Force sécurité élection présidentielle (FOSEP) a lancé une sérieuse mise en garde contre toute violence dans le pays, lors d’un point de presse lundi.
"Ceux qui prendront le risque d’opter pour la violence, rencontreront sur leur chemin les forces de sécurité", a averti Yark Damehane, lieutenant-colonel de la gendarmerie togolaise à la tête de la FOSEP d’un effectif de 6.000 agents.
"L’ordre doit régner dans la cité. Il n’appartient pas à deux ou trois individus de décréter une violence inutile", a-t-il insisté.
Cette sortie médiatique précède des manifestations de protestations annoncées pour mardi par l’Union des forces de changement (UFC), principal parti de l’opposition togolaise, contre les résultats provisoires du scrutin du 4 mars par lesquels le président sortant Faure Gnassingbé est réélu avec 60,92 % des suffrages, contre 33,94 % pour son candidat Jean-Pierre Fabre. (Xinhua)
Economie : Pékin défend ses parts du «gâteau» africain
09/03/2010
Accusée de pratiquer un «capitalisme sauvage» sur le continent africain, la Chine a vivement rétorqué à l’occasion de la session parlementaire qui se tient en ce moment à Pékin, pour rappeler que l’impact de sa présence en Afrique n’a rien de néfaste par rapport à celle du bloc occidental, notamment dans le domaine de l’énergie où les Etats-Unis et l’Europe importent 60% de la production africaine de pétrole.
Indexée par la communauté internationale comme «nouveau colon» du continent africain et prospecteur boulimique de matières premières, la Chine n’est pas restée muette aux nombreuses accusations dont elle fait l’objet sur sa présence dans le pré-carré africain des anciens colons et bloc occidental.
En session parlementaire à Pékin, le gouvernement chinois a vivement critiqué les détracteurs de sa politique africaine, qui cacherait mal l’inquiétude de ces grandes puissances de se voir ravir leur hégémonie sur les richesses du sol africain.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a déploré «que dans la communauté internationale, certains ne veulent pas voir se développer les relations sino-africaines et font une affaire de la coopération entre la Chine et l'Afrique dans l'énergie», rappelant que son pays ne consomme que 13 % de la production africaine de pétrole, alors que les Etats-Unis et l’Europe en importent à eux deux près de 60 %.
«Je ne vois aucune raison d’écarter la Chine de l’exploration des ressources africaines, sur une base juste et profitable à tous. La coopération chinoise avec l’Afrique permet de transformer ses ressources en projets concrets de développement. Nous aidons aussi l’Afrique à construire de nouveaux chemins de fer, des routes et des ponts. La Chine collabore aussi bien avec les pays producteurs d’énergie qu’avec les autres pays», a poursuivi le chef de la diplomatie chinoise lors d’une conférence de presse le 7 mars dernier à Pékin.
Et de conclure que «l'Afrique appartient au peuple africain», appelant au respect de «sa liberté de choisir ses partenaires de coopération et ses amis».
Selon les statistiques chinoises, les investissements directs chinois en Afrique sont passés de 491 millions de dollars en 2003 à 7,8 milliards fin 2008. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont quant à eux décuplé depuis le début de la décennie pour atteindre 106,8 mds USD en 2008.
Certains analystes prévoient que la Chine devancerait les Etats-Unis en 2020 pour être la première puissance économique mondiale. Une perspective qui a de quoi effrayer les tout puissants USA, en tout cas suffisamment pour mettre des bâtons dans les roues de la machine économique chinoise.
Présidentielle au Togo: l'opposition rejette sa défaite et manifeste à Lomé
07/03/2010
Le principal opposant togolais Jean-Pierre Fabre a catégoriquement rejeté dimanche sa défaite à l'élection présidentielle du 4 mars face au chef de l'Etat sortant Faure Gnassingbé, et son parti a organisé une manifestation à Lomé, dispersée à coup de grenades lacrymogènes.
Au lendemain de l'annonce officielle de la victoire de M. Gnassingbé avec plus de 60% des voix, le parti d'opposition Union des Forces de Changement (UFC) de M. Fabre a riposté avec véhémence en disant avoir gagné.
"Je ne reconnais pas la prétendue victoire de Faure Gnassingbé", a déclaré dimanche matin M. Fabre.
"Je conteste absolument les chiffres publiés car la procédure utilisée par la Céni (Commission électorale nationale indépendante) est illégale", a-t-il dit, assurant avoir remporté le scrutin à un tour avec 55 à 60% des suffrages sur l'ensemble du territoire.
"Nous allons multiplier les manifestations. Nous n'allons pas nous laisser faire", a-t-il mis en garde devant le siège de son parti, dans un quartier populaire de la capitale, où quelques centaines de jeunes sympathisants, surexcités, étaient réunis depuis la matinée.
De fait, une manifestation de quelques centaines de personnes, dont M. Fabre, a été organisée dans l'après-midi devant le siège de l'UFC, dans le quartier populaire de Bè. Immédiatement, des escouades de gendarmes casqués et matraque en main se sont déployées, avant de tirer des grenades lacrymogènes.
M. Fabre et d'autres responsables de l'opposition se sont repliés dans le siège de l'UFC (Union des Forces de changement, opposition).
"Vous êtes témoins de la brutalité et de la sauvagerie dont les Togolais sont victimes sous le régime RPT (parti au pouvoir) depuis des décennies", a lancé Jean-Pierre Fabre à des journalistes.
A ses côtés, Patrick Lawson, le vice-président de l'UFC, a affirmé que l'opposition manifesterait "tous les jours".
Par ailleurs, une douzaine de personnes ont été interpellées depuis samedi, selon des sources policière et d'opposition.
Parmi elles figurent deux proches du candidat Messan Agbéyomé Kodjo, ex-Premier ministre togolais, et deux dirigeants d'un mouvement de jeunes proche de l'UFC.
La Commission électorale nationale indépendante (Céni), a annoncé samedi soir que le chef de l'Etat sortant, Faure Gnassingbé, 43 ans, avait largement emporté l'élection du 4 mars, avec 60,92% des voix, contre 33,94% à M. Fabre.
Faure Gnassingbé, qui s'exprime rarement dans les médias, est resté silencieux. Mais son parti, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), au pouvoir, s'était félicité de sa victoire samedi soir, affirmant que M. Gnassingbé était "porté par une dynamique populaire".
Faure Gnassingbé, fils du général Gnassingbé Eyadéma qui dirigea la nation de 6,5 millions d'habitants pendant 38 ans, avait été installé par l'armée dans le fauteuil présidentiel dès la mort de son père, en février 2005.
Il avait été élu 3 mois plus tard lors d'une élection vivement contestée et suivie de violences qui ont fait 400 à 500 morts selon l'ONU.
L'élection de jeudi a été perçue comme un test pour le Togo, petite nation ouest-africaine qui souhaiterait tourner la page des troubles électoraux, fréquents depuis des décennies.
La mission de la Cédéao (Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest) avait jugé samedi que le scrutin avait été "libre", tout en relevant des "insuffisances" concernant la fiabilité et l'authentification des bulletins de vote.
Dans un communiqué dimanche, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a exhorté les Togolais à faire preuve de calme et de retenue
Côte d’Ivoire : Gbagbo veut-il vraiment de la présidentielle ?
07/03/2010
>iAprès tous les efforts inlassables de la Communauté internationale, la machine politique ivoirienne continue de toussoter, de râler telle une vielle locomotive ; en dépit de l’accord de Ouagadougou du 4 mars 2007, qui avait pourtant suscité des perspectives heureuses du côté de la lagune Ebrié. Le problème, c’est qu’après huit ans de ni guerre ni paix, tout le monde est fatigué de ces multiples tergiversations, de ces reports à n’en pas finir, de ces arrêts brusques du processus électoral ; tout le monde, à commencer par les Burkinabè, qui compte tenu du brassage multiséculaire entre les deux peuples, subissent fortement les effets pervers de cette situation.
Mais dire que tout le monde ressent les effets néfastes de cette crise et souhaiterait qu’elle prenne fin serait exagéré. On peut parier qu’ils ne seraient pas nombreux du côté de Gbagbo à geindre face à la donne actuelle en Eburnie. Ils n’auraient véritablement aucune raison de se lamenter, puisque pour un mandat, ils auront eu le temps d’en faire deux .Et subséquemment, ils auront eu le loisir de gérer à leur guise le pouvoir d’Etat et de se mettre à l’abri du besoin, si d’aventure les pressions des opposants en viennent à avoir raison des multiples tergiversations du camp présidentiel.
Un observateur bien averti du landernau politique ivoirien disait bien à propos que Gbagbo, qui adore commander les sondages, n’ignorerait pas que l’issue de la présidentielle ne pourrait être aucunement en sa faveur. Et nous pensons que cette analyse est loin d’être dénuée de fondements. Sinon comment comprendre que le N°1 ivoirien se résigne à fouler aux pieds l’accord de Ouagadougou qui n’est qu’une suite logique des accords de Marcoussis et de Pretoria, qu’il a bien signés ?
Véritablement, c’est à ne rien comprendre qu’il prenne sur lui la responsabilité de mettre, par cette décision unilatérale du 12 février dernier, à plat des institutions de la République. Et cela agace fortement l’opposition. C’est pour cela que depuis, en Côte d’Ivoire, il y a seulement à l’heure actuelle 18 ministres sur les 29 que devrait compter en principe l’équipe gouvernementale.
Certes, on nous dira que la Commission électorale indépendante est en place, mais une CEI, ça ne gère pas le quotidien ! C’est pour cela aussi qu’échaudés, les cinq formations politiques regroupées au sein de du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et le progrès (RHDP) et le Parti ivoirien des travailleurs se disent fatigués de voir la liste de ministres désignés continuellement récusée par le président Gbagbo.
On se souvient que dans l’équipe gouvernementale, la répartition était la suivante pour l’opposition :
- Un pour le PIT
- un pour l’UDPCI,
- un pour le MFA
- quatre pour le RDR
- et quatre pour le PDCI.
Mais jusqu’à l’heure où nous tracions ces lignes, les choses n’avançaient pas parce que le président Gbagbo refuse catégoriquement de voir reconduits dans son équipe certains membres de l’ancienne équipe gouvernementale tels Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko du RDR, Amah Téhua, Allah Kouadio et Patrick Achi du PDCI ainsi que Mabri Toikeuse. Et du côté des états-major des partis politiques concernés, on se demande bien s’il faut continuer d’avaler sans rechigner les volontés du fondateur du FPI.
Pis est, les opposants ivoiriens, à l’issue de leur rencontre du mercredi 03 mars 2010 (la veille de l’anniversaire de l’accord de Ouaga), ont intimé au pouvoir de fixer la présidentielle à la fin avril - début mai. Seront-ils entendus ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses n’évoluent toujours pas dans le bon sens à Abidjan vers une présidentielle sans accroc.
Le Togo dans l'attente des résultats de l'élection présidentielle
05/03/2010
Les Togolais sont désormais dans l'attente des résultats du scrutin présidentiel du jeudi 4 mars 2010. Le dépouillement a commencé après la fermeture des bureaux de vote. Aucune indication sur le taux de participation n'a été donnée durant la journée, ni aucun délai pour l'annonce des résultats. Les forces de sécurité appellent à la vigilance jusqu'à la proclamation des résultats.
Le scrutin s'est déroulé dans le calme, avec de longues files d'attente dans certains bureaux de vote. Dans la capitale il n'y a eu aucun incident majeur. Plusieurs observateurs contactés par RFI ont confié d'ailleurs qu'ils n'avaient reçu aucune plainte de la part des candidats.
A l'intérieur du pays, des incidents isolés, assortis d'interpellations, ont eu lieu. lls ont été détaillés jeudi soir, au cours d'une conférence de presse donnée par le ministre de la Sécurité.
Certains habitants auraient également voté sans leur carte d'électeur. A la mi-journée jeudi, le président de la Commission électorale a d'ailleurs dû diffuser un communiqué pour rappeler qu'il était interdit de voter avec la seule carte d'identité.
Le dépouillement a débuté dès la fermeture des bureaux de vote, par endroit à la lueur des bougies ou des lampes à pétrole, et en présence de nombreux curieux. C'est une phase cruciale du processus électoral, tout comme la centralisation des données émanant des 35 préfectures du pays.
A ce sujet l'UFC, l'Union des Forces de changement, le principal parti d'opposition s'est dit inquiet jeudi soir de l'opacité du système de transmission des résultats. Le parti de Jean-Pierre Fabre, candidat à l’élection présidentielle, dénonce l'utilisation en dernière minute d'un nouveau procédé d'origine ivoirienne. Initialement tous les résultats devaient être transmis par un système satellite financé par les Nations unies.
Afrique : Vers une «guerre froide» sino américaine
05/03/2010
Le «gâteau» africain fait saliver les grandes puissances économiques mondiales, à la recherche de matières premières pour alimenter leurs industries et de nouveaux marchés pour y déverser leurs produits. L’enjeu économique du continent africain entraîne déjà de vifs conflits d’intérêts entre la Chine, considérée comme le nouveau «colon» et les Etats-Unis. Mais que gagne l’Afrique dans la bataille rangée des «grands» sur ses terres ?
Las de l’assistanat paternaliste proposé par les anciens colons, l’Afrique a vite été séduite par le partenaire chinois, ses contrats colossaux et ses valises de cash. Le nouvel «ami chinois» s’est ainsi immiscé sur le pré-carré occidental jusqu’à toucher tous les secteurs aux quatre coins du continent noir.
Devant la vague chinoise qui mouille tous les secteurs de l’économie africaine, les puissances occidentales ont vite fait de crier au scandale. Attitude colonialiste, pillage des richesses, détérioration du patrimoine naturel, rien n’a manqué au réquisitoire des puissances occidentales contre le «nouvel ami» de l’Afrique.
«Les Chinois voient d’énormes possibilités en Afrique. (…) [mais] L’Occident est hostile à la pénétration chinoise en Afrique», explique le professeur Omar Aktouf de HEC Montréal, affirmant même que l’on assisterait à «une première guerre américano-chinoise» en Afrique.
Le sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaire étrangères, Johnnie Carson, explique que «la Chine cherche de manière ciblée à acquérir des droits d’exploitation des hydrocarbures et d’autres ressources naturelles pour répondre aux besoins créés par sa croissance économique», et qu’elle «tente également de trouver de nouveaux marchés pour ses exportations. Dans ce contexte, l’Afrique est un continent où les Chinois voient d’énormes possibilités».
Mais l’inquiétude du diplomate américain réside sur la complicité des gouvernements africains au «pillage organisé» des ressources du continent noir. Il insiste à cet effet sur la nécessité d’institutions démocratiques «pour que les voix des populations puissent se faire entendre quant aux conséquences de ces relations avec la Chine».
Sur ce point, un exemple probant reste la renégociation récente du contrat d’exploitation du gisement de fer de Belinga, au Gabon, suite aux pressions de la société civile sur l’impact environnemental et la faible contrepartie économique du premier accord conclu avec la Chine.
Mais pour le professeur Aktouf, l’enjeu n’est pas si charitable que les puissances occidentales ne veulent le laisser penser. «La Chine est aujourd’hui aux portes de l’Europe et menace les intérêts américains au Moyen-Orient. Le Soudan n’est pas loin du Canal de Suez, ce qui est intolérable pour Washington», estime-t-il.
Et face à la marée chinoise qui menace les intérêts occidentaux, le professeur Aktouf met en lumière la portée des conflits qui minent le continent. «Vous avez le Darfour, le grand conflit au Zimbabwe. Le pauvre Mugabe a commis la faute de dire aux Blancs de laisser les terres agricoles et il est devenu le plus grand tyran du monde. Il ne l’était pas auparavant. Toute la région des Grands Lacs, le Rwanda, le Burundi, la RDC… est ciblée. Les Français, les Américains, d’autres puissances veulent limiter l’intrusion de la Chine, qui joue la carte africaine à fond et effraie les puissances occidentales», explique-t-il.
Certains analystes prévoient que la Chine devancerait les Etats-Unis en 2020 pour être la première puissance économique mondiale. Une perspective qui a de quoi effrayer les tout puissants USA, en tout cas suffisamment pour mettre des bâtons dans les roues de la machine économique chinoise.
Pendant ce temps, au milieu de la balance, l’Afrique, qui possède toutes ses richesses encore inexploitées a besoin d’argent pour se développer.
Les Etats-Unis réussiront-ils à bloquer l’avancée chinoise dans une Afrique assoiffée de développement, simplement avec les sirènes démocratiques ?
Cela fait cinquante ans que l’Afrique attendait de la part des puissances occidentales qu’elles accompagnent son développement en vertu des multiples accords signés avec elles. Certes, la Chine ne va pas développer l’Afrique à la place des africains, il appartient aux gouvernements africains de prendre leurs destins en main, ce d’autant qu’ils disposent d’une élite formée dans les meilleures universités occidentales. La lucidité d’un tel projet les invite à bâtir des institutions fortes, acquises à la bonne gouvernance, capables de défendre les intérêts vitaux des Africains.
