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UA : Le message fort «Lutte contre le terrorisme»


29/07/2010

Le sommet de l’Union africaine (UA) a pris fin hier mercredi à Kampala (Ouganda) avec deux grandes décisions politiques : l’interdiction faite aux Etats membres de payer des rançons aux terroristes et le refus de coopérer avec la Cour pénale internationale dans le dossier El Béchir.


Ainsi, l’organisation panafricaine a choisi d’adopter la manière forte face au terrorisme dont la progression inquiète au plus haut point. L’UA ne se contente pas de condamner toutes les attaques terroristes perpétrées sur le continent. Elle va plus loin en interdisant aux Etats membres de payer des rançons dans les situations de prise d’otage. Une fermeté qui est en parfaite adéquation avec l’une des priorités de la diplomatie algérienne. Celle-ci considère, en effet, que l’argent résultant des prises d’otages sert à financer les actions terroristes. Le triomphe de la ligne dure à Kampala ne doit pas surprendre, eu égard au contexte même dans lequel se sont déroulés les travaux du sommet. Le durcissement de ton semble être le résultat d’un concours de circonstances. D’une part, l’attentat orchestré par les shebabs somaliens à quelques jours du sommet, qui témoigne d’une certaine audace. Elle avait fait 76 morts. D’autre part, la mort de l’otage français Michel Germaneau, qui a réellement bouleversé les parties représentées au conflit. L’idée d’une véritable riposte a pu peser sur le sommet.

Dans ses interventions d’hôte du sommet et de président en exercice de l’UA, le président ougandais Museveni, ne s’était pas gêné d’interpeller les consciences : « Qui sont ces gens qui osent attaquer le drapeau de l’Union africaine ? [...] Ces terroristes peuvent et doivent être défaits. » Il avait également lâché, très amer : "Qu’ils repartent au Moyen-Orient ou en Asie ». Les premiers éléments de l’enquête privilégient la piste étrangère.

Il y a aussi le fait que l’Union européenne et les États-Unis envisagent de soutenir l’UA au plan logistique. De tels soutiens, en attendant qu’ils se concrétisent rapidement, ne peuvent qu’encourager les tenants de la ligne dure qui doivent bien jubiler au sein de l’organisation. Reste à savoir si la mesure sera bien mise en application par tous les Etats membres. Dans le cas contraire, quelles sanctions punitives pour ceux qui désobéiront ? L’organisation continentale pourrait-elle sévir en cas de faiblesse ? Que fera l’UA si l’action vise à libérer des détenus contre des otages ? On sait que sur ce point, des divergences existent, particulièrement entre l’Algérie et le Mali. En apparence, ce scénario ne semble pas avoir retenu l’attention du sommet.

Parviendra-t-on jamais un jour à éradiquer le terrorisme sur le terrain ? Parviendra-t-on jamais à se défaire de ces demandes incessantes de rançons ? En tout cas, demain ne sera pas la veille. L’option de l’Union est certes très courageuse, mais il faut bien plus : davantage d’actions concertées sur le théâtre même des opérations. Car les terroristes ne vont jamais baisser la garde. Toutefois, n’aurait-il pas fallu laisser une certaine ouverture, par exemple, permettre aux Etats membres d’examiner les différentes situations au cas par cas ? Dans ce genre de transactions en effet, même les terroristes agissent selon les cas. Somme toute, les bandits appartiennent tous à la même race : celle des terroristes qui opèrent au mépris des vies humaines.

En parvenant à opérer dans la capitale ougandaise, les terroristes islamistes agissant pour le compte des shebabs ont bien démontré que l’attentat aurait pu prendre pour cible le sommet des chefs de l’organisation panafricaine elle-même. De quoi donner la chair de poule aux différentes délégations à présent de retour dans leurs pays respectifs.

Entre autres décisions, le sommet de l’Union appelle tous les Etats membres à ne pas coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) dans le cadre du mandat d’arrêt contre le président El-Béchir. Le texte décide de rejeter également la demande de la CPI d’ouvrir un bureau de liaison à Addis Abeba, le siège de l’Union. Enfin, cette résolution appelle une nouvelle fois le Conseil de sécurité des Nations unies à suspendre les poursuites contre le général El-Béchir en vertu de l’article 16 du Statut de Rome. Il faudra donc attendre de voir comment vont réagir les partenaires occidentaux qui n’ont de cesse de traquer le chef de l’Etat soudanais finalement "réhabilité" à Kampala.

Le sommet qui a réuni une trentaine de chefs d’Etat n’a presque pas débattu du projet des Etats-Unis d’Afrique. Les compétences supranationales de la future autorité et la création de trois ministères à l’échelle du continent n’ont pas été discutées. Le président en exercice de l’Union a même été catégorique sur le sujet : pas de débat. L’un des plus intransigeants aura été le président Bingu wa Mutharika du Malawi qui n’avait pas trouvé nécessaire de revenir sur une question largement débattue par le passé. Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a abondé dans son sens, soulignant notamment que l’Union africaine ne pouvait pas éternellement débattre de cette question. En somme, le camp adverse avait bien préparé sa riposte, puisque c’est en vain que le colonel Kadhafi, appuyé des Tchadiens et des Maliens, a tenté de relancer le débat. Constatant les dégâts, le guide libyen a fini par lâcher lors de la cérémonie de clôture : « Un jour, nous deviendrons comme les Etats-Unis d’Amérique. Nous aurons des missiles et une monnaie commune ».

Comme attendu, les diatribes politiques l’ont donc emporté sur le thème officiel de "la santé de la mère et de l’enfant" à ce XVe sommet de l’Union africaine (UA). Après les belles résolutions pleines de promesses, il ne faudra pas s’étonner de voir les Etats membres agir chacun selon ses intérêts. Comme d’habitude. Depuis si longtemps.

 

Niger : L'élection présidentielle serait retardée d'un mois


27/07/2010

Le Niger s'apprête à repousser d'un mois le processus de restitution du pouvoir aux civils, indique une source au sein de la commission électorale.


En conséquence, le premier tour de l'élection présidentielle aurait lieu le 31 janvier 2011. La série de scrutins, qui s'ouvrira le 17 novembre par un vote sur la nouvelle constitution, comprend également des élections législatives. Le second tour de la présidentielle, s'il est nécessaire, aura lieu le 14 mars.

L'objectif est de rendre le pouvoir aux civils, après le coup d'Etat de février 2010. Divers scrutins locaux sont également prévus le 31 décembre.

«L'entrée en fonctions du nouveau président élu aura lieu le 8 avril, et non le 11 mars comme prévu initialement», a indiqué à Reuters la source, qui souhaitait rester anonyme. Des réunions étaient organisées ce week-end pour définir le processus électoral.

«La commission a dû réviser le calendrier électoral car des erreurs avaient été commises sur les délais légaux, et les élections ont été repoussées d'un mois.»

«La commission a transmis le nouveau calendrier aux autorités. Nous ne pensons pas qu'il posera problème, mais si la junte refuse le prolongement de la transition, nous annulerons les scrutins locaux», a ajouté la source.

L'armée nigérienne a renversé en février le président Mamadou Tandja, puis a promis de rendre le pouvoir aux civils dans un délai d'un an. Après avoir dénoncé le coup d'Etat, la communauté internationale a finalement apporté son soutien aux dirigeants militaires.

Le Niger est l'un des pays les plus pauvres au monde, malgré les milliards de dollars d'investissements reçus, surtout de France et de Chine, par l'industrie d'extraction de l'uranium et du pétrole.

Après dix ans au pouvoir, Tandja s'était attiré de vives critiques aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'étranger, après avoir amendé la constitution pour étendre ses pouvoirs et prolonger son mandat.



«Côte-d’Ivoire: A quoi joue Soro ?


26/07/2010

Guillaume Soro, le Premier ministre ivoirien, a désigné Ousmane Koné, ministre ivoirien de la Justice, pour assurer l’intérim de son poste de secrétaire général des Forces nouvelles.


Officiellement, cette décision s’inscrit dans la volonté du Premier ministre ivoirien de pouvoir mieux se consacrer au processus électoral en vue de parvenir à une élection présidentielle le plus vite possible. Mais cette décision, pour autant qu’elle soit, est tout de même quelque peu surprenante. Il n’ y a aucun doute que Soro doit son poste de Premier ministre à son statut de chef des rebelles rebaptisé «Forces nouvelles». C’est dire qu’il doit beaucoup de ce qu’il est aujourd’hui à ce poste. Cette réalité suscite inexorablement des questionnements.

Il est clair que la gestion de ces Forces nouvelles est intimement liée à l’ensemble du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire, qui devrait être couronné par la tenue d’une élection présidentielle démocratique dans tous les sens du terme. On s’interroge donc sur la capacité de Soro à influencer son camp s’il n’en détient plus vraiment les rênes. On se souvient que l’homme a certes toujours dit être en phase avec sa base. Mais on sait également que Soro semble s’être coupé de cette base, ou du moins, semble y avoir un peu fragilisé sa voix depuis qu’il a accepté ce poste de Premier ministre au sortir des négociations de Ouagadougou.

Cette décision serait plus compréhensible si la date de l’élection était clairement fixée et que la durée de cet intérim était de façon subséquente, clairement déterminée. On peut peut-être comprendre la volonté du chef du gouvernement ivoirien de se placer au-dessus de la mêlée, mais la position dans laquelle il se met semble tout de même curieuse au regard du contexte dans lequel il se trouve. Il est évident que son poste de Premier ministre n’est pas neutre parce que représentant une des parties à l’Accord politique de Ouagadougou. Cumulant ce poste avec celui de patron des Forces nouvelles, il tenait en main les leviers nécessaires pour conduire les choses.

A-t-il la certitude de toujours disposer, en agissant de la sorte, du poids et de la poigne nécessaires pour influencer réellement, raisonner le cas échéant, ses troupes en cas de désaccord dans la conduite du processus ? Rien n’est moins sûr. Alors, on se demande quelles sont les vraies motivations de Soro. Et les explications officielles ne convainquent pas d’aucuns qui estiment que cet intérim est pour lui une ruse pour s’éloigner des Forces nouvelles avec qui il ne serait plus en odeur de sainteté. Si cette hypothèse se confirme, cette décision l’isolerait et le mettrait quasiment à la solde du président Gbagbo. Il jouerait ainsi à un jeu de poker avec son avenir tant il est vrai qu’en politique, on ne pèse que si on a une base solide. En tous les cas, il a dû sûrement peser et soupeser à maintes reprises la décision avant de la prendre et l’avenir nous en dira davantage.

Reste à espérer que cela ne vienne pas impacter négativement la sortie de crise et que l’on se hâte maintenant d’aller à cette élection dont la silhouette sans cesse évanescente a fini par prendre des allures de spectre qui hante les rêves de tous ceux qui aiment la démocratie et ce pays pris en otage par certains de ses fils.



«Togo: Vers un retour au parti unique


23/07/2010

Les autorités togolaises envisagent d’interdire les manifestations de rue par une nouvelle loi


Les autorités togolaises envisagent de rétrécir le champ de jouissance de certaines libertés individuelles comme le droit à la manifestation. De sources bien informées, un projet serait en préparation dans les officines du pouvoir et pourrait être présenté lors du prochain conseil des ministres qui aura probablement lieu après le « Mondial » des Evala.

« Ils peuvent continuer à marcher, à manifester, ça ne changera rien », avaient l’habitude de ressasser les gouvernants pour dire qu’ils n’ont que faire de ces manifestations organisées par le Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC). Au départ, ils avaient misé sur la lassitude des militants qui, fatigués par le train-train habituel, allaient abandonner les manifestations aux premiers responsables. Mais c’est à tout le contraire qu’on assiste. Quatre mois après l’élection présidentielle, la rue continue de gronder avec la même ferveur, avec la même détermination. Sans oublier aussi les manifestations spontanées des populations qui avaient protesté le 22 juin contre la hausse des prix des produits pétroliers. Au fond, Faure Gnassingbé et son gouvernement sont bien gênés par ces démonstrations de force du FRAC. Que faire alors devant de telles situations ?

A défaut d’une interdiction par les biceps, les bastonnades et les gaz lacrymogènes, les autorités togolaises entendent abuser de l’article 14 de la Constitution togolaise : « L’exercice des droits et libertés garantis par la présente Constitution ne peut être soumis qu’à des restrictions expressément prévues par la loi et nécessaire à la protection de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé publique, de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui ». Ainsi, toutes les manifestations sur la voie publique ou dans les lieux publics devront être soumises à un régime de déclaration préalable auprès du ministre de l’Administration territoriale ou du préfet. Cette déclaration devra préciser au moins trois personnes responsables ainsi que le jour, l’heure, l’objet et l’itinéraire, et ce, 72 heures avant le jour « J », les week-ends et les jours fériés n’étant pas pris en compte. « Et 36 heures avant l’heure annoncée, l’autorité saisie décline en retour ses observations et ses recommandations sur tel ou tel point. Les recommandations peuvent conditionner la tenue de la manifestation. Plus est, il peut arriver que l’autorité diffère la manifestation », explique notre confrère « L’Union ». Le projet prévoit aussi des peines d’emprisonnement jusqu’à cinq ans ainsi que des peines d’amende.

Et pour faire avaler la couleuvre aux Togolais, on soutient que ce projet vise à empêcher que les militaires et les corps spécialisés de l’armée rétablissent l’ordre. « Le futur règlement restituera à l’autorité administrative la plénitude de ses attributions en sa qualité d’initiateur privilégié et responsable des opérations de maintien de l’ordre public, c’est-à-dire à la police administrative et à l’autorité civile (gouverneur de région, préfet, maire et ses adjoints), responsables de la préparation et du déclenchement des mesures préventives et, éventuellement, des mesures répressives en cas de besoin », poursuit le confrère.

On ne le dirait jamais assez, Faure Gnassingbé est en train d’installer son système après la vraie fausse rupture annoncée par la formule « moi c’est moi, lui c’est lui ». C’est ce que Me Djovi Gally appelait la « dictature rampante de Faure Gnassingbé » avant qu’il ne s’amourache tout dernièrement du RPT. On tend vers l’ère du parti unique où aucune manifestation ne sera tolérée et où les citoyens seront obligés d’accepter sans questionner. Le projet de restriction des droits à la manifestation et aux réunions s’inscrit dans cette dynamique. Les gouvernants gèrent mal le pays, entretiennent la misère et ne veulent pas qu’on en parle. Ils entendent étouffer toutes les manifestations en imposant l’omerta. C’est comme un père de famille qui, après avoir violemment frappé son enfant, lui ordonne d’attendre d’abord son autorisation avant de pleurer. Allait-il la lui accorder s’il faisait la demande ? La réponse est non. Et tout le monde connaît la propension des autorités togolaises à interdire les manifestations de rue.

La République est donc en danger et il est nécessaire que les organisations des droits de l’Homme et les partis politiques se mobilisent pour que cette loi scélérate ne passe pas.



«Fuite des capitaux africains : 854 milliards de dollars évaporés


20/07/2010

Le montant de la fuite des capitaux africains représente, entre 1970 et 2008, environ quatre fois la dette extérieure. Révélation de Global Finance Integrity à destination des ministres africains des Finances.


C’est probablement 1800 milliards de dollars qui ont manqué à l’Afrique, ces 40 dernières années.

En 39 ans, entre 1970 et 2008, le continent africain a enregistré la fuite de 854 milliards de dollars (au cours du dollar de l’année 2004), selon un nouveau rapport de Global Finance Integrity (www.Gfip.org) à l’intention des ministres africains des Finances. Ce montant, équivalant à 56% du PIB du continent en 2008, concerne des sommes retracées avec précision. Les auteurs du rapport estiment l’ensemble des fuites illicites en provenance des 53 pays africains à 1 800 milliards de dollars. Les pays d’Afrique de l’Ouest et du centre sont les plus touchés, à cause sans doute du Nigeria.

Le géant pétrolier nigérian en tête du classement avec 89,5 milliards de dollars, suivi de l’Egypte (70,7 milliards), de l’Algérie (25,7 milliards), du Maroc (25 milliards) et de l’Afrique du Sud (24,9 milliards).

Des techniques complexes de blanchiment

En termes de volumes, le rapport classe le géant pétrolier nigérian en tête du classement avec 89,5 milliards de dollars, suivi de l’Egypte (70,7 milliards), de l’Algérie (25,7 milliards), du Maroc (25 milliards) et de l’Afrique du Sud (24,9 milliards). Sur la période considérée, les fuites illicites se sont accrues de 11,9% par an en moyenne. Ce flux est favorisé par l’opacité du système financier international, fragmenté entre des zones règlementées et des paradis fiscaux, des juridictions secrètes et, entre autres, des techniques complexes de blanchiment d’argent. Ce flux impacte les réserves des banques africaines, augmente l’inflation, réduit les recettes fiscales et fausse la concurrence. L’étude de Global Finance Integrity rejoint la position de nombreux chercheurs, à l’instar de Ndikumana et Boyce (2003, 2008), qui estiment que l’Afrique est créditeur net par rapport au reste du monde.

Pétrole et évasion

La mondialisation, qui induit une augmentation des volumes du commerce, a tendance à accentuer le phénomène. Si l’on ne déplorait que 57 milliards de fuites durant la décennie 70, l’on comptait pour 437 milliards d’évasion de capitaux africains entre 2000 et 2008. Cette accélération corrobore certaines thèses qui voient une corrélation entre la fuite des capitaux et la hausse des cours du pétrole, lesquels ont atteint des pics depuis le début de ce siècle. En tout, l’Afrique perdrait en moyenne 29 milliards de dollars par an depuis 1970. Les pays pétroliers sont davantage concernés (10 milliards par pays) que les pays non pétroliers (2,5 milliards).

Avec le montant de 854 milliards de dollars, l’Afrique aurait pu non seulement rembourser sa dette extérieure (250 milliards à fin 2008), mais aussi consacrer 600 milliards de dollars pour des programmes de lutte contre la pauvreté et de développement des infrastructures.

MBF

Total des fuites de capitaux par régions et par groupe depuis 1970 (IFF- Illicite Financial Flows)

en milliards de $ 70s 80s 90s 2000-2008 1970-2008

Afrique 57,291 203,859 155,740 437,171 854,061

Afrique du Nord 19,161 72,020 59,813 78,742 229,737

Afrique subsahara 38,130 131,839 95,927 358,429 624,324

Corne d’Afrique 2,354 14,131 5,108 15,603 37,197

Grands lacs 6,925 16,079 4,978 10,285 38,267

Afrique australe 5,894 20,581 31,447 116,828 174,751

Afrique Ouest et centrale 22,956 81,047 54,394 215,712 374,109

Producteurs de pétrole 20,105 67,685 48,157 218,970 354,917

Non producteurs de pétrole 7,867 26,517 22,375 23,342 80,102



«Bon anniversaire Nelson Mandela», un hommage mérité


20/07/2010

Ainsi que l'a prescrit l'Assemblée générale des Nations unies, on célèbrera désormais, le 18 juillet de chaque année, la «Journée internationale de Nelson Mandela» -«Mandela day»- en mémoire à la date de naissance -18 juillet 1918- de l'ancien célèbre bagnard de Robben Island. Déjà, le 11 février dernier, on a sonné les cloches des 20 ans de liberté de Madiba! Et aujourd'hui, alors qu'il souffle sa 92e bougie, cet homme, chanté et loué d'un point à l'autre du planisphère, cultive toujours cette sorte d'humilité, cette grande dignité qui a perlé son combat.


Je l'avais déjà écrit ici même, de Mandela, de son histoire, de sa formidable et tenace lutte pour l'égalité des peuples, de sa gouvernance apaisée... les griots chanteront les louanges jusqu'à la fin des temps. Et, si le 11 février 2010 a attisé, de façon impériale, le souffle vivifiant de la flamme éternelle d'un homme extraordinairement sage, qui a écrit une bonne partie de l'histoire contemporaine, ce 18 juillet écrit déjà, à sa place, les pages de demain, l'éloquent témoignage d'une histoire exceptionnelle, pour les générations futures. Homme du siècle dernier, Nelson Mandela marque encore, incontestablement, ce 21e siècle de sa personnalité, restant, pour la postérité, une référence pour la jeunesse, et un inégalable sujet de fierté pour les Africains. Et, même au-delà des océans qui encerclent le continent noir, «Madiba» fait désormais partie de l'histoire, parce qu'il a fait l'histoire et que l'on ne saurait parler, nulle part, de démocratie, de liberté des peuples, de droits humains, et même de développement, sans regarder, dans le rétroviseur du passé, l'époustouflant héritage qu'il a légué à l'humanité.

Mais que l'on ne s'y trompe pas. «Mandela n'est ni un dieu, ni un saint. C'est simplement un homme qui s'est comporté un peu plus sagement, un peu plus fermement, un peu mieux que nous tous». C'est du moins ce qu'a dit de lui, Baso Sangqu, ambassadeur d'Afrique du sud à l'ONU, comme pour inciter chacun à adopter cette posture d'humilité et de sagesse pour fouetter la gouvernance politique dans le bon sens. En proclamant haut et fort hier, alors même qu'il aurait pu un terme à son supplice solitaire et intérieur, qu'«être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres», Nelson Mandela a su montrer au monde, aujourd'hui encore, qu'il est resté égal à lui-même, lui qui a toujours réussi à se mettre au-dessus des intrigues politiques.

Il y aurait tant à dire sur l'homme, sur sa vie, son combat... l'espoir qu'il continue de susciter, partout. Et, quelles que soient les erreurs qu'en tant qu'humain il aurait commises sur le parcours, il restera, pour la postérité, l'exemple achevé, l'incarnation d'uncertain idéal politique et d'une vision salvatrice de la dignité humaine. Quel bel hommage que ce «Mandela day»! La communauté internationale montre par là, sans aucun doute, la mesure de la grandeur de cet homme inclassable, en sacrifiant désormais au devoir de mémoire et de reconnaissance qui, j'en suis convaincu, lui survivra à jamais...



Santé : L’OMS veut éradiquer le sida d’ici à 2050


20/07/2010

Selon une information publiée ce 19 juillet par Le Figaro, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est fixée pour objectif d’éradiquer le sida d’ici 2050. Pour y arriver, l’OMS compte sur la stratégie «Treat and treat» (dépister et traiter).


Peut-on éradiquer l'épidémie de VIH d'ici 2050? C'est le pari lancé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), d'après une information publiée par Le Figaro ce 19 juillet. Le scénario de l'OMS se base sur la stratégie du «Treat and treat» (dépister et traiter), plébiscitée par tous les grands acteurs de la lutte contre le sida.

Le principe: soumettre annuellement tous les volontaires à un test de détection du virus, suivi d'une mise sous traitement immédiate pour les personnes détectées comme séropositives. Cette stratégie s'appuie sur de nombreuses publications qui montrent que le risque de transmettre le VIH est réduit chez les personnes suivant un traitement trithérapique efficace.

La principale étude scientifique qui corrobore ces affirmations, menée par une équipe de chercheurs de l'OMS et publiée par la revue britannique The Lancet, pose toutefois toute une série de questions. Le National institute of allergy and infectious diseases (NIAID), qui a étudié ce modèle, soulève notamment le problème évident de la faisabilité de ce test, ou encore l'impact du traitement sur les comportements.

«C'est pourquoi il faut axer aussi les efforts sur les moyens de prévention», répond Antoine Henry de l'association Aides. Pour l'organisation de lutte contre le sida, bien qu'imparfaits, ces modèles peuvent toutefois servir de levier pour inciter à renforcer l'accès au traitement. 2010 devait être d'après le G8, l'«année de l'accès universel» au traitement trithérapique. En réalité, seule une personne sur trois, nécessitant ce type de traitement, y a accès, rapporte le dernier rapport de l'Onusida.

«Aujourd'hui on sait qu'on peut stopper la propagation de l'épidémie, mais il y a un problème de volonté politique», pointe du doigt Antoine Henry. Sur les 20 milliards qu'il devait récolter pour les trois prochaines années, le Fond mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme n'a récolté que 100 millions.

Autre obstacle que les modèles utilisés ne prennent pas en compte : les «exclus» du traitement antirétroviral. Homosexuels en Afrique subsaharienne, héroïnomanes en Europe de l'Est... De nombreux séropositifs sont tenus «éloignés de l'accès au traitement et à la prévention», du fait des discriminations dont ils sont victimes, rappelle Aides.

Une première avancée a cependant été faite dans le sens de ces ambitieux objectifs: de nouvelles directives, rappelées par l'OMS ce lundi à Vienne, prévoient une mise en place des traitements antirétroviraux de façon plus précoces avec des médicaments «simplifiés et moins toxiques. Des recommandations qui devraient voir le nombre de personnes traitées augmenter de 49% et "faire baisser le nombre des décès de 20% d'ici à 2015», estime l'organisation.



Bénin: Un opposant accuse le président dans une affaire d'escroquerie


19/07/2010

Le principal opposant béninois, Adrien Houngbédji, a accusé le président Boni Yayi d'être mêlé à une affaire d’escroquerie portant sur des placements d’argent, dans une déclaration transmise dimanche à l'AFP.


«Nous avons élu le chef de l’Etat pour qu’il protège le peuple, pour qu’il travaille dans l’intérêt du peuple et non pas pour qu’il protège les escrocs. Ce faisant, il a violé son serment. Il a violé la constitution et il doit être poursuivi devant la Haute Cour de Justice», a affirmé M. Houngbédji, à la tête d'une alliance de partis d'opposition. Selon lui, un détournement d’épargne organisé par ICC Services, une société béninoise de placement d’argent, qui a fait récemment un scandale dans le pays ouest-africain, a été orchestrée avec «la caution et des complicités au sommet de l’Etat». Des collectes de fonds frauduleuses «ont profité au gouvernement et à sa propagande. Vous avez vu du matériel de campagne fabriqué à l’effigie du président de la République par ICC, des pagnes, des calendriers, du vin et du champagne ainsi que les nombreuses manifestations organisées par la mouvance présidentielle et prises en charge par ICC-Services», accuse l'opposant. Le 7 juillet, Boni Yayi avait limogé le ministre de l’Intérieur Armand Zinzindohoué dans le cadre de cette affaire. Le président lui reprochait d'avoir «offert les services de forces de sécurité sous son autorité et d'avoir signé un permis de port d'arme aux responsables de la société au mépris des précautions élémentaires en la matière», selon une source à la présidence. M. Yayi a ordonné une enquête et selon une source proche de la commission d'enquête, l'un des cousins du président a été arrêté la semaine dernière et est détenu à la maison d’arrêt de Cotonou. M. Houngbédji a en outre déclaré à l'AFP que ses déclarations sur cette affaire auprès de télévisions locales ces jours-ci ont été «censurées sur ordre du palais de la république». Elu en mars 2006 avec plus de 70% des votes Boni Yayi, un ancien banquier, avait basé son programme sur la restauration des valeurs républicaines et principalement la lutte contre la corruption qui gangrenait l'administration en place.



Nigeria: Affrontements entre chrétiens et musulmans, huit morts


17/07/2010

Des affrontements mardi entre chrétiens et musulmans dans l'est du Nigeria ont fait au moins huit tués, et des dizaines de blessés, et six mosquées et une église ont été brûlées, a indiqué mercredi la police.


Des renforts ont été déployés pour rétablir l'ordre à Wukari, dans l'état de Taraba, et des responsables religieux ont immédiatement appelé à la tolérance, alors que les violences ethniques ou religieuses ont déjà fait des centaines de morts depuis le début de l'année au Nigeria.

Selon le chef de la police de l'état de Taraba, Aliyu Musa, les heurts ont éclaté le 13 juillet à Wukari, dans l'ouest de cet état essentiellement chrétien, mais la ville était calme mercredi.

«D'après les informations dont nous disposons, huit personnes ont été tuées et quarante autres grièvement blessées lors de violences au cours desquelles six mosquées et une église ont été brûlées», a annoncé M. Musa.

Dans un entretien au téléphone avec l'AFP depuis Jalingo, la capitale de Taraba, il a précisé que des renforts avaient été déployés et que «la situation est désormais sous contrôle».

Selon lui, un groupe de jeunes chrétiens a détruit une mosquée en chantier dans l'enceinte d'un commissariat de police, et en réponse, de jeunes musulmans s'en sont pris à une église voisine.

Cet incident à dégénéré en affrontements qui ont opposé des groupes des deux communautés de la ville.

Le Nigeria, une fédération de 36 états, est le pays le plus peuplé d'Afrique avec 150 millions d'habitants, également partagés entre les deux confessions.

Le nord est majoritairement musulman et le sud est à dominante chrétienne. Des violences à caractère ethnique ou religieux sont régulières, surtout dans le nord.

L'Etat de Taraba est frontalier de celui du Plateau (centre), dont la capitale Jos a été le théâtre à plusieurs reprises de violents affrontements communautaires. Lors de deux crises cette année, en janvier et en mars, jusqu'à 1.500 personnes auraient été tuées, selon les décomptes d'ONG.

Ces violences interviennent alors que des élections --présidentielle et des gouverneurs des 26 Etats de la fédération-- sont prévues au premier semestre de 2011.

«Il y a une activité qui est inquiétante», à l'approche des élections, a estimé Chidi Odinkalu, un activiste des droits de l'Homme.

«Le gouvernement et tous ceux qui s'inquiètent devront surveiller de près la situation dans les mois qui viennent», a-t-il prévenu.

La plus haute autorité musulmane du Nigeria, Sultan Muhammad Saad Abubakar, a appelé mardi dans des propos rapportés par la presse à l'entente entre les chrétiens et les musulmans.

«J'exhorte les musulmans et les chrétiens du Nigeria à oeuvrer pour l'harmonie et la tolérance religieuse et à rejeter les actes qui portent atteinte à paix et à la bonne entente entre les communautés» a-t-il proclamé lors d'un discours dans la ville méridionale d'Owerri.

L'archevêque catholique d'Abuja, John Onaiyekan, a estimé dans un entretien avec l'AFP que les récentes violences «n'avaient rien à voir avec la religion».

«Ce sont probablement des gens qui ont d'autres intentions et qui exploitent le problème de la mosquée», en construction à Wukari, a ajouté le prélat, se faisant ainsi l'écho d'opinions selon lesquelles ces violences sont le produit d'une lutte de pouvoir locale.



TOGO: Difficile cohabitation au sommet de l’Etat : Plus rien ne va entre Gilchrist Olympio et Faure Gnassingbé


13/07/2010

Malgré les contestations du bureau national de l’Union des Forces de Changement (UFC), Gilchrist Olympio a engagé des discussions avec le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et signé un accord avec le secrétaire général de ce parti, Esso Solitoki le 26 mai 2010. C’est dans une surprise générale que les Togolais ont assisté à la signature de cet accord dit historique qui concède l’entrée de l’UFC au gouvernement, sa participation à la formation des cabinets ministériels, la désignation des responsables de ce parti pour les administrations centrales, les sociétés d’Etat, les préfectures, les mairies, les ambassades.


Dans la foulée, le gouvernement Houngbo II a été rapidement mis en place et sept portefeuilles ministériels ont été attribués aux amis de Gilchrist Olympio (le bureau national du parti ayant rejeté l’offre).

Malheureusement, depuis la formation du gouvernement le 28 mai 2010, plus rien n’a évolué dans l’application de « l’accord historique ». Le deal Gilchrist - Faure connaît donc des débuts d’application très difficiles qui amènent plus d’un à douter de la sincérité des acteurs impliqués dans ce processus.

La composition des cabinets ministériels

Dans ses déclarations lors du point de presse organisé le 27 mai 2010 au lendemain de la signature de « l’accord historique » avec le RPT, Gilchrist Olympio a annoncé que selon les clauses dudit accord, les ministres issus de son parti formeront eux-mêmes leurs cabinets ministériels. « L’UFC entrera dans le gouvernement et disposera de sept (7) portefeuilles ministériels (dont un ministre d’Etat) pour lesquels l’UFC proposera des candidatures. La liste des sept portefeuilles est précisée en annexe. L’UFC pourra confirmer cette liste immédiatement avant la publication du nouveau gouvernement.

Au-delà des postes proposés, l’UFC enverra d’autres compétences pour prise en considération dans la formation du gouvernement. Les ministres seront libres de choisir leurs collaborateurs incluant le Directeur de cabinet, dans le respect des textes en vigueur », avait-il déclaré. Malheureusement, quarante deux jours après la formation du gouvernement, les ministres « amis de Gilchrist Olympio (AGO) » n’ont toujours pas choisi leurs propres directeurs de cabinet. Ce sont les anciens qui sont dans l’ensemble issus des rangs du RPT qui continuent de gérer les sept cabinets concédés aux AGO. Or ce sont eux qui coordonnent toutes les activités au sein du cabinet. Comme tel, les ministres AGO ne sont pour l’instant que de simples objets d’exhibition du pouvoir RPT qui tarde à leur donner la possibilité d’avoir la main mise sur leur portefeuille ministériel. Du côté du pouvoir, on susurre que les ministres AGO sont tellement « médiocres » que si on leur laisse cette possibilité, cela aura un impact direct sur l’administration. Argument qui n’est du tout faux quand on observe un peu les prestations des ministres amis de Gilchrist.

La nomination des ambassadeurs

Aux termes de l’accord signé, Gilchrist devra également désigner des responsables pour les administrations centrales, les sociétés d’Etat, les préfectures, les mairies, les ambassades. Ce point a également du plomb dans l’aile. Selon les informations, l’ex-leader de l’UFC aurait sommé plusieurs fois déjà le pouvoir sur cette question. Mais la réponse tarde toujours à venir. Gilchrist Olympio lui-même aurait opté pour le poste de l’Ambassadeur du Togo en France et ferait des pressions intenses sur Faure pour l’obtenir. Mais le pouvoir rusé de Lomé II traîne encore le pas. Connaissant bien le rôle que la France continue de jouer dans le maintien de ce régime à la tête du Togo, il est fort à parier que le désormais ex- opposant historique aurait toutes les difficultés du monde pour accéder à ce poste.

Les réformes politiques

Sur la question, Gilchrist a informé que l’UFC a soulevé des préoccupations conformément à l’APG notamment, les réformes institutionnelles et constitutionnelles, qui « seront finalisées dans les six (6) mois qui suivent la mise en place du nouveau gouvernement, le recensement général de la population et de l’habitat, l’établissement d’un nouveau fichier électoral et le redécoupage électoral pour tenir des élections locales dans les meilleurs délais». Selon lui, le Premier Ministre a réitéré l’engagement du gouvernement à accorder une priorité à la finalisation de ces questions. Au début, les spécialistes de la question avaient ouvertement critiqué le délai de six mois fixé par Gilchrist qui était relativement trop court. Si la volonté d’appliquer cet accord était vraiment manifeste, la logique voudrait que la question du recensement soit attaquée dès la formation du gouvernement. Malheureusement, quarante deux jours après sa formation, personne n’a encore osé aborder ce sujet.

Il faut rappeler que la question des réformes politiques a été une décision de l’accord politique global signé le 26 août 2006 par tous les acteurs impliqués dans la crise politique qui mine le Togo depuis deux décennies. C’est cet accord qui a permis de légitimer le pouvoir illégitimement acquis par Faure en 2005. Malgré tout, son application s’est heurtée à la mauvaise foi du RPT qui ne pense qu’à la conservation du pouvoir. Raison pour laquelle les Togolais ne croyaient à aucun miracle lorsque Gilchrist a annoncé son deal avec le RPT. Maintenant qu’il a bradé la lutte engagée par tout un peuple pour des raisons inavouées, il a l’obligation de résultat.



Ouganda : Double attentat meurtrier


13/07/2010

Deux bombes ont fait au moins 64 morts le 11 juillet en soirée dans deux bars de la capitale très fréquentés par les étrangers, alors que la foule s'y était réunie pour suivre la finale de la Coupe du monde.


La fête du football a été endeuillée en Ouganda. Deux attentats ont frappé dimanche soir des bars de la capitale Kampala, faisant au moins 64 morts et 65 blessés. Les nationalités des victimes n'ont pas encore été communiquées mais l'ambassade américaine sur place a d'ores et déjà annoncé la mort d'un de ses ressortissants.

Comme partout dans le monde dimanche soir, les Ougandais s'étaient réunis en nombre dans les bars et restaurants du pays pour regarder à la télévision la finale de la Coupe du monde en Afrique du Sud. Les deux engins ont explosé alors que le match touchait à sa fin. Un des attentats visait l'Ethiopian Village, haut lieu de la vie nocturne à Kampala. L'autre a frappé le Rugby Club. La police estime possible que ces attaques aient pris pour cible la communauté étrangère, qui fréquente les deux sites.

Les enquêteurs ne disposent pas à ce stade d'indication certaine sur l'identité des poseurs de bombe. Mais pour le chef de la police ougandaise, cela ne fait guère de doute : la double attaque est liée au conflit somalien. L'Ouganda, qui vit dans une relative stabilité, contribue en effet - avec son voisin le Burundi - à la force de paix de l'Union africaine en Somalie (Amisom). Celle-ci a pour mission de protéger le très fragile gouvernement provisoire en place à Mogadiscio. Un engagement qui a valu au pays des menaces récentes des insurgés islamistes Shebab, qui considèrent l'Amisom comme une force d'occupation. Les Shebab, qui contrôlent la plus grande partie de la Somalie, ont fait voeu d'allégeance à al-Qaida. Or le mode opératoire - deux attentats simultanés - évoque la pratique d'al-Qaida ou de groupes armés s'en inspirant.

Pas plus tard que le 10 juillet dernier, le président somalien Sheikh Sharif Ahmed avait fait part de son inquiétude face au nombre croissant de djihadistes étrangers joignant les rangs de l'insurrection islamiste et a dit y voir une menace croissante pour la stabilité dans la région. Parmi les suspects figure également l'Armée de résistance du seigneur (LRA), qui a combattu vingt ans dans le nord du pays avant de se réfugier au Soudan et ailleurs en Afrique centrale, ainsi que les Forces démocratiques alliées (ADF), dont le gouvernement ougandais indiquait en mai qu'elles se regroupaient sans doute le long de la frontière avec la République démocratique du Congo. À Washington, le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche, Mike Hammer, a déclaré que les Etats-Unis étaient «disposés à fournir toute aide requise au gouvernement ougandais».



Guinée: Manifestation contre le général Sékouba Konaté


06/07/2010

Des partisans du candidat de l’Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré, arrivé en 3ème position à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle en Guinée, ont manifesté le 5 juillet à Conakry pour protester contre les résultats provisoires proclamés vendredi. La manifestation a été organisée par les sections de base et les fédérations des cinq communes de Conakry et des villes voisines de Conakry.


Des dizaines de jeunes femmes, vêtues de rouge, ont arpenté le 05 juillet matin les rues de Conakry, la capitale guinéenne, en scandant des slogans hostiles au président de la transition, le général Sékouba Konaté, a constaté la PANA.

Ces manifestants lui reprochent d'avoir éliminé leur candidat, Sidya Touré, leader de l'Union des forces républicaines (UFR), arrivé troisième à la présidentielle de dimanche dernier en obtenant 15,60 pour cent des voix.

Samedi dernier, des partisans de l'ancien Premier ministre avaient pris à partie le général Konaté lors d'une sortie dans le quartier de Boulbinet considéré comme un fief du leader de l'UFR.

De son coté, M. Touré a dénoncé s'en est pris au général Konaté et au ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, les accusant d'avoir favorisé, à ses dépends, Alpha Condé, le candidat arrivé deuxième avec 20,67 pour cent des voix.

Le candidat de l'UFR a indiqué qu'il déposerait prochainement des recours devant la Cour suprême qui publiera sous peu les résultats définitifs.

Pour sa part, le leader du Parti de l'espoir et du développement national (PEDN), l'ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, arrivé quatrième avec 7,75pour cent, a également annoncé à la presse qu'il saisirait la Cour suprême.

«C'est une démocratie de façade. Le PEDN n'a jamais été mêlé à une quelconque fraude. Il faut que la Cour suprême dise le droit. Des urnes contenant des bulletins votés en ma faveur ont été déversées à la mer», a-t-il affirmé.

Prévu le 18 juillet, le second tour de la présidentielle guinéenne opposera l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, arrivé premier avec 39,72 pour cent, à Alpha Conté.



Guinée : Report des résultats à vendredi


01/07/2010

En Guinée, la Cour suprême a accordé 48 heures supplémentaires à la Commission électorale pour publier les résultats provisoires de la présidentielle de dimanche, initialement attendus mercredi 30 juin. L'annonce de ce report n'a pas vraiment suscité de surprise à Conakry, mais elle alimente les suspicions croissantes et le climat d'impatience. Ces derniers jours, 21 des 24 partis engagés dans la course, ont multiplié les accusations de fraudes et de bourrages d'urnes ici ou là. Des accusations balayées par la commission électorale qui les qualifie de « rumeurs infondées ».


La Commission électorale invoque des problèmes de logistique, d’organisation et d’ordre sécuritaire, pour expliquer ce report sans expliquer beaucoup plus. On sait que dans certaines régions, les opérations de dépouillement et de compilation des résultats ont été assez lentes.

Par ailleurs, la Ceni rencontre des difficultés pour acheminer dans la capitale les procès-verbaux de ces démembrements et ce malgré l’hélicoptère mis à disposition par l’armée. Le report intervient sur fond de polémique entre la Ceni et 21 des 24 candidats à la présidentielle qui l’accuse de fraudes et d’irrégularités.

Le président de la Ceni Ben Sékou Sylla est aussi critiqué par le Mataf, le ministère de l’Administration du territoire et le CNC, le Conseil national de la communication qui, selon nos sources, lui reprochent une certaine opacité dans la gestion du processus électoral.

Face à la fronde contre sa gestion, Ben Sékou Sylla a tenté de calmer les esprits en rencontrant les états-majors des candidats. Mais la méfiance reste de mise dans la classe politique et certains candidats ont du lancer des mots d’ordre de calme à leurs militants passablement agités.

Preuve que l’ambiance est électrique. Mercredi, le centre ville de la capitale Conakry s’est brutalement vidé de sa population pensant que les résultats seraient annoncés dans la journée, les habitants redoutant les violences, ont préféré rentrer chez eux.



Côte d’Ivoire : «Tout le monde sera entendu dans l’enquête pour corruption», assure le procureur


24/06/2010

Raymond Tchimou, le procureur de la Côte d’Ivoire chargé de l'enquête sur des soupçons de corruption pesant sur le ministre ivoirien de l'Intérieur Désiré Tagro et le Premier ministre Guillaume Soro, a affirmé le 23 juin 2010 que « tout le monde » serait entendu dans le cadre des investigations. Le fait que le ministre de l'Intérieur reste en fonction « ne gêne en rien » l'enquête, a par ailleurs assuré Raymond Tchimou, alors que l'opposition pense le contraire.


Baron de la majorité présidentielle, le ministre de l’Intérieur Désiré Tagro fera bien l’objet d’une enquête. Le procureur Tchimou s’estime fondé à mener ces investigations sur quatre points : vérifier si le ministre de l’Intérieur a ou non marchandé des places au concours d’entrée à l’Ecole nationale de police, s’il a ou non détourné des fonds destinés à la communauté musulmane pour trois pèlerinages à la Mecque, si l’argent destinés aux victimes des déchets toxiques du navire Probo koala leur est bien parvenu et enfin, si Désiré Tagro a perçu seul ou avec autrui, dix milliards de francs CFA de commissions de la part du groupe français SAGEM.

Et quand on lui demande si le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur seront entendus, le procureur est catégorique : «Oui, tout le monde sera entendu. Si certaines personnalités sont accusées, il faut leur donner la possibilité de se défendre. Si on ne les entend pas, on sera tous sur le terrain de la rumeur ».

L’enquête devant durer un mois, c’est une partie serrée qui commence en Côte d’Ivoire. Car la plus grande incertitude règne aujourd’hui sur les conséquences possibles de cette affaire pour le ministre Tagro, pour le Premier ministre Guillaume Soro et partant, pour



Mali : La sécheresse tue aussi les éléphants


17/06/2010

En raison de la sécheresse et du manque d’eau, au moins vingt et un pachydermes sont morts depuis le 25 mai 2010 dans la réserve de Gourma, située dans une région qui s’étend du nord du Mali au Burkina Faso. Cette information a été confirmée le 15 juin par une source proche du ministère malien de l’Environnement qui écarte toute idée de braconnage. La réserve de Gourma est réputée être une réserve sûre.


L’agonie des éléphants a duré plusieurs jours. Arrivés devant une mare dans le nord du Mali, les animaux constatent qu’il y a près de 50 000 bêtes sur place, notamment des bovins. Impossible de plonger leur trompe dans l’eau. Alors, ils prennent la direction d’une autre mare. Mais il faut parcourir soixante-dix kilomètres puis quinze autres kilomètres.

Les pachydermes n’ont quasiment plus de force. Huit d’entre eux tombent raides morts. Les autres parviennent miraculeusement à gagner une autre mare. Onze éléphants boivent alors tellement d’eau que quelques instants après, ils rendent l’âme.

La réserve d’éléphants de Gourma qui s’étend du nord du Mali au Burkina Faso, compte environ 350 éléphants. Elle est considérée comme l’une des rares réserves au monde où le braconnage contre ces animaux n’existe quasiment pas. Biramou Sissoko, chef d’un projet pour la protection de la réserve, confirme l’absence de braconnage sur ces terres : « Il n’y a pas de braconnage contre les éléphants dans le Gourma. Nous avons mis des équipements au niveau des services des eaux et forêts dans la zone d’intervention... Ils disposent de véhicules, ils disposent de téléphones satellitaires... ».

Par ailleurs les populations locales ont formé de très nombreuses brigades de vigilance pour protéger les éléphants.



Afrique : Le prix de la bonne gouvernance en Afrique ne trouve pas de lauréat


15/06/2010

Le jury du prix Mo Ibrahim, qui récompense d'anciens dirigeants africains pour leur action, a annoncé le 13 juin qu’ «'il n'avait pas trouvé de lauréat adéquat, pour la deuxième année consécutive».


Ce prix, fondé en octobre 2006 par Mo Ibrahim, magnat britannique des télécommunications d'origine soudanaise, est décerné à d'anciens chefs d'Etat ou de gouvernement de pays de l'Afrique subsaharienne qui ont été élus démocratiquement, pour récompenser les pratiques de bonne gouvernance.

«Les critères pour le lauréat sont ambitieux, et le nombre de candidats chaque année est restreint. Donc il est possible qu'il y ait des années sans prix, quand aucun nouveau candidat n'émerge», a souligné M. Ibrahim, selon un communiqué de sa fondation.

L'an dernier le jury du prix, présidé par l'ancien secrétaire-général de l'Onu Kofi Annan avait annoncé avoir examiné une liste de candidats possibles mais n'avoir pas pu s'accorder sur un lauréat. Cette année aucun nouveau candidat n'a émergé, ont précisé les organisateurs.

Le prix peut être accordé à un ancien chef d'Etat ou de gouvernement de pays de l'Afrique subsaharienne qui a quitté leurs fonctions au cours des trois dernières années, en récompense de son action dans l'intérêt du public ou de son action caritative. Mo Ibrahim a souligné que «malgré la pénurie de candidats adéquats pour le prix, d'une valeur de cinq millions de dollars sur 10 ans et de 200.000 dollars versés à vie les années suivantes, sa fondation continuerait à travailler à la promotion de la bonne gouvernance en Afrique».

«De nombreux pays d'Afrique font de grands progrès, pas seulement dans le domaine économique, mais aussi en termes de gouvernance», a-t-il noté, relevant que l'index de gouvernance de la fondation, basé sur 80 critères, était en progression.

En octobre 2007, Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique, était devenu le premier lauréat. Et en 2008, l'ancien président du Botswana, Festus Mogae, avait reçu le prix. L'ancien président sud-africain Nelson Mandela, icône de la lutte contre l'apartheid, avait également été fait lauréat honoraire du prix en 2007.



Madagascar : Le président de la HAT met une croix définitivement sur toutes négociations à l'extérieur


13/06/2010

Le Président de la Haute Autorité de Transition (HAT) malgache, Andry Rajoelina a réaffirmé le 10 juin, ne plus vouloir participer à une quelconque négociation à l'extérieur en vue d'une sortie de crise.


«Il est clair maintenant que la solution à cette crise ne peut se trouver qu'à Madagascar et entre les Malgaches eux-mêmes. Je suis d'ailleurs convaincu que nous sommes déjà sur une très bonne voie pour y parvenir», a lancé Andry Rajoelina à l'issue d'une double audience diplomatique au cours desquelles il a reçu les nouveaux ambassadeurs de Turquie et de Pakistan.

«Nous avons déjà fait ce qu'il fallait en se rendant à plusieurs reprises en Afrique. Il est temps de se pencher sur le fondement de la IVème République en instituant une constitution crédible et qui servira tout le peuple malgache mais non plus les seuls tenants du pouvoir comme auparavant», a-t-il rajouté.

Sur la question d'éventuelle report des élections, Rajoelina de souligner que «les autorités de la transition ne s'immiscent guère dans leur préparation ainsi que la réalisation de la conférence nationale». «On n'assure que le rôle de facilitateur pour éviter que d'autres entités taxent le processus d'unilatéral. Mais je réitère toujours que les élections devraient être effectuées selon les normes internationales et le plus vite possible».

Il est à noter que plusieurs Accords ont déjà été signés par Rajoelina et les trois anciens présidents malgaches dont Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy, en ce qui concerne les résolutions de sortie de crise mais Rajoelina n'a pas du tout suivi et nié par la suite sa propre signature.

Comme en 2009, les Accords de Maputo et l'acte additionnel d'Addis-Abeba ont été rejetés par Rajoelina. En 2010, la France et l'Afrique du Sud ont tenté de rassembler les 4 mouvances à Pretoria et de trouver une bonne entente sur la sortie de crise malgache mais en vain, tout effort a été repoussé par le président de la HAT en sortant par la suite une feuille de route qu'il considère sauver la grande île de cette crise tant durée qui a débuté en décembre 2008.



Décès de l’écrivain et ex-ministre camerounais Ferdinand Léopold Oyono, auteur du roman "Le vieux Nègre et la médaille"


12/06/2010

La classe culturelle d’Afrique centrale de nouveau endeuillée avec la mort du Camerounais Ferdinand Léopold Oyono. Il avait 81 ans. Après les décès des chanteurs gabonais Pierre-Claver Ebome Zeng et Oliver Ngoma, c’est le Cameroun voisin qui vient de perdre une figure importante de son histoire culturelle.


Né le 14 septembre 1929 à NGoulemekong près d’Ebolowa dans le sud du Cameroun, Ferdinand Léopold Oyono est mort jeudi 10 juin à Yaoundé après avoir été victime d’un malaise, selon une information rapportée par l’Agence France presse (AFP). Selon une source anonyme citée par l’AFP, lorsqu’il a eu son malaise, Ferdinand Léopold Oyono se trouvait au palais présidentiel d’Etoudi, où il participait au déjeuner offert par Paul Biya, en l’honneur de Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU actuellement en visite au Cameroun. Lors d’une allocution devant le Parlement camerounais, le secrétaire général des Nations-Unis s’est dit très attristé par ce décès.

Ecrivain à succès avec ses romans les plus connus comme "Le vieux Nègre et la médaille" ou "Une vie de boy", Ferdinand Léopold Oyono fut ambassadeur du Cameroun auprès de l’ONU et dans plusieurs pays, et occupa aussi le poste de ministre de la Culture et des Affaires étrangères.



Benin : Entre Yayi et Houngbédji, qui aura le soutien de la France ?

11/06/2010

Requinquée depuis le dernier sommet Afrique France à Nice, la Françafrique garde toujours ses réseaux d’influence sur l’Afrique en général et sur le Bénin en particulier Pour les élections présidentielles de 2011, elle va jouer sa partition. En sourdine, elle va tirer sur les ficelles et donner des instructions officieuses qui iront en faveur d’un candidat.


Est-ce Yayi qui affiche docilité et grande courtoisie à l’égard de Sarkozy ou Houngbédji qui surfe sur ses relations très séculaires et enracinées dans la droite française ? C’est le grand secret.

L’autre front de bataille sur lequel les candidats potentiels à la présidentielle de 2011 s’affrontent, c’est bien celui de Paris. Loin des rumeurs de soutien et de tractations nocturnes de politiciens en perpétuel repositionnement, cette bataille se mène en douceur à Paris et parfois dans les milieux diplomatiques franco-africains.

Et si elle préoccupe tant tous les candidats au scrutin de Mars 2011 c’est que son poids n’est pas négligeable dans l’issue des élections. Ne dit-on pas souvent que celui qui a le soutien de Paris gagne souvent les élections ? En tout cas, pour ce qui concerne les élections présidentielles de 2011, rien n’est joué et c’est d’ailleurs ce qui explique les descentes fréquentes de Houngbédji à Paris bien qu’il en a l’habitude depuis un bon moment. Contrairement à ce que l’on entend dans les états majors des partis politiques où chacun tend à se parer des plumes de paon, le soutien à un candidat en 2011, bien qu’être sera discrète et officieuse, fait toujours l’objet de réflexions nourries et d’analyses minutieuses. Selon des sources concordantes, la cellule diplomatique de l’Elysée qui a à charge ces genres de dossier devait être à priori dans un grand embarras pour le cas « Bénin ».Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de l’Elysée et son adjoint André Parant cogitent encore sur la bonne formule qui puisse avantager la France. Ils pèsent et soupèsent encore Yayi et Houngbédji, les deux candidats parmi tant d’autres qui pourront bénéficier de ce soutien tant précieux. Il leur faut discuter, consulter des icônes du pré carré comme les présidents Zinsou, Compaoré…et bien d’autres. A priori, nous souffle-t-on dans les milieux diplomatiques franco-africains, c’est Me Adrien Houngbédji qui devait avoir ce soutien. Mais si le choix s’annonce si difficile c’est bien à cause des relations plus ou moins bonnes du président Boni Yayi avec la France. Et pour cause, le président Yayi a respecté, selon nos sources, les instructions et les souhaits français depuis qu’il est au pouvoir. Mieux, la Françafrique qui, apprend-on au passage, a connu une inclination économique doit beaucoup être fier du président béninois. C’est en effet sous sa présidence que le groupe Bolloré très- proche du pouvoir en France- a pu gagner le marché très prometteur de la gestion du terminal à conteneurs construit récemment au Port de Cotonou. Il faut le rappeler c’est cette plate forme portuaire qui servira de convoyage de l’uranium du Niger vers la France pour Areva, l’autre groupe français qui s’occupe de son exploitation. Ce n’est pas tout. La privatisation de la Sco (Société des ciments d’Onigbolo) a permis au groupe cimentier français ‘‘La Farge’’ de bénéficier encore d’un marché juteux. Et si prochainement, le groupe Orange, filiale de France Télécom arrivait à devenir le repreneur de Bénin Télécom Sa comme on le susurre dans les coulisses de la privatisation, ce serait l’apothéose pour Yayi et il pourra définitivement gommer les quelques méfiances françaises nées au lendemain de la visite du président Georges Bush au Bénin en 2007. On comprend donc les nombreuses sollicitudes de l’ambassadeur de France à l’endroit de Boni Yayi.

Houngbédji, l’ami de toujours

Pour autant, Me Adrien Houngbédji ne sera pas sevré de l’affection et du parapluie français dont il a bénéficiés depuis des lustres. Avocat du feu président Omar Bongo( dont on connaît l’influence sur la politique africaine de la France) et de certains groupes pétroliers français installés en Afrique, il bénéficie d’un grand capital d’estime dans les milieux intellectuels et politiques français depuis les années 70 et 80.L’autre grand atout dont dispose le candidat unique de l’Union fait la Nation, c’est qu’il est membre du RPR(Rassemblement pour la République) qui est devenu aujourd’hui l’Ump(Union pour la majorité présidentielle) actuellement au pouvoir. Forcement, il doit bénéficier du soutien de cette droite française dans laquelle il a une forte entrée. Ce soutien devrait être doublé de celui de la gauche, en l’occurrence du Ps (Parti socialiste) grâce aux relations très privilégiées du Psd de Bruno Amoussou avec qui elle milite dans l’international Socialiste.

La première visite de Me Houngbédji comme candidat unique de l’Un l’a permis de rencontrer André Parant, ce qui est déjà un grand signe de grande complicité avec l’appareil d’Etat français. En se rendant fréquemment à Paris ses derniers mois, il entend donc activer ses relations dans le milieu politique français et les transformer en soutiens sérieux contre un Yayi très entreprenant sur le plan diplomatique. Décoré en 2007 pour services rendus à la démocratie et à la France, celle-ci n’hésitera pas à le porter au pinacle. D’ailleurs on le dit candidat de la France depuis 1990. Seulement en 2011, le choix sera plus difficile à faire et la cellule diplomatique de l’Elysée devait être dans un grand embarras actuellement.



Cameroun : Franck Biya bientôt ministre pour enfin succéder a son père ?

08/06/2010

Dans bien des milieux de la capitale ces derniers temps, une vieille polémique réalimente les débats sur les mécanismes légaux de succession en Afrique...


C'est que les chefs d'Etat africains se sont mis en tête d'assurer leurs arrières après leur sortie des affaires, en portant au pouvoir leur propre progéniture. Par toutes les voies possibles. Pour peaufiner leur stratégie, ils enrôlent progressivement leurs enfants dans les rouages de la haute administration, question de les familiariser avec la gestion des hommes, des biens et des dossiers.

L'objectif étant de les préparer à l'exercice de la plus haute fonction de l'Etat. L'idée, qu'on le veuille ou non, fait du chemin, malgré les frustrations d'une opinion indignée et apparemment privée de toute réaction. A y regarder de près, l'affaire a les allures d'une mise en sécurité du chef de l'Etat partant, après un pouvoir généralement controversé qui n'autorise pas toujours une retraite tranquille. Pour maquiller leur forfait, ils portent à de hautes responsabilités publiques, ces fils qui se sont simplement donné la peine de naître. Leur ascension est fulgurante.

Rapidement, ils culminent aux lourdes fonctions étatiques: officiers généraux de l'armée, ministres, directeurs généraux, conseillers spéciaux de leur président de père... Dans certains cas, les enfants n'ont aucun profil nécessaire à l'exécution de ces lourdes tâches. On sait que le temps qui est le plus grand facteur d'initiation et d'apprentissage à toute chose, finit par les imprégner de leurs nouveaux devoirs sociaux.

Tout est mis en œuvre pour que le pouvoir échoie à ses enfants. L'Afrique aligne quelques exemples: Joseph Kabila en République démocratique du Congo, Faure Gnassingbe Eyadéma au Togo, Ali Bongo Ondimba au Gabon... La rumeur court depuis quelques années, que d'autres sont sur les starting blocks. On parle de plus en plus du fils du leader de la Jamahiriya arabe libyenne Kadhafi, du fils de Abdoulaye Wade, celui de Hosni Moubarak ou encore celui d'Obiang Nguema.

Avec cette déferlante, certains observateurs voient déjà le syndrome infester le Cameroun. Paul Biya s'apprêterait déjà lui aussi, à préparer l'esprit de son fils aîné Franck Biya à lui succéder. On dit même son entrée imminente au prochain remaniement qui devrait intervenir à tout moment.

Des interprétations qui pour le moment, ne s'appuient sur aucun fondement, le chef de l'Etat n'ayant jamais donné des signes d'une telle visée. Le fils de l'homme vit essentiellement en dehors des affaires politiques, et presque indifférentes aux activités de son géniteur. A qui Paul Biya passerait-il un jour le pouvoir en l'état actuel des choses ? D'où viennent ces déductions hâtives et ces suspicions mal indiquées pour l'heure ? La réponse se trouve peut-être dans le fait que les hommes politiques sont fatigués de pérorer sur l'identité d'un dauphin qui tarde à se dessiner. Ils insinuent par conséquent que le chef de l'Etat cache son jeu pour prendre tout le monde de court.

Leurs supputations vont donc dans tous les sens pour percer le mystère Biya au point de lui prêter des intentions. On n'est certes pas dans le secret des dieux pour dire que Paul Biya pense ou non à une telle éventualité. Wait and see.



Sénégal : Le phare de la démocratie africaine pâlit dangereusement

08/06/2010

Le moins que l’on puisse dire est qu’ils doivent être nombreux à se mordre les doigts, ceux-là qui, à l’époque, applaudissaient à tout rompre l’avènement au pouvoir en 2000 de l’opposant historique sénégalais, Abdoulaye Wade. En effet, depuis qu’il a accédé au trône, Gorgui, comme on le surnomme, ne fait qu’accumuler boulettes sur boulettes au point de voir un terme dérivé de son nom dédié à ses frasques : des « waderies ».


Quelques exemples ? Leur énumération exhaustive est des plus périlleuses, tellement ils sont légion, mais, donnons notre langue au chat : bastonnade d’opposants, embastillement de journalistes et fermeture de radios, mise à l’index d’une communauté religieuse au risque de mettre en péril la stabilité du pays, positionnement du fils (Karim) en tant que dauphin avec, en plus, la création d’un superministère taillé sur mesure pour lui, pléthore de remaniements ministériels et de chefs de gouvernement (pas moins d’une demi-douzaine en 10 ans de règne), ignorance des usages diplomatiques (notamment dans le cas de la mallette de 133 000 euros donnée par le président à un haut fonctionnaire du FMI) ; « Terre promise » aux Haïtiens, construction polémique du monument de la « Renaissance africaine »…

Décidément, la face cachée du « sopi » (changement en wolof), que proposait le Parti démocratique sénégalais de Wade lors de son arrivée aux affaires, est des plus vilaines. Et ce Wade-là n’a rien à voir avec celui qu’on portait aux nues il y a seulement une décennie. Est-ce le poids de l’âge qui est la cause de ces égarements plus qu’itératifs de « Papy » Wade ? On peut se poser la question. C’est en tout cas la preuve, si besoin en était encore, qu’il faut attendre de voir les opposants historiques à l’exercice du pouvoir pour qu’ils se dévoilent véritablement.

On se serait attendu logiquement à ce que la démocratie, le respect des droits de l’Homme, la liberté de la presse et toutes ces valeurs cardinales d’un Etat de droit progressent avec l’avènement à la tête du pays de l’opposition. Mais hélas, tel est loin d’être le cas pour le pays de Senghor, qui vient de fêter son cinquantenaire le 04 avril dernier. On en vient même à regretter le Parti socialiste d’Abdou Diouf qui, quoi qu’on en dise, était un « gentleman », car il y a des choses qu’on ne connaissait pas sous son régime.

Plus que jamais, le phare de la démocratie africaine, comme on présentait le Sénégal, est en train de pâlir et menace même de s’éteindre. Plus rien ne va nous étonner de la part du pays de la Téranga (hospitalité en wolof).

Pas même le guet-apens tendu au rotativiste de l’imprimerie Com 7 avec un scénario digne d’Hollywood ou des coulisses politiques de l’ex-URSS : en effet, le samedi 05 juin 2010 dans la soirée, des agents de la Direction de surveillance du territoire (DST) se présentent devant l’imprimeur (qui devait tirer la pétition de Bara Tall pour interpeller Karim Wade sur les 20 milliards de l’affaire Sudatel, cette somme tirée de la vente de la troisième licence de téléphonie aurait été versée pour payer des commissions à des intermédiaires, dont de hautes personnalités sénégalaises), et lui promettent un gros marché.

C’est en réalité un subterfuge pour pénétrer dans l’imprimerie et voir si les plaques contenant les pages de la pétition y sont toujours. Une fois à l’intérieur, ils saisissent les plaques et embarquent manu-militari le machiniste, qui se verra signer une convocation pour hier lundi à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Une autre affaire qui vient s’ajouter à la longue liste des waderies et dans laquelle il faut situer les responsabilités mais surtout que les têtes coupables tombent.

Autant de choses graves que doivent corriger les dirigeants des tirailleurs sénégalais en rectifiant le tir pour rendre une copie propre de la Nation considérée comme la lanterne de la démocratie africaine. Et le plus tôt sera le mieux.



Afrique : Vers la fin de l’empire économique français ?

07/06/2010

Conscient des menaces (Chine, Inde, Brésil…) qui pèsent sur les parts de marchés françaises en Afrique, le président Nicolas Sarkozy a appelé les dirigeants africains à renforcer leurs échanges commerciaux avec Paris lors du sommet France-Afrique de Nice. Mais sur le terrain, la réalité est cruelle et semble prédire l’assèchement irrévocable des relations économiques privilégies françafricaines.


40% dans les années 60 contre 2% actuellement, c’est le triste revirement des échanges longtemps privilégiés entre la France et le continent africain. Pour pallier cette perte de vitesse spectaculaire, le président français avait présenté, lors du sommet France-Afrique de Nice (31 mai-2juin), une nouvelle stratégie pour maintenir ses positions commerciales et en gagner en Afrique.

Certes l’initiative est louable tant il en va de la survie de l’économie française, mais rien n’indique cependant que les dirigeants africains adhéreront les yeux fermés à ce projet face aux gros investissements et promesses des pays tels que la Chine, l’Inde ou encore le Brésil pour ne citer que ces pays émergents. Preuve que la France n’a plus de chasse gardée sur le continent, même dans le pré carré francophone.

Première menace française : la Chine. En dix ans, elle a décuplé ses échanges commerciaux avec le continent, devenant le premier partenaire commercial de l'Afrique noire. En 2008, ses échanges commerciaux ont atteint 108 milliards de dollars. Pékin a récemment signé des accords portant sur des milliards de dollars avec la République démocratique du Congo et le Nigeria. Elle construit des routes, des stades et des hôpitaux sur tout le continent.

Contrairement aux Occidentaux, la Chine n'impose pas de conditions politiques en échange de ses investissements. Elle est ainsi devenue un partenaire majeur de pays en froid avec l'Occident, tels que le Soudan, le Zimbabwe ou l'Angola. Elle investit de préférence chez ceux qui possèdent de grandes ressources en matières premières tels que le Soudan, l'Angola, la RDC ou le Gabon. Même dans des pays comme le Bénin qui ne dispose pas de matières premières en abondance, elle est devenue très influente. La France n'est plus le premier partenaire commercial du Bénin, c'est désormais la Chine.

Inquiet de la présence massive de la Chine en Afrique, le Japon a récemment décidé d'investir massivement sur le continent. Pour l'instant, Tokyo est surtout présent dans le domaine de l'aide au développement, notamment dans le secteur de l'agriculture ou dans celui du développement de l'énergie solaire. Voulant diversifier leurs sources de pétrole et devenir moins dépendants du Moyen-Orient en la matière, les Etats-Unis investissent quant à eux dans le golfe de Guinée, au Nigeria, mais aussi en Angola, pays qui fut longtemps leur adversaire politique.

Plus discrète que la Chine, l’Inde est très active sur le continent notamment à travers son importante diaspora présente dans toute l'Afrique anglophone, en particulier en Afrique du Sud, au Nigeria, au Kenya, en Ouganda ou au Malawi. Le cinéma et les séries télé indiennes font un tabac sur le continent noir.

Le Brésil pour sa part Occupe une place croissante dans l'économie de pays tels que l'Angola qui connaît l'une des croissances les plus rapides en Afrique, grâce à la manne pétrolière. Il investit tout particulièrement dans le domaine pétrolier, mais aussi dans celui de la culture.

Même les pays du golfe se sont invités dans la danse, investissant en Afrique du Nord, mais aussi en Afrique noire, notamment au Sénégal. Très présents dans le secteur des télécoms, mais aussi de l'hôtellerie, ils ont récemment obtenu la gestion du port de Dakar jusqu'alors chasse gardée du group français Bolloré. La Libye aussi investit massivement sur tout le continent, de Bamako à Cotonou jusqu'en Afrique australe. Même le Malawi n'est pas épargné par les investissements du colonel Kadhafi.

Il est clair aujourd’hui que l’Afrique «n’a plus besoin de la France», surtout dès lors que le PIB progresse de près de 5% par an depuis une décennie.



Chefs d'Etat africains... et franc-maçonnerie

03/06/2010

A de très rares exceptions près, les chefs d'Etat africains laissent planer l'incertitude quant à leur allégeance maçonnique. Par souci de ne pas heurter l'opinion au pays. L'anecdote a quelque chose de dérisoire. Mais elle est symptomatique du malaise que suscite souvent, au coeur des présidences africaines, l'évocation de l'allégeance maçonnique réelle ou supposée du "patron" et de ses lieutenants.


Le 17 avril 2008, L'Express publie dans son édition internationale une enquête sur les réseaux francs-maçons subsahariens, intitulée"L'Afrique aux premières loges". En ouverture du dossier, une infographie fait apparaître le portrait d'une douzaine de chefs d'Etat, classés grosso modo selon leur degré de ferveur maçonne. Il y a là les "frères au grand jour", espèce rare, les "demi-frères", approchés ou hésitants, et les "frères de l'ombre", réticents à dévoiler leur adhésion, fût-elle ancienne. Parmi ceux-ci, le Béninois Thomas Boni Yayi.

Aussitôt, branle-bas de combat à Cotonou. Sur instruction, l'ambassadeur du Bénin à Paris invite le rédacteur en chef du service Monde de notre hebdomadaire, Marc Epstein, à un échange informel aux allures de mise au point. Mieux, Boni Yayi, qui exerce aussi les fonctions de Premier ministre, convoque une réunion du gouvernement.

A l'ordre du jour: la riposte qu'appelle cette indigne attaque de L'Express... Le directeur de cabinet du président donne lecture d'un communiqué alambiqué, bientôt diffusé. Sans démentir explicitement l'initiation passée du chef de l'Etat, le texte souligne la vigueur de sa foi chrétienne, présentée comme incompatible avec la fréquentation de temples maçons. Antinomie au demeurant obsolète, notamment au sein de la nébuleuse de la Grande Loge nationale française (GLNF), où chaque initié tient pour acquise l'existence de Dieu; d'ailleurs, plus d'un prélat a consenti, discrètement il est vrai, à se livrer au rituel de la "tenue blanche", conférence donnée dans une loge par un non-initié.