Comme le suggère enfin le professeur Aktouf, «il faut que l’Etat soit un intervenant économique. Ce qui manque aux pays du Tiers monde, c’est que l’Etat ne joue pas son rôle véritable, notamment en matière d’éducation. C’est grâce à l’éducation que la Chine se trouve là où elle est actuellement». L’Afrique a été victime de la guerre froide russo-américaine, il est temps qu’elle prenne ses responsabilités pour ne pas être victime de celle qui se prépare entre la Chine et le bloc occidental.
A ce sujet l'UFC, l'Union des Forces de changement, le principal parti d'opposition s'est dit inquiet jeudi soir de l'opacité du système de transmission des résultats. Le parti de Jean-Pierre Fabre, candidat à l’élection présidentielle, dénonce l'utilisation en dernière minute d'un nouveau procédé d'origine ivoirienne. Initialement tous les résultats devaient être transmis par un système satellite financé par les Nations unies.
Présidentielle togolaise : Une campane déséquilibrée
01/03/2010
La campagne électorale pour le scrutin présidentiel du 4 mars 2010 bat son plein au Togo. Le président sortant, Faure Gnassingbé, la mène à l’américaine en hélicoptère, avec une escouade de porte-paroles. Alors que les autres présidentiables exceptés Jean Pierre Fabre et Me Yawovi Agboyibo, font une campagne modeste. Demain 2 mars 2010 à 0 heure, marquera la fin de la campagne électorale pour la présidentielle togolaise. Depuis pratiquement deux semaines donc, les 7 candidats sont allés à la pêche aux voix avec des résultats mitigés, même s’il faut attendre les résultats pour se prononcer sur l’efficacité de cette chasse aux électeurs.
Comme partout en Afrique en pareil cas, le candidat-président émerge du lot. Et le Togo n’a pas dérogé à cette règle quasi immuable sous les Tropiques. Va-t-on confirmer également cette autre loi politique qui veut qu’un chef d’Etat sortant organise toujours des élections pour les gagner ? En attendant, c’est un candidat du RPT Faure Gnassingbé, même s’il a été adoubé le 12 janvier par procuration, qui sillonne le pays en hélicoptère. Ces derniers jours il s’est rendu à Agbélouvé, Tabligbo, Davié et Gapé au centre du Togo où, comme à son habitude, il a axé son discours de campagne sur la réconciliation des Togolais divisés par un système qui a écrasé le Togo pendant 40 ans.
Candidat mais également toujours président en exercice, donc garant de la sécurité du pays, il n’a pas manqué d’appeler ses compatriotes à voter dans le calme et la paix tout en mettant en garde ceux qui ont fait de la violence leur thème de campagne : « Je ne permettrai pas qu’une goutte de sang soit versée ou qu’une vie soit perdue, même au nom de l’alternance ». Un avertissement à l’endroit de ceux qui ont pour slogan « l’alternance ou la mort », tel le Mouvement citoyen pour l’Alternance (MCA) créé le 17 octobre 2008 pour pallier « les insuffisances de l’opposition qui n’a pas de stratégie de défense de sa victoire », selon un de ses responsables Fulbert Atisso.
Jean-Pierre Fabre, président de l’UFC, qui a reçu enfin la bénédiction de son mentor Gilchrist Olympio le 15 février 2010, essaie de ratisser large. D’emblée il peut compter sur la région du Sud notamment Lomé la capitale, fief naturel de l’opposition et en particulier de l’Union des forces du changement (UFC). Sans oublier que des partis et mouvements comme Sursaut-Togo de Koffi Yamgnane regroupés au sein du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) tentent de convaincre les Togolais de faire chorus le 4 mars derrière le candidat Fabre.
Ainsi le « Obama togolais » comme l’appellent ses partisans, était récemment à Badou dans la région du Plateau où il a mis l’accent dans son mot de campagne sur l’incapacité du pouvoir en place à combler les attentes des Togolais : « Ce mandat de Faure sera un mandat de trop », a-t-il affirmé dans cette localité. Mieux, comme il l’a laissé entendre, « nous avons été dans des zones réputées favorables au régime mais ce que nous avons vu comme mobilisation prouve le contraire » ; comme pour dire qu’en politique il n’y a pas de citadelle inexpugnable.
A Tchégué où était ces derniers jours Agbéyomé Kodjo, le patron de l’Organisation bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS), le discours était aussi aux philippiques contre le pouvoir du président-sortant : « Là où Faure offre des coupe-coupes nous offrirons des tracteurs aux populations », a martelé le candidat Kodjo. Le porte-étendard du Comité d’action pour renouveau (CAR), Me Yawovi Agboyibo, entre meeting-prière et rencontre-échange, tente aussi de convaincre que la « méthode du CAR, maintes fois éprouvée lors de graves crises au Togo », est la meilleure pour sortir le Togo du marasme économique et politique. Pour lui, seul si les Togolais lui font confiance, le pays retrouvera son lustre d’antan.
D’autres candidats tels Brigitte Adjamogbé Johnson de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), Bassabi Kagbara du Parti démocratique panafricain (PDP) et autre Nicolas Lawson du Parti du républicain et du renouveau (PRR) sont aussi en état de veille. De même que la Force de sécurité de l’élection présidentielle (FOSEP), car ce scrutin est à haut risque.
Guinée : L’autre défi de Sékouba
01/03/2010
En visite officielle au Mali, le président de la transition guinéenne, le général Sékouba Konaté, a déclaré, le 26 février dernier, être favorable à la participation des Guinéens de l’étranger à la prochaine présidentielle, si cela est techniquement possible. Venant d’un homme qui s’est jusque-là illustré par des propos à la fois sincères et rassurants, une telle promesse du reste bien modérée, n’a absolument rien de populiste ni de démagogique.
En effet, elle n’est que la réponse à une doléance commune à presque toutes les communautés vivant hors de leurs pays d’origine. De plus, l’intérimaire de Dadis Camara n’a aucun traître profit personnel à tirer de flagorneries adressées à un quelconque électorat, car il n’est pas censé se porter candidat au scrutin.
Bien au contraire, s’il arrivait à exhaucer ce voeu cher à ses concitoyens de l’extérieur, le refrain encensant son esprit patriotique déjà entonné à l’intérieur du pays serait sans nul doute repris en choeur par les Guinéens expatriés et leurs sympathisants. L’actuel homme fort de Conakry n’a donc pas grand-chose à perdre ou à gagner en termes de glorioles que confère une conservation égoïste du pouvoir, et il est fort à parier que son noble projet aboutisse.
Et le cas échéant, les dirigeants guinéens auraient rabattu le caquet à ceux de certains Etats africains qui, malgré la stabilité politique de leurs régimes, ne sont pas encore arrivés à faire voter leurs compatriotes de l’étranger pourtant en nombre considérable et qui participent énormément au développement économique de leurs nations.
Ils démontreraient par le même coup que le vote des expatriés est surtout une question de volonté politique, mais pas seulement de moyens ou de contexte. Au cas où les Guinéens de l’étranger ne parviendraient pas à participer au choix de leur président prévu pour juin prochain, ou au cas où l’opération connaîtrait quelque irrégularité, le futur président démocratiquement élu pourrait s’en inspirer pour rectifier le tir aux prochaines consultations.
Sans oublier que des raisons valables pour se limiter au vote des Guinéens de l’intérieur, le général président n’en manque pas. En plus du délai trop juste dont il dispose pour l’organisation du scrutin, s’ajoute l’imperfection du recensement des Guinéens vivant à l’étranger dont le nombre de 4 à 5 millions, soit un Guinéen sur trois, n’est qu’approximatif.
Le plus urgent est la tenue de l’élection elle-même dans de bonnes conditions, qu’elle prenne en compte ou non la diaspora, dont le recensement interrompu par les douloureux événements du 28 septembre, pourrait se poursuivre en vue des prochaines échéances.
Le vote des Guinéens de l’étranger est d’ailleurs loin d’être la seule raison du déplacement malien du général Konaté, qui, en plus d’être allé s’inspirer de l’expérience d’un autre général qui n’a plus à prouver son patriotisme, est en train de remettre son pays sur les rails du développement.
En effet, la délégation présidentielle guinéenne, pendant son séjour malien de quatre jours, a beaucoup plus parlé du renforcement de la coopération entre les deux pays. Preuve qu’il y a toujours une priorité parmi plusieurs autres.
Et même si au stade actuel du processus électoral, le vote de la diaspora n’est pas encore tout à fait sûr pour la présidentielle de juin, il n’en demeure pas moins que, si Sékouba le réalisait, il aurait relevé un autre défi après le pari de la transition qu’il a promis de réussir.
Togo : Qui veut la peau d'Asky ?
26/02/2010
Certains pays, qui ont déjà une compagnie nationale ou prévoient le lancement d’un pavillon, craignent que la nouvelle venue soit en réalité le cheval de Troie d’Ethiopian Airlines.
Mise en orbite difficile pour Asky Airlines. À peine lancée le 15 janvier dernier, la nouvelle compagnie aérienne régionale, basée à Lomé (Togo), est déjà confrontée aux perpétuelles difficultés de la libéralisation du ciel africain. Sur les douze destinations figurant sur son programme de vols initial, quatre liaisons majeures (Lagos, Abidjan, Dakar et Douala), soit le tiers, ne sont toujours pas desservies. La raison ? Le transporteur peine à obtenir un droit de trafic dans ces pays. Si la direction de la compagnie espère acquérir ces autorisations dans le courant du mois de février, notamment à Douala, elle soupçonne toutefois des velléités protectionnistes de la part des autorités des aviations civiles concernées. Le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun ont déjà soit une compagnie nationale opérationnelle, soit une dont le lancement est imminent.
L’ex-Virgin Nigeria, devenue Nigerian Eagle, en pleine restructuration, vise les mêmes marchés régionaux (Afrique de l’Ouest et Afrique centrale) qu’Asky Airlines, tout comme Air Ivoire. Ainsi que Sénégal Airlines, Camair Co et Air Cemac, trois autres compagnies en création dont les premiers vols sont attendus cette année avec la même feuille de route qu’Asky Airlines : devenir le transporteur de référence dans les deux sous-régions, où les cieux sont restés vides depuis la disparition d’Air Afrique, en 2001.
Parcours du combattant
« En Afrique, où la notion de compagnie nationale est souvent synonyme de souveraineté, les autorités des aviations civiles ont tendance à protéger leurs marchés domestiques contre l’arrivée de nouvelles compagnies », affirme Délia Bergonzi, la directrice générale du cabinet d’études Ectar, spécialisé dans le transport aérien sur le continent. De fait, l’obtention des droits de trafic relève souvent du parcours du combattant. « Même si des progrès ont été réalisés, ce problème est récurrent et n’est pas spécifique à la seule Asky Airlines », ajoute-t-elle.
Pourtant, le protocole de Yamoussoukro sur la libéralisation de l’espace aérien africain, signé en novembre 1999, prévoit clairement le libre octroi des droits de trafic. Dont celui permettant à une compagnie de débarquer ou d’embarquer dans un autre État des passagers en provenance ou à destination d’un pays tiers. Cheikh Tidiane Camara, président du conseil de surveillance du même cabinet, précise : « Cette libéralisation est cependant soumise à certaines conditions, notamment le respect des normes de sécurité. De fait, les pays peuvent jouer là-dessus et traîner volontairement les pieds. »
C’est bien l’avis de la direction d’Asky Airlines, qui met en doute la bonne volonté du Nigeria et du Sénégal. Le 15 janvier, à Lomé, l’absence remarquée des autorités sénégalaises, qui se sont fait représenter à la dernière minute à la cérémonie de lancement d’Asky Airlines, est considérée comme la preuve qu’elles n’apprécient pas beaucoup le démarrage des activités de la nouvelle venue. Réponse de Madior Sylla, le porte-parole du ministère sénégalais de la Coopération internationale et des Transports aériens : « Il ne s’agit guère de mauvaise volonté. Si d’autres compagnies ont eu le droit de prendre du trafic à Dakar, il n’y a pas de raison qu’Asky ne l’obtienne pas. Sénégal Airlines n’a pas peur de la concurrence, au contraire. »
Selon un responsable de l’Agence nationale de l’aviation civile du Sénégal (Anacs), « la demande de droit de trafic formulée par Asky Airlines est en étude. Le processus suit son cours et devrait aboutir prochainement ». Mais sur la date à laquelle il devrait aboutir, celui-ci refuse de s’exprimer, arguant que la délivrance du précieux sésame nécessite plusieurs contrôles d’ordre technique.
Même propos au Cameroun, où Asky Airlines n’a pas encore obtenu le droit de desservir Douala. La situation devrait cependant se débloquer très prochainement, selon le directeur commercial de la nouvelle compagnie. Mais, là aussi, les autorités ont été soupçonnées de vouloir freiner cette nouvelle compagnie risquant d’entrer en concurrence frontale avec Camair Co, la compagnie nationale du pays, prévue pour démarrer cette année. Et pouvant aussi – et surtout – gêner le décollage de son équivalent d’Afrique centrale, Air Cemac, qui, selon la décision du dernier sommet des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), devrait prendre son envol dans cinq mois (voir J.A. no 2559). Or c’est la capitale économique du Cameroun qui a été choisie pour accueillir le hub de la future compagnie. « Nous n’avons aucun intérêt à empêcher Asky Airlines de venir chez nous, d’autant que nous risquerions de faire face au même problème au moment du lancement de notre propre compagnie », se défend Paul Alain Mendouga, administrateur de la Camair Co et directeur de l’aviation civile camerounaise.
Ethiopian actionnaire à 25 %
Mais, au-delà de ces discours, « il est certain qu’Asky Airlines est mal vue par les autres compagnies africaines, qui la considèrent comme le cheval de Troie d’Ethiopian Airlines en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale », explique un observateur averti du secteur. La géante éthiopienne, l’une des plus importantes du continent, est son partenaire stratégique et actionnaire à 25 %. Conséquence : les autres compagnies sont sur la défensive et ne veulent visiblement pas accuser le moindre retard sur Asky Airlines.
De fait, alors même que les processus d’octroi de droit de trafic piétinent, les états-majors des différents concurrents de la nouvelle compagnie s’activent pour faire avancer leurs projets. Ainsi, le conseil d’administration de Sénégal Airlines vient de nommer un directeur général par intérim (Modou Khaya, également directeur général de l’aéroport Blaise-Diagne de Ndiass) et devrait adopter dans la foulée le business plan de la compagnie. Un comité a aussi été mis en place pour réfléchir au choix définitif du directeur général et de l’ensemble de l’équipe dirigeante. Au Cameroun, le projet Camair Co, qui jusque-là semblait être en panne, a connu une certaine avancée depuis fin 2009. Après l’annonce du recrutement de 443 personnes en décembre, Alex van Helk et Gustave Baldoph (tous deux expatriés européens) ont été nommés le 4 février respectivement aux postes de directeur général et de directeur des opérations. Avec plusieurs années d’expérience au Nigeria pour le premier, en Inde et en Russie pour le second, il auront pour mission de lancer la compagnie camerounaise. Le décollage d’Asky Airlines semble avoir donné des ailes à ses rivales.
Côte d'Ivoire : Nouveau gouvernement de 28 membres, 11 postes restent à pourvoir
24/02/2010
Le nouveau gouvernement du Premier ministre ivoirien Guillaume Soro comptera 28 membres, 11 postes de cette équipe restant à pourvoir, dont la quasi-totalité étaient occupés par l'opposition dans le cabinet précédent, a-t-on appris mardi de source officielle.
Le secrétaire général du gouvernement, Félix Tyeoulou-Dyela, a annoncé mardi en début de soirée au palais présidentiel un gouvernement de 28 membres, y compris le Premier ministre Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN). Seize titulaires ont été annoncés, et onze ministères restent "à pourvoir", a-t-il précisé.
Neuf des 11 postes non pourvus étaient occupés par l'opposition dans la précédente équipe Soro, formée en 2007 après la signature de l'accord de paix de Ouagadougou.
Depuis la dissolution par le président Laurent Gbagbo du gouvernement et de la Commission électorale indépendante (CEI) le 12 février, qui a plongé le pays dans une crise émaillée de violences parfois meurtrières, l'opposition avait lié sa participation au nouveau cabinet au "rétablissement" de la CEI.
Le gouvernement aura pour tâche de conduire le pays "fin avril-début mai" à une élection présidentielle, selon le calendrier annoncé par le médiateur, le président burkinabè Blaise Compaoré.
Sans cesse reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, ce scrutin est censé clore la crise née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un nord rebelle et un sud loyaliste.
Libye : La pression de Tripoli sur la Suisse
23/02/2010
La Libye avait donné jusqu'à ce lundi à l'ambassade de Suisse à Tripoli pour lui livrer l’homme d'affaires suisse Max Göldi, condamné pour séjour illégal en Libye réfugié à l'ambassade. Une affaire qui a aggravé les relations déjà tendu entre les deux pays. Berne se pliera-t-elle à l’ultimatum de Tripoli ?
Le ministre libyen des Affaires étrangères Moussa Koussa a prévenu que si Max Göldi n'était pas livré d'ici à 11h GMT ce lundi, son gouvernement agirait, sans donner de précision."Aucune ambassade ne doit devenir un moyen d'échapper à la justice", a expliqué Koussa à l'AP dimanche soir. "J'espère que cela ne nous poussera pas à adopter d'autres mesures".
Une cour d'appel libyenne avait réduit la condamnation de l'homme d'affaires suisse de 16 à quatre mois de prison pour violation des droits de résidence. Lui-même et un autre homme d'affaires suisse, Rachid Hamdani, avaient été autorisés à rester à l'ambassade le temps de leur procès. Hamdani a été acquitté.
Les tensions diplomatiques entre Tripoli et Berne avaient débuté après la brève interpellation du fils de Moammar Kadhafi, Hannibal, et sa femme à Genève en 2008. Le couple avait été accusé d'avoir maltraité des domestiques. La plainte ayant été retirée contre un dédommagement, mais Tripoli n'a pas voulu en rester là. Le colonel Kadhafi a retiré la plupart des fonds libyens des coffres helvètes et deux ressortissants suisses ont été arrêtés le 19 juillet 2008, officiellement pour activités commerciales et séjour illégaux.
De plus, la Suisse a dressé une "liste noire" de Libyens, parmi lesquels le colonel Kadhafi et sa famille, auxquels elle refuse un visa, ce qui s'applique automatiquement aussi dans les autre pays de l'espace de libre circulation de Schengen (22 pays de l'Union européenne et trois associés, dont la Suisse). Tripoli a répliqué en refusant les visas et l'entrée en Libye aux ressortissants de l'espace Schengen.
RDC : Joseph Kabila remanie le gouvernement
22/02/2010
Fini le suspense. Le Président de la République vient de remanier le gouvernement ainsi que son cabinet. Premier constat : le maintien d’Adolphe Muzito au poste de Premier ministre. Deuxième constat : la réduction des postes ministériels. De 54 membres, l’Exécutif est composé désormais de 43 ministres et vice-ministres. Gouvernement d’austérité. Troisième constat: mission placée sous le signe du social et de la préparation des prochaines élections. Grands défis à relever.
Outre le Gouvernement, le chef de l’Etat a également remanié son cabinet avec la nomination d’un nouveau chef de cabinet et d’un Conseiller spécial en matière de sécurité. - Volonté de donner une nouvelle impulsion à l’action de l’Etat.
L’attente a paru longue. Attendu depuis juin 2009, le remaniement du gouvernement vient en fin d’intervenir. Au terme de l’ordonnance rendue publique hier soir vendredi, le Président de la république a procédé au remaniement du gouvernement. A la lecture de la composition de cette équipe, on constate que le Président de la république a renouvelé sa confiance au Premier ministre qui a été reconduit dans ses fonctions.
Mais également à François –Joseph Nzanga Mobutu en qualité de vice-Premier ministre, ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale. Maintien qui prouve que la coalition AMP-PALU-UDEMO se porte bien et qu’il y a eu plus de peur que de mal. Quitte à prendre en compte toutes les observations pertinentes pour continuer à gouverner ensemble.
Toutefois, on remarque des départs importants ont été enregistrés. Il s’agit précisément des anciens vice-premiers ministres Emile Bongeli et Mutombo Bakafwa Nsenda. Mais également celui de Matenda, ancien ministre des Finances, Lokola, ministre du Budget. L’ancien ministre des finances a été remplacé par Matata Ponyo, ancien Directeur général de BCECO qui travaille en étroite collaboration avec le FMI et la Banque Mondiale.
Quant à Pierre Lumbi ancien ministre des Infrastructures, des Travaux publics et Reconstruction, il a été appelé à d’autres fonctions en qualité de Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité.
Gouvernement d’austérité
Autre particularité à relever, la taille du gouvernement. De 54 membres, l’Exécutif compte désormais 43 membres. Cette réduction de la taille du Gouvernement par le regroupement de certains portefeuilles et départementaux a comme objectif de rendre plus compacte l’équipe gouvernementale pour plus d’efficacité, de diminuer le train de vie de l’Etat en vue d’atteindre les objectifs du point d’achèvement et de stabilisation du cadre macro-économique. Il s’agit là d’un gouvernement d’austérité et que tous les ministères en feront autant pour réduire le nombre de leurs conseillers pléthoriques..
Ses missions consistent à consolider des acquis du Gouvernement de mission en ce qui concerne la paix, la restauration et l’ affirmation de l’ autorité d el’ Etat et l’ ouverture diplomatique ; à poursuivre le programme de la reconstruction nationale et la réalisation de 5 chantiers de la République par l’ accélération de la croissance économique, à améliorer le social des populations grâce notamment aux mesures d’assainissement du climat des affaires, à l’ application de la politique de « Tolérance zéro » et aux avantages d’atteinte du point d’achèvement et de la stabilisation du cadre macroéconomique, et enfin à l’ organisation des élections. Il s’agit là des grands défis à relever.
Dans le même ordre d’idées, le président de la république a procédé au remaniement de son cabinet. Pierre Lumbi Okongo a été nommé Conseiller spécial de Sécurité et G. Beya, nouveau Directeur de cabinet.
Ci-après l’intégralité de l’ordonnance portant nomination des membres du Gouvernement..
Ordonnance n° 10/ portant nomination des vice-premiers ministres, des ministres et des vice-ministres
Le Président de la République,
Vu la Constitution, spécialement en ses articles 78, 79 et 90 ;
Revu l’Ordonnance n° 08/067 du 26 octobre 2008 portant nomination des Vices-Premiers Ministres, Ministres et Vice-Ministres ;
Sur proposition du Premier Ministre ;
ORDONNE :
Article 1er :
Sont nommées Vice-Premiers Ministres, les personnes ci-après :
1. Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale : Monsieur François-Joseph NZANGA MOBUTU NGBANGAWE
2. Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité : Monsieur Adolphe LUMANU MULENDA BWANA N’SEFU
3. Vice-Premier Ministre, Ministre des Postes, Téléphones et Télécom-munications : Monsieur Simon BULUPIY GALATI
Article 2 :
Sont nommées Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après :
1. Ministre des Affaires Etrangères : Monsieur Alexis THAMBWE MWAMBA
2. Ministre de la Coopération Internationale et Régionale : Monsieur Raymond TSHIBANDA N’TUNGAMULONGO
3. Ministre de la Défense Nationale et Anciens Combattants : Monsieur Charles MWANDO SIMBA
4. Ministre de la Justice et Droits Humains : Monsieur LUZOLO BAMBI LESSA
5. Ministre de la Décentralisation et Aménagement du Territoire : Monsieur Antipas MBUSA NYAMWISI
6. Ministre des Relations avec le Parlement : Monsieur Richard MUYEJ MANGENZ
7. Ministre de la Communication et Médias : Monsieur Lambert MENDE OMALANGA
8. Ministre des Finances : Monsieur MATATA PONYO MAPON
9. Ministre du Budget : Monsieur Jean-Baptiste NTAHWA KUDERWA BATUMIKE
10. Ministre du Plan : Monsieur Olivier KAMITATU ETSU
11. Ministre du Portefeuille : Madame Jeannine MABUNDA LIOKO
12. Ministre de l’Economie Nationale : Monsieur Jean-Marie BULAMBO KILOSHO
13. Ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction : Monsieur Fridolin KASWESHI MUSOKA
14. Ministre de l’Energie : Monsieur Gilbert TSHIONGO TSHIBINKUBULA WA TUMBA
15. Ministre des Mines : Monsieur Martin KABWELULU LABILO
16. Ministre des Hydrocarbures : Monsieur Célestin MBUYU KABANGO
17. Ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme : Monsieur José ENDUNDO BONONGE
18. Ministre des Transports et Voies de Communication : Madame Laure-Marie KAWANDA KAYENA
19. Ministre de la Santé Publique : Monsieur Victor MAKWENGE KAPUT
20. Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire : Monsieur Leonard MASHAKO MAMBA
21. Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel :Monsieur Maker MWANGU FAMBA
22. Ministre de l’Agriculture : Monsieur Norbert BASENGEZI KATINTIMA
23. Ministre du Développement Rural : Monsieur Philippe UNDJI YANGYA
24. Ministre de l’Industrie : Monsieur Anicet KUZUNDA MUTANGIJI
25. Ministre du Commerce, Petites et Moyennes Entreprises : Monsieur Bernard BIANDO SANGO
26. Ministre du Genre, Femme et Enfant : Madame Marie-Ange LUKIANA MUFWANKOLO
27. Ministre des Affaires Foncières : Monsieur KISIMBA NGOY MAJ
28. Ministre de l’Urbanisme et Habitat : Monsieur César LUBAMBA NGIMBI
29. Ministre des Affaires Sociales, Action Humanitaire et Solidarité Nationale : Monsieur Ferdinand KAMBERE KALUMBI
30. Ministre de la Fonction Publique : Monsieur Dieudonné UPIRA SUNGUMA KAGIMBI
31Ministre de la Recherche Scientifique : Monsieur Jean-Pierre BOKOLE OMPOKA
32. Ministre de la Culture et Arts : Madame Jeannette KAVIRA MAPERA
33. Ministre de la Jeunesse et Sports : Monsieur Claude BAZIBUHE NYAMUGABO
Article 3 :
Sont nommées Vice-Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après :
1. Vice-Ministre de l’Intérieur : Monsieur Georges ZUKA MON’DO UGONDA-LEMBA
2. Vice-Ministre des Affaires Etrangères : Monsieur Ignace GATA MAVITA WA LUFUTA
3. Vice-Ministre des Finances : Monsieur Joas MBITSO NGEDZA
4. Vice-Ministre du Budget : Monsieur André SHIKAYI LUBOYA BANKINA
5. Vice-Ministre du Commerce : Madame Xaverine KAROMBA MITIMITUJE
6. Vice-Ministre des Travaux Publics : Monsieur Gervais NTINUMENYERWA KIMONYO
7. Vice-Ministre de l’Enseignement Professionnel : Monsieur Arthur SEDEA NGAMO ZABUSU
Article 4 :
Sont abrogées, toutes les dispositions antérieures contraires à la présente Ordonnance.
Article 5 :
Le Premier Ministre est chargé de l’exécution de la présente Ordonnance qui entre en vigueur à la date de sa signature.
Fait à Kinshasa, le
Joseph KABILA KABANGE
Président
Adolphe MUZITO
Premier Ministre
Niger : Tandja renversé par l’armée
19/02/2010
Mamadou Tandja n’est plus aux commandes du Niger ! Il a été renversé par des militaires le 18 février et est toujours aux mains des putschistes. Ces derniers ont annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution de toutes les institutions et la mise en place d’un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSDR), dirigé par le chef d'escadron Salou Djibo.
Le président Mamadou Tandja a été enlevé le 18 février dernier par des militaires mutins qui ont pris le pouvoir au Niger. Désormais c’est le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSDR), présidé par le chef d'escadron Salou Djibo, qui tient les rennes du pays, après avoir dissout toutes les institutions nationales.
Le président déchu est en vie, mais toujours retenu par les putschistes, ainsi que les l’ensemble des membres de son cabinet car le coup d’Etat a eu lieu lors du conseil extraordinaire des ministres. Le CSDR a en outre décrété un couvre-feu et fermé les frontières du pays.
Le 18 février vers 13H locales, des tirs de mitrailleuses et d'armes lourdes ont retenti dans la capitale, en provenance du quartier du palais présidentiel, au-dessus duquel s'est formé un nuage de fumée. Quatre soldats ont été tués par un tir de missile. A l'ambassade de France, on explique avoir «entendu des tirs de mortier, de mitrailleuse 12.7» mais ne «pas être en mesure de dire si le coup d'Etat a abouti».
«On a donné la consigne aux Français de se calfeutrer chez eux», précise l'ambassade.
Ce coup d’Etat intervient après plusieurs mois de tensions au Niger entre le président Tandja et l'opposition, qui l'accuse de dérives totalitaires.
En mai 2009, le chef de l'Etat a dissout le Parlement, opposé à l'organisation d'un référendum en août lui permettant de prolonger son second mandat au-delà de son terme officiel, en décembre dernier. La décision était légale mais, en juin, Mamadou Tanjda a invoqué des pouvoirs extraordinaires pour gouverner par décret. Or, la Constitution du Niger n'autorise le président à agir ainsi qu'en cas de menace grave sur le pays, et avec un Parlement en place pour empêcher d'éventuels abus de pouvoir.
Quelques jours plus tard, la Cour constitutionnelle a jugé illégal ce référendum. Mamadou Tanjda a réagi par décret en dissolvant la Cour et en la remplaçant par une autre dont il avait choisi les membres. L'opposition proteste depuis contre l'acharnement à rester au pouvoir de Tandja, jusque là élu puis réélu lors d'élections jugées équitables.
Pays du sud du Sahara, frappé par la sécheresse et la désertification, le Niger a connu trois coups d'Etat entre 1974 et 1999. Le pays, qui figure parmi les moins développés selon l'index des Nations unies, a un taux de 70% d'illettrisme parmi sa population, et le plus fort taux de natalité au monde.
Libye : Plus de visas pour les citoyens de l'UE
19/02/2010
Depuis le 15 février, Tripoli ne délivre plus de visas aux ressortissants de l’Union européenne (UE), à l’exception des Britanniques, selon une source de l’aéroport de la capitale libyenne. Cette décision est une réponse aux autorités suisses, qui ont interdit le 14 février à 188 responsables libyens, dont le président Kadhafi, de se rendre en Suisse.
Berne, la capitale suisse, a décidé le 14 février à plusieurs ressortissants libyens de se rendre à Suisse. En réponse à cette attitude, le président Kadhafi a décidé 24 heures plus tard de ne plus délivrer de visas aux ressortissants de l’Union européenne (UE), à l’exception des Britanniques.
Selon le ministère italien des Affaires étrangères a déclaré, la décision de Tripoli est une mesure de représailles à la récente publication par le gouvernement suisse d’une « liste noire » de 180 ressortissants libyens interdits d’entrée dans la Confédération.
«La riposte libyenne à la décision suisse affecte tous les pays de la zone Schengen », a dit un porte-parole du ministère italien. « Des contacts sont en cours entre les pays de la zone Schengen pour apporter une réponse coordonnée à cette mesure », a-t-il poursuivi.
Berne n'a pas confirmé l'existence de cette liste, disant qu'elle poursuivait sa politique restrictive de visas pour les Libyens mise en place en septembre 2009 pour protester contre le refus de Tripoli de laisser partir deux citoyens helvétiques (Göldi et son compatriote Rachid Hamdani) retenus en Libye pour infraction aux législations sur l’immigration et le commerce depuis juillet 2008.
Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a rappelé pour sa part que cette mesure sur les visas a été prise après le kidnapping et la détention dans un endroit secret des deux otages suisses par les autorités libyennes l'automne dernier, cela sans explications.
La Libye quant à elle a qualifié de «bassesse politique la liste noire» de personnalités libyennes interdites d'entrée en Suisse. Critique formulée sur fond de crise diplomatique depuis l'arrestation en 2008 à Genève de Hannibal Kadhafi, fils du numéro un libyen.
Selon un porte-parole du gouvernement libyen, Berne «peut mettre fin à la crise en appliquant l'accord signé à Tripoli par le président suisse et qui a été rejeté par le canton de Genève. (L'accord) porte sur des excuses, l'indemnisation et le jugement» des responsables de l'arrestation du fils de M. Kadhafi.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, avait indiqué que Berne et Tripoli étaient disposés à mettre un terme à leur contentieux.
Côte d’Ivoire : L’opposition boude la dissolution du gouvernement
19/02/2010
Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, a-t-il sous-estimé l’impatience de ses concitoyens ? L'opposition ivoirienne a manifesté le 17 février à Abidjan et dans l'intérieur du pays pour fustiger la dissolution du gouvernement par le président le 12 janvier dernier. Une décision jugée "inconstitutionnelle" par les opposants.
La décision du président Gbagbo du 12 février de dissoudre le gouvernement d’union nationale ainsi que la Commission électorale indépendante (CEI), accusée de fraude, est à l’origine de cette poussée de fièvre dans les rues ivoiriennes le 17 février
Une marche a été organisée par l’opposition. Malgré une certaine violence enregistrée et le déploiement des forces de l’ordre, aucune victime n’a été déplorée lors de cette marche.