Qu'importe: à l'évidence fier de sa prose, l'auteur conclut ainsi son morceau de bravoure: " Avec ça, il ne fait aucun doute que Hugeux [l'auteur de l'article et de ces lignes] sera viré de son journal dans les quinze jours." "Attention! nuance un officiel présent, ce type est juif, et ces gens-là ont beaucoup d'influence"...

Secte satanique

C'est un fait: à l'exception notable du Gabonais Omar Bongo et, à un moindre degré, de son beau-père congolais Denis Sassou-Nguesso, alias DSN, les Excellences africaines cultivent avec l'équerre et le compas un cousinage ambigu, mélange de fascination, de méfiance de suspicion et de manie du secret. Si spécieux soit-il, l'interdit religieux n'est pas propre à l'ex-Dahomey.

Au Sénégal, Abdoulaye Wade, initié jadis à Besançon, fait figure de "maçon dormant". De fait, il aurait pris depuis des lustres ses distances avec sa loge. D'autant que l'octogénaire au crâne poli doit tenir compte des oukases des dignitaires musulmans, qu'il s'agisse des califes de l'islam confrérique ou des imams de la banlieue dakaroise. Voilà quelques années, le quotidien Walfadjri se fit d'ailleurs l'écho d'une féroce controverse, qui ne tourna guère à l'avantage de la franc-maçonnerie, reléguée par les plus virulents au rang de secte satanique.

Il n'empêche. En Afrique plus qu'ailleurs, la saga des "frères de lumière" s'est trouvé un terreau fertile, tant ses codes et ses usages y font écho à la magie des rites initiatiques et à la force ancestrale du clan. Au point que les colonnes de ses temples donnent, dans l'imaginaire des fidèles, la réplique aux troncs du bois sacré. Le désir d'accéder à ce sanctuaire supposé laïque de l'élite blanche, gage de modernité, puis le souci d'instaurer avec l'ex-colonisateur des canaux inconnus des profanes, discrets vecteurs d'influence, ont fait le reste.

Le truculent Guy Penne (GODF), conseiller Afrique de l'Elysée au début du premier septennat de François Mitterrand, sait fort bien qu'il dut alors sa promotion à son entregent maçon. Au demeurant, Jacques Foccart se chargea de le lui faire savoir. On a vu défiler sous les lambris de l'hôtel de Montesquiou, siège pour quelques semaines encore du ministère de la Coopération, plus d'un frangin. Tous n'y ont pas laissé le souvenir d'une probité d'airain.

Paravent d'un mémorable pillage de fonds publics, Carrefour du développement torpilla en 1984 la carrière du socialiste Christian Nucci et celle de son chef de cabinet, Yves Chalier, son parrain en maçonnerie. Question à 1 million de CFA: Omar Bongo Ondimba aurait-il exigé - et obtenu - la tête de Jean-Marie Bockel, brutalement délesté de son maroquin de la Coopé en mars 2008, si celui-ci avait été "trois points"? Question à 2 millions de CFA: le fondateur de la Gauche moderne, muté aux Anciens combattants, aurait-il dans ce cas prétendu "signer l'acte de décès de la Françafrique"?

Au Sénégal, Abdoulaye Wade, initié jadis à Besançon, fait figure de "maçon dormant". De fait, il aurait pris depuis des lustres ses distances avec sa loge. D'autant que l'octogénaire au crâne poli doit tenir compte des oukases des dignitaires musulmans, qu'il s'agisse des califes de l'islam confrérique ou des imams de la banlieue dakaroise. Voilà quelques années, le quotidien Walfadjri se fit d'ailleurs l'écho d'une féroce controverse, qui ne tourna guère à l'avantage de la franc-maçonnerie, reléguée par les plus virulents au rang de secte satanique.

Il n'empêche. En Afrique plus qu'ailleurs, la saga des "frères de lumière" s'est trouvé un terreau fertile, tant ses codes et ses usages y font écho à la magie des rites initiatiques et à la force ancestrale du clan. Au point que les colonnes de ses temples donnent, dans l'imaginaire des fidèles, la réplique aux troncs du bois sacré. Le désir d'accéder à ce sanctuaire supposé laïque de l'élite blanche, gage de modernité, puis le souci d'instaurer avec l'ex-colonisateur des canaux inconnus des profanes, discrets vecteurs d'influence, ont fait le reste.

Le truculent Guy Penne (GODF), conseiller Afrique de l'Elysée au début du premier septennat de François Mitterrand, sait fort bien qu'il dut alors sa promotion à son entregent maçon. Au demeurant, Jacques Foccart se chargea de le lui faire savoir. On a vu défiler sous les lambris de l'hôtel de Montesquiou, siège pour quelques semaines encore du ministère de la Coopération, plus d'un frangin. Tous n'y ont pas laissé le souvenir d'une probité d'airain.

Paravent d'un mémorable pillage de fonds publics, Carrefour du développement torpilla en 1984 la carrière du socialiste Christian Nucci et celle de son chef de cabinet, Yves Chalier, son parrain en maçonnerie. Question à 1 million de CFA: Omar Bongo Ondimba aurait-il exigé - et obtenu - la tête de Jean-Marie Bockel, brutalement délesté de son maroquin de la Coopé en mars 2008, si celui-ci avait été "trois points"? Question à 2 millions de CFA: le fondateur de la Gauche moderne, muté aux Anciens combattants, aurait-il dans ce cas prétendu "signer l'acte de décès de la Françafrique"?

En août 1999, même topo. Réunis au siège du GODF, rue Cadet (Paris IXe), les émissaires des trois belligérants - Sassou, Lissouba et Bernard Kolélas - doivent finaliser un "préaccord". Peine perdue: on attendra en vain la délégation du premier nommé. C'est dire combien la mise en demeure adressée quelques mois plus tôt aux frères égarés par Philippe Guglielmi, alors à la tête de l'obédience, resta lettre morte. Tardif remords?

Près d'une décennie plus tard, DSN, soucieux d'apaiser les tensions qu'attise l'échéance présidentielle de juillet prochain, fera appel au même Guglielmi.Comme l'a révélé François Koch dans L'Express, l'ancien grand maître, flanqué de Laurent Taïeb, premier grand maître adjoint, a été reçu le 13 décembre 2008 par Sassou, en sa résidence privée d'Oyo. Avant de rendre visite à l'un des nombreux candidats à sa succession.

C'est qu'à Brazza les frères se déchirent. "Nous comptons bien dénoncer le dévoiement par le chef de l'Etat sortant des valeurs maçonnes", promet un opposant, lui-même initié.

Maçonnerie d'influence, maçonnerie d'affaires, maçonnerie alimentaire... Au grand dam des idéalistes, l'appât du gain et le carriérisme garnissent plus sûrement les travées des convents que les principes des Constitutions d'Anderson, tables de la loi maçonnique.

Mais le démon du matérialisme fait au moins autant de ravages dans l'Hexagone qu'au sud du Sahara. De l'aveu même d'un de ses fidèles, Denis Sassou-Nguesso n'a jamais mesuré ses largesses envers les amis de la GLNF. Quant à Bongo, il est d'une prodigalité légendaire. Un ancien grand maître du Grand Orient se souvient encore de ces trois mallettes bourrées de cash, alignées sur l'estrade où trône le bureau du président gabonais, désireux à l'en croire d'"épauler la fraternité". Dire que tout adepte est invité à "laisser les métaux" - l'argent - à l'entrée du temple...



Togo : Le nouveau gouvernement entre en fonction sous des critiques

03/06/2010

Au Togo les passations de services, du Gouvernement de large ouverture et de compétence (GLOC), annoncé depuis des semaines, se sont accélérées depuis le 29 mai dernier au 1e juin après la mise en place le 28 mai dernier de ce nouveau gouvernement de 31 postes ministériels dont sept sont attribués au principal parti de l'opposition du Togo l’Union des forces de changement (UFC). Kofi Yamgnane, n'en fait pas partie.


Après l'entrée en fonction précipitée, le 29 mai, du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Elliot Ohin, issu de l'Union des forces de changement (UFC-opposition), les autres nouveaux ministres et ceux ayant changé de portefeuille se sont lancé dans une course de cérémonie de prise de service.

A l'exception du principal parti de l'opposition UFC, aucun autre parti de l'opposition n'a fait son entrée dans ce gouvernement aux côtés du Rassemblement du peuple togolais (RPT- au pouvoir) et de quelques personnalités non affiliées à aucun parti politique.

L’ancien secrétaire d'Etat à l'Intégration de François Mitterrand ironise aussi sur la composition de ce gouvernement qui selon lui, d'ouverture, n'a que le nom. «Contrairement aux effets d'annonce, ce gouvernement n'a rien de largement ouvert, puisque seule la garde rapprochée de M. Olympio y est représentée».

«Dans ces conditions, on ne peut s'empêcher de constater que ce débauchage cautionne et légitime un pouvoir vomi par tout un peuple : c'est pour lui une responsabilité historique !», regrette Kofi Yamgnane, en parlant de Gilchrist Olympio, opposant historique à la famille Gnassingbé.

«Je salue tout de même la mise en place de ce gouvernement, et espère, pour le peuple togolais, qu'il sera à la hauteur de son ambition : permettre le développement socio-économique du Togo, mettre fin à la corruption, et installer une réelle démocratie» a-conclu Koffi Yamgnane.

Au cours des consultations qu'il avait menées pour former ce gouvernement, le Premier ministre Gilbert Houngbo a été confronté au refus des partis politiques de l'opposition qui n'avaient pas jugé bien vu d'entrer dans ce gouvernement pendant que la réélection du chef de l'Etat était contestée.

Au regard de la configuration de son gouvernement, Gilbert Houngbo a relevé que cela devra «créer des frustrations au sein de la classe politique».

Le leader du Parti du renouveau et de la rédemption (PRR), Nicolas Lawson, a fait noter qu'il «aurait fallu une équipe gouvernement plus réduite de 25 portefeuilles, estimant que le Togo est assez petit pour se doter d'un gouvernement de 31 postes».

Il a relevé devoir attendre 100 jours pour se prononcer sur l'efficacité de ce gouvernement, saluant au passage l'entrée au gouvernement, pour la première fois, au Togo de l'UFC décidée par le leader Gilchrist Olympio qui a toujours rejeté cette option pendant sa lutte de plus de 30 ans contre le RPT.

«C'est l'ironie de l'histoire», a dit, à ce sujet, le leader du PRR, soulignant que si Gilchrist Olympio avait compris, il y a 20 ans, qu'on pouvait travailler avec le RPT dans l'intérêt supérieur du Togo, le pays aurait été épargné des soubresauts et déchirements intervenus pendant des années. «Il vient de fermer une page de l'histoire du Togo», a ajouté Nicolas Lawson, relevant que l'essentiel est que cela soit bénéfique pour le Togo.

S'expliquant sur la composition et la mission de cette équipe gouvernementale, le Premier ministre Gilbert Houngbo, reconduit, a indiqué que son nouveau mandat tablera beaucoup plus sur des questions économiques que le mandat précédent qui a été consacré à des préoccupations politiques du pays.

Il a annoncé l'urgence «d'aller de l'avant», rappelant de grandes préoccupations comme le Code électoral et la Constitution qui ont besoin d'une révision, le débat au tour du mode de scrutin, la limitation de mandat, la durée du mandat, et aussi la limitation de l'âge des candidats à l'élection présidentielle.

Le président de Sursaut Togo de conclure : «Je souhaite, comme chacun des Togolais, voir le pays sortir de l'ornière dans laquelle il se trouve. J'assure chacun des Togolais de mon extrême vigilance à veiller à ce que les engagements pris soient tenus, pour que ce gouvernement ne se résume pas, comme tous les précédents, à un effet d'annonce».

Le chef de l'Etat Faure Gnassingbé a été donné réélu avec 60, 33% des suffrages contre 33,93% pour Jean-Pierre Fabre, secrétaire général et candidat de l'UFC, qui estime avoir plutôt remporté cette élection.



Afrique : La stratégie de Sarkozy pour consolider ses parts de marché

01/06/2010

A l’occasion du 25e sommet France-Afrique à Nice (France), le président français, Nicolas Sarkozy, a dévoilé ce 1er juin une nouvelle stratégie pour maintenir ses positions commerciales et en gagner sur le continent africain, de plus en plus convoité par les firmes chinoises et indiennes.


Face à la concurrence accrue des investisseurs indiens et chinois en Afrique, le président Nicolas Sarkozy a présenté ce 1er juin à l’occasion du 25e sommet France-Afrique de Nice, son plan d’action pour préserver les positions commerciales française et en gagner sur le continent africain.

La place de l'Afrique dans les échanges commerciaux de la France est plombée autour de 2%, alors qu’elle occupait les 40% dans les années 60. Face à cette perte de vitesse, Nicolas Sarkozy a choisi d'associer à ce sommet plus de 200 entreprises françaises et africaines.

Si les positions du pétrolier Total au Gabon ou au Congo, du groupe nucléaire Areva au Niger ou des industriels Bolloré ou Bouygues en Côte d'Ivoire ne sont pas directement menacées, Paris veut être compétitif au-delà de ses anciennes colonies.

«Ces dernières années, on a beaucoup réduit les risques pour les investisseurs en travaillant sur la gouvernance», a souligne le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka. La croissance en Afrique «est restée positive malgré un ralentissement» lié à la crise économique mondiale, relève-t-il.

L'arrivée massive des Chinois, qui ont décuplé leurs échanges commerciaux avec le continent en dix ans pour atteindre plus de 108 milliards de dollars fin 2008, mais aussi d'autres pays émergeants comme le Brésil ou l'Inde, a poussé Paris à réagir.

Total, qui a réalisé en Afrique sa «plus grosse croissance en terme de production et de réserves» en 2009, veut «veiller à ce que les Chinois ne soient pas seuls à venir en aide» au continent, a expliqué au journal Les Echos le PDG du groupe, Christophe de Margerie.

L'idée est aussi d'adopter une approche pragmatique, «décomplexée», avait insisté Nicolas Sarkozy le 31 mai, notamment en aidant le privé pour doper les secteurs de croissance et en encourageant partenariats et transferts de technologie.

«En Afrique, à chaque fois que j'investis un dollar, le retour sur investissement est de 5 dollars. Ce qui est important, c'est le climat des affaires», martèle Donald Kaberuka.

A cet effet, plus de 200 entreprises françaises et africaines ont adopté une charte professionnelle pour les investisseurs sur le continent africain, bannissant la corruption et louant la transparence. «Des attitudes vertueuses naissent des dynamiques heureuses», a souligné à la clôture du sommet la dirigeante du patronat français (MEDEF), Laurence Parisot.

«On sort du langage de consensus pour évoquer les vrais problèmes. Les rencontres entre acteurs économiques ont été bénéfiques», a indiqué pour sa part l’ex-ministre français de la Coopération et cadre du géant énergétique EDF, Michel Roussin.

«Un enthousiasme nouveau, régénéré, est né de ce 25e sommet», a renchéri Laurence Parisot, en annonçant la création d'une association entre les patronats d'Afrique et de France.

Seule fausse note, l'absence de syndicats africains et français, invités au sommet mais trop tardivement pour accomplir «un travail sérieux», selon l'un d'entre eux.

A Nice, la France a défendu aussi son rôle de «moteur» pour un développement durable, avec la volonté de créer une dynamique avec les Africains sur les questions climatiques et la recherche de sources d'énergie propres.

Par ailleurs, un nouveau consortium de 12 entreprises françaises (dont Areva, Total, Veolia), baptisé AFRICASOL, a été présenté pour un projet d'électrification en Afrique subsaharienne à partir de la «concentration solaire thermodynamique».



Liberia : Obama salue l'héroïsme de Johnson Sirleaf, "modèle" pour l'Afrique

31/05/2010

Le président américain Barack Obama a salué jeudi "l'héroïsme" de son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf, qu'il a donnée en exemple des réformes démocratiques nécessaires selon lui en Afrique. "Elle s'est engagée à respecter l'état de droit et a fait de grands efforts pour réformer le système judiciaire.


Dans toutes ces entreprises, je veux assurer le peuple libérien de la fidélité et de l'amitié des Etats-Unis", a affirmé le président Obama en recevant Mme Johnson Sirleaf à la Maison Blanche. M. Obama a estimé que la contribution de Mme Johnson Sirleaf au développement démocratique du pays pouvait servir d'exemple à d'autres pays africains comme la Guinée, la Côte d'Ivoire et le Niger.

Mme Johnson Sirleaf, première et à ce jour seule femme chef d'Etat en Afrique, a fait valoir que son pays avait fait d'importants progrès en matière de démocratie et a remercié Obama pour son soutien. "Nous allons faire renaître le Liberia et nous avons déjà fait beaucoup de progrès", a-t-elle lancé, ajoutant que "la paix était maintenue depuis sept ans déjà dans le pays".

Lors d'une rencontre avec la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, les deux femmes ont notamment abordé la question des élections l'an prochain au Liberia.

Washington a annoncé en début d'année son soutien à la candidature de Mme Johnson Sirleaf.

En janvier, Mme Johnson Sirleaf a annoncé sa candidature à sa propre succession en 2011, et ce malgré un rapport de la Commission Vérité et Réconciliation (TRC) publié en juin 2009 mettant en cause son implication présumée dans le financement de la guerre civile et recommandant son inégibilité pour 30 ans.

Fondé en 1820 par des esclaves afro-américains affranchis, le Liberia a été ravagé par plusieurs guerres civiles successives qui ont tué quelque 250.000 civils entre 1989 et 2003 et laissé l'économie du pays exsangue.



Ethiopie : Élections sans incident majeur, premières accusations de fraudes

25/05/2010

Les élections législatives en Ethiopie se sont déroulées sans incident majeur dimanche dans tout le pays, avec une forte participation à la mi-journée mais déjà des accusations de l'opposition sur des fraudes en faveur du parti au pouvoir.


Près de 32 millions d'électeurs étaient appelés à ce scrutin dans lequel le Front révolutionnaire et démocratique des peuples éthiopiens (EPRDF), dirigé par le Premier ministre Meles Zenawi, au pouvoir depuis 19 ans, fait figure de grand favori.

A la mi-journée, le Bureau national électoral éthiopien (NEBE) établissait la participation à "plus de 70-80%" dans la capitale. Le chef des observateurs de l'Union Européenne (UE), Thijs Berman, a confirmé cette tendance dans le pays, avec un scrutin "calme et paisible". "Le peuple éthiopien a montré dans le calme et la paix qu'il veut ces élections, et il l'a montré en masse", s'est félicité M. Berman, peu après la fermeture des bureaux vers 18H00 locales (15H00 GMT).

En 2005, des violences avaient fait près de 200 morts à la proclamation des résultats du scrutin quand l'opposition --avec le meilleur score de son histoire-- et l'UE avaient dénoncé des irrégularités dans le comptage des voix. Cette fois, le régime avait promis un scrutin "libre, juste et transparent".

L'opposition et des défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé ces dernières semaines un climat général d'intimidation et le verrouillage en amont de tout le processus.



Libéria/Procès Taylor : L'accusation demande que Naomi Campbell vienne témoigner

24/05/2010

L'accusation a demandé que le mannequin Naomi Campbell soit citée à comparaître dans le procès à La Haye de l'ex-président du Liberia Charles Taylor à propos d'un diamant que ce dernier lui aurait offert en 1997, dans une requête jeudi.


"Le témoignage de Mme Campbell est nécessaire parce qu'il y a des preuves que l'accusé a donné à Mme Campbell des diamants bruts en septembre 1997", affirme l'accusation dans une requête introduite auprès du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL).

L'accusation demande également au tribunal d'accepter d'entendre l'actrice Mia Farrow et l'agent du mannequin, Carole White. Les deux femmes étaient présentes à un dîner organisé par Nelson Mandela à l'issue duquel le diamant aurait été offert au mannequin britannique.

Mmes Farrow et White sont prêtes à témoigner devant le TSSL, assure l'accusation dans sa requête. Ce n'est pas le cas de Naomi Campbell pour laquelle une convocation officielle est nécessaire : le mannequin a déclaré publiquement ne pas vouloir être impliquée dans cette affaire, selon l'accusation.

M. Taylor s'était rendu en septembre 1997 en Afrique du Sud pour "vendre ou échanger contre des armes des diamants" reçus des rebelles sierra-léonais, selon l'accusation. "Mme Farrow était présente à la réception à laquelle l'accusé a rencontré Mme Campbell et Mme Campbell lui a parlé du cadeau le matin après le dîner", assure l'accusation.

Charles Taylor, 62 ans, est accusé d'avoir dirigé en sous-main les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) en Sierra Leone, pays frontalier du Liberia, leur fournissant armes et munitions en échange de diamants notamment.



Burkina Faso : 30 filles tombent mystérieusement en syncope au lycée Espoir Tegawende

24/05/2010

Le jeudi 20 mai 2010, aux environs de 8h, une trentaine d’adolescentes s’évanouissent inexplicablement dans la cour du groupe scolaire Espoir Tegawendé au secteur 30 de Ouagadougou. Evacuées au centre médical du même secteur, les toubibs ne trouveront pas d’explications cliniques à ce mal pour le moins mystérieux. Les malades se plaignaient de maux de tête, de coeur et de difficultés respiratoires. On a recouru aux services de deux pasteurs.


"Aux environs de 11h, au lycée Espoir Tegawendé, nous rencontrons des représentants des forces de l’ordre. Ceux-ci nous procurent quelques informations, corroborées avec celles de deux responsables de l’établissement. Elles indiquent que ce jeudi 20 mai 2010 aux environs de 8h, les élèves, toutes des filles, des classes de 5e, 4e et 3e ont commencé subitement à s’évanouir.

Ils ont alors attribué le phénomène à la fumée dégagée par les ordures d’une poubelle auxquelles le gardien a mis le feu. Mais cette hypothèse est battue en brèche par le fait qu’aucun garçon n’avait ce problème et que d’autres élèves ont commencé à tomber à l’extérieur du lycée dont on avait entre-temps fermé les portes.

Finalement, les élèves, au nombre de 30 selon les chiffres relevés par l’établissement, se sont évanouies et 16 ont été évacuées au CSPS et au CMA du secteur 30. Au CMA, le constat est désarçonnant. Dans le hall de la salle des urgences, les parents, alertés, étaient debout, accroupis, assis, mais tous inquiets. A l’intérieur, des cris. Des jeunes filles étalées ou assises, hébétées ou gémissant, criant, s’évanouissant, se tortillant, haletant. Comme en transe.

Les infirmiers mobilisés, essayaient de les calmer de leur mieux, visiblement dépassés. Un infirmier, à qui nous demandons ce qui se passe, écarte les bras, en signe d’impuissance : "Les examens cliniques ne révèlent rien. Tout est normal. Pourtant, elles se plaignent d’avoir mal à la tête, au cœur, s’agitent, ont des palpitations, crient. On ne comprend pas." A un moment donné, elles sont toutes calmes. On autorise même certaines à s’en aller. Mais brusquement, l’une d’elles se met à crier. Aussitôt, toute la salle retentit des cris de toutes les adolescentes qui semblaient, l’instant d’avant, calmes. Celles qui étaient sur le chemin de la maison reviennent, dans les bras de leurs parents.

On apprend que deux pasteurs sont présents. Ils sont en pleine séance d’exorcisme. La fondatrice de l’établissement, qui en a suggéré l’idée, s’est refusée à tout commentaire car revenant d’un enterrement à Sabou d’où on l’a alertée. Le médecin-chef des urgences (MCU), Dr Jean-Baptiste Ouédraogo, entre deux crises collectives, peut nous recevoir. Les filles recensées sont au nombre de 28.

Il n’y a aucun problème d’ordre clinique et partant, aucune explication scientifique. Sauf quelques jeunes filles qui sont asthmatiques, les autres n’ont rien. Dr Ouédraogo n’écarte pas l’hypothèse d’une explication d’ordre mystique. "On est en Afrique." Mais le toubib nous apprend que ce n’est pas la première fois que le CMA accueille des cas pareils. En 2009, une dizaine d’élèves du lycée mixte de Goughin et de Wendmanégré ont eu le même problème. Mais le MCU rassure qu’il n’y a, en principe, aucun danger pour les victimes et que cela va passer. En effet, aux environs de 14h, le service des urgences était vide, comme si rien ne s’était passé.



Cameroun : Françoise Mbango prend la nationalité française

20/05/2010

Françoise Mbango pourrait ne plus sauter pour le Cameroun. La triple sauteuse d’origine camerounaise a finalement cédé aux sollicitations de la France et vient d’en acquérir la nationalité.


L’annonce a été faite en fin de semaine dernière par le journal français L’Equipe et Radio France internationale (Rfi). La double médaillée d’or olympique (en 2004 et en 2008 pour le Cameroun) peut désormais prendre part aux différentes compétitions mondiales sous le maillot de l’équipe de France d’athlétisme. Avant d’en arriver là, la première athlète du Cameroun à obtenir une médaille olympique en athlétisme a cependant besoin d’un accord de la Fédération camerounaise d’athlétisme (Fécathlétisme).

A la Fécathlétisme, Jacques Sébastien Mbous, le président, n’infirme pas l’information, mais laisse entendre qu’il n’a pas encore été saisi, ni par la Fédération française d’athlétisme, ni par l’athlète elle-même. « Au niveau de la Fédération, nous ne sommes au courant de rien. Nous l’avons appris comme vous, nous n’avons été saisis par personne. De toutes les façons, il y a une réglementation qui commande tout ce type de transaction ; après tout ce qui a été dit, nous allons attendre et nous agirons selon cette réglementation. Quoi qu’il advienne, elle ne peut pas compétir pour la France tant que nous ne sommes pas saisis et que nous ne donnons pas notre accord. Nous attendons encore d’être saisis par la Fédération française et la Fédération internationale », a indiqué Jacques Sébastien Mbous.

Pour Michel Nkolo, le directeur technique national, « tout est perdu, Mbango va désormais sauter pour la France ». Il s’appuie sur la réglementation en la matière, selon laquelle, « une athlète qui n’a pas concouru avec son pays pendant trois ans a le droit de compétir pour un autre pays ». Remarquons à ce sujet que depuis 2008, la médaillée d'or aux championnats africains à Addis-Abeba n’a pas concouru pour le Cameroun. Absente des Jeux de la Francophonie en septembre 2009, Françoise Mbango Etonè était forfait des Mondiaux de Berlin la même année.

Selon Michel Nkolo, tout remonte à 2004, lorsque l’athlète, alors âgée de 28 ans a obtenu sa première médaille olympique : « C’est à dessein qu’elle ne sautait plus pour le Cameroun. Depuis 2004, elle était sollicitée par la France et il fallait juste qu’elle cesse de courir avec le Cameroun pour que tout se régularise avec la France », affirme-t-il. Il poursuit : « Actuellement, quelle que soit la décision que prendra la Fécathlétisme, il n’y a plus rien à faire. Mbango est française. Le Cameroun a perdu, c’est tout ».



Somalie : 16 morts après une attaque contre une session du parlement

18/05/2010

Des rebelles islamistes ont attaqué dimanche au mortier un édifice de la capitale somalienne où se tenait une session du parlement, provoquant la mort de 16 civils mais aucun parlementaire, d'après des sources médicales.


Les forces gouvernementales, soutenues par des soldats de l'Union africaine, ont répliqué au mortier contre les positions des insurgés. Au moins 31 personnes ont également été blessées et ont été transportées dans différents hôpitaux de la capitale somalienne.

Les précédentes sessions avaient été repoussées depuis décembre en raison du risque d'attaque lancée par Al-Shabad, une milice de la nébuleuse Al-Qaida.De très nombreux parlementaires ont quitté Mogadiscio en raison de l'insécurité et vivent dans des pays africains voisins.

Les rebelles islamistes ont tué neuf parlementaires au cours de ces dernières années pour avoir soutenu le gouvernement pro occidental de Sharif Sheik Ahmed, le président somalien.

Les islamistes, qui contrôlent la majeure partie de Mogadiscio, tentent depuis trois ans de renverser le fragile gouvernement soutenu par les Nations unies. La Somalie est dépourvue de gouvernement central depuis 1991.



Afrique : Le Malawi et l'Éthiopie invités au sommet du G20

14/05/2010

Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, a annoncé samedi qu'il invitait le Malawi et l'Éthiopie à participer au sommet du G20 qui se tiendra les 26 et 27 juin à Toronto (centre


"Nous devrons respecter les engagements que nous avons pris d’assurer la reprise de l’économie mondiale et de rétablir la situation de l’emploi dans le monde", a déclaré M. Harper dans un communiqué.

Le Malawi, l'Éthiopie, l'Espagne, les Pays-Bas et le Vietnam sont les invités spéciaux du Sommet. Jusqu'à maintenant, l'Afrique du Sud est le seul pays africain à avoir siégé à un sommet du G20.

Le Sommet de Toronto sera précédé de la rencontre des chefs d’État et de gouvernement du G8 à Muskoka, une petite localité au nord de la métropole canadienne, les 25 et 26 juin.

En plus des 19 pays membres et de l'Union européenne, les dirigeants de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, du Conseil de stabilité financière, de l’Organisation de coopération et de développement économiques, de l’Organisation internationale du Travail, de l’Organisation mondiale du commerce et des Nations unies participeront au sommet de Toronto.



Afrique du Sud : La police sud-africaine déjoue un projet d'attentats avant le Mondial 2010

08/05/2010

Un projet d'attentats de l'extrême droite blanche contre des townships noirs a été déjoué par la police sud-africaine qui a estimé jeudi être "bien préparée" pour accueillir dans un mois le Mondial-2010 de football.


"La police a fait une descente dans un certain nombre d'endroits et certaines personnes avaient caché des armes et des munitions", a déclaré à la presse le ministre de la Police Nathi Mthethwa. Des suspects arrêtés à Pretoria "planifiaient de tester leurs explosifs dans n'importe quel township noir", a-t-il indiqué, précisant que certains d'entre eux avaient des "liens avec l'extrême droite".

Le porte-parole du ministère de la Police, Zweli Mnisi, a précisé à l'AFP que cinq suspects avaient été arrêtés à Pretoria, au nord de Johannesburg, et à Worcester dans le Western Cape (sud-ouest). A un mois du coup d'envoi du Mondial-2010, le ministre a estimé que l'Afrique du Sud était "bien préparée" pour accueillir la Coupe du monde du 11 juin au 11 juillet.

Selon des informations de presse, la police a arrêté en avril un homme de 62 ans dans le cadre d'une enquête sur un complot présumé d'extrémistes de l'extrême droite contre la Coupe du monde. Une cache d'armes, des explosifs et des milliers de munitions auraient été découverts à son domicile.

L'annonce de ces arrestations a lieu dans un contexte très délicat, un mois après le meurtre de l'extrémiste blanc Eugène Terre'Blanche, qui avait exacerbé les tensions raciales dans le pays. Ce fondateur de la formation d'extrême droite, le Mouvement de résistance afrikaner (AWB), a été battu à mort sur sa ferme le 3 avril. Deux ouvriers agricoles, qui s'étaient immédiatement rendus à la police ont été inculpés pour meurtre le 6 avril.



Côte d'Ivoire : Reprise du processus électoral annoncée pour le 10 mai

04/05/2010

Le processus électoral ivoirien, bloqué depuis le début de l'année, doit reprendre le 10 mai avec la relance du traitement des contentieux sur la liste des votants, ont annoncé dimanche le Premier ministre Guillaume Soro et le président de la commission électorale Youssouf Bakayoko.


La reprise de cette opération concernera d'abord la liste dite "grise", publiée "en marge" de la liste électorale provisoire et comportant 1,033 million de "cas litigieux", indiquent dans un communiqué M. Soro et le président de la Commission électorale indépendante (CEI).

Sur cette liste figurent les noms de personnes dont la qualité d'électeur et la nationalité ivoirienne ne sont pas avérées car elles n'ont été retrouvées sur aucun des fichiers retenus pour la constitution de la liste.

Le traitement des contentieux avait été suspendu d'urgence le 10 février, après des violences de militants d'opposition qui manifestaient contre des procès ouverts à la demande du camp du président Laurent Gbagbo en vue de radier de présumés étrangers de la liste.

L'annonce de la reprise intervient alors que le processus de sortie de crise était à l'arrêt depuis le début de l'année et la polémique autour de la précédente CEI, dissoute par M.

Gbagbo qui l'accusait de "fraude" sur la liste.

Sans cesse reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, un scrutin présidentiel est attendu pour clore la crise née en 2002 du putsch manqué de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) de M. Soro, qui a coupé le pays en deux.

Les personnes figurant sur la liste "grise" auront dix jours, à partir du 10 mai, pour fournir les justificatifs en vue de figurer sur la liste électorale provisoire.



Etats-Unis/Afrique : Ouverture du dialogue à Washington

26/04/2010

Washington a salué la contribution de l'Union africaine à la démocratie, au premier jour de la session du dialogue Afrique - USA organisé à l’initiative de l'administration Obama qui se tient du 21 au 23 avril en soirée. Une délégation de l'Union africaine, emmenée par le président de la Commission de l'UA, le Gabonais Jean Ping, rencontre depuis de hauts responsables gouvernementaux américains. L'objectif américain est d'expliciter leur politique en Afrique.


Traditionnellement, Washington appuie sa politique africaine sur les Etats plutôt que sur les institutions panafricaines. Dernier exemple en date, le protocole d'accord bilatéral signé la semaine dernière avec l'Afrique du Sud.

Les Etats-Unis ont, de longue date, identifié les puissances émergentes et les Etats clés sur lesquels ils concentrent leurs efforts. Une stratégie souvent critiquée dans les coulisses de l'Union africaine où l'on plaide pour une politique globale. C'est donc pour rééquilibrer la balance que Washington a organisé ce dialogue entre l'Union africaine et les Etats-Unis.

D'après un diplomate américain sous le couvert de l'anonymat, « l'Amérique veut approfondir et étendre sa relation avec l'Union africaine et veut faire de ce dialogue un rendez-vous régulier ». « Les Etats-Unis constatent que l'Union africaine joue un rôle croissant dans la gestion par l'Afrique des problèmes transnationaux », a poursuivi cette source, citant le réchauffement du climat, le trafic de drogue ou le trafic des armes.

Washington, selon le responsable, est aussi "impressionné" par l'efficacité de l'UA dans les missions de maintien de la paix, et souhaite que l'organisation panafricaine "augmente sa capacité" en ce domaine. « Nous pensons que les problèmes africains sont mieux résolus par les Africains », a souligné la source: « Il est plus judicieux de faire traiter les situations par des troupes africaines capables et expérimentées » a-t-il ajouté.

Au premier jour de cette session, le président de la commission de l'Union africaine, Jean Ping, a pu entendre les représentants de l'administration Obama dresser un portrait élogieux de l'action de l'UA en matière de résolution des conflits, se disant même «impressionnés» par son efficacité dans les missions de maintien de la paix. Au-delà des mots, Washington qui est l'un des premiers contributeurs des missions de paix de l'UA a des objectifs précis. La lutte contre le terrorisme, la sécurisation et l'accès aux ressources naturelles, l'encouragement au libre-échangisme et le renforcement de la démocratie sont les axes majeurs de sa politique.

« L'UA a décidé clairement qu’ (elle) ne serait pas un club de généraux et de dictateurs et nous applaudissons les mesures fortes prises en ce sens », a déclaré le secrétaire d'Etat adjoint Jack Lew à ses hôtes au département d'Etat.

« Les Etats-Unis sont un ferme soutien de l'UA (...), une institution essentielle pour défendre nos principes communs de démocratie et de gouvernance », a-t-il également estimé en ouvrant les trois jours de "dialogue à haut niveau" entre l'administration Obama et une délégation de l'UA.

En clair, pour Washington, l'Afrique ne doit pas être laissée aux seuls Européens et Chinois. En cela l'administration Obama rejoint celles de Georges Bush et de Bill Clinton.

La délégation africaine est composée de M. Ping, de trois autres membres de la commission de l'UA et des ambassadeurs de l'UA aux Etats-Unis et à l'ONU. Elle doit rencontrer le secrétaire au Trésor Timothy Geithner, le ministre de la Justice Eric Holder, le représentant au Commerce Ron Kirk, ainsi que des responsables de la défense, de la CIA, de la Santé, de la diplomatie et du Conseil de sécurité nationale. Un entretien avec la ministre de la Santé Kathleen Sebelius.



Tchad : Deby entre santé physique et menace familiale

19/04/2010

On pensait que Deby souffrait uniquement de la «Hassanite », une maladie imaginée et concoctée par ses médecins, le tchadien et celui de l’hôpital de Neuilly, le sieur Michel Abiad. Mais des sources proches de son entourage et des milieux français généralement bien informés, on apprend que la santé de Deby est fortement en baisse. Pendant les 5 jours de son séjour parisien, il a pratiquement passé toutes les journées à l’hôpital. Tous ses organes vitaux auraient fait l’objet de plusieurs biopsies.


A la suite de tous ces examens, Deby devrait subir une opération chirurgicale, mais des imprévus l’ont obligé d’écourter son séjour et rentrer précipitamment à N’djamena, laissant sur place toute la cohorte des bouffons et la première Dame.

En effet depuis un certain temps, des rumeurs persistantes circulent à l’intérieur du clan. Des bruits selon lesquels quelques membres de la famille élargie de Deby, y compris des Itno, se réunissent, se posent des questions qui sont jusqu'à là considérées absolument tabou: « Que deviendrons-nous après Deby ? Où est-ce que ce type là nous emmène ? », etc.

Évidemment, personne de l’extérieur de la famille n’est présent à ces réunions pour donner la réponse adéquate à leurs questions qui se résument à ceci: « Après Deby, vous ne serez absolument « riiieng » sinon des citoyens ordinaires». Parenthèse fermée. Deby n’aime pas ces genres des questions et est donc rentré pour rappeler ces ingrats à l’ordre.

On se rappelle que Deby a fait venir en urgence Mahamat Ali Abdallah qui devrait regagner N’djaména le lundi 12 avril 2010. Craignait-il que Mahamat Ali soit mêlé aux jacasseries internes aux Itno ou bien il a voulu le faire témoigner pour la disparation du Pr Ibni, on se le demande encore.

Les mêmes milieux français commencent à chuchoter sur la capacité de Deby de briguer un autre mandat et sa capacité de conduire les affaires de l’Etat dans son état actuel. Avant de déposer son dossier qui comprend généralement un certificat médical, Deby est-il prêt à passer devant un collège médical indépendant, se demandent ces français qui n’ont rien compris de la démocratie en kaki.

Sauf imprévus de dernière minute, Deby devrait revenir dans une semaine pour subir une opération chirurgicale. Un saut en catimini sur Paris n’est pas non plus à exclure.



Afrique du Sud : Les fermiers blancs et leurs ouvriers noirs en conflit

08/04/2010

L'ampleur des émotions soulevées par le meurtre de l'extrémiste blanc sud-africain Eugène Terre'Blanche illustre les tensions qui traversent le monde rural en Afrique du sud où persistent des inégalités criantes entre Blancs et Noirs, 16 ans après la chute de l'apartheid.


Le leader de la suprématie blanche a été tué samedi dans son exploitation agricole, isolée dans le nord-ouest du pays. Deux de ses ouvriers sont soupçonnés de l'avoir tué faute d'avoir perçu leur salaire mensuel de 300 rands (41 dollars, 31 euros).

Sa ferme, perdue au bout d'un chemin sinueux, s'étend sur plusieurs hectares qui semblent abandonnés à quelques chevaux en liberté. A dix kilomètres de là, les toits de tôle du township noir abritent une population sans terre, obligée de travailler pour les Blancs des alentours.

"Il y a des inégalités ici, surtout dans les fermes. Ce qui a provoqué ce meurtre en vérité, c'est les salaires. Il a refusé de payer ces gars", lance un habitant du ghetto, Jerry Mosounyane. "Personne ne peut travailler un mois entier sans être payé", estime cet interprète au tribunal.

Le meurtre de l'Afrikaner a fait resurgir les peurs de violences entre races, un spectre corollaire de l'"apartheid économique" qui sévit toujours, surtout dans les campagnes. Les Blancs possèdent encore 80% des terres arables malgré un programme de redistribution, basé sur le volontariat, dont la lenteur fait grincer des dents parmi les masses noires dépouillées au début du XXè siècle.

Seules 5% des terres ont effectivement changé de mains depuis la fin de l'apartheid. Les quelque 30.000 fermiers blancs d'Afrique du Sud continuent d'habiter le bâtiment principal des exploitations, tandis que 800.000 ouvriers agricoles, en majorité noirs, se contentent bien souvent de baraques sans électricité.



RDC : Un journaliste caméraman assassiné à Beni

08/04/2010

Un journaliste caméraman de la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) de la République démocratique du Congo (RDC) a été assassiné dans la nuit de lundi à mardi à Beni, dans la province du Nord-Kivu (est), a-t-on appris auprès de la RTNC.


Patient Birindwwa a été interceptée par des hommes en uniforme vers 22h00 alors qu'il rentrait à son domicile. Ceux-ci ont ravi son téléphone et son argent, avant de lui loger deux balles, l'une dans la tête et l'autre dans la nuque, a affirmé la station locale de la RTNC en citant le président de la société civile de Beni.

La police locale a annoncé que les auteurs présumés de cet assassinat, deux militaires, sont aux arrêts au cachot de l'auditorat militaire et devaient être entendus dès le mardi 6 avril, selon la RTNC.

Le président de la société civile de Beni, Gilbert Kambale, a déploré, à cette occasion, la forte insécurité qui règne dans la ville de Beni depuis le mois de mars dernier due à la recrudescence d'assassinants et razzia, dont la plupart des cas sont attribués aux hommes des Forces armées.

M. Kambale a rappelé que dans la nuit du 2 au 3 avril, Kaski Kabinda, un journaliste d'une radio locale, a été agressé par des militaires qui l'ont blessé à la tête. Il y a beaucoup d'autres cas, notamment d'extorsion des biens de gens, des messages anonymes d'assassinant envoyés aux gens sur leurs téléphones portables et bien d'autres exactions qui se commettent quotidiennement.

Interrogé sur la recrudescence de l'insécurité, le commandant de la police de Beni a toutefois estimé qu'il s'agit de cas isolés. A ses yeux, "les efforts déployés depuis l'année dernière dans cette ville donnent déjà des résultats satisfaisants". Le président de l'ONG Journaliste en danger (JED), Donat Mbaya, s'est dit révolté par l'assassinat du caméraman Patient Birindwa à Beni.

S'exprimant sur les antennes de la Radio Okapi, le président de cette ONG de défense de la liberté de presse en RDC, Donat Mbaya, estime que la criminalité contre les journalistes dans l'est du pays relève de la pratique de l'impunité.

"Si, par le passé, on avait mis un point d'honneur à régler à l'est les problèmes d'insécurité qui ont touché les journalistes ces dernières années, peut-être que cela aurait dissuadé l'industrie du crime. Il nous semble clair que le caméraman était attendu, et que la mission principale des assaillants était de le tuer. Tous les témoignages indiquent qu'ils lui ont dit qu'ils étaient venus le tuer après l'avoir dépouillé", a indiqué Donat Mbaya.

Selon certaines sources, les journalistes de Goma (chef-lieu de la province du Nord-Kivu) se proposent d'organiser une marche de protestation afin de solliciter des autorités compétentes la protection des professionnels des médias et une diligence dans le traitement des dossiers d'assassinats des journalistes.



Egypte : La bataille du haschich fait rage en Egypte

06/04/2010

La guerre autour du haschich fait rage en Egypte, les autorités se prévalant d'avoir porté un coup sévère contre cette drogue, dont la consommation était jusque-là plutôt répandue dans le pays.


«Depuis plusieurs mois, les signes annonciateurs d'une crise alimentaire au Sahel se multiplient. Le pays le plus touché est le Niger, mais des régions au Tchad, au Mali, au Burkina Faso et au Nigeria sont également affectées», affirme l'ONG dans un communiqué.

En une, le quotidien officiel Al-Ahram a même cru pouvoir proclamer la fin des combats: "Le ministère de l'Intérieur impose son contrôle sur le marché de la drogue", a-t-il avancé samedi, notant qu'un "rapport de la sécurité générale confirmait (...) l'éradication complète du trafic de haschich en Egypte".

Mais dans un pays où, selon une enquête officielle de 2007, 8% des quelque 80 millions d'habitants consomment de la drogue -en premier lieu de la marijuana-, décréter une telle victoire paraît illusoire.

"La lutte n'est jamais finie", confirme à l'AFP le vice-ministre de l'Intérieur, Hamdi Abdel Karim.

"Nous espérons pouvoir continuer à endiguer" le trafic de drogue, ajoute-t-il néanmoins.

Depuis le début de l'année, les autorités égyptiennes ont mis la main sur plus de six tonnes de haschich (résine de cannabis), une répression sans égale ces dernières années, fait-il encore valoir.

Cette statistique constitue un bon point pour le gouvernement auprès d'une population majoritairement conservatrice. Du point de vue du consommateur, la pénurie, elle, se fait sentir.

"J'ai acheté pour 3.500 livres égyptiennes (635 dollars environ) de haschich pour mon mariage. Il y a quelques mois, pour la même quantité, cela m'aurait coûté 2.600 LE (470 USD)", se lamente un habitant du Caire.



Sahel : 10 millions d'Africains menacés par la famine

01/04/2010

Oxfam a appelé mercredi à des «réponses urgentes» face à la menace d'une «grave crise alimentaire» dans le Sahel, et particulièrement au Niger, qui pourrait toucher «près de dix millions de personnes» lors des prochains mois.


«Depuis plusieurs mois, les signes annonciateurs d'une crise alimentaire au Sahel se multiplient. Le pays le plus touché est le Niger, mais des régions au Tchad, au Mali, au Burkina Faso et au Nigeria sont également affectées», affirme l'ONG dans un communiqué.

Selon elle, «ces prochains mois, ce sont près de dix millions de personnes dans la région qui sont menacées par une grave crise alimentaire».

Les populations du Sahel, en situation de malnutrition chronique depuis des années, ont été plongées dans une situation de crise par le manque de pluies en 2009. «Si rien n'est fait aujourd'hui, cette crise s'annonce dévastatrice», s'est alarmé Jean-Denis Crola, responsable à Oxfam France.

Un «appel formel» du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) devrait être rendu public le 6 avril à Genève, avance Oxfam.

Au Niger, où le Programme alimentaire mondial (PAM) va doubler son aide parlant de «défi humanitaire majeur» et où les récoltes ont chuté de 25%, la période d'avril à juin sera la plus difficile dans les régions pastorales tandis que la crise pourrait perdurer jusqu'à septembre dans les régions agricoles, selon Oxfam.

«À la crise de disponibilité des aliments s'ajoute une crise récurrente des prix, ils demeurent trop chers pour de nombreux ménages pauvres: dans l'Ouest du Niger, les prix du millet ont augmenté de 20 à 25%, ceux du sorgho jusqu'à 50% en décembre 2009», a détaillé M. Crola.

Pour Oxfam France, «les pays donateurs, les gouvernements ouest africains et les Nations unies doivent apporter de toute urgence une réponse coordonnée et dotée de ressources suffisantes pour éviter une catastrophe».

Enfin, au-delà de l'urgence, «il est indispensable de s'attaquer aux causes profondes de la faim et la malnutrition dans la région» en soutenant «les politiques et programmes agricoles et alimentaires nationaux en cours d'élaboration, centrés sur le développement de l'agriculture familiale».



Egypte : Moubarak de retour trois semaines après son opération en Allemagne

29/03/2010

Le président égyptien Hosni Moubarak est retourné samedi en Egypte où il doit poursuivre sa convalescence trois semaines après une opération chirurgicale en Allemagne qui a relancé les spéculations sur sa succession.


M. Moubarak, 81 ans, est descendu de son avion officiel par une passerelle équipée d'un escalier mécanique à son arrivée peu avant 18H00 locales (16H00 GMT) dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où il réside fréquemment.

Le président égyptien avait subi 6 mars une ablation de la vésicule biliaire et le retrait d'un polype du duodénum à la clinique Heidelberg en Allemagne. Les mages de la télévision officielle l'ont montré, son épouse Suzanne à son côté, marchant sur le tapis rouge déroulé sur la piste de l'aéroport de Charm el-Cheikh, amaigri mais aussi souriant, serrant les mains des membres du gouvernement et hauts responsables militaires qui se pressaient autour de lui.

Les plus hautes autorités religieuses du pays, le nouvel imam d'Al-Azhar, cheikh Ahmed Mohamed Ahmed Al-Tayeb, et le patriarche Chenouda III, chef de l'Eglise copte d'Egypte, étaient aussi présentes. L'imam d'Al-Azhar avait été nommé le 19 mars par M. Moubarak depuis sa chambre d'hôpital en Allemagne, à la suite du décès de son prédécesseur cheikh Mohamed Sayyed Tantaoui.

Dans un bulletin de santé lu à Heidelberg et diffusé par la télévision égyptienne, le chef de l'équipe médicale ayant opéré le président égyptien, le dr Markus Buechler, a dit qu'il avait "complètement récupéré des effets de l'intervention chirurgicale".

M. Moubarak a confié ses prérogatives le temps de son hospitalisation au Premier ministre Ahmad Nazif, qui conduit la délégation égyptienne au sommet arabe en Libye. La bourse du Caire avait à un moment chuté dans un climat marqué par des interrogations persistantes sur son état. Elle avait fini par repartir à la hausse aussitôt publiées des nouvelles rassurantes sur sa santé.



Mozambique : 289 millions de dollars pour électrifier des villages

26/03/2010

Le Mozambique va électrifier 115 zones rurales dans les trois prochaines années pour 289 millions de dollars (214.1 millions d'euros), a annoncé mercredi la compagnie d'électricité publique.


"Notre budget de 289 millions de dollars pour des projets d'électrification (nous) va permettre à 115 districts ruraux d'être raccordés au réseau électrique d'ici 2013", a déclaré Manuel Cuambe, président d'Electricité du Mozambique (EDM) lors de la présentation du rapport annuel de l'entreprise à Maputo.

M. Cuambe n'a pas précisé, dans un communiqué transmis à l'AFP à Johannesburg, la source du financement. Il a seulement indiqué que les recettes avaient augmenté de 12% depuis 2008. Seul 14,3% des 20 millions de Mozambicains ont accès à l'électricité, a-t-il précisé.

Ce pays d'Afrique australe, qui est sorti en 1992 de 16 ans de guerre civile, est classé parmi les dix derniers pays dans le monde en termes d'électrification, selon l'Agence internationale de l'énergie.



Togo : bientôt un 3ème opérateur de téléphonie mobile

25/03/2010

La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) est engagée à conduire la recherche d’un troisième opérateur de téléphonie mobile au Togo, au terme d’une cérémonie de signature de mandat mardi avec le gouvernement togolais à la capitale togolaise.


La banque financière sous-régionale devra lancer un appel d’offre pour l’attribution d’une licence Global system for mobile (GSM) attendue pour agrandir la sphère de télécommunication où opèrent déjà deux opérateurs, Togo Cellulaire et Atlantique Télécom Togo (Moov), appartenant au groupe saoudien Etisalat. br>
Le mandat de cette opération de recherche a été signé par le ministre de l’Economie et des Finances, Adji Ayassor et le président de la BOAD, Abdoulaye Bio-Tchané. Le ministre Ayassor a indiqué que le souci de recherche de ressources pour le Togo qui a ouvert plusieurs chantiers de développement et de relance économique a motivé l’ouverture du marché de téléphonie mobile avec surtout la perspective d’octroi d’une troisième licence. br>
Selon le président de la BOAD, le Togo présente une insuffisance en matière d’accès à la télécommunication comparativement à plusieurs autres pays de l’Afrique de l’Ouest. br>
En août 2009, le réseau Moov a été suspendu pendant près de quatre mois pour avoir opéré à partir de juillet 2008 dans l’illégalité faute de non renouvellement de licence fixé à 20 milliards de francs CFA. La recherche d’un troisième opérateur intervient alors que le groupe France Télécom-Orange a été à plusieurs reprises annoncé au Togo. br>
En 2008, une convention avait été signée en ce sens entre le ministre de l’Economie et des Finances, Adji Ayassor, et le patron du groupe France Télécom-Orange, Didier Lombard. Il avait été expliqué que, sur le plan technique, Orange-Togo travaillera avec Togo Télécom, opérateur public, sans avoir de lien capitalistique.



Rwanda : Victoire Ingabire empêchée de quitter le pays

25/03/2010

La présidente des forces démocratiques unifiées (FDU, opposition), Victoire Ingabire, a été empêchée de quitter le pays le soir du 23 mars alors qu'elle prenait l'avion à l'aéroport de Kigali pour le Pays-Bas.


Victoire Umuhoza Ingabire, présidente des Forces Démocratiques Unifiées (FDU) et candidate à l’élection présidentielle prévue au mois d’août 2010, rentrée au pays en début d’année, a été interpellée au soir du 23 mars à l'aéroport de Kigali où elle s'apprêtait à prendre l'avion pour les Pays-Bas. L’opposante qui s’est vue signifier une interdiction de sortie du territoire, dénonce le harcèlement dont est victime l'opposition. Elle est convoquée par la police ce 24 mars pour un nouvel interrogatoire. Ce sera le quatrième.

«La police a demandé à Mme Ingabire de ne pas quitter le territoire car elle doit répondre à une convocation de la police demain matin», a déclaré le porte-parole de la police rwandaise, Eric Kayiranga.

Victoire Ingabire ne comprend pourquoi les autorités rwandaises l'ont empêchée de prendre l'avion à destination des Pays-Bas où elle comptait se reposer quelques semaines. «Quand je suis arrivée à l'aéroport, j'ai été arrêtée par la police...» a-t-elle lancé.

Une enquête est en cours. L'opposante serait accusée d'idéologie génocidaire, de divisionnisme et de collaboration avec les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), ces extrémistes hutus réfugiés en RDC. Autant de faits répréhensibles selon la loi rwandaise, qui peuvent, s'ils sont avérés, conduire Victoire Ingabire pour de longs mois derrière les barreaux. «Mme Ingabire n'a pas été arrêtée, elle est libre de ses mouvements», a souligné M. Kayiranga.

« Je ne peux pas continuer mon voyage, Je suis interdite de sortie du territoire, ou Ils sont en train de tout faire pour empêcher l’opposition de participer aux élections. Je pense que c’est pour cette raison que j’ai été trois fois à la police. J’ai été accusée d’idéologie génocidaire, mais jamais, ils ne m’ont dit que je n’avais pas le droit de sortir du pays, jamais ils ne m’ont dit que je ne pouvais pas exercer mes activités politiques. C’est cela qui est bizarre» a-t-elle ajouté.

Les ennuis de la candidate à l'élection présidentielle ont commencé dès son retour au Rwanda à la mi-janvier. Tout est parti de propos tenus par l'opposante rwandaise devant un mémorial du génocide, des propos jugés très sévèrement par Kigali. Depuis, les ennuis se sont multipliés jusqu'à l'arrestation d'un de ces collaborateurs. Son parti n'a toujours pas reçu l'agreement des autorités rwandaises et Victoire Ingabire n'a de cesse de dénoncer les menaces et le harcèlement dont elle serait victime ainsi que d'autres dirigeants de l'opposition.

Début février, l'organisation américaine de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch s'était inquiétée du nombre croissant de menaces, d'agressions et d'actes de harcèlement contre les membres des partis de l'opposition.



Sommet France-Afrique de Nice : L’Elysée invite le Soudan, mais pas Omar el-Béchir

25/03/2010

Photo : Nicolas sarkozy et feu Omar Bongo, président du Gabon de 1967 à 2009. Décédé le 8 juin dernier à Barcelone, celui qui symbolisa pendant des décennies la Françafrique, a été remplacé à la tête du Gabon par son fils Ali Bongo, suite à l’élection controversée du 30 août 2009


Le Soudan sera bien présent au sommet France-Afrique les 31 mai et 1er juin à Nice, mais ne sera pas représenté par son président. Selon une déclaration de la présidence de la République française, Nicolas Sarkozy, dans un courrier adressé à l’Etat soudanais, a demandé à celui-ci de désigner la personnalité qui représentera le Soudan au sommet Afrique-France.

Au départ prévu à Charm el-Cheikh en Egypte, le prochain sommet France-Afrique se tiendra finalement en France, après que le Caire et Paris soient tombés d’accord décembre dernier. Cette décision avait permis aux deux pays de sortir d’une impasse. L’Egypte, qui entretient de fortes de relations avec le Soudan, avait annoncé qu’elle ne pouvait ne pas inviter le président Omar Hassan al-Bachir, et qu’elle ne tiendrait pas compte du mandat international qui court sur Omar el-Béchir, donc ne comptait pas l’extrader. Cette position était aussi partagée par l’Union africaine, qui réfute la décision de la CPI (Tribunal pénal international), émettrice du mandat d’arrêt international contre le président soudanais. Omar el-Béchir est en effet accusé par ce tribunal, de crimes contre l’humanité, et de crimes de guerres pour le conflit au Darfour. Du côté de Paris, la France ne voulait pas participer à un sommet où le président soudanais serait présent en même temps que Nicolas Sarkozy.

Selon l’agence de presse soudanaise, le courrier de Nicolas Sarkozy remerciait aussi Omar el-Béchir pour son rôle dans la libération semaine dernière d’un employé de la Croix-Rouge enlevé au Darfour.



Centrafrique : Patassé a déposé son dossier de candidature à la présidentielle

22/03/2010

L'ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé, 73 ans, a déposé samedi son dossier de candidature à l'élection présidentielle du 25 avril en Centrafrique, a annoncé dimanche son porte-parole dans un communiqué reçu par l'AFP à Libreville.


M. Patassé, qui a dirigé la Centrafrique de 1993 à 2003, a "déposé sa candidature samedi (...) afin de briguer le suffrage des Centrafricains" à la présidentielle qui doit se tenir en même temps que des législatives, déclare dans ce texte le porte-parole, Guy Simplice Kodegue.

L'ex-président, qui postule en tant que candidat indépendant, a versé une caution de 5 millions de FCFA (plus de 7.600 euros), et fourni notamment un "certificat de nationalité" et "un certificat médical datant de moins de trois mois", selon un reçu délivré par la Commission électorale indépendante (CEI).

Son dossier comporte aussi "une déclaration de candidature en trois exemplaires", "une profession de foi signée de (sa) main" et la "preuve d'une propriété bâtie sur le territoire national".

Ange-Félix Patassé a par ailleurs "parrainé 100 candidats aux élections législatives" visant à renouveler les 105 sièges de députes que compte l'Assemblée nationale, affirme M. Kodegue. Une caution de 11,5 millions (plus de 17.500 euros) a été versée pour ces candidatures. En dehors de la majorité présidentielle, Ange-Félix Patassé est une des rares personnalités en Centrafrique n'ayant demandé de repousser les élections.



Tchad : Dr Khalil dit niet à Deby

22/03/2010

Depuis pratiquement une semaine, Deby et Dr Khalil sont en conclave. Les mauvaises langues disent que le premier a enfermé le second dans une maison. Toujours est-il que Deby a abandonné toutes les affaires de l’Etat et s’est consacré exclusivement au conflit du Darfour pendant toute la semaine dans l’espoir d’obliger le MJE à signer un accord définitif avec le pouvoir de Khartoum.


Selon des témoins oculaires, Deby a usé du tout : persuasion, promesse mirobolante, menaces directes ou voilées, etc. Aux derniers jours, Deby a envoyé les proches du Dr pour persuader celui-ci de signer l’accord. Les parents n’ont pas pu faire décider le chef du MJE. Ensuite ce sont les chefs militaires de Deby qui se sont rendus chez le Dr. Celui-ci a tenu stoïquement sa position. Ce dimanche, les deux se sont vus pour la dernière fois, tête à tête et puis entourés de quelques collaborateurs.

La tension était perceptible. Dr Khalil n’a pas raté l’occasion pour dire de ce qu’il pense des pressions de Deby en lui rappelant devant tout le monde qu’il est en train de sacrifier le pacte signé entre eux sur l’autel de ses propres intérêts et ceux du pouvoir de Khartoum et que tous les efforts de Deby consistent à « jeter le MJE dans la gueule du loup .» Deby n’a pas bronché.

Ces derniers temps, Deby est sous diverses pressions. D’abord par ses propres parents qui lui reprochent d’avoir signé la paix avec le Soudan et contribué à la signature d’un accord cadre de paix entre le Soudan et sa rébellion mais sans chercher à résoudre le problème interne.

Deby a beau dire qu’il y a un accord secret entre le Président soudanais et lui, selon lequel, après les élections soudanaises, les rebelles tchadiens seront désarmés, démobilisés et les chefs casernés définitivement, les parents ne croient pas un mot. Les américains et les français font des timides pressions pour que Deby engage des discussions avec la rébellion tchadienne, tandis que les Nations Unies refusent de quitter le Tchad dans l’état actuel des choses.

Alors le seul issu pour Deby est de livrer Dr Khalil et son MJE, pieds et mains liés, au Soudan, malgré toutes les promesses précédentes à l’égard du chef du MJE, et attendre que le Soudan fasse de même vis-à-vis de la rébellion Tchadienne. Apparemment Dr Khalil n’a pas donné cette occasion à Deby.

Ce dimanche soir, le Drl aurait quitté N’djaména pour une destination inconnue. Avant son départ, il a eu devant sa garde rapprochée des propos très durs à l’endroit de Deby le traitant « d’homme sans parole et sans aucune fierté, capable d’échanger sa propre contre l’argent ». Selon des indiscrétions, le chef du MJE aurait prit la direction de la Libye, pays foncièrement hostile aux accords de Doha.



Burkina Faso/Grève à l’UPB : Des étudiants exclus

22/03/2010

Après leur mouvement du 22 janvier 2010 qui avait conduit à la suspension des œuvres sociales et académiques sur le campus de Nasso, les étudiants de l’Université polytechnique de Bobo (UPB) ont a nouveau engagé le jeudi 18 mars 2010 une grève de quarante-huit heures. Encore une fois, ils exigeaient de leur administration la satisfaction de leur plate-forme revendicative en cinq points. Mais pour la présidence de l’UPB, cette grève est un non-sens au regard des multiples efforts déployés par les autorités politiques pour l’amélioration des conditions de vie et d’études à l’université de Bobo. C’était la substance du message livré par le président de l’UPB au cours d’un point de presse.


Indication de la tombe de Dabo Boukary, retrait des services de sécurité universitaire, réduction des frais de scolarité de 15 000F à 7 500F, amélioration du transport et réduction du coût de 1000f à 500F/mois, amélioration de la quantité et de la qualité des repas, augmentation des salles de classes, recrutement d’enseignants en quantité et en qualité. Voici résumées les préoccupations des étudiants de l’UPB consignées depuis le mois de janvier dernier dans leur plate-forme revendicative.

Pour se faire entendre, les pensionnaires de Nasso viennent pour la deuxième fois consécutive après les événements du mois de janvier dernier, d’engager un autre mouvement de grève depuis le début de la semaine dernière. Ce qui a entraîné des perturbations au niveau des activités académiques et des œuvres universitaires. A écouter la direction de l’UPB, la tension était si vive que les forces de l’ordre déployées sur le campus ont essuyé des projectiles de la part de manifestants. Et les choses allaient finalement se compliquer, selon le président de l’UPB, Hamidou Boly, lorsque certains étudiants grévistes se réclamant de l’ANEB empêchèrent l’accès des salles de classes à leurs camarades.

Ce que n’a pas toléré la direction de l’UPB qui s’indigne, par ailleurs, de l’agression qu’auraient subit des enseignants. « On a vu des étudiants à Nasso se déshabiller pour affronter physiquement des enseignants au seul motif que ces derniers sont venus pour donner des cours ». C’est certainement la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase et le conseil de discipline qui s’en est suivi a pris des sanctions à l’encontre des étudiants fautifs.

Trois d’entre eux ont été exclus sur la base des rapports fournis par la police judiciaire, tandis que douze autres reçoivent des blâmes. « Ceux qui ont été sanctionnés ont reconnu les faits à eux reprochés à la gendarmerie. Nous avons même pensé qu’ils allaient venir au conseil pour présenter leurs excuses, mais rien de tout cela. Nous avons donc pris les décisions qui s’imposent et les sanctions sont sans recours », a laissé entendre le président de l’UPB.

Dans sa déclaration liminaire, Hamidou Boly a surtout fait remarquer que les étudiants grévistes sont plutôt instrumentalisées par des personnes extérieures avec pour seul dessein, le sabotage de l’année académique comme ce fut le cas récemment à Ouagadougou. Au fait, comment comprendre que les mouvements de grève à l’UPB coïncident chaque fois avec l’arrivée du chef de l’Etat à Bobo, s’interroge l’administration de l’établissement ? Ce qui est sûr, entre les deux parties, il y a comme un dialogue de sourds qui s’est instauré.

Les étudiants estimant que leurs revendications n’ont jamais été prises en compte par les autorités universitaires, tandis qu’au niveau de l’administration on se félicite des multiples sacrifices consentis par le gouvernement afin de répondre davantage aux conditions de vie et de travail à Nasso. « Je peux vous dire que les étudiants de l’UPB sont des privilégiés. Ils bénéficient du transport tous les jours de Bobo à Nasso pour seulement 1000 francs le mois. Ils ont droit à des repas à raison de 100F le plat.

Chaque étudiant de Nasso coûte annuellement à l’Etat 1 770 000F soit 960 000F pour les activités pédagogiques et 810 000 F pour les œuvres sociales. Vous multipliez ce chiffre par le nombre d’étudiants (2000) et vous verrez ce que cela représente au budget de l’Etat. Rien que pour le transport nous dépensons annuellement 260 millions francs. Ils parlent aussi d’enseignants de qualité alors que tous nos professeurs sont recrutés par le CAMES.

Bref, je crois que l’Etat consent énormément de sacrifices pour faire de l’UPB un pôle d’excellence dans la sous-région », dira le président de l’université. Hamidou Boly qui a, par ailleurs, évoqué la réalisation d’un certain nombre de projets au titre de l’année académique en cours. Il s’agit notamment de la construction de deux grandes salles d’une capacité totale de 880 places assises et des salles informatique entièrement équipées.

Il a aussi fait cas du projet de construction d’une cité de 500 places par la Banque islamique de développement et dont les travaux sont prévus pour démarrer en juin prochain. Le moins que l’on puisse dire est qu’au niveau de la présidence de l’UPB la sérénité reste de mise avec la fin de certains travaux de construction mais aussi les projets en cours d’exécution ou à venir. Et tout cela, dira Hamidou Boly, pour répondre aux préoccupations des étudiants pour de meilleures conditions de vie et de travail.



Bénin/Alternance au sommet de l’Etat en 2011 : L’opposition s’accroche au départ de Yayi

22/03/2010

L’ancien ministre chargé de la communication du gouvernement Kérékou, Gaston Zossou, n’a plus aucun doute qu’en 2011, il y aura l’alternance au sommet de l’Etat. C’est avec beaucoup d’entrain qu’il a abordé la question hier sur une chaîne de télévision privée.


Selon ce membre de l’Union fait la Nation (UN), le président Boni Yayi, probable candidat à sa propre succession en 2011, est entrain d’égrener le reste de son mandat constitutionnel et l’alternance au sommet de l’Etat n’est qu’une question de temps. L’ancien ministre du Général Kérékou ne vend pas chère la peau de l’actuel chef de l’Exécutif qu’il désigne par« l’assainisseur autoproclamé ».

Gaston Zossou a confié qu’avec la détermination des leaders de toute la classe politique regroupée au sein de l’UN et du G13, tout est fin prêt pour remplacer le chauffeur en 2011. Il s’agit, a-t-il soutenu, pour les ténors de l’UN notamment, de se donner la main du nord au sud et de l’est à l’ouest, pour sanctionner celui qui a introduit la division dans le pays.

Pour lui, le président Boni Yayi qui, a-t-il dit, a été élu à 75% des Béninois avec un discours a montré son vrai visage. Il relève que non seulement, « l’assainisseur autoproclamé » n’a pu épingler les anciens fossoyeurs de l’économie nationale sous le régime défunt, mais il s’est empêtré dans la mal gouvernance. « Le peuple en majorité est exaspéré », s’est indigné ce membre de l’UN qui ne souhaite que le départ de Boni Yayi du Palais de la Marina en 2011.

Apparemment, l’ancien ministre Zossou qui nourrit une haine contre le chef de l’Etat, affirme que ce dernier a un nouveau mode de pensée qui a divisé le pays. Il a montré qu’à plusieurs reprises, le gouvernement du changement a utilisé en vain l’arme de la division.

Gaston Zossou est aussi intervenu sur l’abrogation de la loi 2009-10 portant Rena et établissement de Lépi qu’il a jugé de salutaire. Par rapport à la fronde sociale qui paralyse l’enseignement maternel, primaire et secondaire, le ministre, près avoir défendu les enseignants, a supplié ses anciens collègues à reprendre les cours pour le bonheur des apprenants.



RCA/Présidentielle : La communauté internationale veut le report du scrutin

22/03/2010

La représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies à Bangui, les ambassadeurs de l'Union européenne, des Etats-Unis et de France ont recommandé à la Commission électorale indépendante le report des élections législatives et présidentielle prévues le 25 avril prochain. Cette démarche conjointe de la communauté internationale appelant au report d'un scrutin en Afrique est rarissime. Le président François Bozizé a exclu le 15 mars toute idée de report des élections.


Le président centrafricain, François Bozizé, a mis fin à un suspense d'environ 4 mois en déclarant le 15 mars sa candidature à élection présidentielle prévue pour le 25 avril prochain. S'exprimant devant des milliers de partisans à Bangui pour le premier conseil national de son parti, le Parti Travailliste Kwa Na Kwa (KNK), il s'est efforcé de faire un bilan de son action à la tête de l'Etat avant d'annoncer qu'il accepte l'appel à se porter candidat.

« Je vous ai compris, j’accepte encore une fois d’être votre porte-flambeau. J’accepte encore une fois de porter vos aspirations, les aspirations du peuple centrafricain », a-t-il lancé, ajoutant ne pas vouloir d'un retour en arrière.

Il s'est dit opposé à l'idée de repousser la date des élections car cela conduirait à "un vide constitutionnel, à une vacance de pouvoir et à la mise en place d'un gouvernement de transition", avec à la clé "des lendemains incertains".