«Nous manifestons contre la décision anticonstitutionnelle prise par le candidat (au scrutin présidentiel) Laurent Gbagbo pour retarder les élections», a déclaré le responsable local du Rassemblement des jeunes pour la démocratie et la paix (RJDP), Souleymane Konaté.
Car il n’a échappé à personne, notamment aux partisans de l’opposition, que cette double dissolution annoncée le 12 janvier dernier à la télévision, revenait à repousser les élections présidentielles attendues depuis cinq ans.
Il est vrai que des manifestations ont lieu ces derniers jours dans le pays, avec plus ou moins de succès. Fraternité Matin remarque que « la marche du RJDP, l’opposition, prévue hier à Yamoussoukro, (…) a tourné court. Le dispositif sécuritaire mis en place par la police a tout simplement tué la manifestation dans l’œuf », affirme le quotidien ivoirien qui parle d’une «dizaine d’arrestations » et «de nombreux blessés légers».
Pour la presse d’opposition, le mouvement de protestation contre la dissolution du gouvernement et de la CEI prend de l’ampleur. Ainsi, pour Le Nouveau Réveil, les émeutes gagnent tout le pays» et «Laurent Gbagbo est dans une situation difficile».
Pourtant, le chef de l’Etat ivoirien peut être relativement optimiste. Son Premier ministre, Guillaume Soro, qu’il a reconduit dans ses fonctions poursuit ses consultations pour former un nouveau gouvernement et est prêt à rempiler coûte que coûte. Dans les rues, les rumeurs les plus folles circulent. L’opposition de son côté, a appelé à "s'opposer par tout moyen" au pouvoir en place.
RDC : La Suisse compte renforcer son partenariat humanitaire avec Kinshasa
15/02/2010
La Suisse compte renforcer davantage son partenariat avec la République Démocratique du Congo (RDC) dans le domaine d'aide humanitaire en faveur des populations du Nord et du Sud-Kivu, victimes de violences sexuelles et en situation de vulnérabilité.
L'assistance de la Suisse, rappelle-t-on, se réalise par le déblocage d´importants fonds en matière de développement pour la RDC, mais aussi par les contributions indirectes qu'elle fournit par le biais des institutions financières internationales dont le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD).
Ainsi, en 2009, la Suisse a contribué pour 17 millions de dollars américains pour la sécurisation de la RDC à travers la MONUC, 6 millions pour l´ assistance humanitaire principalement aux deux Kivus et à la province Orientale, et 3,5 millions pour des projets de développement et de renforcement des institutions congolaises, avait fait savoir l´ambassadeur.
Italie : émeutes entre immigrés Nord-Africains et latinos après le meurtre d’un Egyptien
15/02/2010
Quelques semaines après les manifestations anti-immigrées qui ont eu lieu en Calabre en Italie, le pays de Silvio Berlusconi une nouvelle fois sous le feu de l’actualité, du fait de violences liées à l’immigration.
Samedi 13 février au soir, des violences intercommunautaires ont éclaté dans un quartier de Milan après qu’un jeune Egyptien ait été poignardé ; meurtre qui serait attribué à des jeunes Péruviens et Equatoriens.
Suite à ce meurtre, une centaine de Nord-Africains, principalement des jeunes, selon les médias italiens, s’en sont pris à des boutiques tenues par les immigrés sud-américains, dans ce quartier qui en accueille une forte population. Ils auraient alors brisé des vitrines et brûlé une voiture.
La mort du jeune Hamed Mamoud El Fayed Adou, 19 ans, vient relancer le débat sur l’immigration en Italie, et remettre en mémoire les violences qui avaient touché des immigrés Noirs-Africains à Calabre. Selon les médias italiens citant Riccardo De Corato, maire adjoint de Milan, le quartier où ont eu lieu les incidents, serait une sorte de "Far West" où immigrés Nord-Africains et Sud-Américains s’opposent fréquemment.
Les meurtriers du jeune Egyptien sont toujours recherchés par la police italienne, tandis que plusieurs personnes, dont quatre Egyptiens, ont été interpellées et placées en garde à vue dimanche. Dans la matinée du 14 février, le calme était revenu dans le quartier.
Audace : Alger criminalise la colonisation française
10/02/2010
ACent-vingt-cinq députés algériens, menés par le Front de libération nationale(FLN), ont signé une proposition de loi « criminalisant le colonialisme français » (1830-1962). Elle sera probablement adoptée par le Parlement algérien. Alger dit ne rien craindre de la diplomatie française sur cette question, puisque Nicolas Sarkozy, en décembre 2007, avait dénoncé le système colonial comme « injuste par nature ». En France la décision algérienne suscite déjà une levée de boucliers.
Le parlement algérien envisage d'adopter une loi criminalisant le colonialisme français (1830-1962), a indiqué le 7 février 2010 un député du Front de libération nationale (FLN). « Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux », a souligné un député FLN, Moussa Abdi, précisant que la proposition de loi avait été signée par 125 députés de différents partis.
Amère ironie, cette proposition de loi est l'exacte opposée de la loi française du 23 février 2005 vantant le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord. Une disposition abrogée un an plus tard, condamnée par le président Bouteflika et qualifiée de loi de la honte par des parlementaires FLN.
Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a regretté cette initiative, et qualifié cette question de sujet sensible. « Je regrette cette proposition », a dit Eric Besson sur RMC, ajoutant « qu'il s'agit d'un sujet sensible alors qu'il reste encore des cicatrices ». Pour le ministre de l'Immigration, « il ne faut pas oublier la colonisation et la post-colonisation et dépasser cette question ».
Le secrétaire d'Etat à la Défense et aux anciens combattants, Hubert Falco, va plus loin en déclarant devant l’Assemblée nationale que «Cette initiative portée par 125 députés algériens est particulièrement inquiétante et incompréhensible, outrancière, Il s'agit d'une proposition de loi qui n'a pas été débattue par l'Assemblée algérienne et sur laquelle le gouvernement algérien ne s'est pas prononcé ». Pour lui, il faut donc se garder de tout procès d'intention à l'égard des autorités algériennes qui ne sauraient cautionner une charge anti-française aussi outrancière, profondément blessante, insultante pour nos compatriotes rapatriés et pour notre mémoire nationale.
« Cette initiative profondément regrettable renforce ma détermination pour œuvrer à la réconciliation des mémoires, non pas par le silence qui voudrait faire la réconciliation sur l'oubli des drames des harkis ou des rapatriés, sur la repentance, mais par le travail de mémoire et l'exigence de vérité », a-t-il fait valoir.
Hubert Falco a dit avoir la conviction que la fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie était l'outil indépendant dont nous avons besoin, ici comme de part et d'autre de la Méditerranée, pour parcourir ensemble ce chemin de mémoire.
« L'exécutif algérien n'a aucunement pris position sur cette proposition, son inscription à l'ordre du jour n'est donc pas certaine, car c'est le gouvernement algérien qui en a la maîtrise exclusive », a souligné Bernard Kouchner devant l'Assemblée nationale.
« Il faut traiter avec sérieux le problème du dialogue et de la mémoire », a-t-il dit, en rappelant l'intention de la France de créer une fondation sur la mémoire de la guerre d'Algérie, dont la mission sera de collecter avec rigueur et objectivité tous les témoignages, sans rien occulter.
Par contre l’Algérie n’envisage toujours pas de faire repentance envers les Européens soumis pendant des siècles à un esclavage particulièrement sanguinaire au Maghreb, esclavage qui n’a cessé justement qu’avec la colonisation française.
Togo/Présidentielle : Le scrutin sera-t-il reporté d’une semaine ?
10/02/2010
Authentification des bulletins, traçabilité, révision des listes électorales, tel est le triptyque qui turlupine la classe politique togolaise, signataire de l’Accord politique global (APG) du 20 août 2006. Des protagonistes qui se sont retrouvés hier chez le facilitateur Blaise Compaoré, au palais de Kosyam.
L’objectif de ce énième dialogue inter togolais : obtenir le report, ne serait-ce que d’une semaine (soit donc le 7 mars), afin de pouvoir organiser une présidentielle transparente. Le facilitateur a promis de s’en ouvrir à son homologue Faure Gnassingbé. Alors que la campagne électorale s’ouvre vendredi 12 février à 0 heure. Et que le spectre d’un boycott, surtout de l’UFC, se profile à l’horizon.
4 heures 30 mn (11 h-15h30) durant, l’opposition, le pouvoir, la CENI, les yeux dans les yeux, ont discuté en présence du facilitateur au 2e étage du palais de Kosyam. Au final, chacun est resté arc-bouté à sa position. Alors que l’Union des forces du changement (UFC) et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) tiennent à ce que la CENI se prépare mieux pour cette présidentielle prévue pour le 28 février 2010, le RPT estime que même à l’étape actuelle de l’organisation du processus électoral, le scrutin peut se tenir.
Ainsi, au sortir de ces échanges qui ont été passablement houleux, on aura constaté que rien n’a véritablement bougé. Comme le prouvent ces propos recueillis à chaud auprès de ces protagonistes togolais :
- Tabiou Issifou Taffa, président de la CENI du Togo : “La date du 28 février tient, les points évoqués lors de cette audience me satisfont... Je ferai le compte rendu à la CENI à Lomé. Je ne suis pas l’opposition.
Quant à l’authentification des bulletins, le facilitateur va nous proposer une démarche à suivre, d’après ses dires”. Renseignement pris, il est probable que Moussa Michel Tapsoba, le président de la CENI du Burkina, et quelques- uns de ses collaborateurs soient dépêchés pour dispenser l’expertise burkinabè en matière électorale, afin de colmater les insuffisances togolaises.
- Georges Lawson (UFC) : “Je ne suis pas satisfait de cette rencontre parce que nous n’avons pas suffisamment rencontré d’ouverture de l’autre côté pour que les élections soient réellement transparentes, crédibles et acceptables ... Les revendications étaient de 3 ordres : la révision des listes électorales qui s’est mal passée, certaines régions ont connu un déficit d’électeurs, alors que d’autres ont connu une augmentation anormale.
Dans certaines régions, alors que la progression normale de la population est de 2% par an, la progression électorale dans ces régions était de 20%, ce qui a donné des électeurs supplémentaires de l’ordre de 82 000 ; deuxièmement, la traçabilité des bulletins : on a des bulletins à souche, l’origine des souches est très importante, là aussi il y a une argumentation de secret du vote qu’on nous oppose ; le troisième point de discorde, c’est l’authentification. Là aussi, on nous a parlé du secret du vote, alors que cette authentification a été pratiquée en 1994 et en 2007. Mais le facilitateur a pris la position de chacun, il n’a pas pu sortir un consensus”.
Et le représentant de l’UFC de balayer d’un revers de main la question des délais constitutionnels, car pour lui “le Togo ne nous tombera pas dessus parce que nous avons organisé des élections hors délai”. Surtout qu’une clause de la constitution maintient le chef de l’Etat en fonction jusqu’à la prestation de serment du nouvel élu. Enfin, George Lawson martèlera : “Nous allons aux élections pour les gagner, nous n’allons pas pour accompagner le pouvoir. Je suis avocat, je connais la valeur des mots, nous n’accompagnerons pas le pouvoir à ces élections”. Un boycott de l’UFC, si les choses restent inchangées, est donc probable.
- Solitoki Esso (RPT) : “Nous avons eu à échanger sur un certain nombre de problèmes liés au processus électoral, et nous avons estimé que les problèmes qui n’ont pas encore pu trouver de solutions seront discutés au sein de la CENI, notamment les problèmes liés aux listes électorales, conformément à la loi électorale, des contestations y relatives peuvent se poursuivre jusqu’au scrutin. L’élection aura lieu le dimanche 28 février 2010”.
- Me Djodji Apevon (CAR) : “A quelques semaines de la présidentielle, nous avons constaté qu’au niveau de la préparation quelques problèmes restent en suspens, notamment le fichier électoral,... la révision des listes s’est mal terminée, on a voulu que cette opération soit reprise, il y a également la question de l’authentification, du vote par procuration,... le facilitateur a estimé qu’effectivement il faut trouver une solution mais compte tenu du temps qui reste, il faut proposer un report pour corriger les choses ; le facilitateur a promis de discuter avec son homologue Faure du Togo”. On l’aura remarqué, l’élection aura lieu le 28 février ou, au cas où Blaise parvenait à arracher un report à Faure, le 7 mars 2010. Bref répit pour résoudre de gros problèmes.
Côte d'Ivoire/Election présidentielle : Un quotidien ivoirien d'opposition suspendu
07/02/2010
Un quotidien ivoirien d'opposition a été suspendu pour trois jours, après avoir vivement attaqué des proches du président Laurent Gbagbo, a-t-on appris jeudi de source officielle.
Dans un communiqué, le Conseil national de la presse (CNP) a condamné des articles publiés fin janvier par le Patriote, très proche du Rassemblement des républicains (RDR) de l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara, l'un des principaux rivaux de M. Gbagbo pour la prochaine élection présidentielle.
Le journal s'attaquait notamment à des personnalités du Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel), dont le ministre de l'Intérieur Désiré Tagro, en les présentant comme des "ennemis de la paix". Le CNP a fustigé une "atteinte à l'éthique sociale, par une incitation au tribalisme, à la xénophobie et à la révolte".
Cette suspension est "arbitraire", a réagi le rédacteur en chef du quotidien Emmanuel Koré, affirmant à l'AFP que d'autres journaux "vilipendent des hommes politiques et n'ont jamais été inquiétés, parce que proches du pouvoir".
Cette sanction survient alors que le climat politique s'est tendu ces dernières semaines en Côte d'Ivoire, sur fond de polémique sur les listes électorales. Le scrutin présidentiel, reporté depuis 2005 et censé clore la crise née du coup d'Etat manqué de 2002, est attendu avant juin par l'ONU.
Togo : On y va pour la forme
04/02/2010
Le Togo se prépare à sa seconde élection présidentielle de l’ère Eyadema fils. La première a failli plonger le pays dans une guerre civile à cause d’un scrutin mal organisé et surtout conçu pour consacrer le passage à témoin entre le défunt Gnassingbé Eyadema et son fils Faure. L’opération a certes réussi, mais le Togo porte encore les stigmates d’un coup de force électoral. La CEDEAO a dû nommer un facilitateur en la personne du président du Faso, Blaise Compaoré pour résoudre cette crise de confiance entre les acteurs politiques. Les élections présidentielles marqueront, en principe, le retour à un ordre constitutionnel normal pour peu que le scrutin se déroule dans le calme, la transparence et l’équité.
Le 28 février prochain, ce sera encore l’épreuve des urnes, une épreuve souvent redoutée par les hommes politiques africains, surtout quand ils sont au pouvoir et ne comptent pas s’en défaire de si tôt. Faure Gnassingbé est jeune et il n’est pas exclu qu’il veuille faire carrière. Il y a tellement d’exemples autour de lui.
Le plus difficile est de contrôler le processus électoral, de le verrouiller de sorte que quel que soit le vote, le vainqueur soit connu d’avance. Il y en a qui ont essayé et ça a marché. Pour le cas du Togo, on attendra le soir du 28 février pour voir confirmée cette assertion. Mais en attendant cette date, il faut croire que le sort lui est déjà favorable.
C’est d’abord l’adversaire héréditaire du RPT, son parti, Gilchrist Olympio qui n’arrive pas à déposer son dossier de candidature. A cause d’un vilain mal de dos, il n’a pas pu compléter son dossier de candidature avec un certificat médical. Cette défection involontaire du chef historique de l’UFC avait déjà enlevé au scrutin son potentiel de suspense et de joutes verbales.
On aurait aimé voir ou entendre celui qui a combattu le père pendant toutes ces années, défier le fils. Une sorte de revanche devant l’histoire. Mais hélas, le sort en a décidé autrement. Comme il a décidé que le second candidat le plus dangereux pour le pouvoir en place, Kofi Yamgnane, ce candidat indépendant venu de l’Hexagone, ne sera pas de la partie.
Pour le jeune président, on peut dire sans risque de se tromper que la voie est libre pour renforcer son pouvoir avec un deuxième mandat. Pas que les 6 candidats restants en lice sont de paille. Mais une candidature unique de l’opposition aurait eu plus de chance de battre le président sortant.
Me Agboyivo Yahovi, candidat du CAR a déjà servi le régime des Eyadema, Kodjo Messan Agbéyomé de l’OBUTS (Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire), est un gendre en dissidence avec la famille Eyadema. Lawson Messan, le candidat du Parti du renouveau et de la rédemption (PRR), semble se positionner plus pour l’après-présidentielle, conscient qu’il n’en sortira pas vainqueur. Reste Kagbara Bassabi (Parti démocratique panafricain » (PDP), et la seule dame du groupe des candidats, Adjamagbo-Johnson Brigitte Kafui de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA). Pas trop connus du grand public, on se demande comment ils vont rivaliser avec la machine électorale du RPT.