François Bozizé a toutefois souligné que « le seul maître d’œuvre des opérations électorales » était la Commission électorale indépendante (CEI) à qui il revient de déterminer le calendrier des élections en toute indépendance.

Pour la communauté internationale à Bangui, le constat est sans appel : le programme de désarmement des ex-rebelles a pris un tel retard qu'il n'est pas possible de circuler librement dans toute la moitié nord du pays. Comment inviter les villageois à s'inscrire sur les listes électorales ? Comment distribuer des cartes d'électeurs ? Comment installer des bureaux de vote sur l'ensemble du territoire ? Autant de questions qui sont restées sans réponses à ce jour. Par ailleurs, les comités locaux de la Commission électorale ne sont pas encore officiellement installés.

« Dans ces conditions, envisager des élections crédibles dans un peu plus d'un mois, c'est tout simplement impossible », explique une source diplomatique. Le 17 mars, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies à Bangui, les ambassadeurs de l'Union européenne, des Etats-Unis et de la France, qui sont les principaux soutiens du processus électoral, ont donc délivré, comme un seul homme, le même message à la CEI : « La crédibilité des élections est plus importante à nos yeux que le respect à la lettre des délais imposés par la Constitution ».

La communauté internationale demande non seulement le report technique des prochaines élections, mais aussi davantage de transparence dans le fonctionnement de la Commission électorale.



Côte d'Ivoire/Probo Koala : La ville d'Amsterdam sera poursuivie

14/03/2010

La ville d'Amsterdam doit être poursuivie en justice pour s'être "débarrassée" des déchets toxiques du cargo Probo Koala qui ont finalement été déversés en 2006 en Côte d'Ivoire, y faisant de nombreux morts, a tranché la Cour suprême néerlandaise.


"La cour suprême renvoie l'affaire au tribunal d'arrondissement d'Amsterdam (...) pour qu'elle soit à nouveau examinée", est-il écrit dans un jugement rendu public mercredi. Celui-ci infirme les précédentes décisions de la justice aux termes desquelles la municipalité ne pouvait faire l'objet de poursuites à ce sujet.

La cour suprême a reconnu la ville d'Amsterdam responsable de s'être "débarrassée" de ces dangereux déchets en ordonnant qu'ils ne soient pas déchargés du cargo à Amsterdam, mais emmenés ailleurs. Le déversement de résidus toxiques du cargo Probo Koala à Abidjan en août 2006 avait provoqué la mort de dix-sept personnes, selon la justice ivoirienne, et des milliers d'intoxications.

La compagnie Trafigura, une multinationale spécialisée dans le commerce de produits pétroliers dont le siège se trouve en Suisse et qui avait affrété le Probo Koala, a toujours nié qu'il ait pu provoquer décès et maladies graves. Un rapport de l'ONU avait toutefois établi en septembre 2009 un lien "solide" entre les déchets toxiques et les décès survenus à Abidjan.

En février 2007, Trafigura avait conclu un accord amiable avec l'Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d'une indemnisation globale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d'euros).



Bénin/Malaise au sommet de l’Etat : Boni Yayi boudé par ses ministres

14/03/2010

Désinvolture, boycott du conseil des ministres et de certaines convocations du Chef de l’Etat, refus délibéré de travailler, désenchantement….C’est une véritable pagaille qui règne au sommet de l’Etat. Depuis que Yayi a annoncé officiellement le remaniement ministériel, certains ministres n’ont plus le cœur à l’œuvre. Et attendent inlassablement leur départ du gouvernement pour « aller se reposer ».


A l’instar des travailleurs en grève, les ministres du gouvernement ont trouvé un autre moyen pour montrer leur mécontentement envers le président Boni Yayi. L’alibi trouvé est l’hypothétique remaniement ministériel qui hélas, ne vient jamais.

En effet, il y a plusieurs semaines déjà que le Chef de l’Etat a remercié officiellement ses ministres en conseil des ministres pour l’avoir servi et pour avoir rendu des loyaux services à la nation. Il leur a annoncé que le nouveau gouvernement ne tardera pas à sortir et souhaite bonne chance pour leurs nouvelles aventures professionnelles. Ajoutant aussi que « ce n’est pas une fatalité de quitter un gouvernement et qu’il a fallu que d’autres quittent pour qu’eux viennent ».

La préparation psychologique ainsi faite a eu malheureusement l’effet contraire de ce qu’il espérait. Au lieu d’accepter sportivement le départ, les ministres ont commencé à bouder le président. Le conseil des ministres est de temps en temps boycotté. Idem pour certains appels urgents du président au palais. Le travail dans les cabinets ministériels patine et la démotivation se lit de plus en plus sur les visages.

Ce qui aggrave le malaise, c’est le suspense entretenu par la non publication de la liste du nouveau gouvernement. Les ministres souffrent moralement et se disent intérieurement qu’il ne sert à rien de continuer à donner le maximum d’eux-mêmes alors qu’ils ne sont pas sûrs de leur maintien.

Plus d’une dizaine de ministres sont dans le cas et jouent simplement à la figuration autour de Yayi. Ceux là sont sûrs qu’ils ne feront plus partie du prochain gouvernement. La fonction ministérielle perd ainsi de son prestige. Les activités du gouvernement tournent au ralenti. Malgré cela, Yayi ferme les yeux sur ce malaise qui prend chaque jour de l’ampleur et qui risque de bloquer complètement l’appareil d’Etat si rien n’est fait.



RDC : L'ouverture du procès de Jean-Pierre Bemba reportée au 5 juillet 2010

10/03/2010

Le 8 mars 2010, la Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale a décidé de reporter la date d’ouverture du procès dans l’affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo au lundi 5 juillet 2010. Le 27 avril 2010, date initialement prévue pour l’ouverture du procès, la Chambre tiendra une conférence de mise en état au sujet de l’exception d’irrecevabilité soulevée par la Défense de M. Bemba.


La Chambre a expliqué que l’examen de la requête de la Défense, ainsi que les observations des autres parties et participants, devrait être soumis à un calendrier raisonnable et réaliste et que leur examen ne pourrait être achevé avant la date initialement prévue pour l’ouverture du procès. Elle a également considéré qu’il est dans l’intérêt de la justice de trancher l’exception d’irrecevabilité avant le début des débats au fond étant donné que la défense argumente que le procès ne devrait pas se tenir devant la Cour.

La Défense a soulevé, le 25 février, une exception d’irrecevabilité de l’affaire aux motifs du respect de la complémentarité de l’activité de la Cour et celle des autorités en République Centrafricaine, sur l’absence du niveau de gravité requis, ainsi que sur la base d’un abus de procédure contre M. Bemba.

La Chambre a aujourd’hui accordé au Bureau du Procureur et aux représentants légaux des victimes jusqu’au 29 mars pour soumettre leurs observations. La Chambre a également demandé que soit notifié un résumé de la demande de la Défense aux autorités centrafricaines et congolaises. Celles-ci pourront, si elles le souhaitent, présenter leurs observations au plus tard le 19 avril 2010. La Défense aura également l’occasion de répondre à ces observations.

La Chambre rendra sa décision après examen des observations écrites et des présentations orales qui auront lieu lors de l’audience de mise en état du 27 avril 2010.



Togo : Yark met en garde contre la marche de l'opposition

09/03/2010

Le lieutenant colonel Yark Damehane, commandant de la Force sécurité élection présidentielle (FOSEP) a lancé une sérieuse mise en garde contre toute violence dans le pays, lors d’un point de presse lundi.


"Ceux qui prendront le risque d’opter pour la violence, rencontreront sur leur chemin les forces de sécurité", a averti Yark Damehane, lieutenant-colonel de la gendarmerie togolaise à la tête de la FOSEP d’un effectif de 6.000 agents.

"L’ordre doit régner dans la cité. Il n’appartient pas à deux ou trois individus de décréter une violence inutile", a-t-il insisté.

Cette sortie médiatique précède des manifestations de protestations annoncées pour mardi par l’Union des forces de changement (UFC), principal parti de l’opposition togolaise, contre les résultats provisoires du scrutin du 4 mars par lesquels le président sortant Faure Gnassingbé est réélu avec 60,92 % des suffrages, contre 33,94 % pour son candidat Jean-Pierre Fabre. (Xinhua)


Economie : Pékin défend ses parts du «gâteau» africain


09/03/2010

Accusée de pratiquer un «capitalisme sauvage» sur le continent africain, la Chine a vivement rétorqué à l’occasion de la session parlementaire qui se tient en ce moment à Pékin, pour rappeler que l’impact de sa présence en Afrique n’a rien de néfaste par rapport à celle du bloc occidental, notamment dans le domaine de l’énergie où les Etats-Unis et l’Europe importent 60% de la production africaine de pétrole.


Indexée par la communauté internationale comme «nouveau colon» du continent africain et prospecteur boulimique de matières premières, la Chine n’est pas restée muette aux nombreuses accusations dont elle fait l’objet sur sa présence dans le pré-carré africain des anciens colons et bloc occidental.

En session parlementaire à Pékin, le gouvernement chinois a vivement critiqué les détracteurs de sa politique africaine, qui cacherait mal l’inquiétude de ces grandes puissances de se voir ravir leur hégémonie sur les richesses du sol africain.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a déploré «que dans la communauté internationale, certains ne veulent pas voir se développer les relations sino-africaines et font une affaire de la coopération entre la Chine et l'Afrique dans l'énergie», rappelant que son pays ne consomme que 13 % de la production africaine de pétrole, alors que les Etats-Unis et l’Europe en importent à eux deux près de 60 %.

«Je ne vois aucune raison d’écarter la Chine de l’exploration des ressources africaines, sur une base juste et profitable à tous. La coopération chinoise avec l’Afrique permet de transformer ses ressources en projets concrets de développement. Nous aidons aussi l’Afrique à construire de nouveaux chemins de fer, des routes et des ponts. La Chine collabore aussi bien avec les pays producteurs d’énergie qu’avec les autres pays», a poursuivi le chef de la diplomatie chinoise lors d’une conférence de presse le 7 mars dernier à Pékin.

Et de conclure que «l'Afrique appartient au peuple africain», appelant au respect de «sa liberté de choisir ses partenaires de coopération et ses amis».

Selon les statistiques chinoises, les investissements directs chinois en Afrique sont passés de 491 millions de dollars en 2003 à 7,8 milliards fin 2008. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont quant à eux décuplé depuis le début de la décennie pour atteindre 106,8 mds USD en 2008.

Certains analystes prévoient que la Chine devancerait les Etats-Unis en 2020 pour être la première puissance économique mondiale. Une perspective qui a de quoi effrayer les tout puissants USA, en tout cas suffisamment pour mettre des bâtons dans les roues de la machine économique chinoise.


Présidentielle au Togo: l'opposition rejette sa défaite et manifeste à Lomé
07/03/2010

Le principal opposant togolais Jean-Pierre Fabre a catégoriquement rejeté dimanche sa défaite à l'élection présidentielle du 4 mars face au chef de l'Etat sortant Faure Gnassingbé, et son parti a organisé une manifestation à Lomé, dispersée à coup de grenades lacrymogènes.


Au lendemain de l'annonce officielle de la victoire de M. Gnassingbé avec plus de 60% des voix, le parti d'opposition Union des Forces de Changement (UFC) de M. Fabre a riposté avec véhémence en disant avoir gagné.

"Je ne reconnais pas la prétendue victoire de Faure Gnassingbé", a déclaré dimanche matin M. Fabre.

"Je conteste absolument les chiffres publiés car la procédure utilisée par la Céni (Commission électorale nationale indépendante) est illégale", a-t-il dit, assurant avoir remporté le scrutin à un tour avec 55 à 60% des suffrages sur l'ensemble du territoire.

"Nous allons multiplier les manifestations. Nous n'allons pas nous laisser faire", a-t-il mis en garde devant le siège de son parti, dans un quartier populaire de la capitale, où quelques centaines de jeunes sympathisants, surexcités, étaient réunis depuis la matinée.

De fait, une manifestation de quelques centaines de personnes, dont M. Fabre, a été organisée dans l'après-midi devant le siège de l'UFC, dans le quartier populaire de Bè. Immédiatement, des escouades de gendarmes casqués et matraque en main se sont déployées, avant de tirer des grenades lacrymogènes.

M. Fabre et d'autres responsables de l'opposition se sont repliés dans le siège de l'UFC (Union des Forces de changement, opposition).

"Vous êtes témoins de la brutalité et de la sauvagerie dont les Togolais sont victimes sous le régime RPT (parti au pouvoir) depuis des décennies", a lancé Jean-Pierre Fabre à des journalistes.

A ses côtés, Patrick Lawson, le vice-président de l'UFC, a affirmé que l'opposition manifesterait "tous les jours".

Par ailleurs, une douzaine de personnes ont été interpellées depuis samedi, selon des sources policière et d'opposition.

Parmi elles figurent deux proches du candidat Messan Agbéyomé Kodjo, ex-Premier ministre togolais, et deux dirigeants d'un mouvement de jeunes proche de l'UFC.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni), a annoncé samedi soir que le chef de l'Etat sortant, Faure Gnassingbé, 43 ans, avait largement emporté l'élection du 4 mars, avec 60,92% des voix, contre 33,94% à M. Fabre.

Faure Gnassingbé, qui s'exprime rarement dans les médias, est resté silencieux. Mais son parti, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), au pouvoir, s'était félicité de sa victoire samedi soir, affirmant que M. Gnassingbé était "porté par une dynamique populaire".

Faure Gnassingbé, fils du général Gnassingbé Eyadéma qui dirigea la nation de 6,5 millions d'habitants pendant 38 ans, avait été installé par l'armée dans le fauteuil présidentiel dès la mort de son père, en février 2005.

Il avait été élu 3 mois plus tard lors d'une élection vivement contestée et suivie de violences qui ont fait 400 à 500 morts selon l'ONU.

L'élection de jeudi a été perçue comme un test pour le Togo, petite nation ouest-africaine qui souhaiterait tourner la page des troubles électoraux, fréquents depuis des décennies.

La mission de la Cédéao (Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest) avait jugé samedi que le scrutin avait été "libre", tout en relevant des "insuffisances" concernant la fiabilité et l'authentification des bulletins de vote.

Dans un communiqué dimanche, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a exhorté les Togolais à faire preuve de calme et de retenue


Côte d’Ivoire : Gbagbo veut-il vraiment de la présidentielle ?
07/03/2010

iAprès tous les efforts inlassables de la Communauté internationale, la machine politique ivoirienne continue de toussoter, de râler telle une vielle locomotive ; en dépit de l’accord de Ouagadougou du 4 mars 2007, qui avait pourtant suscité des perspectives heureuses du côté de la lagune Ebrié. Le problème, c’est qu’après huit ans de ni guerre ni paix, tout le monde est fatigué de ces multiples tergiversations, de ces reports à n’en pas finir, de ces arrêts brusques du processus électoral ; tout le monde, à commencer par les Burkinabè, qui compte tenu du brassage multiséculaire entre les deux peuples, subissent fortement les effets pervers de cette situation.


Mais dire que tout le monde ressent les effets néfastes de cette crise et souhaiterait qu’elle prenne fin serait exagéré. On peut parier qu’ils ne seraient pas nombreux du côté de Gbagbo à geindre face à la donne actuelle en Eburnie. Ils n’auraient véritablement aucune raison de se lamenter, puisque pour un mandat, ils auront eu le temps d’en faire deux .Et subséquemment, ils auront eu le loisir de gérer à leur guise le pouvoir d’Etat et de se mettre à l’abri du besoin, si d’aventure les pressions des opposants en viennent à avoir raison des multiples tergiversations du camp présidentiel.

Un observateur bien averti du landernau politique ivoirien disait bien à propos que Gbagbo, qui adore commander les sondages, n’ignorerait pas que l’issue de la présidentielle ne pourrait être aucunement en sa faveur. Et nous pensons que cette analyse est loin d’être dénuée de fondements. Sinon comment comprendre que le N°1 ivoirien se résigne à fouler aux pieds l’accord de Ouagadougou qui n’est qu’une suite logique des accords de Marcoussis et de Pretoria, qu’il a bien signés ?

Véritablement, c’est à ne rien comprendre qu’il prenne sur lui la responsabilité de mettre, par cette décision unilatérale du 12 février dernier, à plat des institutions de la République. Et cela agace fortement l’opposition. C’est pour cela que depuis, en Côte d’Ivoire, il y a seulement à l’heure actuelle 18 ministres sur les 29 que devrait compter en principe l’équipe gouvernementale.

Certes, on nous dira que la Commission électorale indépendante est en place, mais une CEI, ça ne gère pas le quotidien ! C’est pour cela aussi qu’échaudés, les cinq formations politiques regroupées au sein de du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et le progrès (RHDP) et le Parti ivoirien des travailleurs se disent fatigués de voir la liste de ministres désignés continuellement récusée par le président Gbagbo.

On se souvient que dans l’équipe gouvernementale, la répartition était la suivante pour l’opposition : - Un pour le PIT
- un pour l’UDPCI,
- un pour le MFA
- quatre pour le RDR
- et quatre pour le PDCI.

Mais jusqu’à l’heure où nous tracions ces lignes, les choses n’avançaient pas parce que le président Gbagbo refuse catégoriquement de voir reconduits dans son équipe certains membres de l’ancienne équipe gouvernementale tels Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko du RDR, Amah Téhua, Allah Kouadio et Patrick Achi du PDCI ainsi que Mabri Toikeuse. Et du côté des états-major des partis politiques concernés, on se demande bien s’il faut continuer d’avaler sans rechigner les volontés du fondateur du FPI.

Pis est, les opposants ivoiriens, à l’issue de leur rencontre du mercredi 03 mars 2010 (la veille de l’anniversaire de l’accord de Ouaga), ont intimé au pouvoir de fixer la présidentielle à la fin avril - début mai. Seront-ils entendus ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses n’évoluent toujours pas dans le bon sens à Abidjan vers une présidentielle sans accroc.


Le Togo dans l'attente des résultats de l'élection présidentielle
05/03/2010

Les Togolais sont désormais dans l'attente des résultats du scrutin présidentiel du jeudi 4 mars 2010. Le dépouillement a commencé après la fermeture des bureaux de vote. Aucune indication sur le taux de participation n'a été donnée durant la journée, ni aucun délai pour l'annonce des résultats. Les forces de sécurité appellent à la vigilance jusqu'à la proclamation des résultats.


Le scrutin s'est déroulé dans le calme, avec de longues files d'attente dans certains bureaux de vote. Dans la capitale il n'y a eu aucun incident majeur. Plusieurs observateurs contactés par RFI ont confié d'ailleurs qu'ils n'avaient reçu aucune plainte de la part des candidats.

A l'intérieur du pays, des incidents isolés, assortis d'interpellations, ont eu lieu. lls ont été détaillés jeudi soir, au cours d'une conférence de presse donnée par le ministre de la Sécurité.

Certains habitants auraient également voté sans leur carte d'électeur. A la mi-journée jeudi, le président de la Commission électorale a d'ailleurs dû diffuser un communiqué pour rappeler qu'il était interdit de voter avec la seule carte d'identité.

Le dépouillement a débuté dès la fermeture des bureaux de vote, par endroit à la lueur des bougies ou des lampes à pétrole, et en présence de nombreux curieux. C'est une phase cruciale du processus électoral, tout comme la centralisation des données émanant des 35 préfectures du pays.

A ce sujet l'UFC, l'Union des Forces de changement, le principal parti d'opposition s'est dit inquiet jeudi soir de l'opacité du système de transmission des résultats. Le parti de Jean-Pierre Fabre, candidat à l’élection présidentielle, dénonce l'utilisation en dernière minute d'un nouveau procédé d'origine ivoirienne. Initialement tous les résultats devaient être transmis par un système satellite financé par les Nations unies.


Afrique : Vers une «guerre froide» sino américaine
05/03/2010

Le «gâteau» africain fait saliver les grandes puissances économiques mondiales, à la recherche de matières premières pour alimenter leurs industries et de nouveaux marchés pour y déverser leurs produits. L’enjeu économique du continent africain entraîne déjà de vifs conflits d’intérêts entre la Chine, considérée comme le nouveau «colon» et les Etats-Unis. Mais que gagne l’Afrique dans la bataille rangée des «grands» sur ses terres ?


Las de l’assistanat paternaliste proposé par les anciens colons, l’Afrique a vite été séduite par le partenaire chinois, ses contrats colossaux et ses valises de cash. Le nouvel «ami chinois» s’est ainsi immiscé sur le pré-carré occidental jusqu’à toucher tous les secteurs aux quatre coins du continent noir.

Devant la vague chinoise qui mouille tous les secteurs de l’économie africaine, les puissances occidentales ont vite fait de crier au scandale. Attitude colonialiste, pillage des richesses, détérioration du patrimoine naturel, rien n’a manqué au réquisitoire des puissances occidentales contre le «nouvel ami» de l’Afrique.

«Les Chinois voient d’énormes possibilités en Afrique. (…) [mais] L’Occident est hostile à la pénétration chinoise en Afrique», explique le professeur Omar Aktouf de HEC Montréal, affirmant même que l’on assisterait à «une première guerre américano-chinoise» en Afrique.

Le sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaire étrangères, Johnnie Carson, explique que «la Chine cherche de manière ciblée à acquérir des droits d’exploitation des hydrocarbures et d’autres ressources naturelles pour répondre aux besoins créés par sa croissance économique», et qu’elle «tente également de trouver de nouveaux marchés pour ses exportations. Dans ce contexte, l’Afrique est un continent où les Chinois voient d’énormes possibilités».

Mais l’inquiétude du diplomate américain réside sur la complicité des gouvernements africains au «pillage organisé» des ressources du continent noir. Il insiste à cet effet sur la nécessité d’institutions démocratiques «pour que les voix des populations puissent se faire entendre quant aux conséquences de ces relations avec la Chine».

Sur ce point, un exemple probant reste la renégociation récente du contrat d’exploitation du gisement de fer de Belinga, au Gabon, suite aux pressions de la société civile sur l’impact environnemental et la faible contrepartie économique du premier accord conclu avec la Chine.

Mais pour le professeur Aktouf, l’enjeu n’est pas si charitable que les puissances occidentales ne veulent le laisser penser. «La Chine est aujourd’hui aux portes de l’Europe et menace les intérêts américains au Moyen-Orient. Le Soudan n’est pas loin du Canal de Suez, ce qui est intolérable pour Washington», estime-t-il.

Et face à la marée chinoise qui menace les intérêts occidentaux, le professeur Aktouf met en lumière la portée des conflits qui minent le continent. «Vous avez le Darfour, le grand conflit au Zimbabwe. Le pauvre Mugabe a commis la faute de dire aux Blancs de laisser les terres agricoles et il est devenu le plus grand tyran du monde. Il ne l’était pas auparavant. Toute la région des Grands Lacs, le Rwanda, le Burundi, la RDC… est ciblée. Les Français, les Américains, d’autres puissances veulent limiter l’intrusion de la Chine, qui joue la carte africaine à fond et effraie les puissances occidentales», explique-t-il.

Certains analystes prévoient que la Chine devancerait les Etats-Unis en 2020 pour être la première puissance économique mondiale. Une perspective qui a de quoi effrayer les tout puissants USA, en tout cas suffisamment pour mettre des bâtons dans les roues de la machine économique chinoise.

Pendant ce temps, au milieu de la balance, l’Afrique, qui possède toutes ses richesses encore inexploitées a besoin d’argent pour se développer.

Les Etats-Unis réussiront-ils à bloquer l’avancée chinoise dans une Afrique assoiffée de développement, simplement avec les sirènes démocratiques ?

Cela fait cinquante ans que l’Afrique attendait de la part des puissances occidentales qu’elles accompagnent son développement en vertu des multiples accords signés avec elles. Certes, la Chine ne va pas développer l’Afrique à la place des africains, il appartient aux gouvernements africains de prendre leurs destins en main, ce d’autant qu’ils disposent d’une élite formée dans les meilleures universités occidentales. La lucidité d’un tel projet les invite à bâtir des institutions fortes, acquises à la bonne gouvernance, capables de défendre les intérêts vitaux des Africains.

Comme le suggère enfin le professeur Aktouf, «il faut que l’Etat soit un intervenant économique. Ce qui manque aux pays du Tiers monde, c’est que l’Etat ne joue pas son rôle véritable, notamment en matière d’éducation. C’est grâce à l’éducation que la Chine se trouve là où elle est actuellement». L’Afrique a été victime de la guerre froide russo-américaine, il est temps qu’elle prenne ses responsabilités pour ne pas être victime de celle qui se prépare entre la Chine et le bloc occidental.

A ce sujet l'UFC, l'Union des Forces de changement, le principal parti d'opposition s'est dit inquiet jeudi soir de l'opacité du système de transmission des résultats. Le parti de Jean-Pierre Fabre, candidat à l’élection présidentielle, dénonce l'utilisation en dernière minute d'un nouveau procédé d'origine ivoirienne. Initialement tous les résultats devaient être transmis par un système satellite financé par les Nations unies.


Présidentielle togolaise : Une campane déséquilibrée
01/03/2010

La campagne électorale pour le scrutin présidentiel du 4 mars 2010 bat son plein au Togo. Le président sortant, Faure Gnassingbé, la mène à l’américaine en hélicoptère, avec une escouade de porte-paroles. Alors que les autres présidentiables exceptés Jean Pierre Fabre et Me Yawovi Agboyibo, font une campagne modeste. Demain 2 mars 2010 à 0 heure, marquera la fin de la campagne électorale pour la présidentielle togolaise. Depuis pratiquement deux semaines donc, les 7 candidats sont allés à la pêche aux voix avec des résultats mitigés, même s’il faut attendre les résultats pour se prononcer sur l’efficacité de cette chasse aux électeurs.


Comme partout en Afrique en pareil cas, le candidat-président émerge du lot. Et le Togo n’a pas dérogé à cette règle quasi immuable sous les Tropiques. Va-t-on confirmer également cette autre loi politique qui veut qu’un chef d’Etat sortant organise toujours des élections pour les gagner ? En attendant, c’est un candidat du RPT Faure Gnassingbé, même s’il a été adoubé le 12 janvier par procuration, qui sillonne le pays en hélicoptère. Ces derniers jours il s’est rendu à Agbélouvé, Tabligbo, Davié et Gapé au centre du Togo où, comme à son habitude, il a axé son discours de campagne sur la réconciliation des Togolais divisés par un système qui a écrasé le Togo pendant 40 ans.

Candidat mais également toujours président en exercice, donc garant de la sécurité du pays, il n’a pas manqué d’appeler ses compatriotes à voter dans le calme et la paix tout en mettant en garde ceux qui ont fait de la violence leur thème de campagne : « Je ne permettrai pas qu’une goutte de sang soit versée ou qu’une vie soit perdue, même au nom de l’alternance ». Un avertissement à l’endroit de ceux qui ont pour slogan « l’alternance ou la mort », tel le Mouvement citoyen pour l’Alternance (MCA) créé le 17 octobre 2008 pour pallier « les insuffisances de l’opposition qui n’a pas de stratégie de défense de sa victoire », selon un de ses responsables Fulbert Atisso.

Jean-Pierre Fabre, président de l’UFC, qui a reçu enfin la bénédiction de son mentor Gilchrist Olympio le 15 février 2010, essaie de ratisser large. D’emblée il peut compter sur la région du Sud notamment Lomé la capitale, fief naturel de l’opposition et en particulier de l’Union des forces du changement (UFC). Sans oublier que des partis et mouvements comme Sursaut-Togo de Koffi Yamgnane regroupés au sein du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) tentent de convaincre les Togolais de faire chorus le 4 mars derrière le candidat Fabre.

Ainsi le « Obama togolais » comme l’appellent ses partisans, était récemment à Badou dans la région du Plateau où il a mis l’accent dans son mot de campagne sur l’incapacité du pouvoir en place à combler les attentes des Togolais : « Ce mandat de Faure sera un mandat de trop », a-t-il affirmé dans cette localité. Mieux, comme il l’a laissé entendre, « nous avons été dans des zones réputées favorables au régime mais ce que nous avons vu comme mobilisation prouve le contraire » ; comme pour dire qu’en politique il n’y a pas de citadelle inexpugnable.

A Tchégué où était ces derniers jours Agbéyomé Kodjo, le patron de l’Organisation bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS), le discours était aussi aux philippiques contre le pouvoir du président-sortant : « Là où Faure offre des coupe-coupes nous offrirons des tracteurs aux populations », a martelé le candidat Kodjo. Le porte-étendard du Comité d’action pour renouveau (CAR), Me Yawovi Agboyibo, entre meeting-prière et rencontre-échange, tente aussi de convaincre que la « méthode du CAR, maintes fois éprouvée lors de graves crises au Togo », est la meilleure pour sortir le Togo du marasme économique et politique. Pour lui, seul si les Togolais lui font confiance, le pays retrouvera son lustre d’antan.

D’autres candidats tels Brigitte Adjamogbé Johnson de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), Bassabi Kagbara du Parti démocratique panafricain (PDP) et autre Nicolas Lawson du Parti du républicain et du renouveau (PRR) sont aussi en état de veille. De même que la Force de sécurité de l’élection présidentielle (FOSEP), car ce scrutin est à haut risque.


Guinée : L’autre défi de Sékouba
01/03/2010

En visite officielle au Mali, le président de la transition guinéenne, le général Sékouba Konaté, a déclaré, le 26 février dernier, être favorable à la participation des Guinéens de l’étranger à la prochaine présidentielle, si cela est techniquement possible. Venant d’un homme qui s’est jusque-là illustré par des propos à la fois sincères et rassurants, une telle promesse du reste bien modérée, n’a absolument rien de populiste ni de démagogique.


En effet, elle n’est que la réponse à une doléance commune à presque toutes les communautés vivant hors de leurs pays d’origine. De plus, l’intérimaire de Dadis Camara n’a aucun traître profit personnel à tirer de flagorneries adressées à un quelconque électorat, car il n’est pas censé se porter candidat au scrutin.

Bien au contraire, s’il arrivait à exhaucer ce voeu cher à ses concitoyens de l’extérieur, le refrain encensant son esprit patriotique déjà entonné à l’intérieur du pays serait sans nul doute repris en choeur par les Guinéens expatriés et leurs sympathisants. L’actuel homme fort de Conakry n’a donc pas grand-chose à perdre ou à gagner en termes de glorioles que confère une conservation égoïste du pouvoir, et il est fort à parier que son noble projet aboutisse.

Et le cas échéant, les dirigeants guinéens auraient rabattu le caquet à ceux de certains Etats africains qui, malgré la stabilité politique de leurs régimes, ne sont pas encore arrivés à faire voter leurs compatriotes de l’étranger pourtant en nombre considérable et qui participent énormément au développement économique de leurs nations.

Ils démontreraient par le même coup que le vote des expatriés est surtout une question de volonté politique, mais pas seulement de moyens ou de contexte. Au cas où les Guinéens de l’étranger ne parviendraient pas à participer au choix de leur président prévu pour juin prochain, ou au cas où l’opération connaîtrait quelque irrégularité, le futur président démocratiquement élu pourrait s’en inspirer pour rectifier le tir aux prochaines consultations.

Sans oublier que des raisons valables pour se limiter au vote des Guinéens de l’intérieur, le général président n’en manque pas. En plus du délai trop juste dont il dispose pour l’organisation du scrutin, s’ajoute l’imperfection du recensement des Guinéens vivant à l’étranger dont le nombre de 4 à 5 millions, soit un Guinéen sur trois, n’est qu’approximatif.

Le plus urgent est la tenue de l’élection elle-même dans de bonnes conditions, qu’elle prenne en compte ou non la diaspora, dont le recensement interrompu par les douloureux événements du 28 septembre, pourrait se poursuivre en vue des prochaines échéances.

Le vote des Guinéens de l’étranger est d’ailleurs loin d’être la seule raison du déplacement malien du général Konaté, qui, en plus d’être allé s’inspirer de l’expérience d’un autre général qui n’a plus à prouver son patriotisme, est en train de remettre son pays sur les rails du développement.

En effet, la délégation présidentielle guinéenne, pendant son séjour malien de quatre jours, a beaucoup plus parlé du renforcement de la coopération entre les deux pays. Preuve qu’il y a toujours une priorité parmi plusieurs autres.

Et même si au stade actuel du processus électoral, le vote de la diaspora n’est pas encore tout à fait sûr pour la présidentielle de juin, il n’en demeure pas moins que, si Sékouba le réalisait, il aurait relevé un autre défi après le pari de la transition qu’il a promis de réussir.


Togo : Qui veut la peau d'Asky ?
26/02/2010

Certains pays, qui ont déjà une compagnie nationale ou prévoient le lancement d’un pavillon, craignent que la nouvelle venue soit en réalité le cheval de Troie d’Ethiopian Airlines.


Mise en orbite difficile pour Asky Airlines. À peine lancée le 15 janvier dernier, la nouvelle compagnie aérienne régionale, basée à Lomé (Togo), est déjà confrontée aux perpétuelles difficultés de la libéralisation du ciel africain. Sur les douze destinations figurant sur son programme de vols initial, quatre liaisons majeures (Lagos, Abidjan, Dakar et Douala), soit le tiers, ne sont toujours pas desservies. La raison ? Le transporteur peine à obtenir un droit de trafic dans ces pays. Si la direction de la compagnie espère acquérir ces autorisations dans le courant du mois de février, notamment à Douala, elle soupçonne toute­fois des velléités protectionnistes de la part des autorités des aviations civiles concernées. Le Nigeria, la Côte ­d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun ont déjà soit une compagnie nationale opérationnelle, soit une dont le lancement est imminent.

L’ex-Virgin Nigeria, devenue Nigerian Eagle, en pleine restructuration, vise les mêmes marchés régionaux (Afrique de l’Ouest et Afrique centrale) qu’Asky Airlines, tout comme Air Ivoire. Ainsi que Sénégal Airlines, Camair Co et Air Cemac, trois autres compagnies en création dont les premiers vols sont attendus cette année avec la même feuille de route qu’Asky Airlines : devenir le transporteur de référence dans les deux sous-régions, où les cieux sont restés vides depuis la disparition d’Air Afrique, en 2001.

Parcours du combattant

« En Afrique, où la notion de compagnie nationale est souvent synonyme de souveraineté, les autorités des aviations civiles ont tendance à protéger leurs marchés domestiques contre l’arrivée de nouvelles compagnies », affirme Délia Bergonzi, la directrice générale du cabinet d’études Ectar, spécialisé dans le transport aérien sur le continent. De fait, l’obtention des droits de trafic relève souvent du parcours du combattant. « Même si des progrès ont été réalisés, ce problème est récurrent et n’est pas spécifique à la seule Asky Airlines », ajoute-t-elle.