L’UFC avec son candidat de rechange, Jean Pierre Favre, reste malgré tout, la seule force politique capable d’inquiéter le président sortant sur le terrain s’il n’y a pas de fraude. Ici se pose la question de la régularité du scrutin et de l’observation de celle-ci. Sont annoncés 130 observateurs de l’Union européenne, partenaire stratégique du Togo qui avait suspendu son aide sous le régime de Gnassingbé Eyadema et 200 observateurs militaires et civils de la CEDEAO.
Ils vont observer un scrutin organisé au forceps et dont le processus, tout au long a été décrié par l’opposition. Du scrutin à deux tours voulu par l’opposition jusqu’à la révision des listes électorales, le processus n’a pas été un exemple de vrai consensus. Mais comme c’est de coutume sur le continent, les observateurs rendront compte dans leurs rapports, "d’irrégularités qui ne sont pas de nature à compromettre la régularité du scrutin" alors qu’ils n’auront vu que ce qui s’est passé en aval du processus.
Or, comme chacun le sait, en Afrique, la fraude se prépare en amont et au niveau de certains chaînons essentiels tels le fichier électoral, l’encre indélébile, etc. Comme à son habitude, cette flopée d’observateurs n’y verront que du feu. Ils sont plutôt regardés comme des éco-touristes. Leur regard ne s’arrête que sur le superficiel et il leur est matériellement impossible de parcourir tous les villages et hameaux du Togo pour vérifier l’effectivité d’un vote régulier et transparent. Or, et c’est une évidence, plus de 90% du corps électoral provient de la communauté rurale. C’est dire toute l’inanité des observateurs étrangers qui viennent en Afrique.
Tchad: Le ministre de Environnement limogé pour avoir permis l'abattage d'arbres
04/02/2010
Le ministre tchadien de l'Environnement et des ressources halieutiques le Professeur Ali Souleyman Dabye a été limogé mercredi, selon des sources officielles, apparemment pour avoir permis l'abattage d'arbres autour de N'Djamena.
"Il est mis fin aux fonctions du ministre", indique le décret lu à la radio sans préciser de raisons.
Un membre du gouvernement a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat que le ministre avait délivré "une autorisation à un général de l'armée pour l'abattage des arbres dans un périmètre à perte de vue à la sortie sud de N'Djamena".
Or, les autorités tchadiennes ont, dans le cadre de la lutte contre la déforestation et la désertification, strictement interdit l'abattage des arbres près de N'Djamena, interdisant même la vente de charbon de bois dans la capitale.
En août 2007, le président Idriss Deby Itno avait lancé un plan de ceinture verte autour de la capitale, où un million d'arbre doivent être plantés.
Mais N'Djamena a été la cible de plusieurs attaques rebelles ces dernières années.
En 2008, les rebelles ont même atteint les portes du palais présidentiel et étaient tout proches de renverser le régime.
Après l'attaque, les autorités avaient fait couper des arbres centenaires qui étaient la fierté de l'avenue du Général de Gaulle parce que les rebelles avaient bénéficié de leur protection lors de l'attaque.
Ethiopie : Le Sommet de l'UA condamne l'attaque contre la sélection du Togo
04/02/2010
Décidément, le président nigérien, Mamadou Tandja, ne finira pas de surprendre. De façon désagréable une fois de plus. En effet, l’hebdomadaire nigérien, Le Canard déchaîné, vient de révéler aux yeux du monde, ce que Tandja et son gouvernement croyaient pouvoir soigneusement cacher. Et tenez-vous bien, un problème aussi sérieux que celui de la famine.
Le 14ème sommet des chefs d'État et de Gouvernement de l'Union Africaine (UA), qui a clôt ses travaux mardi, à Addis-Abeba, en Éthiopie, a adopté par acclamation une résolution condamnant l'attaque terroriste perpétrée le 8 janvier 2010, contre l'équipe nationale de football du Togo, dans la province angolaise de Cabinda.
Dans cette résolution, les chefs d'État ont invité la communauté internationale à coopérer sans réserve avec les autorités angolaises pour traduire en justice les auteurs de cet acte odieux.
Dans ce document de sept points, les hommes d'État ont demandé aux pays non africains, à partir desquels, l'attaque terroriste a été organisée, planifiée, et même revendiquée, à coopérer avec le Gouvernement angolais pour traduire en justice les responsables de cet acte criminel.
Le sommet demande à ces pays de ne pas autoriser la résidence permanente sur leur territoire de personnes ayant des antécédents terroristes.
L'UA invite à la prise des mesures nécessaires pour empêcher l'utilisation de ses territoires pour la planification et l'exécution des actes terroristes contre les pays africains. Elle réaffirme que le terrorisme est un acte abominable et répréhensible visant à déstabiliser la paix et la sécurité des personnes.
Par conséquent, le sommet évoque les principes énoncés dans l'Acte Constitutif de l'Union Africaine, la Convention de l'OUA de 1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme (Convention d'Alger) et le protocole de 2004.
Le 14ème Sommet de l'UA a eu lieu du 31 janvier au 2 février 2010, à Addis-Abeba, en Ethiopie.
Niger : La politique de l’autruche de Tandja
30/01/2010
Décidément, le président nigérien, Mamadou Tandja, ne finira pas de surprendre. De façon désagréable une fois de plus. En effet, l’hebdomadaire nigérien, Le Canard déchaîné, vient de révéler aux yeux du monde, ce que Tandja et son gouvernement croyaient pouvoir soigneusement cacher. Et tenez-vous bien, un problème aussi sérieux que celui de la famine.
Une enquête menée pourtant par le même gouvernement nigérien, relève que, pour l’année en cours, les foyers de plus de sept millions de Nigériens (plus de la moitié de la population), ne font pas bouillir la marmite. Pour tout dire, le peuple de Tandja vit une insécurité alimentaire épouvantable. Et, ce qui est étonnant, c’est que toutes les fois qu’il s’agit de s’adresser à son peuple, l’ex-colonel de l’armée nigérienne jure, les deux mains pointées au ciel, qu’il conduit le Niger à bon port. Mais en vérité, est-on tenté de se demander, que veut finalement Tandja ?
Après avoir dissous son Assemblée nationale, organisé un référendum constitutionnel d’où il est sorti victorieux sans aucune gloire, au mépris de son peuple, des instances panafricaines et de toute la communauté internationale, le voilà en train de priver son peuple de nourriture que lui auront apportée les bonnes volontés, en refusant de déclarer l’existence de famine dans son pays. Pourtant, pays sahélien, le Niger est connu comme l’un des pays qui sont incessamment frappés par le fléau de la famine.
Et l’on se demande pourquoi Tandja cherche-t-il à le cacher. A supposer que le colonel ait inscrit l’autosuffisance alimentaire dans ses grands chantiers pour l’exécution desquels il s’est octroyé un bonus de trois ans, veut-il maintenant faire croire au monde entier qu’il a déjà réalisé une partie de ces chantiers, qui consiste à sortir son peuple de la sous-alimentation ?
Si tel est le cas, Tandja se trompe énormément. Le monde devenu un village planétaire grâce aux technologies de la communication et de l’information, il devrait comprendre qu’il est maintenant difficile pour lui, de faire prendre aux gens des vessies pour des lanternes. Dans tous les cas, la politique de l’autruche à laquelle s’adonne le numéro un nigérien est périlleuse pour son peuple. Seulement pour son peuple.
Car, inch’allah, Tandja et ses proches ne dormiront jamais le ventre creux. Pourvu que Taïwan produise du riz et l’Italie les pâtes alimentaires. N’a-t-il pas récemment demandé au même peuple, qui tire déjà le diable par la queue, de serrer les ceintures pour, dit-il, faire face aux dures conditions de vie, suite au sevrage de son pays de l’aide au développement ?
C’est l’histoire de l’éléphant qui exige de la fourmi qu’elle adopte un régime alimentaire afin de sauvegarder l’environnement ! En tout état de cause, on ne cache pas un danger comme celui de la famine. Il est grand temps pour Tandja de prendre des mesures urgentes qui soulageront son peuple déjà meurtri.
RCA : Disparition mystérieuse de l’ex-chef rebelle HASSAN OUSMANE du MNSP
30/01/2010
Décidément, un peu moins de six mois avant la fin du mandat du président centrafricain le 10 juin prochain à minuit, plus rien ou presque ne tourne en rond à Bangui, gagné par la torpeur d’une saison sèche qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Mais la capitale centrafricaine est-elle devenue une chambre à gaze où disparaissent des citoyens, fussent-ils ex-chefs rebelles ? Il faut en tout cas le craindre.
Si l’on en croit sa famille, l’ex-chef rebelle Hassan Ousmane du Mouvement nationale du salut de la patrie, n’a pas donné signe de vie depuis plusieurs jours.
D’après sa famille, cette disparition mystérieuse de l’ex-chef rebelle ressemble à un enlèvement. Car, selon elle, ses effets personnels y compris son téléphone portable, seraient encore dans la chambre qu’il occupait au camp de la MICOPAX, près de l’aéroport Bangui M’Poko. La source indique qu’il est peu probable qu’Hassan Ousmane se soit volontairement mis au vert.
Une hypothèse que semble confirmée un autre ancien rebelle qui est également hébergé par la MICOPAX. Contacté par L’Indépendant, ce dernier a indiqué sous le couvert de l’anonymat que quarante huit heures avant la disparition de monsieur Ousmane, des éléments de la garde présidentielle en civile étaient à sa trousse.
Difficile à l’heure actuelle d’avoir une réaction officielle des autorités centrafricaines, manifestement très embarrassées.
Le MNSP qui est né d’une scission avec le mouvement du mercenaire tchadien Abakar Sabone fait pourtant partie des groupes rebelles signataires d’un accord de paix avec le pouvoir et participe au processus de paix. Son patron n’est autre que le petit fils d’Olivier Gabirault, l’un des poids lourd de l’opposition démocratique centrafricaine.
Ce pays est-il un étrange paradoxe ?
On le savait déjà il y’a plusieurs années : la Centrafrique vit une situation chaotique. Mais on était loin d’imaginer qu’elle était à ce point plongé dans la sauvagerie et la barbarie. L’approche d’élections démocratiques aurait dû être un moment intense où les forces vives de la nation se préparent au grand rendez-vous d’avec le peuple.
Mais c’est tout le contraire que l’on observe hélas ! En tout cas, ce début 2010 restera à jamais comme la période la plus dangereuse de l’histoire politique de la République centrafricaine. On retiendra que c’est au moment où le peuple centrafricain aspire plus à la paix que le pouvoir en place a choisi la violence, les éliminations physiques d’opposants et les exécutions sommaires comme mode de règlement de ses différends avec ses adversaires désarmés. Étrange prélude à l’affrontement pacifique d’une élection libre.
Après le désormais affaire Charles Massi, décédé vraisemblablement suites aux tortures que des soldats proches de François Bozizé lui auraient infligé, voilà que l’on s’achemine vers une autre affaire de meurtre politique qui allonge la liste macabre des crimes politiques.
Si la disparition de l’ex-chef rebelle Hassan Ousmane se révélait être un enlèvement suivi d’un meurtre, quel argument les défenseurs de la bozizie trouveraient-ils encore pour narguer les parents de victimes lorsqu’on sait que celui-ci a appelé pouvoir et groupe rebelle à faire la paix ? Pourront-ils encore dire qu’il n’est pas nécessaire de se préoccuper du sort d’un chef rebelle semeur de désolation ?
Faut-il le rappeler, dans le serment qu’il a prêté le jour de son investiture le 11 juin 2005, François Bozizé s’était engagé a assuré la sécurité de tout Centrafricain quelque soit son origine ethnique, sociale, régionale et religieuse. Or, en s’adonnant aux homicides politiques, le président centrafricain viole son serment et se rend donc coupable du crime de haute trahison prévue par la Constitution de décembre 2004.
Face à cette déliquescence des acquis démocratiques, les partenaires africains et internationaux de la Centrafrique se doivent de dire stop à François Bozizé. Ils doivent s’indigner, stigmatiser et dénoncer les dérives dictatoriales de ce régime qui constitue une réelle menace contre une population sans protection. Sinon, ce sera trop tard.
Sénégal : Pas de hausse envisagée sur le prix de l’électricité
30/01/2010
Pour le moment aucune hausse n’est envisagée sur les factures d’électricité. C’est l’assurance donnée avant-hier par le Premier ministre, à l’issue du conseil interministériel consacré au secteur de l’énergie.
Me Souleymane Ndéné Ndiaye est revenu sur cette question très attendue suite aux récentes supputations sur une éventuelle hausse du prix de l’électricité.
Une rumeur que le chef du gouvernement a écartée puisque, précise-t-il, « n’est pas à prévu dans les plans du gouvernement ». Toutefois, précise Me Souleymane Ndéné Ndiaye, « il y a des paramètres que nous ne maîtrisons pas ». Il y a, par exemple, le cours du baril de pétrole « qui augmente au niveau international » et sur lequel le Sénégal est obligé parfois de s’ajuster.
Et même si cela devait également se produire, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement s’emploiera à contenir les prix de l’électricité à des niveaux raisonnables.
Tchad: Les députés acceptent la mise en accusation pour corruption de trois ministres
30/01/2010
L'Assemblée nationale du Tchad a accepté jeudi à N'Djamena la mise en accusation pour corruption par la justice de trois membres du gouvernement sur un total de six, a constaté un journaliste de l'AFP.
L'Assemblée nationale, saisie d'une requête de la Cour suprême, a examiné chaque cas et autorisé la mise en accusation des ministres Abderamane Koko (Education nationale), Limane Mahamat (Secrétaire général du gouvernement), et du secrétaire d'Etat aux Finances chargé du Budget, Oumar Boukar Gana.
Le renvoi devant la Justice a été voté à 92 voix pour M. Koko sur 116 votants. Il a été accepté par 101 des 115 votants pour M. Mahamat et par 99 des 114 votants pour M. Gana. L'Assemblée tchadienne compte au total 155 députés.
"Les ministres mis en accusation sont suspendus de leur fonction dès cet instant", a déclaré le président de l'Assemblée nationale, Nassour Guelengdouksia. "Le Procureur auprès de la Haute Cour de Justice sera saisi dès demain (vendredi) des résultats du vote", a-t-il ajouté.
Les députés ont rejeté la mise en accusation des ministres Gata Ngoulou (Finances), du Dr Ngombaye Djaïbé (Santé publique) et de la Secrétaire d'Etat à l'Alphabétisation Khadidja Hassaballah, les trois autres membres du gouvernement en exercice visés par la requête de la Cour suprême.
Selon le rapport de la commission parlementaire chargée du dossier, dont l'AFP a obtenue copie, "les charges (de corruption) sont supposées déterminantes" pour les trois membres du gouvernement dont la mise en accusation a été acceptée, elle "ne sont pas supposées déterminantes" pour leurs trois collègues.
Ces six personnalités ainsi qu'un député du parti au pouvoir -dont l'immunité a été levée le 19 janvier- sont soupçonnés d'être impliqués dans des malversations dans l'attribution d'un marché public pour l'achat de manuels scolaires pour l'année 2009 pour un montant de 1,5 à 2 milliards de FCFA (de 2,29 à 3,05 millions d'euros).
Cette affaire a été révélée en octobre. En novembre, le Conseil des ministres avait donné son accord pour un décret autorisant la justice à "entendre, à titre de témoins", six membres du gouvernement mis en cause.
D'après le rapport parlementaire obtenu par l'AFP, le commerçant ayant obtenu le marché aurait notamment versé au ministre de l'Education nationale via un intermédiaire 60 millions de FCFA (près de 91.500 euros), et 75 millions de FCFA au ministre secrétaire général du gouvernement (plus de 114.000 euros) via un intermédiaire.
Quant au secrétaire d'Etat aux Finances chargé du Budget, le commerçant "déclare lui avoir remis de l'argent à plusieurs reprises", ajoute le document, faisant état de "nombreux appels téléphoniques nocturnes" entre eux.
RDC : Le gouvernement remet un chèque de 2,5 millions USD pour Haïti
30/01/2010
Le Premier ministre Adolphe Muzito a remis, jeudi à Kinshasa, un chèque de 2,5 millions de dollars au représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, Alan Doss, au profit du peuple haïtien, rapporte radiookapi.net
Le Premier ministre Adolphe Muzito a ainsi concrétisé la promesse faite par le gouvernement congolais au peuple haïtien, au lendemain du séisme qui a coûté la vie à plus de 110 mille personnes. Adolphe Muzito a souligné que ce don représente la gratitude du peuple congolais envers la communauté internationale pour tout ce qu’elle fait en faveur de la RDC dans les mêmes circonstances, notamment dans celles des crises humanitaires consécutives aux conflits armés.
Le patron de la Monuc, Alan Doss, a aussitôt remis le chèque au représentant pays du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), Adama Guindo, le chargeant de le faire parvenir au siège des Nations Unies.
Adama Guindo a exprimé sa gratitude pour ce geste de solidarité, en présence du consul d’Haïti en RDC. « De tous les gestes de solidarité enregistrés sur le continent africain [pour Haïti], celui de la RDC est le plus élevé jusque là. Je salue le président de la République, le premier ministre et tout le peuple congolais pour cet élan de solidarité qui sera marqué d’une pierre blanche pour Haïti. Cette aide va permettre d’appuyer les efforts de secours humanitaire et de reconstruire ce pays », a déclaré Adama Guindo.
Protestation
Tout en saluant ce geste de solidarité du gouvernement congolais, le collectif des familles des maisons détruites sur les sites IEM (Institut d’enseignement médical), Koweït et Fonames (Fonds national médico-social) ont organisé une manifestation de protestation devant les bureaux du Premier ministre Adolphe Muzito, au moment où il remettait le chèque au patron de la Monuc.
Le représentant de ce collectif a déclaré à radiookapi.net qu'il juge irresponsable l’attitude du gouvernement de faire un don, quoique important, à un peuple frère et ne pas tenir compte de leur situation. En effet, le gouvernement de la RDC avait ordonné la destruction des plusieurs maisons situées dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa en face du Camp militaire Kokolo, au profit de la construction d’un hôpital en chantier.
Ces familles étaient accusées d’avoir construit leurs maisons anarchiquement sur ce site, malgré les titres légaux de propriété brandis par certaines d’entre elles. Le gouvernement avait reconnu qu’une minorité d’occupants de ce site disposait des titres légaux et avait promis de les indemniser. Ce qui n’est pas encore fait, selon quelques manifestants présents à la primature ce jeudi.
Liberia : Ellen avait parlé trop tôt
28/01/2010
Ellen Johnson Sirleaf a parlé trop tôt, et visiblement, trop vite. Après avoir déclaré ne pas être intéressée par un second mandat, la présidente du Liberia vient de retourner … son tailleur. Elle sollicitera une seconde fois les suffrages de ses concitoyens. Il est vrai, ce désir de rempiler ne porte aucunement atteinte à la Loi fondamentale du Liberia. Etant à son premier mandat, il est normal qu’elle aspire à un nouveau bail. Moins normal est cependant le fait de remettre en cause ses propos d’hier.
Ce n’est ni plus ni moins qu’un parjure ! Qu’est-ce qui a alors bien pu pousser la présidente du Liberia à se dédire ? A-t-elle fini par prendre goût au pouvoir ? Est-elle l’otage de courtisans ? Le délai qu’elle s’était fixé au départ pour remettre son pays sur les rails, a-t-il fini par lui paraître court, au point qu’elle veuille se donner plus de temps et donner davantage d’elle ?
Cela est possible. De toute manière, elle aurait dans ce cas les encouragements et le soutien de la communauté internationale, en particulier les Etats-Unis aux yeux de laquelle elle passe pour être un élément stabilisateur du Liberia. Toutefois, on a en mémoire qu’une commission calquée sur le modèle sud-africain
"Vérité, justice et réconciliation" avait vu le jour au Liberia pour faire la lumière sur le pénible, tragique et ténébreux passé de ce pays. Celle-ci avait abouti à des conclusions dans lesquelles la diplômée de l’Université de Harvard n’était pas sans reproche. Des griefs qui avaient du reste poussé la commission à suggérer que Sirleaf se contentât d’un seul mandat.
Ce nouveau et surprenant désir de se maintenir au pouvoir, n’est peut-être pas étranger à la volonté de la présidente libérienne de se mettre à l’abri de toute surprise désagréable. Car c’est connu : une fois la cuirasse du pouvoir tombée, on peut devenir vulnérable. Au cas donc où elle aurait vraiment des raisons de se faire du souci pour l’avenir, retarder au maximum le départ du pouvoir se présente a priori comme la meilleure option. Mais seulement a priori.
Car, même si elle traînait des casseroles, Ellen Johnson Sirleaf pourrait se voir absoute de ses "péchés". En fait, tout dépendra de la qualité qu’elle imprimera à ses mandats et du souvenir que ses concitoyens garderont de son passage à la tête de l’Etat.
La commission avait recommandé à la présidente de ne plus se porter candidate pour un second mandat. Une recommandation que Ellen Johson Sirleaf vient manifestement de fouler aux pieds. En somme, une attitude qui frise la défiance, et qui pourrait ne pas être sans graves conséquences sur l’avenir de la commission. Car, à supposer que Ellen Johnson Sirleaf se présente une fois encore aux élections et qu’elle les remporte, quels seront ses rapports avec ladite commission qu’elle aura ainsi désavouée ? Serait-elle habitée par un quelconque sentiment revanchard ?
En tous les cas, si elle était réélue, Ellen Johnson Sirleaf ne devrait pas perdre de vue que c’est parce que les Libériens lui ont réitéré leur confiance. En si bon chemin, elle ne devrait pas décevoir.
Bénin/Présidentielles 2011 : L’opposition veut surprendre Boni Yayi
28/01/2010
Contrairement à ce qui se passe au sein de la mouvance présidentielle où les membres du gouvernement créent des partis de façon tous azimuts et les députés Fcbe entretiennent des malentendus, les partis de l’opposition réunie au sein de l’Union fait la Nation (Un) se consolident de jour en jour malgré leurs difficultés. Le dernier signal fort qu’ils ont donné est la rencontre tenue la semaine dernière au domicile du président Soglo pour décider des assises du 30 et 31 janvier qui vont servir de cadre à la désignation du candidat unique pour la prochaine présidentielle.
Pendant que la mouvance évolue en rang dispersé, l’opposition se consolide et se donne de plus en plus de chances pour remporter la bataille des élections présidentielles de 2011. A quelques mois des échéances fatidiques, la mouvance présidentielle est complètement en perte de vitesse. Le rejet du budget exercice 2010 par des députés de la mouvance présidentielle, la création tous azimuts de partis politiques par des membres du gouvernement en dépit de l’existence de Fcbe et de l’Umpp sont des preuves du malaise profond qui secoue la majorité présidentielle.
Boni Yayi pourra-t-il rempiler dans cet imbroglio ? N’est-il pas urgent pour le chef de l’Etat de réorganiser sa troupe afin de la mettre en ordre de bataille pour les présidentielles de 2011 au regard de ce qui se passe au niveau du camp d’en face qui est plus que jamais déterminé à le faire partir ? En tout cas, les membres de l’Un ne veulent pas du tout perdre du temps.
En dépit des difficultés rencontrées sur ce chantier gigantesque de désignation d’un candidat unique, le Prd, la Rb , le Psd, le Madep et Force Clé ne se lassent et ont d’ailleurs à cet effet donné de la voix une fois encore la semaine dernière. Nicéphore Soglo, Amoussou Bruno, Adrien Houngbédji, Séfou Fagbohoun, Lazare Sèhouéto et autres vont choisir leur candidat unique à la fin du mois de janvier 2010.
Si dans les rangs de la mouvance présidentielle, cette information de désignation de candidat unique ne déchante pas encore les barons, les leaders de l’Un eux prennent de l’avance sur le temps, parce que une fois le choix du candidat unique fait, le plus dur serait ainsi fait. Il s’agira pour le reste tout simplement pour les leaders de ces partis politiques réunis au sein de l’Un de convaincre leur électorat de porter leur choix sur ce candidat unique.
Cette organisation n’est pas encore notée au sein de la mouvance présidentielle où beaucoup de poids lourds sont encore indécis sur la position qu’ils auront à tenir lors des prochaines présidentielles. L’exemple du G5 à l’assemblée nationale est là, sans oublier certains anciens membres du gouvernement, certains anciens préfets et autres cadres qui ont eu à occuper de hautes responsabilités sous le régime du changement.
S’il est vrai que le chef de l’Etat œuvre pour ne pas subir le sort de Soglo en 1996, il n’est pas moins vrai que jusque-là, il n’a pas encore mis en œuvre la stratégie qui lui permettra d’éviter ce sort. Et à cette allure, Boni Yayi risque de se faire surprendre par l’opposition comme c’était le cas en 1996. Ce serait comme le dit l’adage « Jamais un sans deux ».
Burkina : Pour voter désormais, CNIB, passeport et carte militaire
28/01/2010
La carte nationale d’identité burkinabè (CNIB), le passeport et la carte militaire sont désormais les seules pièces valables pour voter. Ainsi en a décidé l’Assemblée nationale, le 25 janvier 2010, au terme de l’examen d’un projet de loi portant relecture du code électoral en ses dispositions relatives à l’identification de l’électeur, au vote des Burkinabè de l’étranger et au parrainage des candidats à la présidentielle.
Notre pays vient de tourner la page sur l’usage de pièces sans photographie aux scrutins, notamment les bulletins ou jugements supplétifs d’actes de naissance, la carte de famille et le livret de famille. En effet, le 25 janvier dernier, l’Assemblée nationale, après examen d’un projet de loi portant relecture du code électoral, a adopté une modification instituant la CNIB, le passeport et la carte militaire comme seuls documents valables pour voter désormais avec sa carte d’électeur.
A titre transitoire, il est permis de s’inscrire sur les listes électorales, pour la présidentielle 2010, avec les actes de naissance. Cependant, l’électeur doit se faire établir l’une des pièces ci-dessus citées pour accéder au bureau de vote. Ce, « avant la date retenue par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour le traitement final de la liste électorale ».
Pour le gouvernement, c’est l’objectif de la campagne de délivrance massive d’actes de naissance entamée depuis mai 2009 et dont la deuxième, qui court jusqu’en février 2010, est couplée à une opération d’établissement de CNIB à tous les Burkinabè de 15 ans et plus. Les députés ont toutefois exprimé des inquiétudes quant à l’atteinte des objectifs de la campagne, au regard des difficultés liées à la procédure constatées sur le terrain.
Pour le ministre de l’Administration territoriale, P. Clément Sawadogo, il n’y a pas à craindre, car en dépit de la complexité de la procédure, pour ce qui est des actes de naissance certaines localités ont pu satisfaire au moins 70% des demandeurs.
Ces statistiques n’ont pas manqué de susciter des débats à l’hémicycle mais le ministre Sawadogo a coupé court au débat en invitant les uns et les autres à mouiller le maillot pour relever le défi. Il a par ailleurs indiqué que des dispositions énergiques ont été prises pour améliorer la capacité de production de l’Office national d’identification (ONI), qui passera de 6000 à 22 500 cartes par jour, soit 12 500 cartes/j au niveau de son centre de Ouagadougou et 10 000 cartes/j dans celui de Bobo-Dioulasso.
La représentation nationale a également adopté une modification de la loi portant parrainage des candidats à la présidentielle. Cette loi disposait que les candidats à la magistrature suprême devaient être parrainés par 50 élus répartis dans 7 régions sur les 13 que compte le Burkina. Le Conseil constitutionnel, ayant vu des insuffisances dans cette formulation, a proposé l’ajout du terme « au moins » au nombre 50, afin de faciliter l’application de la loi.
Le vote des Burkinabè de l’étranger aux élections référendaire et présidentielle était également à l’ordre du jour au Parlement. Il faut retenir, sur ce point, que la diaspora burkinabè ne pourra pas participer au scrutin présidentiel de 2010. Cela n’entrera en vigueur qu’à compter de 2015. Le principe n’est pas remis en cause, mais son application se heurte, selon le gouvernement, à des obstacles juridiques qu’il faut nécessairement régler avant de pouvoir le rendre opérationnel. A cet aspect s’ajoute le coût qui, dira le ministre de l’Administration territoriale, est insupportable par le budget national.
Car il faudra, d’après une évaluation de la CENI, 15 milliards de FCFA, pour le vote des Burkinabè de l’étranger, soit une augmentation de 300% par rapport à la précédente présidentielle qui était de 5 milliards. Aussi le législateur a-t-il introduit une disposition transitoire dans la loi renvoyant la participation des Burkinabè de l’étranger aux consultations majeures en 2015, pour permettre au gouvernement d’introduire à nouveau un projet de loi pour pouvoir régler ces questions juridiques.
Hamidou Ouédraogo
Explication du principe de parrainage des candidats à la présidence par le président de la Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH), Jacob Ouédraogo
« La loi que nous avons votée en 2009 introduit la question du parrainage. Celle-ci dispose que les candidats à la présidentielle doivent être parrainés par 50 élus répartis dans 7 régions sur les 13 que compte le Burkina. Le Conseil constitutionnel a fait des observations pour demander d’introduire « au moins », afin d’éviter certains risques. Quand on parle de 50 élus, il faut inclure les élus locaux et les députés, qui sont des élus nationaux.
Le candidat a trois possibilités pour se faire parrainer. Il peut le faire rien que par des élus nationaux ou par des conseillers municipaux. Quel que soit le type d’élus, il faut que ceux-ci soient répartis dans 7 des 13 régions. C’est pour éviter qu’un candidat aille dans sa commune ou dans sa région ou ethnie pour puiser des parrains. Tout cela, c’est pour donner au candidat à la présidentielle une envergure nationale.
Mais même s’il choisit de se faire parrainer par des députés et des conseillers municipaux, à ce moment, même s’il n’a qu’un seul député et 49 élus locaux, le candidat n’a pas besoin que ces élus soient répartis dans les 7 régions. Parce que comme il y a au moins un député, ça confère à son parrainage un caractère national. Le législateur a mis des conditions souples pour que, d’une part, on n’ait pas de « candidatures fantaisistes » et que, d’autre part, il n’y ait pas de critères trop sévères qui excluent du jeu politique des gens qui ont une certaine crédibilité ou une assise nationale… ».
Un avion d’Ethiopian Airlines avec 90 personnes à bord s’écrase au large du Liban
27/01/2010
Un avion d’Ethiopian Airlines et qui transportait avec 90 personnes à bord s’est écrasé lundi au large du Liban. L’appareil, un Boeing 737-800, venait de décoller de Beyrouth et devait faire route vers Addis-Abeba, quand il s’est subitement abimé au large des côtes du pays, à une dizaine de km de Beyrouth. Les conditions météo seraient mises en cause dans ce drame. La capitale libanaise subissait un violent orage lors du décollage du vol d’Ethiopian Airlines. Une enquête a été diligentée par les autorités libanaises. Même si la piste de l’accident reste la plus probable, aucune hypothèse n’est écartée.
Les 83 passagers (l’avion comptait 7 membres d’équipage) étaient surtout libanais, mais on trouvait aussi des Ethiopiens, et d’autres nationalités. Vingt-quatre corps auraient déjà été retrouvés mais déjà, les enquêteurs évoquent le recours à des tests ADN pour parvenir à identifier certains corps.
Ghazi al Aridi, le ministre des Transports libanais, s’est rendu en personne à l’aéroport international Rafic Hariri, tandis que le président libanais, déclarait que l’enquête allait s’atteler à déterminer au plus tôt la cause du crash. Un jour de deuil national a été décrété dans le pays, tandis qu’un début de polémique a vu jour, les familles des victimes se demandant pourquoi l’avion avait décollé, compte tenu des conditions météo.
Togo/Présidentielle : Le réveil tardif de M. Olympio
26/01/2010
La chose se susurrait déjà dans la matinée du 13 janvier 2010, deux jours avant la clôture de la liste des présidentiables : Gilchrist Olympio serait malade et hospitalisé aux Etats-Unis d’Amérique ; et il se pourrait donc que son parti, l’Union des forces du changement (UFC), change de monture pour la présidentielle de février 2010.
Supputations confirmées en partie le lendemain 14 janvier au cours d’une conférence de presse, donnée par les premiers responsables du parti. Car si l’UFC admet que son champion est indisposé, la problématique du maintien de sa candidature reste pendante. Il a fallu une longue réunion de cette formation le lendemain 15 janvier pour dégager la candidature du secrétaire général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre, une candidature de substitution, pensait-on, mais qui pouvait relever le défi de ce scrutin majeur.
En effet, on estimait que de son lit d’hôpital « Fo Gil » allait apporter son soutien à celui avec qui il partage un long compagnonnage et qui a fait ses preuves au sein du parti. Même s’il est vrai que lors de la réunion, la question du retrait de l’UFC de la présidentielle a été posée par l’illustre malade via certains de ses fidèles. Comme pour dire « Gilchrist candidat ou personne ».
Mais comme le « miraculé de Soudou » gardait le silence, nombreux sont ceux qui se sont dit qu’il a entériné tacitement le choix par défaut. Une considération qui n’a pas tenu compte de « l’égo politique » de Gilchrist qui n’a vécu que pour la conquête du pouvoir d’Etat et pour la revanche (même s’il s’en défend) contre ceux qui ont assassiné son président de père le 13 janvier 1963.