Pourtant, le protocole de Yamoussoukro sur la libéralisation de l’espace aérien africain, signé en ­novembre 1999, prévoit clairement le libre octroi des droits de trafic. Dont celui permettant à une compagnie de débarquer ou d’embarquer dans un autre État des passagers en provenance ou à destination d’un pays tiers. Cheikh Tidiane Camara, président du conseil de surveillance du même cabinet, précise : « Cette libéralisation est cependant soumise à certaines conditions, notamment le respect des normes de sécurité. De fait, les pays peuvent jouer là-dessus et traîner volontairement les pieds. »

C’est bien l’avis de la direction d’Asky Airlines, qui met en doute la bonne volonté du Nigeria et du Sénégal. Le 15 janvier, à Lomé, l’absence remarquée des autorités sénégalaises, qui se sont fait représenter à la dernière minute à la cérémonie de lancement d’Asky Airlines, est considérée comme la preuve qu’elles n’apprécient pas beaucoup le démarrage des activités de la nouvelle venue. Réponse de Madior Sylla, le porte-parole du ministère sénégalais de la Coopération internationale et des Transports aériens : « Il ne s’agit guère de mauvaise volonté. Si d’autres compagnies ont eu le droit de prendre du trafic à Dakar, il n’y a pas de raison qu’Asky ne l’obtienne pas. Sénégal Airlines n’a pas peur de la concurrence, au contraire. » Selon un responsable de l’Agence nationale de l’aviation civile du Sénégal (Anacs), « la demande de droit de trafic formulée par Asky Airlines est en étude. Le processus suit son cours et devrait aboutir prochainement ». Mais sur la date à laquelle il devrait aboutir, celui-ci refuse de s’exprimer, arguant que la délivrance du précieux sésame nécessite plusieurs contrôles d’ordre technique.

Même propos au Cameroun, où Asky Airlines n’a pas encore obtenu le droit de desservir Douala. La situation devrait cependant se débloquer très prochainement, selon le directeur commercial de la nouvelle compagnie. Mais, là aussi, les autorités ont été soupçonnées de vouloir freiner cette nouvelle compagnie risquant d’entrer en concurrence frontale avec Camair Co, la compagnie nationale du pays, prévue pour démarrer cette année. Et pouvant aussi – et surtout – gêner le décollage de son équivalent d’Afrique centrale, Air Cemac, qui, selon la décision du dernier sommet des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), devrait prendre son envol dans cinq mois (voir J.A. no 2559). Or c’est la capitale économique du Cameroun qui a été choisie pour accueillir le hub de la future compagnie. « Nous n’avons aucun intérêt à empêcher Asky ­Airlines de venir chez nous, d’autant que nous risquerions de faire face au même problème au moment du lancement de notre propre compagnie », se défend Paul Alain Mendouga, administrateur de la Camair Co et directeur de l’aviation civile camerounaise.

Ethiopian actionnaire à 25 %

Mais, au-delà de ces discours, « il est certain qu’Asky Airlines est mal vue par les autres compagnies africaines, qui la considèrent comme le cheval de Troie d’Ethiopian Airlines en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale », explique un observateur averti du secteur. La géante éthiopienne, l’une des plus importantes du continent, est son partenaire stratégique et actionnaire à 25 %. Conséquence : les autres compagnies sont sur la défensive et ne veulent visiblement pas accuser le moindre retard sur Asky Airlines.

De fait, alors même que les processus d’octroi de droit de trafic piétinent, les états-majors des différents concurrents de la nouvelle compagnie s’activent pour faire avancer leurs projets. Ainsi, le conseil d’administration de Sénégal Airlines vient de nommer un directeur général par intérim (Modou Khaya, également directeur général de l’aéroport Blaise-Diagne de Ndiass) et devrait adopter dans la foulée le business plan de la compagnie. Un comité a aussi été mis en place pour réfléchir au choix définitif du directeur général et de l’ensemble de l’équipe dirigeante. Au Cameroun, le projet Camair Co, qui jusque-là ­semblait être en panne, a connu une certaine avancée depuis fin 2009. Après l’annonce du recrutement de 443 personnes en décembre, Alex van Helk et Gustave Baldoph (tous deux expatriés européens) ont été nommés le 4 février respectivement aux postes de directeur général et de directeur des opérations. Avec plusieurs années d’expérience au Nigeria pour le premier, en Inde et en Russie pour le second, il auront pour mission de lancer la compagnie camerounaise. Le décollage d’Asky Airlines semble avoir donné des ailes à ses rivales.


Côte d'Ivoire : Nouveau gouvernement de 28 membres, 11 postes restent à pourvoir
24/02/2010

Le nouveau gouvernement du Premier ministre ivoirien Guillaume Soro comptera 28 membres, 11 postes de cette équipe restant à pourvoir, dont la quasi-totalité étaient occupés par l'opposition dans le cabinet précédent, a-t-on appris mardi de source officielle.


Le secrétaire général du gouvernement, Félix Tyeoulou-Dyela, a annoncé mardi en début de soirée au palais présidentiel un gouvernement de 28 membres, y compris le Premier ministre Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN). Seize titulaires ont été annoncés, et onze ministères restent "à pourvoir", a-t-il précisé.

Neuf des 11 postes non pourvus étaient occupés par l'opposition dans la précédente équipe Soro, formée en 2007 après la signature de l'accord de paix de Ouagadougou.

Depuis la dissolution par le président Laurent Gbagbo du gouvernement et de la Commission électorale indépendante (CEI) le 12 février, qui a plongé le pays dans une crise émaillée de violences parfois meurtrières, l'opposition avait lié sa participation au nouveau cabinet au "rétablissement" de la CEI.

Le gouvernement aura pour tâche de conduire le pays "fin avril-début mai" à une élection présidentielle, selon le calendrier annoncé par le médiateur, le président burkinabè Blaise Compaoré.

Sans cesse reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, ce scrutin est censé clore la crise née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un nord rebelle et un sud loyaliste.


Libye : La pression de Tripoli sur la Suisse
23/02/2010

La Libye avait donné jusqu'à ce lundi à l'ambassade de Suisse à Tripoli pour lui livrer l’homme d'affaires suisse Max Göldi, condamné pour séjour illégal en Libye réfugié à l'ambassade. Une affaire qui a aggravé les relations déjà tendu entre les deux pays. Berne se pliera-t-elle à l’ultimatum de Tripoli ?


Le ministre libyen des Affaires étrangères Moussa Koussa a prévenu que si Max Göldi n'était pas livré d'ici à 11h GMT ce lundi, son gouvernement agirait, sans donner de précision."Aucune ambassade ne doit devenir un moyen d'échapper à la justice", a expliqué Koussa à l'AP dimanche soir. "J'espère que cela ne nous poussera pas à adopter d'autres mesures".

Une cour d'appel libyenne avait réduit la condamnation de l'homme d'affaires suisse de 16 à quatre mois de prison pour violation des droits de résidence. Lui-même et un autre homme d'affaires suisse, Rachid Hamdani, avaient été autorisés à rester à l'ambassade le temps de leur procès. Hamdani a été acquitté.

Les tensions diplomatiques entre Tripoli et Berne avaient débuté après la brève interpellation du fils de Moammar Kadhafi, Hannibal, et sa femme à Genève en 2008. Le couple avait été accusé d'avoir maltraité des domestiques. La plainte ayant été retirée contre un dédommagement, mais Tripoli n'a pas voulu en rester là. Le colonel Kadhafi a retiré la plupart des fonds libyens des coffres helvètes et deux ressortissants suisses ont été arrêtés le 19 juillet 2008, officiellement pour activités commerciales et séjour illégaux.

De plus, la Suisse a dressé une "liste noire" de Libyens, parmi lesquels le colonel Kadhafi et sa famille, auxquels elle refuse un visa, ce qui s'applique automatiquement aussi dans les autre pays de l'espace de libre circulation de Schengen (22 pays de l'Union européenne et trois associés, dont la Suisse). Tripoli a répliqué en refusant les visas et l'entrée en Libye aux ressortissants de l'espace Schengen.


RDC : Joseph Kabila remanie le gouvernement
22/02/2010

Fini le suspense. Le Président de la République vient de remanier le gouvernement ainsi que son cabinet. Premier constat : le maintien d’Adolphe Muzito au poste de Premier ministre. Deuxième constat : la réduction des postes ministériels. De 54 membres, l’Exécutif est composé désormais de 43 ministres et vice-ministres. Gouvernement d’austérité. Troisième constat: mission placée sous le signe du social et de la préparation des prochaines élections. Grands défis à relever.


Outre le Gouvernement, le chef de l’Etat a également remanié son cabinet avec la nomination d’un nouveau chef de cabinet et d’un Conseiller spécial en matière de sécurité. - Volonté de donner une nouvelle impulsion à l’action de l’Etat.

L’attente a paru longue. Attendu depuis juin 2009, le remaniement du gouvernement vient en fin d’intervenir. Au terme de l’ordonnance rendue publique hier soir vendredi, le Président de la république a procédé au remaniement du gouvernement. A la lecture de la composition de cette équipe, on constate que le Président de la république a renouvelé sa confiance au Premier ministre qui a été reconduit dans ses fonctions.

Mais également à François –Joseph Nzanga Mobutu en qualité de vice-Premier ministre, ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale. Maintien qui prouve que la coalition AMP-PALU-UDEMO se porte bien et qu’il y a eu plus de peur que de mal. Quitte à prendre en compte toutes les observations pertinentes pour continuer à gouverner ensemble.

Toutefois, on remarque des départs importants ont été enregistrés. Il s’agit précisément des anciens vice-premiers ministres Emile Bongeli et Mutombo Bakafwa Nsenda. Mais également celui de Matenda, ancien ministre des Finances, Lokola, ministre du Budget. L’ancien ministre des finances a été remplacé par Matata Ponyo, ancien Directeur général de BCECO qui travaille en étroite collaboration avec le FMI et la Banque Mondiale.

Quant à Pierre Lumbi ancien ministre des Infrastructures, des Travaux publics et Reconstruction, il a été appelé à d’autres fonctions en qualité de Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité.

Gouvernement d’austérité

Autre particularité à relever, la taille du gouvernement. De 54 membres, l’Exécutif compte désormais 43 membres. Cette réduction de la taille du Gouvernement par le regroupement de certains portefeuilles et départementaux a comme objectif de rendre plus compacte l’équipe gouvernementale pour plus d’efficacité, de diminuer le train de vie de l’Etat en vue d’atteindre les objectifs du point d’achèvement et de stabilisation du cadre macro-économique. Il s’agit là d’un gouvernement d’austérité et que tous les ministères en feront autant pour réduire le nombre de leurs conseillers pléthoriques..

Ses missions consistent à consolider des acquis du Gouvernement de mission en ce qui concerne la paix, la restauration et l’ affirmation de l’ autorité d el’ Etat et l’ ouverture diplomatique ; à poursuivre le programme de la reconstruction nationale et la réalisation de 5 chantiers de la République par l’ accélération de la croissance économique, à améliorer le social des populations grâce notamment aux mesures d’assainissement du climat des affaires, à l’ application de la politique de « Tolérance zéro » et aux avantages d’atteinte du point d’achèvement et de la stabilisation du cadre macroéconomique, et enfin à l’ organisation des élections. Il s’agit là des grands défis à relever.

Dans le même ordre d’idées, le président de la république a procédé au remaniement de son cabinet. Pierre Lumbi Okongo a été nommé Conseiller spécial de Sécurité et G. Beya, nouveau Directeur de cabinet.

Ci-après l’intégralité de l’ordonnance portant nomination des membres du Gouvernement..

Ordonnance n° 10/ portant nomination des vice-premiers ministres, des ministres et des vice-ministres

Le Président de la République,

Vu la Constitution, spécialement en ses articles 78, 79 et 90 ;

Revu l’Ordonnance n° 08/067 du 26 octobre 2008 portant nomination des Vices-Premiers Ministres, Ministres et Vice-Ministres ;

Sur proposition du Premier Ministre ;

ORDONNE :

Article 1er :

Sont nommées Vice-Premiers Ministres, les personnes ci-après :



1. Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale : Monsieur François-Joseph NZANGA MOBUTU NGBANGAWE

2. Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité : Monsieur Adolphe LUMANU MULENDA BWANA N’SEFU

3. Vice-Premier Ministre, Ministre des Postes, Téléphones et Télécom-munications : Monsieur Simon BULUPIY GALATI

Article 2 :



Sont nommées Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après :

1. Ministre des Affaires Etrangères : Monsieur Alexis THAMBWE MWAMBA

2. Ministre de la Coopération Internationale et Régionale : Monsieur Raymond TSHIBANDA N’TUNGAMULONGO

3. Ministre de la Défense Nationale et Anciens Combattants : Monsieur Charles MWANDO SIMBA

4. Ministre de la Justice et Droits Humains : Monsieur LUZOLO BAMBI LESSA

5. Ministre de la Décentralisation et Aménagement du Territoire : Monsieur Antipas MBUSA NYAMWISI

6. Ministre des Relations avec le Parlement : Monsieur Richard MUYEJ MANGENZ

7. Ministre de la Communication et Médias : Monsieur Lambert MENDE OMALANGA

8. Ministre des Finances : Monsieur MATATA PONYO MAPON

9. Ministre du Budget : Monsieur Jean-Baptiste NTAHWA KUDERWA BATUMIKE

10. Ministre du Plan : Monsieur Olivier KAMITATU ETSU

11. Ministre du Portefeuille : Madame Jeannine MABUNDA LIOKO

12. Ministre de l’Economie Nationale : Monsieur Jean-Marie BULAMBO KILOSHO

13. Ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction : Monsieur Fridolin KASWESHI MUSOKA

14. Ministre de l’Energie : Monsieur Gilbert TSHIONGO TSHIBINKUBULA WA TUMBA

15. Ministre des Mines : Monsieur Martin KABWELULU LABILO

16. Ministre des Hydrocarbures : Monsieur Célestin MBUYU KABANGO

17. Ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme : Monsieur José ENDUNDO BONONGE

18. Ministre des Transports et Voies de Communication : Madame Laure-Marie KAWANDA KAYENA

19. Ministre de la Santé Publique : Monsieur Victor MAKWENGE KAPUT

20. Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire : Monsieur Leonard MASHAKO MAMBA

21. Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel :Monsieur Maker MWANGU FAMBA

22. Ministre de l’Agriculture : Monsieur Norbert BASENGEZI KATINTIMA

23. Ministre du Développement Rural : Monsieur Philippe UNDJI YANGYA

24. Ministre de l’Industrie : Monsieur Anicet KUZUNDA MUTANGIJI

25. Ministre du Commerce, Petites et Moyennes Entreprises : Monsieur Bernard BIANDO SANGO

26. Ministre du Genre, Femme et Enfant : Madame Marie-Ange LUKIANA MUFWANKOLO

27. Ministre des Affaires Foncières : Monsieur KISIMBA NGOY MAJ

28. Ministre de l’Urbanisme et Habitat : Monsieur César LUBAMBA NGIMBI

29. Ministre des Affaires Sociales, Action Humanitaire et Solidarité Nationale : Monsieur Ferdinand KAMBERE KALUMBI

30. Ministre de la Fonction Publique : Monsieur Dieudonné UPIRA SUNGUMA KAGIMBI

31Ministre de la Recherche Scientifique : Monsieur Jean-Pierre BOKOLE OMPOKA

32. Ministre de la Culture et Arts : Madame Jeannette KAVIRA MAPERA

33. Ministre de la Jeunesse et Sports : Monsieur Claude BAZIBUHE NYAMUGABO

Article 3 :

Sont nommées Vice-Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après :

1. Vice-Ministre de l’Intérieur : Monsieur Georges ZUKA MON’DO UGONDA-LEMBA

2. Vice-Ministre des Affaires Etrangères : Monsieur Ignace GATA MAVITA WA LUFUTA

3. Vice-Ministre des Finances : Monsieur Joas MBITSO NGEDZA

4. Vice-Ministre du Budget : Monsieur André SHIKAYI LUBOYA BANKINA

5. Vice-Ministre du Commerce : Madame Xaverine KAROMBA MITIMITUJE

6. Vice-Ministre des Travaux Publics : Monsieur Gervais NTINUMENYERWA KIMONYO

7. Vice-Ministre de l’Enseignement Professionnel : Monsieur Arthur SEDEA NGAMO ZABUSU

Article 4 :

Sont abrogées, toutes les dispositions antérieures contraires à la présente Ordonnance.

Article 5 :



Le Premier Ministre est chargé de l’exécution de la présente Ordonnance qui entre en vigueur à la date de sa signature.

Fait à Kinshasa, le

Joseph KABILA KABANGE

Président

Adolphe MUZITO

Premier Ministre


Niger : Tandja renversé par l’armée
19/02/2010

Mamadou Tandja n’est plus aux commandes du Niger ! Il a été renversé par des militaires le 18 février et est toujours aux mains des putschistes. Ces derniers ont annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution de toutes les institutions et la mise en place d’un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSDR), dirigé par le chef d'escadron Salou Djibo.


Le président Mamadou Tandja a été enlevé le 18 février dernier par des militaires mutins qui ont pris le pouvoir au Niger. Désormais c’est le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSDR), présidé par le chef d'escadron Salou Djibo, qui tient les rennes du pays, après avoir dissout toutes les institutions nationales.

Le président déchu est en vie, mais toujours retenu par les putschistes, ainsi que les l’ensemble des membres de son cabinet car le coup d’Etat a eu lieu lors du conseil extraordinaire des ministres. Le CSDR a en outre décrété un couvre-feu et fermé les frontières du pays.

Le 18 février vers 13H locales, des tirs de mitrailleuses et d'armes lourdes ont retenti dans la capitale, en provenance du quartier du palais présidentiel, au-dessus duquel s'est formé un nuage de fumée. Quatre soldats ont été tués par un tir de missile. A l'ambassade de France, on explique avoir «entendu des tirs de mortier, de mitrailleuse 12.7» mais ne «pas être en mesure de dire si le coup d'Etat a abouti».

«On a donné la consigne aux Français de se calfeutrer chez eux», précise l'ambassade.

Ce coup d’Etat intervient après plusieurs mois de tensions au Niger entre le président Tandja et l'opposition, qui l'accuse de dérives totalitaires.

En mai 2009, le chef de l'Etat a dissout le Parlement, opposé à l'organisation d'un référendum en août lui permettant de prolonger son second mandat au-delà de son terme officiel, en décembre dernier. La décision était légale mais, en juin, Mamadou Tanjda a invoqué des pouvoirs extraordinaires pour gouverner par décret. Or, la Constitution du Niger n'autorise le président à agir ainsi qu'en cas de menace grave sur le pays, et avec un Parlement en place pour empêcher d'éventuels abus de pouvoir.

Quelques jours plus tard, la Cour constitutionnelle a jugé illégal ce référendum. Mamadou Tanjda a réagi par décret en dissolvant la Cour et en la remplaçant par une autre dont il avait choisi les membres. L'opposition proteste depuis contre l'acharnement à rester au pouvoir de Tandja, jusque là élu puis réélu lors d'élections jugées équitables.

Pays du sud du Sahara, frappé par la sécheresse et la désertification, le Niger a connu trois coups d'Etat entre 1974 et 1999. Le pays, qui figure parmi les moins développés selon l'index des Nations unies, a un taux de 70% d'illettrisme parmi sa population, et le plus fort taux de natalité au monde.


Libye : Plus de visas pour les citoyens de l'UE
19/02/2010

Depuis le 15 février, Tripoli ne délivre plus de visas aux ressortissants de l’Union européenne (UE), à l’exception des Britanniques, selon une source de l’aéroport de la capitale libyenne. Cette décision est une réponse aux autorités suisses, qui ont interdit le 14 février à 188 responsables libyens, dont le président Kadhafi, de se rendre en Suisse.


Berne, la capitale suisse, a décidé le 14 février à plusieurs ressortissants libyens de se rendre à Suisse. En réponse à cette attitude, le président Kadhafi a décidé 24 heures plus tard de ne plus délivrer de visas aux ressortissants de l’Union européenne (UE), à l’exception des Britanniques.

Selon le ministère italien des Affaires étrangères a déclaré, la décision de Tripoli est une mesure de représailles à la récente publication par le gouvernement suisse d’une « liste noire » de 180 ressortissants libyens interdits d’entrée dans la Confédération.

«La riposte libyenne à la décision suisse affecte tous les pays de la zone Schengen », a dit un porte-parole du ministère italien. « Des contacts sont en cours entre les pays de la zone Schengen pour apporter une réponse coordonnée à cette mesure », a-t-il poursuivi.

Berne n'a pas confirmé l'existence de cette liste, disant qu'elle poursuivait sa politique restrictive de visas pour les Libyens mise en place en septembre 2009 pour protester contre le refus de Tripoli de laisser partir deux citoyens helvétiques (Göldi et son compatriote Rachid Hamdani) retenus en Libye pour infraction aux législations sur l’immigration et le commerce depuis juillet 2008.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a rappelé pour sa part que cette mesure sur les visas a été prise après le kidnapping et la détention dans un endroit secret des deux otages suisses par les autorités libyennes l'automne dernier, cela sans explications.

La Libye quant à elle a qualifié de «bassesse politique la liste noire» de personnalités libyennes interdites d'entrée en Suisse. Critique formulée sur fond de crise diplomatique depuis l'arrestation en 2008 à Genève de Hannibal Kadhafi, fils du numéro un libyen.

Selon un porte-parole du gouvernement libyen, Berne «peut mettre fin à la crise en appliquant l'accord signé à Tripoli par le président suisse et qui a été rejeté par le canton de Genève. (L'accord) porte sur des excuses, l'indemnisation et le jugement» des responsables de l'arrestation du fils de M. Kadhafi. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, avait indiqué que Berne et Tripoli étaient disposés à mettre un terme à leur contentieux.


Côte d’Ivoire : L’opposition boude la dissolution du gouvernement
19/02/2010

Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, a-t-il sous-estimé l’impatience de ses concitoyens ? L'opposition ivoirienne a manifesté le 17 février à Abidjan et dans l'intérieur du pays pour fustiger la dissolution du gouvernement par le président le 12 janvier dernier. Une décision jugée "inconstitutionnelle" par les opposants.


La décision du président Gbagbo du 12 février de dissoudre le gouvernement d’union nationale ainsi que la Commission électorale indépendante (CEI), accusée de fraude, est à l’origine de cette poussée de fièvre dans les rues ivoiriennes le 17 février

Une marche a été organisée par l’opposition. Malgré une certaine violence enregistrée et le déploiement des forces de l’ordre, aucune victime n’a été déplorée lors de cette marche.

«Nous manifestons contre la décision anticonstitutionnelle prise par le candidat (au scrutin présidentiel) Laurent Gbagbo pour retarder les élections», a déclaré le responsable local du Rassemblement des jeunes pour la démocratie et la paix (RJDP), Souleymane Konaté.

Car il n’a échappé à personne, notamment aux partisans de l’opposition, que cette double dissolution annoncée le 12 janvier dernier à la télévision, revenait à repousser les élections présidentielles attendues depuis cinq ans.

Il est vrai que des manifestations ont lieu ces derniers jours dans le pays, avec plus ou moins de succès. Fraternité Matin remarque que « la marche du RJDP, l’opposition, prévue hier à Yamoussoukro, (…) a tourné court. Le dispositif sécuritaire mis en place par la police a tout simplement tué la manifestation dans l’œuf », affirme le quotidien ivoirien qui parle d’une «dizaine d’arrestations » et «de nombreux blessés légers».

Pour la presse d’opposition, le mouvement de protestation contre la dissolution du gouvernement et de la CEI prend de l’ampleur. Ainsi, pour Le Nouveau Réveil, les émeutes gagnent tout le pays» et «Laurent Gbagbo est dans une situation difficile».

Pourtant, le chef de l’Etat ivoirien peut être relativement optimiste. Son Premier ministre, Guillaume Soro, qu’il a reconduit dans ses fonctions poursuit ses consultations pour former un nouveau gouvernement et est prêt à rempiler coûte que coûte. Dans les rues, les rumeurs les plus folles circulent. L’opposition de son côté, a appelé à "s'opposer par tout moyen" au pouvoir en place.


RDC : La Suisse compte renforcer son partenariat humanitaire avec Kinshasa
15/02/2010

La Suisse compte renforcer davantage son partenariat avec la République Démocratique du Congo (RDC) dans le domaine d'aide humanitaire en faveur des populations du Nord et du Sud-Kivu, victimes de violences sexuelles et en situation de vulnérabilité.


L'assistance de la Suisse, rappelle-t-on, se réalise par le déblocage d´importants fonds en matière de développement pour la RDC, mais aussi par les contributions indirectes qu'elle fournit par le biais des institutions financières internationales dont le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD).

Ainsi, en 2009, la Suisse a contribué pour 17 millions de dollars américains pour la sécurisation de la RDC à travers la MONUC, 6 millions pour l´ assistance humanitaire principalement aux deux Kivus et à la province Orientale, et 3,5 millions pour des projets de développement et de renforcement des institutions congolaises, avait fait savoir l´ambassadeur.


Italie : émeutes entre immigrés Nord-Africains et latinos après le meurtre d’un Egyptien
15/02/2010



Quelques semaines après les manifestations anti-immigrées qui ont eu lieu en Calabre en Italie, le pays de Silvio Berlusconi une nouvelle fois sous le feu de l’actualité, du fait de violences liées à l’immigration.

Samedi 13 février au soir, des violences intercommunautaires ont éclaté dans un quartier de Milan après qu’un jeune Egyptien ait été poignardé ; meurtre qui serait attribué à des jeunes Péruviens et Equatoriens.

Suite à ce meurtre, une centaine de Nord-Africains, principalement des jeunes, selon les médias italiens, s’en sont pris à des boutiques tenues par les immigrés sud-américains, dans ce quartier qui en accueille une forte population. Ils auraient alors brisé des vitrines et brûlé une voiture.

La mort du jeune Hamed Mamoud El Fayed Adou, 19 ans, vient relancer le débat sur l’immigration en Italie, et remettre en mémoire les violences qui avaient touché des immigrés Noirs-Africains à Calabre. Selon les médias italiens citant Riccardo De Corato, maire adjoint de Milan, le quartier où ont eu lieu les incidents, serait une sorte de "Far West" où immigrés Nord-Africains et Sud-Américains s’opposent fréquemment.

Les meurtriers du jeune Egyptien sont toujours recherchés par la police italienne, tandis que plusieurs personnes, dont quatre Egyptiens, ont été interpellées et placées en garde à vue dimanche. Dans la matinée du 14 février, le calme était revenu dans le quartier.


Audace : Alger criminalise la colonisation française
10/02/2010

ACent-vingt-cinq députés algériens, menés par le Front de libération nationale(FLN), ont signé une proposition de loi « criminalisant le colonialisme français » (1830-1962). Elle sera probablement adoptée par le Parlement algérien. Alger dit ne rien craindre de la diplomatie française sur cette question, puisque Nicolas Sarkozy, en décembre 2007, avait dénoncé le système colonial comme « injuste par nature ». En France la décision algérienne suscite déjà une levée de boucliers.


Le parlement algérien envisage d'adopter une loi criminalisant le colonialisme français (1830-1962), a indiqué le 7 février 2010 un député du Front de libération nationale (FLN). « Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux », a souligné un député FLN, Moussa Abdi, précisant que la proposition de loi avait été signée par 125 députés de différents partis.

Amère ironie, cette proposition de loi est l'exacte opposée de la loi française du 23 février 2005 vantant le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord. Une disposition abrogée un an plus tard, condamnée par le président Bouteflika et qualifiée de loi de la honte par des parlementaires FLN.

Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a regretté cette initiative, et qualifié cette question de sujet sensible. « Je regrette cette proposition », a dit Eric Besson sur RMC, ajoutant « qu'il s'agit d'un sujet sensible alors qu'il reste encore des cicatrices ». Pour le ministre de l'Immigration, « il ne faut pas oublier la colonisation et la post-colonisation et dépasser cette question ».

Le secrétaire d'Etat à la Défense et aux anciens combattants, Hubert Falco, va plus loin en déclarant devant l’Assemblée nationale que «Cette initiative portée par 125 députés algériens est particulièrement inquiétante et incompréhensible, outrancière, Il s'agit d'une proposition de loi qui n'a pas été débattue par l'Assemblée algérienne et sur laquelle le gouvernement algérien ne s'est pas prononcé ». Pour lui, il faut donc se garder de tout procès d'intention à l'égard des autorités algériennes qui ne sauraient cautionner une charge anti-française aussi outrancière, profondément blessante, insultante pour nos compatriotes rapatriés et pour notre mémoire nationale.

« Cette initiative profondément regrettable renforce ma détermination pour œuvrer à la réconciliation des mémoires, non pas par le silence qui voudrait faire la réconciliation sur l'oubli des drames des harkis ou des rapatriés, sur la repentance, mais par le travail de mémoire et l'exigence de vérité », a-t-il fait valoir.

Hubert Falco a dit avoir la conviction que la fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie était l'outil indépendant dont nous avons besoin, ici comme de part et d'autre de la Méditerranée, pour parcourir ensemble ce chemin de mémoire.

« L'exécutif algérien n'a aucunement pris position sur cette proposition, son inscription à l'ordre du jour n'est donc pas certaine, car c'est le gouvernement algérien qui en a la maîtrise exclusive », a souligné Bernard Kouchner devant l'Assemblée nationale.

« Il faut traiter avec sérieux le problème du dialogue et de la mémoire », a-t-il dit, en rappelant l'intention de la France de créer une fondation sur la mémoire de la guerre d'Algérie, dont la mission sera de collecter avec rigueur et objectivité tous les témoignages, sans rien occulter.

Par contre l’Algérie n’envisage toujours pas de faire repentance envers les Européens soumis pendant des siècles à un esclavage particulièrement sanguinaire au Maghreb, esclavage qui n’a cessé justement qu’avec la colonisation française.


Togo/Présidentielle : Le scrutin sera-t-il reporté d’une semaine ?
10/02/2010

Authentification des bulletins, traçabilité, révision des listes électorales, tel est le triptyque qui turlupine la classe politique togolaise, signataire de l’Accord politique global (APG) du 20 août 2006. Des protagonistes qui se sont retrouvés hier chez le facilitateur Blaise Compaoré, au palais de Kosyam.


L’objectif de ce énième dialogue inter togolais : obtenir le report, ne serait-ce que d’une semaine (soit donc le 7 mars), afin de pouvoir organiser une présidentielle transparente. Le facilitateur a promis de s’en ouvrir à son homologue Faure Gnassingbé. Alors que la campagne électorale s’ouvre vendredi 12 février à 0 heure. Et que le spectre d’un boycott, surtout de l’UFC, se profile à l’horizon.

4 heures 30 mn (11 h-15h30) durant, l’opposition, le pouvoir, la CENI, les yeux dans les yeux, ont discuté en présence du facilitateur au 2e étage du palais de Kosyam. Au final, chacun est resté arc-bouté à sa position. Alors que l’Union des forces du changement (UFC) et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) tiennent à ce que la CENI se prépare mieux pour cette présidentielle prévue pour le 28 février 2010, le RPT estime que même à l’étape actuelle de l’organisation du processus électoral, le scrutin peut se tenir.

Ainsi, au sortir de ces échanges qui ont été passablement houleux, on aura constaté que rien n’a véritablement bougé. Comme le prouvent ces propos recueillis à chaud auprès de ces protagonistes togolais : - Tabiou Issifou Taffa, président de la CENI du Togo : “La date du 28 février tient, les points évoqués lors de cette audience me satisfont... Je ferai le compte rendu à la CENI à Lomé. Je ne suis pas l’opposition.

Quant à l’authentification des bulletins, le facilitateur va nous proposer une démarche à suivre, d’après ses dires”. Renseignement pris, il est probable que Moussa Michel Tapsoba, le président de la CENI du Burkina, et quelques- uns de ses collaborateurs soient dépêchés pour dispenser l’expertise burkinabè en matière électorale, afin de colmater les insuffisances togolaises.

- Georges Lawson (UFC) : “Je ne suis pas satisfait de cette rencontre parce que nous n’avons pas suffisamment rencontré d’ouverture de l’autre côté pour que les élections soient réellement transparentes, crédibles et acceptables ... Les revendications étaient de 3 ordres : la révision des listes électorales qui s’est mal passée, certaines régions ont connu un déficit d’électeurs, alors que d’autres ont connu une augmentation anormale.

Dans certaines régions, alors que la progression normale de la population est de 2% par an, la progression électorale dans ces régions était de 20%, ce qui a donné des électeurs supplémentaires de l’ordre de 82 000 ; deuxièmement, la traçabilité des bulletins : on a des bulletins à souche, l’origine des souches est très importante, là aussi il y a une argumentation de secret du vote qu’on nous oppose ; le troisième point de discorde, c’est l’authentification. Là aussi, on nous a parlé du secret du vote, alors que cette authentification a été pratiquée en 1994 et en 2007. Mais le facilitateur a pris la position de chacun, il n’a pas pu sortir un consensus”.

Et le représentant de l’UFC de balayer d’un revers de main la question des délais constitutionnels, car pour lui “le Togo ne nous tombera pas dessus parce que nous avons organisé des élections hors délai”. Surtout qu’une clause de la constitution maintient le chef de l’Etat en fonction jusqu’à la prestation de serment du nouvel élu. Enfin, George Lawson martèlera : “Nous allons aux élections pour les gagner, nous n’allons pas pour accompagner le pouvoir. Je suis avocat, je connais la valeur des mots, nous n’accompagnerons pas le pouvoir à ces élections”. Un boycott de l’UFC, si les choses restent inchangées, est donc probable.

- Solitoki Esso (RPT) : “Nous avons eu à échanger sur un certain nombre de problèmes liés au processus électoral, et nous avons estimé que les problèmes qui n’ont pas encore pu trouver de solutions seront discutés au sein de la CENI, notamment les problèmes liés aux listes électorales, conformément à la loi électorale, des contestations y relatives peuvent se poursuivre jusqu’au scrutin. L’élection aura lieu le dimanche 28 février 2010”.

- Me Djodji Apevon (CAR) : “A quelques semaines de la présidentielle, nous avons constaté qu’au niveau de la préparation quelques problèmes restent en suspens, notamment le fichier électoral,... la révision des listes s’est mal terminée, on a voulu que cette opération soit reprise, il y a également la question de l’authentification, du vote par procuration,... le facilitateur a estimé qu’effectivement il faut trouver une solution mais compte tenu du temps qui reste, il faut proposer un report pour corriger les choses ; le facilitateur a promis de discuter avec son homologue Faure du Togo”. On l’aura remarqué, l’élection aura lieu le 28 février ou, au cas où Blaise parvenait à arracher un report à Faure, le 7 mars 2010. Bref répit pour résoudre de gros problèmes.


Côte d'Ivoire/Election présidentielle : Un quotidien ivoirien d'opposition suspendu
07/02/2010

Un quotidien ivoirien d'opposition a été suspendu pour trois jours, après avoir vivement attaqué des proches du président Laurent Gbagbo, a-t-on appris jeudi de source officielle.


Dans un communiqué, le Conseil national de la presse (CNP) a condamné des articles publiés fin janvier par le Patriote, très proche du Rassemblement des républicains (RDR) de l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara, l'un des principaux rivaux de M. Gbagbo pour la prochaine élection présidentielle.

Le journal s'attaquait notamment à des personnalités du Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel), dont le ministre de l'Intérieur Désiré Tagro, en les présentant comme des "ennemis de la paix". Le CNP a fustigé une "atteinte à l'éthique sociale, par une incitation au tribalisme, à la xénophobie et à la révolte".