Et ce que d’aucuns redoutaient advint sous la forme d’une cacophonie : sur les ondes de la BBC, on a appris que Gichrist olympio tient mordicus à concourir fin février et négocie avec les autorités togolaises pour que son dossier soit accepté par la CENI malgré sa forclusion. Mieux ou pire, c’est selon, Olympio a écrit sur son site de campagne le 16 janvier, soit donc 24 heures après la désignation de JP Fabre, que « la question de l’acceptation de ma candidature reste en cours de règlement avec les autorités togolaises, qui donneront, je l’espère, une réponse favorable à notre requête dans ce même souci de paix.
Bien que nous ayons introduit en dernière minute une candidature de recours auprès de la CENI dans la soirée du vendredi, je reste bien sûr le candidat investi de l’UFC pour l’élection présidentielle au Togo ». Avec cet aveu, M. Gilchrist veut qu’on fasse fi des règles juridiques pour appliquer celles politiques rien que pour lui. Exit la CENI, c’est aux autorités togolaises d’accepter son dossier hors délai. De même, il laisse apparaître en filigrane que s’il n’est pas candidat, la paix voulue par les Togolais risque d’en pâtir.
Du coup, ce qui était un secret de Polichinelle se retrouve à présent sous les feux de la rampe : l’apparition au grand jour de 2 tendances au sein de l’UFC : ceux qui sont pour Gil, et le courant modérateur, cornaqué par Fabre.
Certes, Gilchrist incarne pratiquement à lui seul l’UFC. Sans le combat qu’il a mené, certains acquis politiques n’auraient jamais vu le jour au Togo. Et comme partout en Afrique, il est le principal financier du parti. Cela suffit-il pour casser son parti parce qu’on n’est pas candidat ? On comprend l’amertume de M. Gilchrist, car c’est la première fois qu’il devait participer à une présidentielle, et peut-être son ultime participation, logique biologique obligeant.
Mais de grâce, M. Gilchrist, si vous ne voulez pas saborder toutes ces années de lutte :
- Ayez le courage de retirer votre dossier !
- Apportez un soutien franc à JP Fabre, que vous connaissez bien, après tout, c’est votre fils spirituel !
- Ne donnez pas raison à ceux qui estiment que vous poursuivez une vendetta personnelle, vous n’avez plus rien à prouver au Togo !
Burkina Faso : Un nouveau code pour régir les scrutins
26/01/2010
Le lundi 25 janvier 2010, l’Assemblée nationale a voté une nouvelle loi portant modification de la loi sur le Code électoral du 3 juillet 2001. Les modifications apportées au Code électoral concernent essentiellement les dispositions relatives à l’identification des électeurs, le vote des Burkinabè de l’étranger et le parrainage des candidatures à l’élection présidentielle.
Selon la nouvelle loi, "pour justifier son identité, l’électeur produit l’une des pièces suivantes : le passeport, la carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) et la carte d’identité militaire". Désormais, il ne sera donc plus possible d’utiliser ni jugement supplétif ou déclaration de naissance, ni carte de famille, ni livret de famille ..., puisque ces pièces ne comportent pas la photographie de l’électeur.
Toutefois, à titre transitoire, pour l’établissement des listes électorales en vue du scrutin présidentiel de 2010, la loi accepte que l’extrait d’acte de naissance, le jugement supplétif ou déclaratif donnant lieu d’acte de naissance soient pris en compte. Mais, à charge pour l’électeur de se faire établir une carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) avant la publication de la liste électorale.
En ce qui concerne le vote des Burkinabè de l’étranger, ils ne pourront participer aux votes que pour compter de l’élection présidentielle de 2015. Mais, pour l’instant, les dispositions concernant leur vote sont annulées. Cela, du fait de "nombreuses difficultés pratiques, tant au plan juridique qu’au niveau budgétaire", selon le gouvernement qui a demandé l’annulation de la loi.
Au niveau budgétaire particulièrement, l’on trouve que la mise en oeuvre du vote des Burkinabè de l’étranger suivant les dispositions actuelles du Code électoral entraînera nécessairement une augmentation considérable du budget de l’organisation des prochains scrutins présidentiels.
En effet, le budget prévisionnel soumis par la CENI au gouvernement pour l’organisation de l’élection présidentielle de 2010 s’élève à environ 15 milliards de F CFA, rien que pour le premier tour, ce qui représente une augmentation de près de 300% par rapport au budget du scrutin de 2005 qui était de l’ordre de 5 milliards de F CFA. Le gouvernement trouve cette charge insupportable pour l’instant.
Enfin, pour ce qui est des parrainages des candidats à l’élection présidentielle, la nouvelle loi punit désormais quiconque se rend coupable de parrainage multiple ou de faux parrainage.
"Le parrainage multiple et le faux parrainage sont nuls. Si cette nullité est susceptible d’entraîner l’annulation d’une candidature, le Conseil constitutionnel le notifie au candidat soixante douze (72) heures avant la date de publication de la liste. Il est accordé un délai de vingt quatre (24) heures au candidat pour procéder au remplacement des parrainages annulés. Les attestations de parrainage sont établies sur un formulaire conçu et délivré par le Conseil constitutionnel au plus tard trente jours avant la date de clôture de dépôt des candidatures".
A noter que c’est le ministre de la Décentralisation et de l’Administration territoriale, Clément Sawadogo, qui est allé défendre le projet de loi devant la représentation nationale cet après-midi du lundi 25 janvier 2010.
Tchad: Les humanitaires inquiets d’un éventuel départ des forces de maintien de la paix
23/01/2010
Dans la région instable de l’est du Tchad, les travailleurs humanitaires surveillent avec inquiétude les discussions sur un éventuel retrait des forces de maintien de la paix des Nations Unies, depuis que le gouvernement a dit qu’il voulait que la mission quitte le pays à la fin de son mandat, le 15 mars prochain.
« La principale préoccupation des agences humanitaires concerne l’impact [qu’aurait ce départ] sur la situation de sécurité », a dit, sous couvert d’anonymat, un travailleur humanitaire dans l’est du Tchad.
« Si le gouvernement tchadien peut créer les conditions permettant aux opérations humanitaires de se poursuivre dans un environnement sécurisé, très bien. Mais sinon, continuer le travail humanitaire ici sera très difficile ».
Un des rôles de la mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) consiste à protéger les civils, et notamment les quelque 450 000 réfugiés et déplacés dans l’est du Tchad.
Dans cette région, malgré la présence des militaires et de la police, les travailleurs humanitaires et d’autres civils sont régulièrement la cible de braquages de véhicules, d’enlèvements et de vols commis par des groupes armés. Dans des bulletins récents sur les opérations au Tchad, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a dit que l’insécurité était « une préoccupation majeure », et que de « graves crimes » affectaient les organisations humanitaires et les civils dans l’est.
Des attaques à main armée ont également visé une force de police tchadienne entraînée par les Nations Unies, qui a aussi pour mission de protéger les réfugiés et les déplacés.
Le gouvernement tchadien a demandé aux Nations Unies de ne pas renouveler le mandat de la MINURCAT, a dit à IRIN, le 20 janvier, Gen Oki Mahamat Yaya Dagache, représentant du président Idriss Deby auprès de la mission des Nations Unies.
« A la fin du mandat, nous ne prolongerons pas », a-t-il dit. Il n’a pas souhaité commenter les raisons de cette décision. Le 19 janvier, un présentateur de la radio d’Etat a dit que la MINURCAT – avec ses 3 000 hommes déployés à ce jour, pour un effectif prévu de 5 200 hommes – « [ne s’était] pas montrée efficace ».
D’après la radio d’Etat, le Tchad est prêt à collaborer avec les Nations Unies pour assurer la sécurité des réfugiés vivant dans l’est du Tchad.
M. Dagache et des responsables des Nations Unies ont dit à IRIN que les deux parties discuteraient de la MINURCAT au cours des prochains jours.
Une des préoccupations du gouvernement, qui demande le départ de la MINURCAT, porte sur la lenteur du déploiement, d’après un porte-parole de la mission.
« Le gouvernement nous a fait part de ses inquiétudes concernant des retards dans le déploiement de la MINURCAT et le développement du soutien aux infrastructures destiné au Détachement Intégré de Sécurité [la force de police tchadienne entraînée par les Nations Unies] », a dit à IRIN Michel Bonnardeaux, responsable de l’information de la MINURCAT.
« Nous travaillons sur ces points, et sur d’autres. Dans les prochains jours, une équipe des Nations Unies de New York viendra au Tchad pour discuter de ces questions avec le gouvernement ».
Des travailleurs humanitaires dans l’est du Tchad ont dit que leur principale préoccupation était la protection des civils et des travailleurs humanitaires – quelle que soit l’organisation qui s’en charge.
La plupart des travailleurs humanitaires avec lesquels IRIN a parlé n’ont pas souhaité que leur nom ou celui de leur organisation soient cités, car selon eux, le sujet est sensible.
« Des dizaines de milliers de réfugiés et de civils tchadiens vulnérables ont toujours besoin d’aide, mais les travailleurs humanitaires qui les aident sont confrontés à une situation de plus en plus dangereuse », a dit à IRIN une personne travaillant pour une organisation humanitaire internationale. « Les travailleurs humanitaires doivent être protégés en permanence, de façon à pouvoir apporter une aide aux populations démunies, dans l’urgence et avec efficacité, mais aussi dans des conditions sécurisées ».
Oxfam International a dit à IRIN : « Notre préoccupation principale est la sécurité et le bien-être des réfugiés, des déplacés et des communautés tchadiennes. Etant donné la situation actuelle instable dans l’est du Tchad, marquée par le banditisme, des tensions entre les communautés au sujet des ressources naturelles, et la fragilité des négociations de paix visant à résoudre le conflit armé dans la région, il est nécessaire que toutes les mesures visant à assurer la sécurité, à établir un état de droit et à mettre fin à l’impunité soient examinées et employées ».
L’organisation Oxfam a dit qu’elle n’avait pas de commentaire à faire sur la question de savoir si la sécurité devrait être prise en charge par la MINURCAT ou par le gouvernement tchadien. « Notre préoccupation est que les communautés soient en sécurité et aient accès aux services essentiels, y compris à l’aide humanitaire »
Transport aérien : Asky à la conquête du ciel africain
19/01/2010
La nouvelle compagnie panafricaine Asky a effectué son vol inaugural entre Lomé, au Togo, et Ouagadougou, au Burkina Faso, le 14 janvier. La compagnie créée par les chefs d’Etats de la CEDEAO ambitionne de prendre le marché d’Air Afrique disparue en 2002.
Asky sillonne le ciel africain depuis son vol inaugural le 14 janvier dernier entre Lomé et Ouagadougou. Depuis le 15 janvier, elle réalise des vols commerciaux réguliers depuis sa base togolaise vers plusieurs destinations d’Afrique de l’Ouest.
Pour l’instant, douze destinations sont déjà au programme du «nouveau-né», notamment Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Bamako (Mali), Banjul (Gambie), Brazzaville (Congo), Cotonou (Bénin), Dakar (Sénégal), Douala (Cameroun), Kinshasa (RDC), Lagos (Nigeria), Libreville (Gabon) et Ouagadougou (Burkina Faso).
La compagnie est dotée d’un capitale de 120 millions de dollars US (environ 60 milliards de FCFA), a pour promoteurs la Banque d’investissement de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (BIDC), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Ecobank et des investisseurs privés.
La compagnie exploite deux Boeing 737-700, de seconde main mais produits en 2007, initialement exploités par Sterling avant que le transporteur suédois ne fasse faillite. Ils sont enregistrés en Ethiopie, pays de la principale partenaire d’Asky, Ethiopian Airlines. Le programme de desserte de la compagnie envisage de couvrir pour un début toute la sous-région ouest-africaine avant de s’étendre progressivement à toute l’Afrique et au reste du monde.
«Nous ne pouvons pas laisser venir les autres profiter de notre ciel. L’Afrique ne doit plus laisser les étrangers exploiter son ciel. Ces grandes compagnies étrangères qui font 80% de leurs bénéfices chez nous», a dit Gervais Djondo, président du conseil d’administration de la compagnie.
«C’est dramatique ce que nous voyons en Afrique. Alors que des compagnies étrangères viennent chez nous comme bon leur semble, nous les africains n’avons aucune facilité chez nous en matière de transport aérien», a-t-il poursuivi.
Le président du conseil d’administration de la nouvelle compagnie aérienne a, par ailleurs, indiqué que des négociations avec un partenaire technique étaient très avancées et sa conclusion devrait donner à la compagnie le soutien pour la réussite de ses opérations.
Il a salué le mérite des compagnies nationales ouest-africaines «Air Sénégal International, Nouvelle Air Ivoire, Air Burkina, qui ont tout mis en œuvre en vue de combler le vide laissé par la compagnie multinationale Air Afrique».
ASKY, a-t-il souhaité, entend bénéficier de leurs expériences et soutien, «de façon qu’ensemble et en étroite collaboration, il soit possible de renforcer et d’améliorer les dessertes de nos Etats et le transport aérien en Afrique».
Par ailleurs, monsieur Djondo s’est félicité qu’un accord ait été trouvé à Libreville pour régler les différends au sein des Etats membres de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), lors de l’assemblée générale des actionnaires de la Société de promotion de la compagnie aérienne régionale (SPCAR).
Guinée : Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté et Blaise Compaoré s’accordent sur une transition de 6 mois
17/01/2010
Dans cette déclaration conjointe signée ce 15 janvier 2010 à Ouagadougou, les principaux protagonistes de la crise guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, le général Sékouba Konaté et le président Blaise Compaoré se sont accordés sur les modalités d’une transition de 6 mois qui verra la mise en place d’un gouvernement d’union nationale pendant que Dadis Camara annonce prendre" librement un temps de convalescence".
Les mesures prises pour une « transition pacifique » en Guinée prévoient, entre autres :
- la création d’un Conseil National de Transition (CNT), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse et composé de 101 membres représentant toutes les composantes de la société guinéenne ;
- La nomination d’un Premier Ministre, Président du Conseil des ministres, issu du Forum des Forces Vives de Guinée ;
- La formation d’un Gouvernement d’Union Nationale ;
- La révision des listes électorales ;
- L’organisation, dans un délai de 6 mois, de l’élection présidentielle à laquelle ne participeront pas les membres du Conseil National de Transition, le Chef d’Etat de Transition, les membres du CNDD, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement d’Union Nationale et les membres des Forces de Défense et de Sécurité en activité.
DECLARATION CONJOINTE DE OUAGADOUGOU
- Considérant la désignation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, comme Médiateur dans la crise en République de Guinée ;
- Résolus à favoriser la réconciliation des guinéens avec eux-mêmes et à rétablir la confiance entre gouvernants et gouvernés, par le respect, la confiance et la reconnaissance mutuelle ;
- Déterminés à établir en République de Guinée un Etat de droit démocratique, respectueux des libertés individuelles et collectives et des principes de la bonne gouvernance ;
- Ayant à l’esprit les différents entretiens organisés par le Médiateur aux fins de rétablir le dialogue politique entre les différentes composantes de la société guinéenne ;
- Engagés à œuvrer solidairement pour créer en République de Guinée les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel normal et d’une transition démocratique consensuelle et apaisée ;
- Se référant aux délibérations et résolutions de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union Africaine (UA), de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et du Groupe International de Contact sur la Guinée (GIC-G) ;
- Après des consultations menées à Ouagadougou, les 13 et 14 janvier 2010 ;
Le capitaine Moussa Dadis CAMARA, Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et Président de la République de Guinée, le général Sékouba KONATE, Vice Président du CNDD, Ministre de la Défense, Président de la République par intérim, et Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise en République de Guinée, se sont accordés sur les mesures suivantes en vue d’une transition pacifique en Guinée :
1. Le respect des libertés publiques, y compris de la liberté de presse et d’opinion ;
2. La garantie de la sécurité des personnes et des biens ;
3. La réorganisation et la réforme des Forces de Défense et de Sécurité ;
4. La création d’un Conseil National de Transition (CNT), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse et composé de 101 membres représentant toutes les composantes de la société guinéenne ;
5. La nomination d’un Premier Ministre, Président du Conseil des ministres, issu du Forum des Forces Vives de Guinée ;
6. La formation d’un Gouvernement d’Union Nationale ;
7. La révision des listes électorales ;
8. L’organisation, dans un délai de 6 mois, de l’élection présidentielle à laquelle ne participeront pas les membres du Conseil National de Transition, le Chef d’Etat de Transition, les membres du CNDD, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement d’Union Nationale et les membres des Forces de Défense et de Sécurité en activité ;
9. Le recours à des observateurs civils et militaires de la CEDEAO ;
10. La mise en place d’un organe de suivi, d’évaluation et d’accompagnement ;
11. Les signataires de la présente déclaration appellent instamment la communauté internationale à apporter son concours politique, financier et technique pour la mise en œuvre des mesures ci-dessus arrêtées ;
12. Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise guinéenne, désignera un représentant spécial auprès des autorités de la transition de la République de Guinée.
Clôturant leurs fructueuses concertations, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et le Président de la République de Guinée par intérim, le général Sékouba KONATE, se sont réjouis de l’évolution satisfaisante de l’état de santé du Président du CNDD, le capitaine Moussa Dadis CAMARA.
Ils lui ont exprimé leur totale solidarité et leur compassion pour la dure épreuve qu’il a subie, tout en lui souhaitant un prompt rétablissement.
Le Président du CNDD, le capitaine Moussa Dadis CAMARA, en retour, leur a exprimé sa profonde gratitude pour les précieux soutiens en tous genres dont il a bénéficié de leur part. Il a, par ailleurs, dit avec force qu’il prend librement un temps de convalescence, tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition.
Enfin, Son Excellence Monsieur le Président du Burkina Faso, Médiateur dans la crise guinéenne, Monsieur le Président du CNDD, Président de la République de Guinée et Monsieur le Vice Président du CNDD, Président de la République de Guinée par intérim, adressent leurs chaleureux remerciements à Sa Majesté, le Roi Mohammed VI, ainsi qu’à toutes les autorités marocaines, y compris le corps médical, pour avoir accueilli, avec beaucoup de générosité, et soigné, avec beaucoup de professionnalisme et d’affection, le capitaine Moussa Dadis CAMARA.
Fait à Ouagadougou, le 15 janvier 2010
Le Président du CNDD
Président de la République de Guinée,
Capitaine Moussa Dadis CAMARA
Le Vice Président du CNDD,
Président de la République par intérim,
Général Sékouba KONATE
Le Médiateur dans la crise en Guinée
Blaise COMPAORE
Togo : Gilchrist Olympio sera-t-il candidat à la présidence ?
15/01/2010
Alors qu’il doit se rendre au Togo, où les prétendants à la présidentielle du 28 février ont jusqu'au 15 janvier à minuit pour déposer leur candidature, le leader de l’ l'Union des forces de changement (UFC), Gilchrist Olympio, est bloqué aux Etats-Unis pour des raisons de santé. Le candidat de l'UFC a écrit à la CENI pour demander un report du scrutin et donc de la date de dépôt des candidatures.
Le leader de l'Union des forces de changement (UFC), souffre d’un mal de dos qui l’empêche de rentrer au Togo alors qu’il doit se soumettre avant le 15 janvier prochain à minuit aux formalités et examens qui exigent sa présence physique dans le cadre de la prochaine présidentielle qui doit se tenir le 28 février prochain au Togo.
Le candidat vient de saisir la Commission électorale nationale indépendante (CENI) afin de produire un certificat médical attestant de sa bonne santé, a affirmé le premier vice-président de l’UFC, Patrick Lawson.
«L’UFC aura bel et bien son candidat. De même, l’Union des forces de changement maintient ses exigences antérieures que sont le report de l’élection en vue de la reprise de la révision des listes électorales, les conditions de transparence, ainsi que le scrutin à deux tours», a-t-il déclaré.
Mais la question qui revient sur toutes les lèvres à Lomé aujourd’hui, c’est «et si la CENI refusait le certificat médical établi à l’étranger et que va produire l’UFC, qui représentera alors le parti ?».
Aux Etats-Unis, Gilchrist Olympio estime que ce problème ne se pose pas encore. Pendant ce temps, on parle d’un plan B que pour l’instant, l’état-major du parti ne confirme pas. la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Hospitalisé au Maroc après avoir été gravement blessé par balle à la tête par son ex-aide de camp, le capitaine Camara n'a depuis lors fait ni discours ni apparition publique.
Guinée : Le président intérimaire accepte un «Premier ministre de l'opposition»
07/01/2010
Le président par intérim de Guinée, le général Sékouba Konaté, a accepté mercredi 6 janvier 2010 le « choix d'un Premier ministre issu de l'opposition, désigné par elle-même » pour former « un gouvernement de transition d'union nationale ». Il s’exprimait devant les responsables de la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat du 23 décembre 2008 dans un discours enregistré par la radio publique guinéenne.
« Il faut poser dès maintenant des actes allant dans le sens de l'apaisement », a déclaré le président intérimaire ce mercredi 6 janvier. « Nous décidons du choix d'un Premier ministre issu de l'opposition, désigné par elle-même et qui engagera avec l'ensemble des couches sociales et politiques du pays des discussions et consultations pour la mise en place d'un gouvernement de transition d'union nationale », a-t-il ajouté.
S’exprimant devant les responsables de la junte au pouvoir depuis le coup d’Etat du 23 décembre 2008, le général Konaté, également ministre de la Défense, est on ne peut plus clair : « Le temps et les modalités pour y arriver, la composition de cette nouvelle équipe basée sur l'unité dans la diversité incombent désormais à toutes les parties concernées, que j'invite à tout faire pour ne pas imposer au pays une attente longue et interminable », poursuivant que « la communauté internationale nous presse de hâter le pas et attend de notre part des progrès significatifs ». .
Le nouvel homme fort de Guinée s'exprimait au lendemain de son retour à Conakry, après un séjour d'une semaine au Maroc, où il a notamment rencontré le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, toujours hospitalisé à Rabat.
Dans son discours, le général Konaté tend la main à l'opposition appelant ses dirigeants ayant fui le pays pour des raisons de sécurité à rentrer, pour contribuer « à la construction d'une Guinée nouvelle, démocratique et prospère », en garantissant « la sécurité de chacun ».
Les principaux dirigeants de l'opposition, blessés lors du massacre par les forces de sécurité de plus de 150 opposants le 28 septembre dans un stade de Conakry, ont très vite quitté la Guinée pour trouver refuge en Europe et en Afrique de l'Ouest.
Se voulant rassurant, il indique qu' « il est prévu en particulier pour les leaders de l'opposition des unités mixtes de sécurité, gendarmerie-police-armée, directement rattachées au ministre de la Sécurité présidentielle (Claude Pivi) pendant toute la durée de la transition ».
Concernant les élections présidentielle et législatives, le général Konaté a déclaré qu'elles « se dérouleront à la date fixée par la nouvelle autorité de transition ». Le premier tour de la présidentielle était initialement fixé au 31 janvier 2010.
Le général Konaté, également ministre de la Défense, assure l'intérim à la tête du pays à la suite de la tentative d'assassinat le 3 décembre du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Hospitalisé au Maroc après avoir été gravement blessé par balle à la tête par son ex-aide de camp, le capitaine Camara n'a depuis lors fait ni discours ni apparition publique.
Togo/Rapatriement des restes de Sylvanus Olympio: Patrick Laswon,
04/01/2010
Réactions de Patrick Lawson, premier vice-président de l'Union des Forces de Changement (UFC), suite à l'annonce faite par le Chef de l'Etat, du rapatriement des restes de Sylvanus Olympio
Les restes de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo, assassiné en janvier 1963 dans un coup d’Etat, seront rapatriés. Le calendrier républicain de l’année sera redéfini et le 13 janvier 2010 sera essentiellement une journée de recueillement et de prière pour la paix, pour la réconciliation et pour la réussite de l’élection présidentielle du 28 février 2010..
Telles sont les grandes décisions contenues dans le message de voeux du Nouvel An du chef de l'Etat togolais Faure Gnassingbé vendredi dernier. L'Agence Savoir News s'est rapprochée de Patrick Lawson, premier vice-président de l'Union des Forces de Changement (UFC), principal parti d'opposition de Gilchrist Olympio. Lisez plutôt.
Savoir News : Comment appréciez vous la décision du Chef de l'Etat de rapatrier, en accord avec la famille Olympio, les restes de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo ?
Patrick Lawson : Aucun acte humain ne se pose sans un cadre bien défini. Pour rapatrier les restes du président Sylvanus Olympio, il faut en créer les conditions. On ne rapatrie pas le corps de quelqu'un qui a été violemment assassiné sans les cérémonies que cela nécessite. De plus, le risque de profanation de sa tombe n'est pas exclu au cas où on ramènerait ses restes au Togo, parce que le pays n'est pas stable. C'est un risque politique que l'UFC n'a pas l'intention de prendre. Ce n'est que le point de vue de notre parti politique. Pour le reste, nous nous en remettons à la décision de la famille. La décision appartient à la famille Olympio et principalement aux enfants du défunt.
Savoir News : Que pensez-vous de la décision de Faure Gnassingbé de "redéfinir le calendrier républicain" et de faire en sorte que le 13 janvier et le 27 avril prochain soient célébrés autrement?
Patrick Lawson : Je ne sais pas si c'est une exception ou la règle qui vient d'être instaurée. J'ai cru comprendre que c'est exceptionnellement le 13 janvier prochain qu'on observera une journée de recueillement et de prières. Mais si tel n'est pas le cas, je crois que la mesure correspond sur ce point à ce que notre parti a toujours défendu à savoir qu'on ne peut pas fêter le jour de l'assassinat d'un Chef de l'Etat, et de surcroît quelqu'un qui a été le pilier de l'indépendance. Si tel n'est pas le cas, nous prenons acte de la mesure qui a été prise. Mais comme nous nous connaissons dans ce pays, nous souhaiterions voir les actes concrets qui vont être posés pour que cette date ressemble véritablement à un jour de recueillement et de prières. Nous pensons que ce n'est que temporaire et que très vite les mauvaises habitudes reprendront leurs places. Nous espérons que ce n'est pas un acte contextuel, c'est-à-dire que ce n'est pas le contexte politique qui nécessite cette mesure et que par la suite, il n'y ait rien!
Maintenant, en ce qui concerne le 27 avril, je pense que pour des gens qui prétendent gérer un Etat, c'est l'acte fondateur premier, parce que sans la commémoration de l'indépendance, on ne peut prétendre diriger un Etat souverain. Nous espérons que la commémoration avec un éclat particulier comme l'a dit Faure Gnassingbé ne serait pas une occasion pour instaurer un système budgétivore avec des dépenses somptueuses qui, à la fin, n'auront aucun impact sur le souvenir de ces martyrs qui se sont sacrifiés pour le Togo. En définitive, fêter les cinquante ans d'indépendance est une chose normale. Pour nous, ce n'est rien d'extraordinaire.
Savoir News: Le Chef de l'Etat a souhaité que la prochaine élection présidentielle soit apaisée. Est-ce que ses propos vous rassurent ?
Patrick Lawson : C'est ce que tous les togolais souhaitent. Mais l'apaisement politique se prépare. Lorsqu'on fait une révision des listes électorales et que la jeunesse est frustrée et que tous ceux qui n'ont pas pu s'inscrire sont frustrés, je ne pense pas qu'on fait une démarche vers l'apaisement politique. Lorsqu'on refuse l'authentification des bulletins, lorsqu'on veut empêcher des candidats de se présenter en instaurant une sorte de suffrage censitaire et en fixant la caution à 20 millions de F CFA, on n'incite pas les gens à l'apaisement. Lorsque la tracabilité des bulletins et les procédures des résultats sont rejetées par le régime en place, on n'incite pas à l'apaisement. Ce sont des frustrations qui, demain, conduisent à des conflits.
Nous sommes totalement d'accord avec le Chef de l'Etat, mais nous ne voyons pas encore l'acte qu'il pose aujourd'hui pour que cette élection soit paisible. Nous avons l'impression de nous trouver dans un scénario où le maître demande à son esclave de ne pas faire trop de bruit parce qu'il va tricher.
Cameroun : Chantal Biya, première dame engagée mais contestée
04/01/2010
Chantal Biya multiplie les actions charitatives et se bat pour un Cameroun meilleur, mais peine à faire l'unanimité au Cameroun. Décryptage des raisons de sa non popularité.
Epouse du président de la République Paul Biya depuis plusieurs années aujourd'hui, madame Biya née Chantal Vigouroux peine à faire l'unanimité au Cameroun, malgré de nombreux points qui pourraient parler en sa faveur ; pour certains, elle n'arrive pas à la cheville de son "prédécesseur", Jeanne Irène Biya, première dame décédée il y a plus de 15 ans, en 1992.
Depuis son accession au titre de "Première dame", Chantal Biya a multiplié les actions caritatives : la fondation Chantal Biya offre de nombreux cadeaux lors des fêtes aux jeunes désoeuvrés et dans les hôpitaux, en plus de lutter contre la prolifération du Vih/SIDA chez les jeunes.
Créatrice aussi du Cercle des amis du Cameroun (CERAC) qui réunit les femmes des membres du gouvernement et membre de Synergies Africaines, la première dame camerounaise est très active sur le plan de l'entrepreneuriat et de l'associatif. En 2008, elle reçoit d'ailleurs une récompense pour l'ensemble de son oeuvre, en étant nommée ambassadrice de bonne volonté de l'Unesco.
Mali: Al-Qaïda veut sept millions de dollars pour les otages espagnols, selon la presse
01/01/2010
Mali: Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) réclame sept millions de dollars et la libération de plusieurs de ses membres détenus en Mauritanie contre la libération des trois volontaires humanitaires espagnols retenus en otages au Mali, a assuré jeudi le quotidien El Mundo.
Le ministère espagnol des Affaires étrangères, interrogé par l'AFP, s'est refusé à tout commentaire sur cette information.
"Aqmi réclame sept millions de dollars (4,8 millions d'euros, ndlr) de rançon pour les trois coopérants espagnols séquestrés le 29 novembre" en Mauritanie alors qu'ils acheminaient de l'aide humanitaire en Afrique de l'Ouest à bord d'un convoi, écrit le journal espagnol sans citer de sources.
El Mundo ajoute que les ravisseurs des trois Espagnols - Roque Pascual, 50 ans, Albert Vilalta, 35 ans, et Alicia Gamez, 35 ans - exigent également "la libération d'un nombre déterminé" d'activistes d'Aqmi détenus en Mauritanie.
L'un des Espagnols, Albert Vilalta, blessé par balle à une jambe lors de son enlèvement, "est bien soigné" et son état "évolue positivement", avait indiqué mercredi le directeur de l'ONG Barcelona Accio Solidaria, Francesc Osan.
Selon El Mundo, le gouvernement espagnol est informé des exigences des ravisseurs et le président du Mali, Amadou Toumani Touré, joue "un rôle fondamental dans les négociations".
Le président malien aurait ainsi dépêché au nord du Mali, où seraient retenus les otages dans une région désertique frontalière avec l'Algérie, son consul en Arabie Saoudite, Iyad Ag Gali, un ancien rebelle touareg.
Ce dernier serait en contact avec un chef tribal du nord du Mali pour négocier la libération des trois otages espagnols, mais aussi celles de l'otage français, Pierre Camatte, capturé le 26 novembre, et de l'Italien Sergio Cicala et son épouse Philomène Kabouree, capturés le 18 décembre par Aqmi.
D'après des informations recoupées il y a un quelques jours par l'AFP, au moins trois intermédiaires tentent d'obtenir la libération des otages européens.
Guinée : Dadis Camara bientôt de retour dans son pays ?
01/01/2010
Alors que chef de la junte, Sékouba Konaté, a confirmé le 30 décembre l’étatt dramatique du capitaine Dadis Camara, hospitalisé depuis plus de trois semaines à Rabat, le porte parole de la junte, Idrissa Chérif, a quant à lui démenti ces affirmations ce 31 décembre au micro de France 24.
«Dadis Camara se porte bien», rassure le porte parole de la junte guinéenne, Idrissa Chérif, ce 31 décembre. «Très bientôt, il sera parmi nous à Conakry», a-t-il expliqué au micro de France 24.
Pourtant le 30 décembre dernier, le général Sékouba Konaté qui s’est rendu à Rabat pour s’imprégner de l’état de santé de Dadis Camara, a affirmé que ce dernier était dans un état critique.
Des propos fermement démentis par Idrissa Chérif. «Il demande ses amis, il va nettement mieux que les allégations qui ont été dites» rapporte le porte-parole, qui s'est engagé à rentrer «avec un film» témoignant de cette amélioration.
Le 3 décembre à Conakry, il été blessé par balles par son propre aide de camp, Aboubacar Sidiki Diakité dit "Toumba", qui a ensuite pris la fuite. Toumba a plus tard affirmé avoir tiré sur son patron, parce que ce dernier l'avait "trahi" et voulant lui faire "porter l'entière responsabilité" du massacre des opposants perpétré le 28 septembre par les forces de sécurité et qui avait faitau moins "156 morts et disparus" et "106 femmes victimes de violences sexuelles", selon l'ONU.
Au lendemain de ces événements, Sékouba Konaté avait pourtant ordonné l’arrestation de Toumba, considéré comme l’un des principaux responsables des massacres. L’ordre n’a pu être exécuté, Dadis s’étant interposé pour protéger son aide de camp. Celui-là même qui lui tirera une balle dans la tête, le 3 décembre..
|
|
|
|
|
|