Cette suspension est "arbitraire", a réagi le rédacteur en chef du quotidien Emmanuel Koré, affirmant à l'AFP que d'autres journaux "vilipendent des hommes politiques et n'ont jamais été inquiétés, parce que proches du pouvoir".

Cette sanction survient alors que le climat politique s'est tendu ces dernières semaines en Côte d'Ivoire, sur fond de polémique sur les listes électorales. Le scrutin présidentiel, reporté depuis 2005 et censé clore la crise née du coup d'Etat manqué de 2002, est attendu avant juin par l'ONU.


Togo : On y va pour la forme
04/02/2010

Le Togo se prépare à sa seconde élection présidentielle de l’ère Eyadema fils. La première a failli plonger le pays dans une guerre civile à cause d’un scrutin mal organisé et surtout conçu pour consacrer le passage à témoin entre le défunt Gnassingbé Eyadema et son fils Faure. L’opération a certes réussi, mais le Togo porte encore les stigmates d’un coup de force électoral. La CEDEAO a dû nommer un facilitateur en la personne du président du Faso, Blaise Compaoré pour résoudre cette crise de confiance entre les acteurs politiques. Les élections présidentielles marqueront, en principe, le retour à un ordre constitutionnel normal pour peu que le scrutin se déroule dans le calme, la transparence et l’équité.


Le 28 février prochain, ce sera encore l’épreuve des urnes, une épreuve souvent redoutée par les hommes politiques africains, surtout quand ils sont au pouvoir et ne comptent pas s’en défaire de si tôt. Faure Gnassingbé est jeune et il n’est pas exclu qu’il veuille faire carrière. Il y a tellement d’exemples autour de lui.

Le plus difficile est de contrôler le processus électoral, de le verrouiller de sorte que quel que soit le vote, le vainqueur soit connu d’avance. Il y en a qui ont essayé et ça a marché. Pour le cas du Togo, on attendra le soir du 28 février pour voir confirmée cette assertion. Mais en attendant cette date, il faut croire que le sort lui est déjà favorable.

C’est d’abord l’adversaire héréditaire du RPT, son parti, Gilchrist Olympio qui n’arrive pas à déposer son dossier de candidature. A cause d’un vilain mal de dos, il n’a pas pu compléter son dossier de candidature avec un certificat médical. Cette défection involontaire du chef historique de l’UFC avait déjà enlevé au scrutin son potentiel de suspense et de joutes verbales.

On aurait aimé voir ou entendre celui qui a combattu le père pendant toutes ces années, défier le fils. Une sorte de revanche devant l’histoire. Mais hélas, le sort en a décidé autrement. Comme il a décidé que le second candidat le plus dangereux pour le pouvoir en place, Kofi Yamgnane, ce candidat indépendant venu de l’Hexagone, ne sera pas de la partie.

Pour le jeune président, on peut dire sans risque de se tromper que la voie est libre pour renforcer son pouvoir avec un deuxième mandat. Pas que les 6 candidats restants en lice sont de paille. Mais une candidature unique de l’opposition aurait eu plus de chance de battre le président sortant.

Me Agboyivo Yahovi, candidat du CAR a déjà servi le régime des Eyadema, Kodjo Messan Agbéyomé de l’OBUTS (Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire), est un gendre en dissidence avec la famille Eyadema. Lawson Messan, le candidat du Parti du renouveau et de la rédemption (PRR), semble se positionner plus pour l’après-présidentielle, conscient qu’il n’en sortira pas vainqueur. Reste Kagbara Bassabi (Parti démocratique panafricain » (PDP), et la seule dame du groupe des candidats, Adjamagbo-Johnson Brigitte Kafui de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA). Pas trop connus du grand public, on se demande comment ils vont rivaliser avec la machine électorale du RPT.

L’UFC avec son candidat de rechange, Jean Pierre Favre, reste malgré tout, la seule force politique capable d’inquiéter le président sortant sur le terrain s’il n’y a pas de fraude. Ici se pose la question de la régularité du scrutin et de l’observation de celle-ci. Sont annoncés 130 observateurs de l’Union européenne, partenaire stratégique du Togo qui avait suspendu son aide sous le régime de Gnassingbé Eyadema et 200 observateurs militaires et civils de la CEDEAO.

Ils vont observer un scrutin organisé au forceps et dont le processus, tout au long a été décrié par l’opposition. Du scrutin à deux tours voulu par l’opposition jusqu’à la révision des listes électorales, le processus n’a pas été un exemple de vrai consensus. Mais comme c’est de coutume sur le continent, les observateurs rendront compte dans leurs rapports, "d’irrégularités qui ne sont pas de nature à compromettre la régularité du scrutin" alors qu’ils n’auront vu que ce qui s’est passé en aval du processus.

Or, comme chacun le sait, en Afrique, la fraude se prépare en amont et au niveau de certains chaînons essentiels tels le fichier électoral, l’encre indélébile, etc. Comme à son habitude, cette flopée d’observateurs n’y verront que du feu. Ils sont plutôt regardés comme des éco-touristes. Leur regard ne s’arrête que sur le superficiel et il leur est matériellement impossible de parcourir tous les villages et hameaux du Togo pour vérifier l’effectivité d’un vote régulier et transparent. Or, et c’est une évidence, plus de 90% du corps électoral provient de la communauté rurale. C’est dire toute l’inanité des observateurs étrangers qui viennent en Afrique.


Tchad: Le ministre de Environnement limogé pour avoir permis l'abattage d'arbres
04/02/2010

Le ministre tchadien de l'Environnement et des ressources halieutiques le Professeur Ali Souleyman Dabye a été limogé mercredi, selon des sources officielles, apparemment pour avoir permis l'abattage d'arbres autour de N'Djamena.


"Il est mis fin aux fonctions du ministre", indique le décret lu à la radio sans préciser de raisons.

Un membre du gouvernement a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat que le ministre avait délivré "une autorisation à un général de l'armée pour l'abattage des arbres dans un périmètre à perte de vue à la sortie sud de N'Djamena".

Or, les autorités tchadiennes ont, dans le cadre de la lutte contre la déforestation et la désertification, strictement interdit l'abattage des arbres près de N'Djamena, interdisant même la vente de charbon de bois dans la capitale.

En août 2007, le président Idriss Deby Itno avait lancé un plan de ceinture verte autour de la capitale, où un million d'arbre doivent être plantés.

Mais N'Djamena a été la cible de plusieurs attaques rebelles ces dernières années.

En 2008, les rebelles ont même atteint les portes du palais présidentiel et étaient tout proches de renverser le régime.

Après l'attaque, les autorités avaient fait couper des arbres centenaires qui étaient la fierté de l'avenue du Général de Gaulle parce que les rebelles avaient bénéficié de leur protection lors de l'attaque.


Ethiopie : Le Sommet de l'UA condamne l'attaque contre la sélection du Togo
04/02/2010

Décidément, le président nigérien, Mamadou Tandja, ne finira pas de surprendre. De façon désagréable une fois de plus. En effet, l’hebdomadaire nigérien, Le Canard déchaîné, vient de révéler aux yeux du monde, ce que Tandja et son gouvernement croyaient pouvoir soigneusement cacher. Et tenez-vous bien, un problème aussi sérieux que celui de la famine. Le 14ème sommet des chefs d'État et de Gouvernement de l'Union Africaine (UA), qui a clôt ses travaux mardi, à Addis-Abeba, en Éthiopie, a adopté par acclamation une résolution condamnant l'attaque terroriste perpétrée le 8 janvier 2010, contre l'équipe nationale de football du Togo, dans la province angolaise de Cabinda.


Dans cette résolution, les chefs d'État ont invité la communauté internationale à coopérer sans réserve avec les autorités angolaises pour traduire en justice les auteurs de cet acte odieux.

Dans ce document de sept points, les hommes d'État ont demandé aux pays non africains, à partir desquels, l'attaque terroriste a été organisée, planifiée, et même revendiquée, à coopérer avec le Gouvernement angolais pour traduire en justice les responsables de cet acte criminel.

Le sommet demande à ces pays de ne pas autoriser la résidence permanente sur leur territoire de personnes ayant des antécédents terroristes.

L'UA invite à la prise des mesures nécessaires pour empêcher l'utilisation de ses territoires pour la planification et l'exécution des actes terroristes contre les pays africains. Elle réaffirme que le terrorisme est un acte abominable et répréhensible visant à déstabiliser la paix et la sécurité des personnes.

Par conséquent, le sommet évoque les principes énoncés dans l'Acte Constitutif de l'Union Africaine, la Convention de l'OUA de 1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme (Convention d'Alger) et le protocole de 2004.

Le 14ème Sommet de l'UA a eu lieu du 31 janvier au 2 février 2010, à Addis-Abeba, en Ethiopie.


Niger : La politique de l’autruche de Tandja
30/01/2010

Décidément, le président nigérien, Mamadou Tandja, ne finira pas de surprendre. De façon désagréable une fois de plus. En effet, l’hebdomadaire nigérien, Le Canard déchaîné, vient de révéler aux yeux du monde, ce que Tandja et son gouvernement croyaient pouvoir soigneusement cacher. Et tenez-vous bien, un problème aussi sérieux que celui de la famine.


Une enquête menée pourtant par le même gouvernement nigérien, relève que, pour l’année en cours, les foyers de plus de sept millions de Nigériens (plus de la moitié de la population), ne font pas bouillir la marmite. Pour tout dire, le peuple de Tandja vit une insécurité alimentaire épouvantable. Et, ce qui est étonnant, c’est que toutes les fois qu’il s’agit de s’adresser à son peuple, l’ex-colonel de l’armée nigérienne jure, les deux mains pointées au ciel, qu’il conduit le Niger à bon port. Mais en vérité, est-on tenté de se demander, que veut finalement Tandja ?

Après avoir dissous son Assemblée nationale, organisé un référendum constitutionnel d’où il est sorti victorieux sans aucune gloire, au mépris de son peuple, des instances panafricaines et de toute la communauté internationale, le voilà en train de priver son peuple de nourriture que lui auront apportée les bonnes volontés, en refusant de déclarer l’existence de famine dans son pays. Pourtant, pays sahélien, le Niger est connu comme l’un des pays qui sont incessamment frappés par le fléau de la famine.

Et l’on se demande pourquoi Tandja cherche-t-il à le cacher. A supposer que le colonel ait inscrit l’autosuffisance alimentaire dans ses grands chantiers pour l’exécution desquels il s’est octroyé un bonus de trois ans, veut-il maintenant faire croire au monde entier qu’il a déjà réalisé une partie de ces chantiers, qui consiste à sortir son peuple de la sous-alimentation ?

Si tel est le cas, Tandja se trompe énormément. Le monde devenu un village planétaire grâce aux technologies de la communication et de l’information, il devrait comprendre qu’il est maintenant difficile pour lui, de faire prendre aux gens des vessies pour des lanternes. Dans tous les cas, la politique de l’autruche à laquelle s’adonne le numéro un nigérien est périlleuse pour son peuple. Seulement pour son peuple.

Car, inch’allah, Tandja et ses proches ne dormiront jamais le ventre creux. Pourvu que Taïwan produise du riz et l’Italie les pâtes alimentaires. N’a-t-il pas récemment demandé au même peuple, qui tire déjà le diable par la queue, de serrer les ceintures pour, dit-il, faire face aux dures conditions de vie, suite au sevrage de son pays de l’aide au développement ?

C’est l’histoire de l’éléphant qui exige de la fourmi qu’elle adopte un régime alimentaire afin de sauvegarder l’environnement ! En tout état de cause, on ne cache pas un danger comme celui de la famine. Il est grand temps pour Tandja de prendre des mesures urgentes qui soulageront son peuple déjà meurtri.


RCA : Disparition mystérieuse de l’ex-chef rebelle HASSAN OUSMANE du MNSP
30/01/2010

Décidément, un peu moins de six mois avant la fin du mandat du président centrafricain le 10 juin prochain à minuit, plus rien ou presque ne tourne en rond à Bangui, gagné par la torpeur d’une saison sèche qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Mais la capitale centrafricaine est-elle devenue une chambre à gaze où disparaissent des citoyens, fussent-ils ex-chefs rebelles ? Il faut en tout cas le craindre.


Si l’on en croit sa famille, l’ex-chef rebelle Hassan Ousmane du Mouvement nationale du salut de la patrie, n’a pas donné signe de vie depuis plusieurs jours.

D’après sa famille, cette disparition mystérieuse de l’ex-chef rebelle ressemble à un enlèvement. Car, selon elle, ses effets personnels y compris son téléphone portable, seraient encore dans la chambre qu’il occupait au camp de la MICOPAX, près de l’aéroport Bangui M’Poko. La source indique qu’il est peu probable qu’Hassan Ousmane se soit volontairement mis au vert.

Une hypothèse que semble confirmée un autre ancien rebelle qui est également hébergé par la MICOPAX. Contacté par L’Indépendant, ce dernier a indiqué sous le couvert de l’anonymat que quarante huit heures avant la disparition de monsieur Ousmane, des éléments de la garde présidentielle en civile étaient à sa trousse.

Difficile à l’heure actuelle d’avoir une réaction officielle des autorités centrafricaines, manifestement très embarrassées.

Le MNSP qui est né d’une scission avec le mouvement du mercenaire tchadien Abakar Sabone fait pourtant partie des groupes rebelles signataires d’un accord de paix avec le pouvoir et participe au processus de paix. Son patron n’est autre que le petit fils d’Olivier Gabirault, l’un des poids lourd de l’opposition démocratique centrafricaine.

Ce pays est-il un étrange paradoxe ?

On le savait déjà il y’a plusieurs années : la Centrafrique vit une situation chaotique. Mais on était loin d’imaginer qu’elle était à ce point plongé dans la sauvagerie et la barbarie. L’approche d’élections démocratiques aurait dû être un moment intense où les forces vives de la nation se préparent au grand rendez-vous d’avec le peuple.

Mais c’est tout le contraire que l’on observe hélas ! En tout cas, ce début 2010 restera à jamais comme la période la plus dangereuse de l’histoire politique de la République centrafricaine. On retiendra que c’est au moment où le peuple centrafricain aspire plus à la paix que le pouvoir en place a choisi la violence, les éliminations physiques d’opposants et les exécutions sommaires comme mode de règlement de ses différends avec ses adversaires désarmés. Étrange prélude à l’affrontement pacifique d’une élection libre.

Après le désormais affaire Charles Massi, décédé vraisemblablement suites aux tortures que des soldats proches de François Bozizé lui auraient infligé, voilà que l’on s’achemine vers une autre affaire de meurtre politique qui allonge la liste macabre des crimes politiques.

Si la disparition de l’ex-chef rebelle Hassan Ousmane se révélait être un enlèvement suivi d’un meurtre, quel argument les défenseurs de la bozizie trouveraient-ils encore pour narguer les parents de victimes lorsqu’on sait que celui-ci a appelé pouvoir et groupe rebelle à faire la paix ? Pourront-ils encore dire qu’il n’est pas nécessaire de se préoccuper du sort d’un chef rebelle semeur de désolation ?

Faut-il le rappeler, dans le serment qu’il a prêté le jour de son investiture le 11 juin 2005, François Bozizé s’était engagé a assuré la sécurité de tout Centrafricain quelque soit son origine ethnique, sociale, régionale et religieuse. Or, en s’adonnant aux homicides politiques, le président centrafricain viole son serment et se rend donc coupable du crime de haute trahison prévue par la Constitution de décembre 2004.

Face à cette déliquescence des acquis démocratiques, les partenaires africains et internationaux de la Centrafrique se doivent de dire stop à François Bozizé. Ils doivent s’indigner, stigmatiser et dénoncer les dérives dictatoriales de ce régime qui constitue une réelle menace contre une population sans protection. Sinon, ce sera trop tard.


 

Sénégal : Pas de hausse envisagée sur le prix de l’électricité
30/01/2010

Pour le moment aucune hausse n’est envisagée sur les factures d’électricité. C’est l’assurance donnée avant-hier par le Premier ministre, à l’issue du conseil interministériel consacré au secteur de l’énergie.


Me Souleymane Ndéné Ndiaye est revenu sur cette question très attendue suite aux récentes supputations sur une éventuelle hausse du prix de l’électricité.

Une rumeur que le chef du gouvernement a écartée puisque, précise-t-il, « n’est pas à prévu dans les plans du gouvernement ». Toutefois, précise Me Souleymane Ndéné Ndiaye, « il y a des paramètres que nous ne maîtrisons pas ». Il y a, par exemple, le cours du baril de pétrole « qui augmente au niveau international » et sur lequel le Sénégal est obligé parfois de s’ajuster.

Et même si cela devait également se produire, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement s’emploiera à contenir les prix de l’électricité à des niveaux raisonnables.


Tchad: Les députés acceptent la mise en accusation pour corruption de trois ministres
30/01/2010

L'Assemblée nationale du Tchad a accepté jeudi à N'Djamena la mise en accusation pour corruption par la justice de trois membres du gouvernement sur un total de six, a constaté un journaliste de l'AFP.


L'Assemblée nationale, saisie d'une requête de la Cour suprême, a examiné chaque cas et autorisé la mise en accusation des ministres Abderamane Koko (Education nationale), Limane Mahamat (Secrétaire général du gouvernement), et du secrétaire d'Etat aux Finances chargé du Budget, Oumar Boukar Gana.

Le renvoi devant la Justice a été voté à 92 voix pour M. Koko sur 116 votants. Il a été accepté par 101 des 115 votants pour M. Mahamat et par 99 des 114 votants pour M. Gana. L'Assemblée tchadienne compte au total 155 députés.

"Les ministres mis en accusation sont suspendus de leur fonction dès cet instant", a déclaré le président de l'Assemblée nationale, Nassour Guelengdouksia. "Le Procureur auprès de la Haute Cour de Justice sera saisi dès demain (vendredi) des résultats du vote", a-t-il ajouté.

Les députés ont rejeté la mise en accusation des ministres Gata Ngoulou (Finances), du Dr Ngombaye Djaïbé (Santé publique) et de la Secrétaire d'Etat à l'Alphabétisation Khadidja Hassaballah, les trois autres membres du gouvernement en exercice visés par la requête de la Cour suprême.

Selon le rapport de la commission parlementaire chargée du dossier, dont l'AFP a obtenue copie, "les charges (de corruption) sont supposées déterminantes" pour les trois membres du gouvernement dont la mise en accusation a été acceptée, elle "ne sont pas supposées déterminantes" pour leurs trois collègues.

Ces six personnalités ainsi qu'un député du parti au pouvoir -dont l'immunité a été levée le 19 janvier- sont soupçonnés d'être impliqués dans des malversations dans l'attribution d'un marché public pour l'achat de manuels scolaires pour l'année 2009 pour un montant de 1,5 à 2 milliards de FCFA (de 2,29 à 3,05 millions d'euros).

Cette affaire a été révélée en octobre. En novembre, le Conseil des ministres avait donné son accord pour un décret autorisant la justice à "entendre, à titre de témoins", six membres du gouvernement mis en cause.

D'après le rapport parlementaire obtenu par l'AFP, le commerçant ayant obtenu le marché aurait notamment versé au ministre de l'Education nationale via un intermédiaire 60 millions de FCFA (près de 91.500 euros), et 75 millions de FCFA au ministre secrétaire général du gouvernement (plus de 114.000 euros) via un intermédiaire.

Quant au secrétaire d'Etat aux Finances chargé du Budget, le commerçant "déclare lui avoir remis de l'argent à plusieurs reprises", ajoute le document, faisant état de "nombreux appels téléphoniques nocturnes" entre eux.


RDC : Le gouvernement remet un chèque de 2,5 millions USD pour Haïti
30/01/2010

Le Premier ministre Adolphe Muzito a remis, jeudi à Kinshasa, un chèque de 2,5 millions de dollars au représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, Alan Doss, au profit du peuple haïtien, rapporte radiookapi.net


Le Premier ministre Adolphe Muzito a ainsi concrétisé la promesse faite par le gouvernement congolais au peuple haïtien, au lendemain du séisme qui a coûté la vie à plus de 110 mille personnes. Adolphe Muzito a souligné que ce don représente la gratitude du peuple congolais envers la communauté internationale pour tout ce qu’elle fait en faveur de la RDC dans les mêmes circonstances, notamment dans celles des crises humanitaires consécutives aux conflits armés.

Le patron de la Monuc, Alan Doss, a aussitôt remis le chèque au représentant pays du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), Adama Guindo, le chargeant de le faire parvenir au siège des Nations Unies.

Adama Guindo a exprimé sa gratitude pour ce geste de solidarité, en présence du consul d’Haïti en RDC. « De tous les gestes de solidarité enregistrés sur le continent africain [pour Haïti], celui de la RDC est le plus élevé jusque là. Je salue le président de la République, le premier ministre et tout le peuple congolais pour cet élan de solidarité qui sera marqué d’une pierre blanche pour Haïti. Cette aide va permettre d’appuyer les efforts de secours humanitaire et de reconstruire ce pays », a déclaré Adama Guindo.

Protestation

Tout en saluant ce geste de solidarité du gouvernement congolais, le collectif des familles des maisons détruites sur les sites IEM (Institut d’enseignement médical), Koweït et Fonames (Fonds national médico-social) ont organisé une manifestation de protestation devant les bureaux du Premier ministre Adolphe Muzito, au moment où il remettait le chèque au patron de la Monuc.

Le représentant de ce collectif a déclaré à radiookapi.net qu'il juge irresponsable l’attitude du gouvernement de faire un don, quoique important, à un peuple frère et ne pas tenir compte de leur situation. En effet, le gouvernement de la RDC avait ordonné la destruction des plusieurs maisons situées dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa en face du Camp militaire Kokolo, au profit de la construction d’un hôpital en chantier.

Ces familles étaient accusées d’avoir construit leurs maisons anarchiquement sur ce site, malgré les titres légaux de propriété brandis par certaines d’entre elles. Le gouvernement avait reconnu qu’une minorité d’occupants de ce site disposait des titres légaux et avait promis de les indemniser. Ce qui n’est pas encore fait, selon quelques manifestants présents à la primature ce jeudi.


Liberia : Ellen avait parlé trop tôt
28/01/2010

Ellen Johnson Sirleaf a parlé trop tôt, et visiblement, trop vite. Après avoir déclaré ne pas être intéressée par un second mandat, la présidente du Liberia vient de retourner … son tailleur. Elle sollicitera une seconde fois les suffrages de ses concitoyens. Il est vrai, ce désir de rempiler ne porte aucunement atteinte à la Loi fondamentale du Liberia. Etant à son premier mandat, il est normal qu’elle aspire à un nouveau bail. Moins normal est cependant le fait de remettre en cause ses propos d’hier.


Ce n’est ni plus ni moins qu’un parjure ! Qu’est-ce qui a alors bien pu pousser la présidente du Liberia à se dédire ? A-t-elle fini par prendre goût au pouvoir ? Est-elle l’otage de courtisans ? Le délai qu’elle s’était fixé au départ pour remettre son pays sur les rails, a-t-il fini par lui paraître court, au point qu’elle veuille se donner plus de temps et donner davantage d’elle ?

Cela est possible. De toute manière, elle aurait dans ce cas les encouragements et le soutien de la communauté internationale, en particulier les Etats-Unis aux yeux de laquelle elle passe pour être un élément stabilisateur du Liberia. Toutefois, on a en mémoire qu’une commission calquée sur le modèle sud-africain

"Vérité, justice et réconciliation" avait vu le jour au Liberia pour faire la lumière sur le pénible, tragique et ténébreux passé de ce pays. Celle-ci avait abouti à des conclusions dans lesquelles la diplômée de l’Université de Harvard n’était pas sans reproche. Des griefs qui avaient du reste poussé la commission à suggérer que Sirleaf se contentât d’un seul mandat.

Ce nouveau et surprenant désir de se maintenir au pouvoir, n’est peut-être pas étranger à la volonté de la présidente libérienne de se mettre à l’abri de toute surprise désagréable. Car c’est connu : une fois la cuirasse du pouvoir tombée, on peut devenir vulnérable. Au cas donc où elle aurait vraiment des raisons de se faire du souci pour l’avenir, retarder au maximum le départ du pouvoir se présente a priori comme la meilleure option. Mais seulement a priori.

Car, même si elle traînait des casseroles, Ellen Johnson Sirleaf pourrait se voir absoute de ses "péchés". En fait, tout dépendra de la qualité qu’elle imprimera à ses mandats et du souvenir que ses concitoyens garderont de son passage à la tête de l’Etat.

La commission avait recommandé à la présidente de ne plus se porter candidate pour un second mandat. Une recommandation que Ellen Johson Sirleaf vient manifestement de fouler aux pieds. En somme, une attitude qui frise la défiance, et qui pourrait ne pas être sans graves conséquences sur l’avenir de la commission. Car, à supposer que Ellen Johnson Sirleaf se présente une fois encore aux élections et qu’elle les remporte, quels seront ses rapports avec ladite commission qu’elle aura ainsi désavouée ? Serait-elle habitée par un quelconque sentiment revanchard ?

En tous les cas, si elle était réélue, Ellen Johnson Sirleaf ne devrait pas perdre de vue que c’est parce que les Libériens lui ont réitéré leur confiance. En si bon chemin, elle ne devrait pas décevoir.


Bénin/Présidentielles 2011 : L’opposition veut surprendre Boni Yayi
28/01/2010

Contrairement à ce qui se passe au sein de la mouvance présidentielle où les membres du gouvernement créent des partis de façon tous azimuts et les députés Fcbe entretiennent des malentendus, les partis de l’opposition réunie au sein de l’Union fait la Nation (Un) se consolident de jour en jour malgré leurs difficultés. Le dernier signal fort qu’ils ont donné est la rencontre tenue la semaine dernière au domicile du président Soglo pour décider des assises du 30 et 31 janvier qui vont servir de cadre à la désignation du candidat unique pour la prochaine présidentielle.


Pendant que la mouvance évolue en rang dispersé, l’opposition se consolide et se donne de plus en plus de chances pour remporter la bataille des élections présidentielles de 2011. A quelques mois des échéances fatidiques, la mouvance présidentielle est complètement en perte de vitesse. Le rejet du budget exercice 2010 par des députés de la mouvance présidentielle, la création tous azimuts de partis politiques par des membres du gouvernement en dépit de l’existence de Fcbe et de l’Umpp sont des preuves du malaise profond qui secoue la majorité présidentielle.

Boni Yayi pourra-t-il rempiler dans cet imbroglio ? N’est-il pas urgent pour le chef de l’Etat de réorganiser sa troupe afin de la mettre en ordre de bataille pour les présidentielles de 2011 au regard de ce qui se passe au niveau du camp d’en face qui est plus que jamais déterminé à le faire partir ? En tout cas, les membres de l’Un ne veulent pas du tout perdre du temps.

En dépit des difficultés rencontrées sur ce chantier gigantesque de désignation d’un candidat unique, le Prd, la Rb , le Psd, le Madep et Force Clé ne se lassent et ont d’ailleurs à cet effet donné de la voix une fois encore la semaine dernière. Nicéphore Soglo, Amoussou Bruno, Adrien Houngbédji, Séfou Fagbohoun, Lazare Sèhouéto et autres vont choisir leur candidat unique à la fin du mois de janvier 2010.

Si dans les rangs de la mouvance présidentielle, cette information de désignation de candidat unique ne déchante pas encore les barons, les leaders de l’Un eux prennent de l’avance sur le temps, parce que une fois le choix du candidat unique fait, le plus dur serait ainsi fait. Il s’agira pour le reste tout simplement pour les leaders de ces partis politiques réunis au sein de l’Un de convaincre leur électorat de porter leur choix sur ce candidat unique.

Cette organisation n’est pas encore notée au sein de la mouvance présidentielle où beaucoup de poids lourds sont encore indécis sur la position qu’ils auront à tenir lors des prochaines présidentielles. L’exemple du G5 à l’assemblée nationale est là, sans oublier certains anciens membres du gouvernement, certains anciens préfets et autres cadres qui ont eu à occuper de hautes responsabilités sous le régime du changement.

S’il est vrai que le chef de l’Etat œuvre pour ne pas subir le sort de Soglo en 1996, il n’est pas moins vrai que jusque-là, il n’a pas encore mis en œuvre la stratégie qui lui permettra d’éviter ce sort. Et à cette allure, Boni Yayi risque de se faire surprendre par l’opposition comme c’était le cas en 1996. Ce serait comme le dit l’adage « Jamais un sans deux ».


Burkina : Pour voter désormais, CNIB, passeport et carte militaire
28/01/2010

La carte nationale d’identité burkinabè (CNIB), le passeport et la carte militaire sont désormais les seules pièces valables pour voter. Ainsi en a décidé l’Assemblée nationale, le 25 janvier 2010, au terme de l’examen d’un projet de loi portant relecture du code électoral en ses dispositions relatives à l’identification de l’électeur, au vote des Burkinabè de l’étranger et au parrainage des candidats à la présidentielle.


Notre pays vient de tourner la page sur l’usage de pièces sans photographie aux scrutins, notamment les bulletins ou jugements supplétifs d’actes de naissance, la carte de famille et le livret de famille. En effet, le 25 janvier dernier, l’Assemblée nationale, après examen d’un projet de loi portant relecture du code électoral, a adopté une modification instituant la CNIB, le passeport et la carte militaire comme seuls documents valables pour voter désormais avec sa carte d’électeur.

A titre transitoire, il est permis de s’inscrire sur les listes électorales, pour la présidentielle 2010, avec les actes de naissance. Cependant, l’électeur doit se faire établir l’une des pièces ci-dessus citées pour accéder au bureau de vote. Ce, « avant la date retenue par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour le traitement final de la liste électorale ».

Pour le gouvernement, c’est l’objectif de la campagne de délivrance massive d’actes de naissance entamée depuis mai 2009 et dont la deuxième, qui court jusqu’en février 2010, est couplée à une opération d’établissement de CNIB à tous les Burkinabè de 15 ans et plus. Les députés ont toutefois exprimé des inquiétudes quant à l’atteinte des objectifs de la campagne, au regard des difficultés liées à la procédure constatées sur le terrain.

Pour le ministre de l’Administration territoriale, P. Clément Sawadogo, il n’y a pas à craindre, car en dépit de la complexité de la procédure, pour ce qui est des actes de naissance certaines localités ont pu satisfaire au moins 70% des demandeurs.

Ces statistiques n’ont pas manqué de susciter des débats à l’hémicycle mais le ministre Sawadogo a coupé court au débat en invitant les uns et les autres à mouiller le maillot pour relever le défi. Il a par ailleurs indiqué que des dispositions énergiques ont été prises pour améliorer la capacité de production de l’Office national d’identification (ONI), qui passera de 6000 à 22 500 cartes par jour, soit 12 500 cartes/j au niveau de son centre de Ouagadougou et 10 000 cartes/j dans celui de Bobo-Dioulasso.

La représentation nationale a également adopté une modification de la loi portant parrainage des candidats à la présidentielle. Cette loi disposait que les candidats à la magistrature suprême devaient être parrainés par 50 élus répartis dans 7 régions sur les 13 que compte le Burkina. Le Conseil constitutionnel, ayant vu des insuffisances dans cette formulation, a proposé l’ajout du terme « au moins » au nombre 50, afin de faciliter l’application de la loi.

Le vote des Burkinabè de l’étranger aux élections référendaire et présidentielle était également à l’ordre du jour au Parlement. Il faut retenir, sur ce point, que la diaspora burkinabè ne pourra pas participer au scrutin présidentiel de 2010. Cela n’entrera en vigueur qu’à compter de 2015. Le principe n’est pas remis en cause, mais son application se heurte, selon le gouvernement, à des obstacles juridiques qu’il faut nécessairement régler avant de pouvoir le rendre opérationnel. A cet aspect s’ajoute le coût qui, dira le ministre de l’Administration territoriale, est insupportable par le budget national.

Car il faudra, d’après une évaluation de la CENI, 15 milliards de FCFA, pour le vote des Burkinabè de l’étranger, soit une augmentation de 300% par rapport à la précédente présidentielle qui était de 5 milliards. Aussi le législateur a-t-il introduit une disposition transitoire dans la loi renvoyant la participation des Burkinabè de l’étranger aux consultations majeures en 2015, pour permettre au gouvernement d’introduire à nouveau un projet de loi pour pouvoir régler ces questions juridiques.

Hamidou Ouédraogo

Explication du principe de parrainage des candidats à la présidence par le président de la Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH), Jacob Ouédraogo

« La loi que nous avons votée en 2009 introduit la question du parrainage. Celle-ci dispose que les candidats à la présidentielle doivent être parrainés par 50 élus répartis dans 7 régions sur les 13 que compte le Burkina. Le Conseil constitutionnel a fait des observations pour demander d’introduire « au moins », afin d’éviter certains risques. Quand on parle de 50 élus, il faut inclure les élus locaux et les députés, qui sont des élus nationaux.

Le candidat a trois possibilités pour se faire parrainer. Il peut le faire rien que par des élus nationaux ou par des conseillers municipaux. Quel que soit le type d’élus, il faut que ceux-ci soient répartis dans 7 des 13 régions. C’est pour éviter qu’un candidat aille dans sa commune ou dans sa région ou ethnie pour puiser des parrains. Tout cela, c’est pour donner au candidat à la présidentielle une envergure nationale.

Mais même s’il choisit de se faire parrainer par des députés et des conseillers municipaux, à ce moment, même s’il n’a qu’un seul député et 49 élus locaux, le candidat n’a pas besoin que ces élus soient répartis dans les 7 régions. Parce que comme il y a au moins un député, ça confère à son parrainage un caractère national. Le législateur a mis des conditions souples pour que, d’une part, on n’ait pas de « candidatures fantaisistes » et que, d’autre part, il n’y ait pas de critères trop sévères qui excluent du jeu politique des gens qui ont une certaine crédibilité ou une assise nationale… ».


Un avion d’Ethiopian Airlines avec 90 personnes à bord s’écrase au large du Liban
27/01/2010



Un avion d’Ethiopian Airlines et qui transportait avec 90 personnes à bord s’est écrasé lundi au large du Liban. L’appareil, un Boeing 737-800, venait de décoller de Beyrouth et devait faire route vers Addis-Abeba, quand il s’est subitement abimé au large des côtes du pays, à une dizaine de km de Beyrouth. Les conditions météo seraient mises en cause dans ce drame. La capitale libanaise subissait un violent orage lors du décollage du vol d’Ethiopian Airlines. Une enquête a été diligentée par les autorités libanaises. Même si la piste de l’accident reste la plus probable, aucune hypothèse n’est écartée.

Les 83 passagers (l’avion comptait 7 membres d’équipage) étaient surtout libanais, mais on trouvait aussi des Ethiopiens, et d’autres nationalités. Vingt-quatre corps auraient déjà été retrouvés mais déjà, les enquêteurs évoquent le recours à des tests ADN pour parvenir à identifier certains corps.

Ghazi al Aridi, le ministre des Transports libanais, s’est rendu en personne à l’aéroport international Rafic Hariri, tandis que le président libanais, déclarait que l’enquête allait s’atteler à déterminer au plus tôt la cause du crash. Un jour de deuil national a été décrété dans le pays, tandis qu’un début de polémique a vu jour, les familles des victimes se demandant pourquoi l’avion avait décollé, compte tenu des conditions météo.


Togo/Présidentielle : Le réveil tardif de M. Olympio
26/01/2010

La chose se susurrait déjà dans la matinée du 13 janvier 2010, deux jours avant la clôture de la liste des présidentiables : Gilchrist Olympio serait malade et hospitalisé aux Etats-Unis d’Amérique ; et il se pourrait donc que son parti, l’Union des forces du changement (UFC), change de monture pour la présidentielle de février 2010.


Supputations confirmées en partie le lendemain 14 janvier au cours d’une conférence de presse, donnée par les premiers responsables du parti. Car si l’UFC admet que son champion est indisposé, la problématique du maintien de sa candidature reste pendante. Il a fallu une longue réunion de cette formation le lendemain 15 janvier pour dégager la candidature du secrétaire général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre, une candidature de substitution, pensait-on, mais qui pouvait relever le défi de ce scrutin majeur.

En effet, on estimait que de son lit d’hôpital « Fo Gil » allait apporter son soutien à celui avec qui il partage un long compagnonnage et qui a fait ses preuves au sein du parti. Même s’il est vrai que lors de la réunion, la question du retrait de l’UFC de la présidentielle a été posée par l’illustre malade via certains de ses fidèles. Comme pour dire « Gilchrist candidat ou personne ».

Mais comme le « miraculé de Soudou » gardait le silence, nombreux sont ceux qui se sont dit qu’il a entériné tacitement le choix par défaut. Une considération qui n’a pas tenu compte de « l’égo politique » de Gilchrist qui n’a vécu que pour la conquête du pouvoir d’Etat et pour la revanche (même s’il s’en défend) contre ceux qui ont assassiné son président de père le 13 janvier 1963.

Et ce que d’aucuns redoutaient advint sous la forme d’une cacophonie : sur les ondes de la BBC, on a appris que Gichrist olympio tient mordicus à concourir fin février et négocie avec les autorités togolaises pour que son dossier soit accepté par la CENI malgré sa forclusion. Mieux ou pire, c’est selon, Olympio a écrit sur son site de campagne le 16 janvier, soit donc 24 heures après la désignation de JP Fabre, que « la question de l’acceptation de ma candidature reste en cours de règlement avec les autorités togolaises, qui donneront, je l’espère, une réponse favorable à notre requête dans ce même souci de paix.

Bien que nous ayons introduit en dernière minute une candidature de recours auprès de la CENI dans la soirée du vendredi, je reste bien sûr le candidat investi de l’UFC pour l’élection présidentielle au Togo ». Avec cet aveu, M. Gilchrist veut qu’on fasse fi des règles juridiques pour appliquer celles politiques rien que pour lui. Exit la CENI, c’est aux autorités togolaises d’accepter son dossier hors délai. De même, il laisse apparaître en filigrane que s’il n’est pas candidat, la paix voulue par les Togolais risque d’en pâtir.

Du coup, ce qui était un secret de Polichinelle se retrouve à présent sous les feux de la rampe : l’apparition au grand jour de 2 tendances au sein de l’UFC : ceux qui sont pour Gil, et le courant modérateur, cornaqué par Fabre.

Certes, Gilchrist incarne pratiquement à lui seul l’UFC. Sans le combat qu’il a mené, certains acquis politiques n’auraient jamais vu le jour au Togo. Et comme partout en Afrique, il est le principal financier du parti. Cela suffit-il pour casser son parti parce qu’on n’est pas candidat ? On comprend l’amertume de M. Gilchrist, car c’est la première fois qu’il devait participer à une présidentielle, et peut-être son ultime participation, logique biologique obligeant.

Mais de grâce, M. Gilchrist, si vous ne voulez pas saborder toutes ces années de lutte :

- Ayez le courage de retirer votre dossier !

- Apportez un soutien franc à JP Fabre, que vous connaissez bien, après tout, c’est votre fils spirituel !

- Ne donnez pas raison à ceux qui estiment que vous poursuivez une vendetta personnelle, vous n’avez plus rien à prouver au Togo !


Burkina Faso : Un nouveau code pour régir les scrutins
26/01/2010

Le lundi 25 janvier 2010, l’Assemblée nationale a voté une nouvelle loi portant modification de la loi sur le Code électoral du 3 juillet 2001. Les modifications apportées au Code électoral concernent essentiellement les dispositions relatives à l’identification des électeurs, le vote des Burkinabè de l’étranger et le parrainage des candidatures à l’élection présidentielle.


Selon la nouvelle loi, "pour justifier son identité, l’électeur produit l’une des pièces suivantes : le passeport, la carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) et la carte d’identité militaire". Désormais, il ne sera donc plus possible d’utiliser ni jugement supplétif ou déclaration de naissance, ni carte de famille, ni livret de famille ..., puisque ces pièces ne comportent pas la photographie de l’électeur.

Toutefois, à titre transitoire, pour l’établissement des listes électorales en vue du scrutin présidentiel de 2010, la loi accepte que l’extrait d’acte de naissance, le jugement supplétif ou déclaratif donnant lieu d’acte de naissance soient pris en compte. Mais, à charge pour l’électeur de se faire établir une carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) avant la publication de la liste électorale.

En ce qui concerne le vote des Burkinabè de l’étranger, ils ne pourront participer aux votes que pour compter de l’élection présidentielle de 2015. Mais, pour l’instant, les dispositions concernant leur vote sont annulées. Cela, du fait de "nombreuses difficultés pratiques, tant au plan juridique qu’au niveau budgétaire", selon le gouvernement qui a demandé l’annulation de la loi.

Au niveau budgétaire particulièrement, l’on trouve que la mise en oeuvre du vote des Burkinabè de l’étranger suivant les dispositions actuelles du Code électoral entraînera nécessairement une augmentation considérable du budget de l’organisation des prochains scrutins présidentiels.

En effet, le budget prévisionnel soumis par la CENI au gouvernement pour l’organisation de l’élection présidentielle de 2010 s’élève à environ 15 milliards de F CFA, rien que pour le premier tour, ce qui représente une augmentation de près de 300% par rapport au budget du scrutin de 2005 qui était de l’ordre de 5 milliards de F CFA. Le gouvernement trouve cette charge insupportable pour l’instant.

Enfin, pour ce qui est des parrainages des candidats à l’élection présidentielle, la nouvelle loi punit désormais quiconque se rend coupable de parrainage multiple ou de faux parrainage.

"Le parrainage multiple et le faux parrainage sont nuls. Si cette nullité est susceptible d’entraîner l’annulation d’une candidature, le Conseil constitutionnel le notifie au candidat soixante douze (72) heures avant la date de publication de la liste. Il est accordé un délai de vingt quatre (24) heures au candidat pour procéder au remplacement des parrainages annulés. Les attestations de parrainage sont établies sur un formulaire conçu et délivré par le Conseil constitutionnel au plus tard trente jours avant la date de clôture de dépôt des candidatures".

A noter que c’est le ministre de la Décentralisation et de l’Administration territoriale, Clément Sawadogo, qui est allé défendre le projet de loi devant la représentation nationale cet après-midi du lundi 25 janvier 2010.


Tchad: Les humanitaires inquiets d’un éventuel départ des forces de maintien de la paix
23/01/2010

Dans la région instable de l’est du Tchad, les travailleurs humanitaires surveillent avec inquiétude les discussions sur un éventuel retrait des forces de maintien de la paix des Nations Unies, depuis que le gouvernement a dit qu’il voulait que la mission quitte le pays à la fin de son mandat, le 15 mars prochain.


« La principale préoccupation des agences humanitaires concerne l’impact [qu’aurait ce départ] sur la situation de sécurité », a dit, sous couvert d’anonymat, un travailleur humanitaire dans l’est du Tchad.

« Si le gouvernement tchadien peut créer les conditions permettant aux opérations humanitaires de se poursuivre dans un environnement sécurisé, très bien. Mais sinon, continuer le travail humanitaire ici sera très difficile ».

Un des rôles de la mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) consiste à protéger les civils, et notamment les quelque 450 000 réfugiés et déplacés dans l’est du Tchad.

Dans cette région, malgré la présence des militaires et de la police, les travailleurs humanitaires et d’autres civils sont régulièrement la cible de braquages de véhicules, d’enlèvements et de vols commis par des groupes armés. Dans des bulletins récents sur les opérations au Tchad, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a dit que l’insécurité était « une préoccupation majeure », et que de « graves crimes » affectaient les organisations humanitaires et les civils dans l’est.

Des attaques à main armée ont également visé une force de police tchadienne entraînée par les Nations Unies, qui a aussi pour mission de protéger les réfugiés et les déplacés.

Le gouvernement tchadien a demandé aux Nations Unies de ne pas renouveler le mandat de la MINURCAT, a dit à IRIN, le 20 janvier, Gen Oki Mahamat Yaya Dagache, représentant du président Idriss Deby auprès de la mission des Nations Unies.

« A la fin du mandat, nous ne prolongerons pas », a-t-il dit. Il n’a pas souhaité commenter les raisons de cette décision. Le 19 janvier, un présentateur de la radio d’Etat a dit que la MINURCAT – avec ses 3 000 hommes déployés à ce jour, pour un effectif prévu de 5 200 hommes – « [ne s’était] pas montrée efficace ».

D’après la radio d’Etat, le Tchad est prêt à collaborer avec les Nations Unies pour assurer la sécurité des réfugiés vivant dans l’est du Tchad.

M. Dagache et des responsables des Nations Unies ont dit à IRIN que les deux parties discuteraient de la MINURCAT au cours des prochains jours.

Une des préoccupations du gouvernement, qui demande le départ de la MINURCAT, porte sur la lenteur du déploiement, d’après un porte-parole de la mission.

« Le gouvernement nous a fait part de ses inquiétudes concernant des retards dans le déploiement de la MINURCAT et le développement du soutien aux infrastructures destiné au Détachement Intégré de Sécurité [la force de police tchadienne entraînée par les Nations Unies] », a dit à IRIN Michel Bonnardeaux, responsable de l’information de la MINURCAT.

« Nous travaillons sur ces points, et sur d’autres. Dans les prochains jours, une équipe des Nations Unies de New York viendra au Tchad pour discuter de ces questions avec le gouvernement ».

Des travailleurs humanitaires dans l’est du Tchad ont dit que leur principale préoccupation était la protection des civils et des travailleurs humanitaires – quelle que soit l’organisation qui s’en charge.

La plupart des travailleurs humanitaires avec lesquels IRIN a parlé n’ont pas souhaité que leur nom ou celui de leur organisation soient cités, car selon eux, le sujet est sensible.

« Des dizaines de milliers de réfugiés et de civils tchadiens vulnérables ont toujours besoin d’aide, mais les travailleurs humanitaires qui les aident sont confrontés à une situation de plus en plus dangereuse », a dit à IRIN une personne travaillant pour une organisation humanitaire internationale. « Les travailleurs humanitaires doivent être protégés en permanence, de façon à pouvoir apporter une aide aux populations démunies, dans l’urgence et avec efficacité, mais aussi dans des conditions sécurisées ».

Oxfam International a dit à IRIN : « Notre préoccupation principale est la sécurité et le bien-être des réfugiés, des déplacés et des communautés tchadiennes. Etant donné la situation actuelle instable dans l’est du Tchad, marquée par le banditisme, des tensions entre les communautés au sujet des ressources naturelles, et la fragilité des négociations de paix visant à résoudre le conflit armé dans la région, il est nécessaire que toutes les mesures visant à assurer la sécurité, à établir un état de droit et à mettre fin à l’impunité soient examinées et employées ».

L’organisation Oxfam a dit qu’elle n’avait pas de commentaire à faire sur la question de savoir si la sécurité devrait être prise en charge par la MINURCAT ou par le gouvernement tchadien. « Notre préoccupation est que les communautés soient en sécurité et aient accès aux services essentiels, y compris à l’aide humanitaire »


Transport aérien : Asky à la conquête du ciel africain
19/01/2010

La nouvelle compagnie panafricaine Asky a effectué son vol inaugural entre Lomé, au Togo, et Ouagadougou, au Burkina Faso, le 14 janvier. La compagnie créée par les chefs d’Etats de la CEDEAO ambitionne de prendre le marché d’Air Afrique disparue en 2002.


Asky sillonne le ciel africain depuis son vol inaugural le 14 janvier dernier entre Lomé et Ouagadougou. Depuis le 15 janvier, elle réalise des vols commerciaux réguliers depuis sa base togolaise vers plusieurs destinations d’Afrique de l’Ouest.

Pour l’instant, douze destinations sont déjà au programme du «nouveau-né», notamment Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Bamako (Mali), Banjul (Gambie), Brazzaville (Congo), Cotonou (Bénin), Dakar (Sénégal), Douala (Cameroun), Kinshasa (RDC), Lagos (Nigeria), Libreville (Gabon) et Ouagadougou (Burkina Faso).

La compagnie est dotée d’un capitale de 120 millions de dollars US (environ 60 milliards de FCFA), a pour promoteurs la Banque d’investissement de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (BIDC), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Ecobank et des investisseurs privés.

La compagnie exploite deux Boeing 737-700, de seconde main mais produits en 2007, initialement exploités par Sterling avant que le transporteur suédois ne fasse faillite. Ils sont enregistrés en Ethiopie, pays de la principale partenaire d’Asky, Ethiopian Airlines. Le programme de desserte de la compagnie envisage de couvrir pour un début toute la sous-région ouest-africaine avant de s’étendre progressivement à toute l’Afrique et au reste du monde.

«Nous ne pouvons pas laisser venir les autres profiter de notre ciel. L’Afrique ne doit plus laisser les étrangers exploiter son ciel. Ces grandes compagnies étrangères qui font 80% de leurs bénéfices chez nous», a dit Gervais Djondo, président du conseil d’administration de la compagnie.

«C’est dramatique ce que nous voyons en Afrique. Alors que des compagnies étrangères viennent chez nous comme bon leur semble, nous les africains n’avons aucune facilité chez nous en matière de transport aérien», a-t-il poursuivi.

Le président du conseil d’administration de la nouvelle compagnie aérienne a, par ailleurs, indiqué que des négociations avec un partenaire technique étaient très avancées et sa conclusion devrait donner à la compagnie le soutien pour la réussite de ses opérations.

Il a salué le mérite des compagnies nationales ouest-africaines «Air Sénégal International, Nouvelle Air Ivoire, Air Burkina, qui ont tout mis en œuvre en vue de combler le vide laissé par la compagnie multinationale Air Afrique».

ASKY, a-t-il souhaité, entend bénéficier de leurs expériences et soutien, «de façon qu’ensemble et en étroite collaboration, il soit possible de renforcer et d’améliorer les dessertes de nos Etats et le transport aérien en Afrique».

Par ailleurs, monsieur Djondo s’est félicité qu’un accord ait été trouvé à Libreville pour régler les différends au sein des Etats membres de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), lors de l’assemblée générale des actionnaires de la Société de promotion de la compagnie aérienne régionale (SPCAR).


Guinée : Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté et Blaise Compaoré s’accordent sur une transition de 6 mois
17/01/2010

Dans cette déclaration conjointe signée ce 15 janvier 2010 à Ouagadougou, les principaux protagonistes de la crise guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, le général Sékouba Konaté et le président Blaise Compaoré se sont accordés sur les modalités d’une transition de 6 mois qui verra la mise en place d’un gouvernement d’union nationale pendant que Dadis Camara annonce prendre" librement un temps de convalescence".


Les mesures prises pour une « transition pacifique » en Guinée prévoient, entre autres : - la création d’un Conseil National de Transition (CNT), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse et composé de 101 membres représentant toutes les composantes de la société guinéenne ;

- La nomination d’un Premier Ministre, Président du Conseil des ministres, issu du Forum des Forces Vives de Guinée ;

- La formation d’un Gouvernement d’Union Nationale ;

- La révision des listes électorales ;

- L’organisation, dans un délai de 6 mois, de l’élection présidentielle à laquelle ne participeront pas les membres du Conseil National de Transition, le Chef d’Etat de Transition, les membres du CNDD, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement d’Union Nationale et les membres des Forces de Défense et de Sécurité en activité.

DECLARATION CONJOINTE DE OUAGADOUGOU

- Considérant la désignation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, comme Médiateur dans la crise en République de Guinée ;

- Résolus à favoriser la réconciliation des guinéens avec eux-mêmes et à rétablir la confiance entre gouvernants et gouvernés, par le respect, la confiance et la reconnaissance mutuelle ;

- Déterminés à établir en République de Guinée un Etat de droit démocratique, respectueux des libertés individuelles et collectives et des principes de la bonne gouvernance ;

- Ayant à l’esprit les différents entretiens organisés par le Médiateur aux fins de rétablir le dialogue politique entre les différentes composantes de la société guinéenne ;

- Engagés à œuvrer solidairement pour créer en République de Guinée les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel normal et d’une transition démocratique consensuelle et apaisée ;

- Se référant aux délibérations et résolutions de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union Africaine (UA), de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et du Groupe International de Contact sur la Guinée (GIC-G) ;

- Après des consultations menées à Ouagadougou, les 13 et 14 janvier 2010 ;

Le capitaine Moussa Dadis CAMARA, Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et Président de la République de Guinée, le général Sékouba KONATE, Vice Président du CNDD, Ministre de la Défense, Président de la République par intérim, et Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise en République de Guinée, se sont accordés sur les mesures suivantes en vue d’une transition pacifique en Guinée :

1. Le respect des libertés publiques, y compris de la liberté de presse et d’opinion ;

2. La garantie de la sécurité des personnes et des biens ;

3. La réorganisation et la réforme des Forces de Défense et de Sécurité ;

4. La création d’un Conseil National de Transition (CNT), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse et composé de 101 membres représentant toutes les composantes de la société guinéenne ;

5. La nomination d’un Premier Ministre, Président du Conseil des ministres, issu du Forum des Forces Vives de Guinée ;

6. La formation d’un Gouvernement d’Union Nationale ;

7. La révision des listes électorales ;

8. L’organisation, dans un délai de 6 mois, de l’élection présidentielle à laquelle ne participeront pas les membres du Conseil National de Transition, le Chef d’Etat de Transition, les membres du CNDD, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement d’Union Nationale et les membres des Forces de Défense et de Sécurité en activité ;

9. Le recours à des observateurs civils et militaires de la CEDEAO ;

10. La mise en place d’un organe de suivi, d’évaluation et d’accompagnement ;

11. Les signataires de la présente déclaration appellent instamment la communauté internationale à apporter son concours politique, financier et technique pour la mise en œuvre des mesures ci-dessus arrêtées ;

12. Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise guinéenne, désignera un représentant spécial auprès des autorités de la transition de la République de Guinée.

Clôturant leurs fructueuses concertations, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et le Président de la République de Guinée par intérim, le général Sékouba KONATE, se sont réjouis de l’évolution satisfaisante de l’état de santé du Président du CNDD, le capitaine Moussa Dadis CAMARA.

Ils lui ont exprimé leur totale solidarité et leur compassion pour la dure épreuve qu’il a subie, tout en lui souhaitant un prompt rétablissement.

Le Président du CNDD, le capitaine Moussa Dadis CAMARA, en retour, leur a exprimé sa profonde gratitude pour les précieux soutiens en tous genres dont il a bénéficié de leur part. Il a, par ailleurs, dit avec force qu’il prend librement un temps de convalescence, tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition.

Enfin, Son Excellence Monsieur le Président du Burkina Faso, Médiateur dans la crise guinéenne, Monsieur le Président du CNDD, Président de la République de Guinée et Monsieur le Vice Président du CNDD, Président de la République de Guinée par intérim, adressent leurs chaleureux remerciements à Sa Majesté, le Roi Mohammed VI, ainsi qu’à toutes les autorités marocaines, y compris le corps médical, pour avoir accueilli, avec beaucoup de générosité, et soigné, avec beaucoup de professionnalisme et d’affection, le capitaine Moussa Dadis CAMARA.

Fait à Ouagadougou, le 15 janvier 2010

Le Président du CNDD Président de la République de Guinée, Capitaine Moussa Dadis CAMARA

Le Vice Président du CNDD, Président de la République par intérim, Général Sékouba KONATE

Le Médiateur dans la crise en Guinée Blaise COMPAORE


Togo : Gilchrist Olympio sera-t-il candidat à la présidence ?
15/01/2010

Alors qu’il doit se rendre au Togo, où les prétendants à la présidentielle du 28 février ont jusqu'au 15 janvier à minuit pour déposer leur candidature, le leader de l’ l'Union des forces de changement (UFC), Gilchrist Olympio, est bloqué aux Etats-Unis pour des raisons de santé. Le candidat de l'UFC a écrit à la CENI pour demander un report du scrutin et donc de la date de dépôt des candidatures.

Le leader de l'Union des forces de changement (UFC), souffre d’un mal de dos qui l’empêche de rentrer au Togo alors qu’il doit se soumettre avant le 15 janvier prochain à minuit aux formalités et examens qui exigent sa présence physique dans le cadre de la prochaine présidentielle qui doit se tenir le 28 février prochain au Togo.

Le candidat vient de saisir la Commission électorale nationale indépendante (CENI) afin de produire un certificat médical attestant de sa bonne santé, a affirmé le premier vice-président de l’UFC, Patrick Lawson.

«L’UFC aura bel et bien son candidat. De même, l’Union des forces de changement maintient ses exigences antérieures que sont le report de l’élection en vue de la reprise de la révision des listes électorales, les conditions de transparence, ainsi que le scrutin à deux tours», a-t-il déclaré.

Mais la question qui revient sur toutes les lèvres à Lomé aujourd’hui, c’est «et si la CENI refusait le certificat médical établi à l’étranger et que va produire l’UFC, qui représentera alors le parti ?».

Aux Etats-Unis, Gilchrist Olympio estime que ce problème ne se pose pas encore. Pendant ce temps, on parle d’un plan B que pour l’instant, l’état-major du parti ne confirme pas. la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Hospitalisé au Maroc après avoir été gravement blessé par balle à la tête par son ex-aide de camp, le capitaine Camara n'a depuis lors fait ni discours ni apparition publique.


Guinée : Le président intérimaire accepte un «Premier ministre de l'opposition»
07/01/2010

Le président par intérim de Guinée, le général Sékouba Konaté, a accepté mercredi 6 janvier 2010 le « choix d'un Premier ministre issu de l'opposition, désigné par elle-même » pour former « un gouvernement de transition d'union nationale ». Il s’exprimait devant les responsables de la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat du 23 décembre 2008 dans un discours enregistré par la radio publique guinéenne.

« Il faut poser dès maintenant des actes allant dans le sens de l'apaisement », a déclaré le président intérimaire ce mercredi 6 janvier. « Nous décidons du choix d'un Premier ministre issu de l'opposition, désigné par elle-même et qui engagera avec l'ensemble des couches sociales et politiques du pays des discussions et consultations pour la mise en place d'un gouvernement de transition d'union nationale », a-t-il ajouté.

S’exprimant devant les responsables de la junte au pouvoir depuis le coup d’Etat du 23 décembre 2008, le général Konaté, également ministre de la Défense, est on ne peut plus clair : « Le temps et les modalités pour y arriver, la composition de cette nouvelle équipe basée sur l'unité dans la diversité incombent désormais à toutes les parties concernées, que j'invite à tout faire pour ne pas imposer au pays une attente longue et interminable », poursuivant que « la communauté internationale nous presse de hâter le pas et attend de notre part des progrès significatifs ». .

Le nouvel homme fort de Guinée s'exprimait au lendemain de son retour à Conakry, après un séjour d'une semaine au Maroc, où il a notamment rencontré le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, toujours hospitalisé à Rabat.

Dans son discours, le général Konaté tend la main à l'opposition appelant ses dirigeants ayant fui le pays pour des raisons de sécurité à rentrer, pour contribuer « à la construction d'une Guinée nouvelle, démocratique et prospère », en garantissant « la sécurité de chacun ».

Les principaux dirigeants de l'opposition, blessés lors du massacre par les forces de sécurité de plus de 150 opposants le 28 septembre dans un stade de Conakry, ont très vite quitté la Guinée pour trouver refuge en Europe et en Afrique de l'Ouest.

Se voulant rassurant, il indique qu' « il est prévu en particulier pour les leaders de l'opposition des unités mixtes de sécurité, gendarmerie-police-armée, directement rattachées au ministre de la Sécurité présidentielle (Claude Pivi) pendant toute la durée de la transition ».

Concernant les élections présidentielle et législatives, le général Konaté a déclaré qu'elles « se dérouleront à la date fixée par la nouvelle autorité de transition ». Le premier tour de la présidentielle était initialement fixé au 31 janvier 2010.

Le général Konaté, également ministre de la Défense, assure l'intérim à la tête du pays à la suite de la tentative d'assassinat le 3 décembre du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Hospitalisé au Maroc après avoir été gravement blessé par balle à la tête par son ex-aide de camp, le capitaine Camara n'a depuis lors fait ni discours ni apparition publique.


Togo/Rapatriement des restes de Sylvanus Olympio: Patrick Laswon,
04/01/2010

Réactions de Patrick Lawson, premier vice-président de l'Union des Forces de Changement (UFC), suite à l'annonce faite par le Chef de l'Etat, du rapatriement des restes de Sylvanus Olympio

Les restes de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo, assassiné en janvier 1963 dans un coup d’Etat, seront rapatriés. Le calendrier républicain de l’année sera redéfini et le 13 janvier 2010 sera essentiellement une journée de recueillement et de prière pour la paix, pour la réconciliation et pour la réussite de l’élection présidentielle du 28 février 2010..

Telles sont les grandes décisions contenues dans le message de voeux du Nouvel An du chef de l'Etat togolais Faure Gnassingbé vendredi dernier. L'Agence Savoir News s'est rapprochée de Patrick Lawson, premier vice-président de l'Union des Forces de Changement (UFC), principal parti d'opposition de Gilchrist Olympio. Lisez plutôt.

Savoir News : Comment appréciez vous la décision du Chef de l'Etat de rapatrier, en accord avec la famille Olympio, les restes de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo ?

Patrick Lawson : Aucun acte humain ne se pose sans un cadre bien défini. Pour rapatrier les restes du président Sylvanus Olympio, il faut en créer les conditions. On ne rapatrie pas le corps de quelqu'un qui a été violemment assassiné sans les cérémonies que cela nécessite. De plus, le risque de profanation de sa tombe n'est pas exclu au cas où on ramènerait ses restes au Togo, parce que le pays n'est pas stable. C'est un risque politique que l'UFC n'a pas l'intention de prendre. Ce n'est que le point de vue de notre parti politique. Pour le reste, nous nous en remettons à la décision de la famille. La décision appartient à la famille Olympio et principalement aux enfants du défunt.

Savoir News : Que pensez-vous de la décision de Faure Gnassingbé de "redéfinir le calendrier républicain" et de faire en sorte que le 13 janvier et le 27 avril prochain soient célébrés autrement?

Patrick Lawson : Je ne sais pas si c'est une exception ou la règle qui vient d'être instaurée. J'ai cru comprendre que c'est exceptionnellement le 13 janvier prochain qu'on observera une journée de recueillement et de prières. Mais si tel n'est pas le cas, je crois que la mesure correspond sur ce point à ce que notre parti a toujours défendu à savoir qu'on ne peut pas fêter le jour de l'assassinat d'un Chef de l'Etat, et de surcroît quelqu'un qui a été le pilier de l'indépendance. Si tel n'est pas le cas, nous prenons acte de la mesure qui a été prise. Mais comme nous nous connaissons dans ce pays, nous souhaiterions voir les actes concrets qui vont être posés pour que cette date ressemble véritablement à un jour de recueillement et de prières. Nous pensons que ce n'est que temporaire et que très vite les mauvaises habitudes reprendront leurs places. Nous espérons que ce n'est pas un acte contextuel, c'est-à-dire que ce n'est pas le contexte politique qui nécessite cette mesure et que par la suite, il n'y ait rien!

Maintenant, en ce qui concerne le 27 avril, je pense que pour des gens qui prétendent gérer un Etat, c'est l'acte fondateur premier, parce que sans la commémoration de l'indépendance, on ne peut prétendre diriger un Etat souverain. Nous espérons que la commémoration avec un éclat particulier comme l'a dit Faure Gnassingbé ne serait pas une occasion pour instaurer un système budgétivore avec des dépenses somptueuses qui, à la fin, n'auront aucun impact sur le souvenir de ces martyrs qui se sont sacrifiés pour le Togo. En définitive, fêter les cinquante ans d'indépendance est une chose normale. Pour nous, ce n'est rien d'extraordinaire.

Savoir News: Le Chef de l'Etat a souhaité que la prochaine élection présidentielle soit apaisée. Est-ce que ses propos vous rassurent ?

Patrick Lawson : C'est ce que tous les togolais souhaitent. Mais l'apaisement politique se prépare. Lorsqu'on fait une révision des listes électorales et que la jeunesse est frustrée et que tous ceux qui n'ont pas pu s'inscrire sont frustrés, je ne pense pas qu'on fait une démarche vers l'apaisement politique. Lorsqu'on refuse l'authentification des bulletins, lorsqu'on veut empêcher des candidats de se présenter en instaurant une sorte de suffrage censitaire et en fixant la caution à 20 millions de F CFA, on n'incite pas les gens à l'apaisement. Lorsque la tracabilité des bulletins et les procédures des résultats sont rejetées par le régime en place, on n'incite pas à l'apaisement. Ce sont des frustrations qui, demain, conduisent à des conflits.

Nous sommes totalement d'accord avec le Chef de l'Etat, mais nous ne voyons pas encore l'acte qu'il pose aujourd'hui pour que cette élection soit paisible. Nous avons l'impression de nous trouver dans un scénario où le maître demande à son esclave de ne pas faire trop de bruit parce qu'il va tricher.



Cameroun : Chantal Biya, première dame engagée mais contestée
04/01/2010

Chantal Biya multiplie les actions charitatives et se bat pour un Cameroun meilleur, mais peine à faire l'unanimité au Cameroun. Décryptage des raisons de sa non popularité.

Epouse du président de la République Paul Biya depuis plusieurs années aujourd'hui, madame Biya née Chantal Vigouroux peine à faire l'unanimité au Cameroun, malgré de nombreux points qui pourraient parler en sa faveur ; pour certains, elle n'arrive pas à la cheville de son "prédécesseur", Jeanne Irène Biya, première dame décédée il y a plus de 15 ans, en 1992.

Depuis son accession au titre de "Première dame", Chantal Biya a multiplié les actions caritatives : la fondation Chantal Biya offre de nombreux cadeaux lors des fêtes aux jeunes désoeuvrés et dans les hôpitaux, en plus de lutter contre la prolifération du Vih/SIDA chez les jeunes.

Créatrice aussi du Cercle des amis du Cameroun (CERAC) qui réunit les femmes des membres du gouvernement et membre de Synergies Africaines, la première dame camerounaise est très active sur le plan de l'entrepreneuriat et de l'associatif. En 2008, elle reçoit d'ailleurs une récompense pour l'ensemble de son oeuvre, en étant nommée ambassadrice de bonne volonté de l'Unesco.



Mali: Al-Qaïda veut sept millions de dollars pour les otages espagnols, selon la presse
01/01/2010

Mali: Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) réclame sept millions de dollars et la libération de plusieurs de ses membres détenus en Mauritanie contre la libération des trois volontaires humanitaires espagnols retenus en otages au Mali, a assuré jeudi le quotidien El Mundo.

Le ministère espagnol des Affaires étrangères, interrogé par l'AFP, s'est refusé à tout commentaire sur cette information.

"Aqmi réclame sept millions de dollars (4,8 millions d'euros, ndlr) de rançon pour les trois coopérants espagnols séquestrés le 29 novembre" en Mauritanie alors qu'ils acheminaient de l'aide humanitaire en Afrique de l'Ouest à bord d'un convoi, écrit le journal espagnol sans citer de sources.

El Mundo ajoute que les ravisseurs des trois Espagnols - Roque Pascual, 50 ans, Albert Vilalta, 35 ans, et Alicia Gamez, 35 ans - exigent également "la libération d'un nombre déterminé" d'activistes d'Aqmi détenus en Mauritanie.

L'un des Espagnols, Albert Vilalta, blessé par balle à une jambe lors de son enlèvement, "est bien soigné" et son état "évolue positivement", avait indiqué mercredi le directeur de l'ONG Barcelona Accio Solidaria, Francesc Osan.

Selon El Mundo, le gouvernement espagnol est informé des exigences des ravisseurs et le président du Mali, Amadou Toumani Touré, joue "un rôle fondamental dans les négociations".

Le président malien aurait ainsi dépêché au nord du Mali, où seraient retenus les otages dans une région désertique frontalière avec l'Algérie, son consul en Arabie Saoudite, Iyad Ag Gali, un ancien rebelle touareg.

Ce dernier serait en contact avec un chef tribal du nord du Mali pour négocier la libération des trois otages espagnols, mais aussi celles de l'otage français, Pierre Camatte, capturé le 26 novembre, et de l'Italien Sergio Cicala et son épouse Philomène Kabouree, capturés le 18 décembre par Aqmi.

D'après des informations recoupées il y a un quelques jours par l'AFP, au moins trois intermédiaires tentent d'obtenir la libération des otages européens.



Guinée : Dadis Camara bientôt de retour dans son pays ?
01/01/2010

Alors que chef de la junte, Sékouba Konaté, a confirmé le 30 décembre l’étatt dramatique du capitaine Dadis Camara, hospitalisé depuis plus de trois semaines à Rabat, le porte parole de la junte, Idrissa Chérif, a quant à lui démenti ces affirmations ce 31 décembre au micro de France 24.

«Dadis Camara se porte bien», rassure le porte parole de la junte guinéenne, Idrissa Chérif, ce 31 décembre. «Très bientôt, il sera parmi nous à Conakry», a-t-il expliqué au micro de France 24.

Pourtant le 30 décembre dernier, le général Sékouba Konaté qui s’est rendu à Rabat pour s’imprégner de l’état de santé de Dadis Camara, a affirmé que ce dernier était dans un état critique.

Des propos fermement démentis par Idrissa Chérif. «Il demande ses amis, il va nettement mieux que les allégations qui ont été dites» rapporte le porte-parole, qui s'est engagé à rentrer «avec un film» témoignant de cette amélioration.

Le 3 décembre à Conakry, il été blessé par balles par son propre aide de camp, Aboubacar Sidiki Diakité dit "Toumba", qui a ensuite pris la fuite. Toumba a plus tard affirmé avoir tiré sur son patron, parce que ce dernier l'avait "trahi" et voulant lui faire "porter l'entière responsabilité" du massacre des opposants perpétré le 28 septembre par les forces de sécurité et qui avait faitau moins "156 morts et disparus" et "106 femmes victimes de violences sexuelles", selon l'ONU.

Au lendemain de ces événements, Sékouba Konaté avait pourtant ordonné l’arrestation de Toumba, considéré comme l’un des principaux responsables des massacres. L’ordre n’a pu être exécuté, Dadis s’étant interposé pour protéger son aide de camp. Celui-là même qui lui tirera une balle dans la tête, le 3 décembre..


 

 
 
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